Le design épuré de Bayer Cam me remet en tête une période fort lointaine où j’employais un boîtier avec verre de visée qu’il me fallait impérativement surplomber pour cadrer la scène qui s’offrait sous mes yeux !

C’était un 500 C/M avec des optiques remarquables mais avec d’énormes inconvénients quand je voyageais : son poids et son encombrement !
Je suis certain que le gars à qui j’ai revendu le tout (Il y’a prescription !) en fait désormais un meilleur usage. Mais je dérive.
Sur la dernière version de Bayer Cam, on retrouve une grille à la demande (et non dessiné sur le verre de visée !) pour cadrer.
Et quasiment plein format, comprendre sans les infos habituelles de l’iPhone (…option également laissée au choix de l’utilisateur).
C’est ceci qui a initié cette petite bulle mémorielle…
J’omettais une ultime fonctionnalité, la possibilité de choisir son point focus (le point de mise au point) et, surtout, de le verrouiller !
Hormis ces caractéristiques (…je vous laisse découvrir la fiche et le mode d’emploi complet sur le site de l’app : bayercam.app), on est dans la capture d’un cliché en pur RAW, vitesse et ISO.
L’app ne fait qu’une chose et le fait bien, les étudiants des métiers de l’image y trouveront un bel exemple retour aux fondamentaux.
À l’arrivée, un fichier très riche et volumineux à post-traiter comme un négatif pour l’exploiter avec l’app de votre choix.
Pour ma part, je persiste à employer l’app Photos pour cette dernière étape avant d’exporter une image finale au format HEIC (avec le profil P3 que je trouve remarquable). Et ainsi revenir à un fichier plus léger en terme de stockage.
C’est a posteriori que l’on regrette d’avoir opté pour une capacité de stockage moindre sur son iPhone !
La livraison de l’enfant ne s’était pas déroulée comme elle l’avait imaginée. Au lieu d’un chouette chérubin à exhiber, ce dernier débarquait avec un blême difficile à masquer !
Surprise !
Impossible de retourner le colis, voire de le refuser ou de le perdre subrepticement dans un couloir de la clinique. Le Docteur Richard avait même décrété que c’était un beau bébé, la messe était dite !
Après quelques heures à remercier famille et amis de passage, s’être remise de la ponte du monstre, elle fut autorisée par le toubib à rentrer à pied chez ses parents à quelques encablures dans le village.
Pas de mari pour l’accompagner : son hydraulicien était reparti depuis quelques semaines à la recherche de gaz naturel. Seule son amie d’enfance lui prêtait main forte en portant ses affaires pendant qu’elle trimballait son nouveau né.
Une fois arrivée chez ses parents, la jeune mère plaça fermement son gamin dans les bras de cette amie, prétextant une compréhensible fatigue alliée à un besoin de se ressourcer, seule, dans sa chambre de jeune fille.
C’est ainsi que Minouche se retrouva lotie d’un enfant inattendu et des responsabilités qui allaient de pair… dont le nourrir.
Cet enfant, c’était ma pomme.
Né avec un putain de strabisme aussi visible que mon nez au milieu de ma figure : j’étais désormais abonné aux hilarants « T’as de beaux yeux, tu sais ».
Innocemment, je souriais aux anges, calme, dans ma bulle ; je ne tempêtais que pour manifester que j’avais la dalle.
Mais, oui, je louchais abomifreusement…!

Terrassé par les pollens comme chaque année dès le zoli mois de mai, je n’ai pas pour autant souhaité manquer une phase essentielle de notre mini construction.
On m’a régulièrement vanté la qualité d’équipes venues du continent mais nous avons signé avec des artisans de #BelleÎleLand dont des voisins pour deux d’entre-eux…
Ce n’est pas toujours idyllique en terme de délais car il faut faire avec …la météo (…je passe sur les tempêtes, le vent et les journées de drache continue), la disponibilité des uns et des autres et les approvisionnements par voie maritime…
Une ferme…?
Pour une maison avec un toit à deux pentes, il y a deux options, grosso modo : une charpente industrialisée en bois ou sa version traditionnelle.
Nous avions envie d’une ferme centrale avec des pannes rejoignant les deux pignons, un bel ouvrage visible depuis notre lieu de vie. Peu de contraintes dans ce projet de 30 ㎡ : pas d’étage, un unique volume, pas de fenêtres de toit, juste une souche pour la passage du conduit de fumées du poêle à bois.
Et donc, au centre, une ferme avec son entrait retroussé qui meuble quasiment à elle seule cet espace.
D’emblée, nous avons fondé notre projet sur l’adhésion d’un maçon, taiseux et rigoureux, reconnus de tous.
Jean-Luc est intervenu à son heure et en fonction de la météo fin novembre et s’est occupé quasiment seul du terrassement et de la dalle. Philippe est arrivé ensuite pour assembler les parpaings, assurant un parallélisme parfait de la construction avec le respect des renforts nécessaires pour la charpente.

Anthony avait un créneau fin mai pour intervenir. Son unique problème était la ressource : allait-il trouver du Douglas ? Impossible pour un artisan de stocker du bois.
Aussi nous a-t-il proposé du Pin classe 4, le seul disponible dans les sections nécessaires à cette période chez son fournisseur à Lorient.
Banco.

Le bois devait arriver en fin de semaine mais, mardi matin, un SMS annonçant la livraison à 10:15 ! Et à l’heure dite, dépose du bois.
L’intervention du charpentier démarra le lundi suivant après un second SMS pour nous avertir de son arrivée à …09:30.
Anthony, dès son arrivée, nettoie intégralement la surface de la dalle, petit coup de burin pour faire sauter les reliquats de mortier, balaye et termine par un coup de soufflette à la fin…

Puis, Antony organise méthodiquement son établi, ajoutant sa radio Makita dans une ouverture d’une fenêtre à venir, radio branchée sur… France Musique.

Cette préparation du sol — qui peut paraître incongrue — est logique : la première phase est de dessiner le tracé de la ferme au sol à l’échelle 1.

Muni d’un corde à frapper, nous voici à tracer — à la craie — la ferme au sol, à corriger. Bref : à dimensionner ce qui sera demain dans les airs.
Le tracé sera d’ailleurs renforcé par deux fois au crayon de bois car la pluie menace et pas question qu’elle efface notre plan à l’échelle.
De plus, ce tracé est indispensable pour que nous puissions apprécier la projection de la ferme, la hauteur de l’entrait (…on le retrousse à quel hauteur…?), évaluer le débordement du poinçon, le volume de toutes les pièces de bois qui vont composer cette charpente, l’épaisseur du voligeage avec les ardoises, etc.
Tout y reporté : de la section des sablières sur lesquels les arbalétriers vont s’appuyer jusqu’à l’épure des blochets…

La construction de ce lego démarre avec les angles exacts et les valeurs au mm.

Pas d’improvisation en mode artiste inspiré et correction à la masse à l’arrivée…!
C’est le début de la découpe des différentes pièces de bois… sur le tracé (et sur des cales).

J’ai particulièrement apprécié de ne voir que les outils nécessaires à chaque opération, au prix de quelques allers et retours dans une camionnette impeccablement rangée (…chaque outil a sa place).

Et ça a du sens : pas de mauvaise surprise, découverte d’un outil sale ou défaillant, voire …absent.
Le soir ou après l’usage ponctuel d’un outil, nettoyage de ce dernier et coup de soufflette. Pas question de bosser au milieu d’un océan de copeaux…!!

Peu-à-peu, la charpente prend forme (je ne montre que quelques clichés…!)…

Chaque étape est agrémentée d’une explication : cela permet de prendre collectivement les décisions au lieu de découvrir le résultat à la fin. C’est ce type de chantier que nous aurions aimé suivre naguère, jeunes architectes…!

D’autant qu’Anthony n’a pas lésiné sur ses compagnons : des outils électriques fiables, qui réduisent une partie de la pénibilité de ce métier.
En revanche, pas d’assistance pour transporter les pannes et autres pièces de bois mais une chorégraphie réfléchie et sécurisée pour chaque action. Pas question de se balader au-dessus du vide sur une passerelle qui n’a pas été assurée par un serre-joint, etc.

Je glisse sur les dernières étapes.
Cela va de la présentation de tous les éléments de la ferme…

Suivi d’un rabotage, ponçage, chanfreinage…

Et, finalement, assemblage de la ferme complète…

Qui finit au bout d’un bras articulé pour être posée au millimètre (!!) à l’aide de deux copains, juste avant la tombée de la nuit…

Reste ensuite à placer les pannes les jours suivants…

Et ne lire que la structure en bois sur fond de ciel…!

À la fin, une chouette charpente que je vois depuis chez nos enfants, structure qui joue avec le soleil, finit de sécher.

La prochaine étape…? Jean-Luc pour maçonner la souche de cheminée et les chevronnières. Puis Pacifique avec son Manitou fraîchement réparé pour assembler la couverture en ardoises…

Pour l’instant, les bois de la charpente sèchent au soleil, la pluie n’est pas un problème.
Et c’est beau… Presque envie de tout recouvrir de panneaux de verre…!
À suivre…