Anticiper ou ouvrir les yeux ?
Collectivement, nous écrivons notre histoire
dans
dans mon bocal |
groummphh |
mémoire
Et à l’insu de notre plein gré…
Je ne me souviens plus exactement comment je suis tombé dans la science-fiction. Pas en pension à la fin des années 60 mais, à la louche, lors de mon année de service militaire ou de mes études d’archi. Bref, au début des années 70.
Autant Asimov ne m’a jamais passionné (…j’ai certainement raté quelque chose, désolé pour les passionnés), autant Clarke et, surtout, Dick m’ont captivé.
Le problème est que nous sommes désormais les héros d’une histoire collective avec un assez mauvais scénario que nous écrivons tous les jours. Or, avec les péripéties foireuses qui se succèdent, cela m’ennuierait que le mot fin arrive trop rapidos…

Ce qui était rassurant avec les livres de SF, c’est que nous pouvions les refermer après nous être fait peur : dictature électronique, surveillance omniprésente, pollution, destruction de la flore et de la faune, croissance démographique, paupérisation, conquête de mondes lointains avec force aliens, prévarication des ressources, mafias, corruption, etc.
Ce n’était que de l’anticipation qui ne pouvait en aucun cas arriver… CQFD.
Je l’ai écrit ici plusieurs fois mais Soleil Vert m’a pas mal marqué.
— Mais, JC, ce n’était qu’un film !
Oui, ce n’était qu’un film tiré d’un bouquin d’Harry Harrison écrit en 1966 et dont les faits étaient censés se dérouler en 1999 (…en 2022 dans le film).

Mon souci est que je retrouve dans mon quotidien de plus en plus de détails, de similitudes avec le récit raconté au début par le plus âgé des protagonistes, Sol Roth.
(…) le monde est déjà parti pour l’enfer, et nous avec.
- Est-ce que vous n’exagérez pas un peu ? On ne peut pas tout mettre sur le compte de la surpopulation.
- Si. Le charbon qui était supposé pouvoir durer des siècles a été complètement épuisé car tout le monde a voulu se chauffer. Il en est de même pour le pétrole, il en reste si peu qu’on ne l’utilise plus qu’à la fabrication du plastique. Et les rivières, qui les a polluées ? Et l’eau, qui l’a bue ? Les sols, qui les a détruits ? Que nous reste-t-il ? des carcasses de voitures, c’est tout. Tout le reste a été utilisé : il ne nous reste plus que deux milliards de carcasses de voitures.
Citation empruntée sur Babelio, excellent site soit dit au passage…
Mais il est bien connu depuis l’antiquité que les Cassandres sont des emmerdeurs, des peines à jouir, saoulent leur entourage en refusant de chausser ces merveilleuses petites lunettes roses qui rendent la vie si confortable.
Bref, laissons notre destin collectif à tous ces experts qui nous ont expliqué depuis des décennies que tout était sous contrôle.
— Tiens, on me dit que ça continue à merdoyer à Fukushima.
Tssssssss, les gens ne savent plus quoi inventer pour nous briser le moral.
Allez, je remets mes petites lunettes roses.