Alors quelle désagréable nouvelle va me tomber dessus aujourd’hui ?! Eh oui, vendredi treize et son lot de superstitions !?
Hormis un mal de dos assez présent (…j’ai toujours pensé que les tâches domestiques étaient source d’accident !), la pluie qui tombe, le brouillard qui traîne à se lever, les enfants qui sont déjà partis vivre leur vie d’étudiant, quoi d’autre ? Le test de telle app citée ce matin ? la lecture des courriels, les bonnes nouvelles acheminées par courrier postal ?!!
Bingo !
Le grand vainqueur est une douleur tenace qui me vrille sournoisement un coin du dos et m’oblige à marcher comme un bibelot (…rime riche).
Pas la peine d’essayer de tapoter l’écran de mon iPad dans mon lit avec 4 oreillers — définitivement exclu, c’est de la biiiiiiiiiip, même en mode dos lit prane (applaudissements…!), râpé !
Allongé comme un gisant avec l’iPhone en écoutant un podcast en retard (Onfray), puis retour devant la table de cuisine avec l’iPad sous les doigts.
Le vrai moment de solitude, c’est la sortie du lit. Et pas de grue ou de palan pour t’aider, juste un hurlement de rire (doublé d’un autre de douleur) en visualisant la scène. Ça promet !
Du coup, je me meus (…du verbe mouvoir…!) en évitant tout mouvement de torsion. Raide comme la justice. Mal barré pour aborder notre partie de ping-pong en fin d’après-midi.
Vieillir, quoi !
Là, il est clair qu’il faut repartir…! Se séparer…!

Repartir de cette belle île car une période s’achève, repartir au sens de rebondir, repartir du bon pied en ne sachant pas de quoi demain sera fait car la vie est taquine.
Même pour liquider 29 ans de vie professionnelle, cela prend du temps. Arrêter les comptes, payer les rares dettes, se faire rembourser des charges sur des salaires jamais pris et, si tout va bien, récupérer une petite part de l’investissement de départ. Pas de quoi aller loin mais mieux que le rien qui perdure depuis décembre dernier.
Pour le moment, je n’en suis pas encore là.
Encore une trentaine d’heures avant le retour. Je ne vais pas vous raconter mes vacances (…vous avez aperçu quelques images dans ces billets) mais c’est bien la première fois que je les goûte pleinement.

Pas eu besoin de scruter les mails des clients, pas d’après-midi studieux pour cause de dépannage urgent sur un job inattendu alors que ma tribu est à la plage, pas de nouvelles analyses (sic !) pour réécrire quelques lignes de code de sorties automatisées de fichiers (…genre nième changement malgré validation absolue du cahier des charges).
Notre petite tribu encore plus soudée qu’à l’accoutumée, tous conscients que cette année est un cap dans nos existences. Tant pour les mômes (lycée ou second cycle) que nous mêmes.

Pour ma part, après un bisou brûlant d’une tégénaire, un coup de foudre avec une vive et quelques broutilles (…on ne joue pas sur la plage à 60 comme à 20 ans), l’esprit en repos malgré l’absence de pistes. Le corps tonifié par les parties incessantes de raquette avec ma gamine (…merci Aurelia). Sans oublier quelques immersions marines en mode bouchon !
Cette fin juin n’a pas été que la fin de mon activité pro par manque de boulot, j’ai plié un projet que je trouvais mal ficelé, quitte à endosser le rôle d’Aldo, pardon, du salaud de service. Du coup, je n’ai écrit qu’ici, sur urbanbike, sourd aux sifflements qui atteignaient mes oreilles.
Merci à ceux qui m’ont conservé leur sympathie.

Et un énorme merci à Renaud pour son boîtier vieux de 10 ans qui a accompagné mes escapades en solitaire ou avec ma fille (…Renaud, le Jamie m’a été soustrait par cette dernière qui l’a dévoré, passionnée…!).
La photo est un fantastique moyen de s’abstraire du monde, de n’être plus qu’un œil. J’ai laissé le 100 macro vissé dessus après son nettoyage par l’ami Zit que je remercie à nouveau.
Près de 2500 images plus tard, de celles qui n’ont rien de créatives ou d’inattendu (des abeilles noires et des ajoncs, des araignées et des chardons…), juste un sentiment assez con-con de paix intérieure après ces ruptures. Et donc une FIN (en lettres capitales).

Et le plein d’énergie pour de nouveaux projets. En solitaire.
Ce n’est pas la première fois que je le constate mais je pensais naïvement que cela se tasserait avec la crise économique qui touche leurs enfants et petits enfants. Quand tu es âgé, que tu as une large partie de ta vie derrière toi, tu te préoccupes de tes mômes, non ?
Ne pas attribuer à autrui tes propres réflexions
J’ai été mal préparé avec mes propres grands parents, des petits vieux souriants et patients, laissant passer dans une queue des personnes qui leur semblaient prioritaires, genre jeune maman avec tripotée de gamins.
Et réponse invariable…
— on a le temps, nous, à nos âges !
Certes, ne pas généraliser. Je vois dans le bus des attitudes misérables toutes générations confondues. Me lever pour céder ma place reste naturel mais j’ai assisté à des batailles de mots entre jeunes irrespectueux (…ben si !) et vieux désagréables (…pas mieux !) qui semblaient bien décidés à ne pas faire l’effort d’essayer de se comprendre.
— C’est la faute des jeunes, mal éduqués et grossiers avec ça !
Heu, oui. Et non !
Entre la dame âgée qui se glisse en début de queue devant un étal tout en arborant son visage le plus fermé ; cet autre bien conscient d’avoir une petite foule derrière lui qui, soudainement, prend son temps pour payer ou proteste pour un prétexte futile.
Rappel : dans la journée les caisses sont désertes, les magasins ouverts et plus disponibles, pourquoi conserver cette habitude de faire ses courses aux heures les plus bondées, à la sortie des bureaux, au milieu des employés harassés par la journée ?
Beaucoup vivent seuls et sont perdus, déconnectés… Il suffit souvent d’une parole, d’une attention, d’un sourire pour les regonfler. Ne pas être avare de ces échanges simples qui font du bien à tous.

Sans oublier les rencontres fabuleuses comme cette dame âgée dans ma rue que l’on aurait aimé avoir comme mère ou grand-mère, qui allie gentillesse, humour ravageur et attention, que l’on se surprend à embrasser.
Pas un problème de génération !
Et puis, il y les autres, les aigris dans la mauvaise acception du terme. Je vous rassure, cela ne date pas d’hier. En interrogeant leurs proches, leur attitude n’a rien à voir avec leurs cheveux blancs : ils ont toujours été chiants et égoïstes !
Plus amusant, les couples qui ne viennent qu’en périodes de pointe ! Des caricatures de la série scènes de ménage (…excellente série avec d’excellents acteurs) mais en nettement moins drôles qu’Huguette et Raymond ! Mal aimables, nerveux, cassants, odieux, exigeants, impatients, faisant mine de ne pas comprendre qu’ils ne sont pas les seuls dans le lieu où ils se trouvent. Ne supportant pas de ne pas être servis de suite et distillant tout haut leur fiel à tout va !
Étant devenu par le force de l’âge vieux, merci à mes copains de me faire codes-phares-codes-phares si je sombre dans une telle attitude.
Message personnel : Sylvain, c’est pas la peine de me dire que c’est déjà le cas !