Quand la mémoire immédiate fout le camp
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Cela fait des mois que l’on se doute que tout ne fonctionnera pas de manière étale, que la solution actuelle du maintien à domicile est condamnée à terme. Avec Alzheimer qui s’installe sournoisement, grignote les souvenirs et renvoie peu à peu celui qui en est atteint en enfance, c’est une sacrée paire de manches dès qu’un nouvel événement apparaît.
Et pour cause, il n’a pas de légitimité, d’existence, de réalité pour celui qui est atteint.
Vivre seul chez soi, jusqu’à quand ?
Vivre chez soi en étant âgé, c’est complexe mais loin d’être impossible. Les exemples abondent, heureusement, et avec un minimum d’aménagements, de réflexion sur les espaces de vie, il est parfaitement envisageable de prévoir à très long terme. Voire au terme (Sic…!). Et plus encore dans une ville moyenne avec des services à proximité.
Pas la mémoire du dernier événement
Là où cela part sérieusement en vrille, c’est au moment où la tête ne suit définitivement plus.
Le problème de la mémoire immédiate qui parfois fait défaut, c’est gênant mais pas encore trop pénalisant tant que l’on peut reconstruire le déroulement de la journée. Là où cela devient irrémédiable, c’est quand il n’y a plus rien qui se mémorise, quand le sujet passe en mode disque rayé.
Bon, en règle générale, ça passe encore.
Mais quand il y a un accident domestique, que la personne ne comprend pas pourquoi elle a un plâtre au bras alors que cela lui a été expliqué cent fois1, qu’elle vitupère et essaye même délibérément de l’arracher, de le découper avec des ciseaux, ça devient grave…
Difficile de laisser cette personne seule même la nuit, planquer tous les ciseaux et outils tranchants ne suffit pas car ce sont aussi les tentatives de fuite sans réflexion.
C’est drôle de loin. Pas du tout quand on y est confronté…
Que faire quand la personne ainsi atteinte refuse de comprendre pour la dix millième fois ce qui est arrivé, quand elle met en doute tout ce que vous lui dites2, entre dans des colères folles (et violentes), file dans un couloir au risque de trébucher et de se fracasser dans les escaliers qui suivent3, perdez tout espoir.
Là, on se sent totalement impuissant et le bel équilibre du maintien à domicile vole en éclats.
Soit vous sacrifiez votre famille et votre santé pour une personne qui, de toute évidence, n’est plus en capacité de… ; soit vous prenez une décision perçue comme inhumaine.
Désolé, les meilleures volontés s’épuisent…
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…vous expliquez, elle redemande ; vous expliquez, elle redemande ; vous expliquez, elle redemande ; vous expliquez, elle redemande ; vous expliquez, elle redemande… Et c’est vous qui perdez à la fin, 6 jeux à 0… ↩︎
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en gros, la nature profonde de la personne remonte à vitesse grand v, le fond méfiant qui fait que, quoi que vous dites, c’est interprété de travers (et ce n’est pas un cas isolé, j’ai déjà vécu cette situation…!). Bref vos explications ne servent à rien, désolé. ↩︎
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Et s’accroche à la rampe de l’escalier…? Que nenni… La rampe, elle s’en fout, elle est dans un état de rage et c’est vous qui êtes décomposé… ↩︎