Avertissement : je suis un fan du Bazar de l’hôtel de ville depuis que je suis gamin. Celui de Paris à deux pas de la Mairie mérite d’être visité sur tous ses niveaux. Billet en mode auto-parodique, ça va sans dire…!
Constat du jour : ne plus être dans l’action par rapport à une deadline, une mission à boucler te fais soudain prendre conscience que tu as du temps…!
La loupiote qui faiblit dans la piaule de ta fille, la poussière qui se planque au dessus de la charpente ou le siphon qui part en vrac après 15 ans de service n’attendent que toi…!!
Alors, vu que le siphon n’a pas supporté ma dernière intervention, que la petite cuvette pour récupérer ses fuites n’a rien d’esthétique bien que pratique, après avoir largué ma mouflette au lycée, me voilà en route vers le BHV le plus proche de chez moi.
Pas le sous-sol comme à Paris mais je vise le dernier étage. Vu l’heure, des places sur le parking (…non, je n’ai pas roulé en brompton pour m’y rendre…!)

Et me voilà à arpenter les rayons à la recherche d’un siphon…
— Que des vieux me dis-je avant d’apercevoir mon reflet !
Il est clair qu’à ces heures là, la clientèle n’est plus toute d’jeun. Du coup, je suis attentif à qui déambule et je repère vite les habitués qui se déplacent sans aide dans les rayons spécialisés !
Le temps de trouver un vendeur sympathique, de lui montrer la photo de mon installation défaillante (…héhé, encore un usage pratique du iPhone) et me voilà avec son remplaçant à 6,5 euros.
Avant de passer à la caisse, je tombe sur les nouvelles ampoules LED. Garantie de 3 ans, démarrage immédiat et 10 watts de consommation réelle pour une puissante équivalente à 60 watts. Bon, ça coûte 3 siphons !
autant pousser le test jusqu’au bout, rien à voir avec mon ampoule basse consommation précédente qui me donnait jusqu’à présent l’impression de devoir craquer 10 allumettes avant d’obtenir une lueur de bougie anémique. Autre miracle du jour, je suis arrivé à changer le machin qui fuyait sous le lavabo… Une autre vie commence… Appelez-moi Super Mario (…c’est bien un plombier, non…?!)
À suivre…
C’est troublant d’amener sa propre barcasse à la casse…!
— Alors, c’est bon…?
Oui.
Le dernier kBis de ma boutique est arrivé, reste désormais le volet comptable, le boni de liquidation a calculer. À la fin de cette année, même ma domiciliation ne sera plus qu’un souvenir.

Mes assurances vont se mettre en route pour quelques ducats chaque mois, ce qui va me permettre de tenir jusqu’à la retraite, la vraie.
Mes réinscriptions successives à pôle emploi sont étranges. J’ai demandé un envoi automatique de courriels avec des propositions dans mon secteur d’activité. Pas l’ombre d’une offre reçue par ce biais. Et celles que je trouve sur le site sont prises d’assaut vu le ratio offres/recherches d’emploi en pagaille…
Comme je l’écrivais naguère, ma date de fraîcheur joue en ma défaveur : je suis un vieux mousse qui n’a plus les brevets de navigation exigés…
Sinon…? Je me sens léger…
Premier signe tangible, j’ai accompagné ma tribu dans les landes. Je recommencerais bien.
Ce qui me reste à envisager maintenant, c’est la suite. Alors, j’écris…
Certes, le suivi des logiciels professionnels n’est plus ma tasse de thé… Pourtant j’ai installé la version 6 du correcteur Prolexis de Roger Rainero et HurryCover de Marc Autret adaptés pour OSX 10.9. Merci les amis…
Note de fin : pour le moment je vide, j’entasse les dossiers désormais inutiles dans des cartons. Retrouvé un XPress qui va suivre le même chemin que le stock de DVD de sauvegarde de mes missions… Par contre, les documents comptables de feu mon entreprise s’empilent pour 10 ans.
Rien à ajouter…?
Si. Vont gicler ceux qui s’évertuent à me les briser menu…!
Décision plus simple à prendre ces derniers jours puisque non occupé à bosser : vider notre bibliothèque de mètres et de mètres de livres papier jamais consultés depuis des années.
L’idée est simplement de ne conserver que les ouvrages qui intéressent notre petite tribu (…à la louche 75 % tout au plus).
Et, de facto, donner le reste…
- les bouquins que l’on ne relira pas (…on n’a pas que des ouvrages sublimes)
- les revues obsolètes (qui veut des vieux Techniques & Architecture, des La Recherche…?!)
- les bouquins en double (…peu mais je me suis fait piéger une demi-douzaine de fois par des relooking de couverture)
- les bouquins compris ensuite dans un recueil plus général, genre Pléiade ou collection Bouquins, Quarto, etc.
- des daubes littéraires — à nos yeux — que l’on a pas eu le courage de poubelliser
- des guides de voyages aux informations perimées
- quelques cadeaux… qui n’en étaient pas…
- des bouquins sur des thématiques professionnelles désormais (sic !) loin de nos préoccupations (…et à mille lieux de celles de nos mômes)
- des exemplaires de bouquins dont j’ai réalisé la couverture dans une vie antérieure
- des manuels de versions anciennes d’applications informatiques (…bon, je conserve deux, trois trucs dont Lisa Office System de 1983… Ou encore un FrameMaker Reference par Frame Technology Corporation de juin 1990)
- des guides pratiques sur des boitiers photos perdus de vue depuis longtemps
- etc.
Bref, ça fait du monde…

Ici, un chargement dans notre antique break…
On remplit des cartons, on les vide en stockant leur contenu provisoirement dans un garage en attendant le passage des associations qui ont donné leur accord…
On revient avec les cartons à vide et, hop, on recommence en mode Sisyphe…
Seul hic, on s’attache : chaque couverture est comme une petite madeleine visuelle qui nous remet en mémoire dans quelles circonstances, etc.
Mais on ne reculera pas…!!
À chaque déménagement, c’était des cartons et des cartons de bouquins à trimballer, des mètres carres (ou cubes…!) occupés dans des logements qui ne sont pas extensibles, des linéaires transformés en nids à poussière…
J’ai filé des livres de graphisme, envoyé ceux de cuisine à @doopix…! Etc.
Bien sûr, il y aurait la possibilité de proposer chaque bouquin sur ebay ou autre mais je ne pense pas qu’un vieux J’ai Lu fera palpiter les foules…
Sans regrets même si, au départ, j’étais réservé. Sauf que c’est du pur bon sens.
En effet, pas très sympa de laisser à nos gamins dans un futur pas si lointain le soin de vider nos biiiiiip…!! Autant se situer dans la continuité du matériel professionnel…
— JC, t’es déprimé…?
Non, juste réaliste et en train de le faire pour la génération précédente… Bref, ne pas laisser faire aux autres ce qui nous gonfle prodigieusement…
Note de fin : bien entendu, tout n’est pas sombre, quelques (re)découvertes, quelques exhumations (!) rigolotes et l’envie d’acquérir un Dyson portatif pour traquer la poussière…