Appel d’outre tombe
Mais de quoi je me mêle ?!
dans
dans mon bocal |
groummphh
Parfois, j’aimerais commencer un billet comme ceci :
Cher fantôme qui a (re)trouvé mon numéro de téléphone après des mois de silence radio (…Oh, quelle délicieuse surprise…!), sache que je n’ai plus envie de me faire cueillir à froid. Merci de ne pas avoir pris des nouvelles de ma tribu, merci de ne pas avoir compris que je m’occupe exclusivement des vivants…
Je suis certain que cela vous est arrivé.
Un coup de fil qui arrive comme un cheveu dans la soupe, détestable, inapproprié, injustifié.
Reliquat de mon éducation (soupir…), je n’ai pas congédié illico le fantôme dans le cimetière abyssal des communications avortées. Je l’ai écouté sagement m’exposer les raisons de son ire. Attendu qu’il raccroche.

J’ai un gros défaut, je suis abomifreusement rancunier. Depuis des mois, j’affute le fil de ma machette (…oui, en Amérique centrale, on n’utilise pas de sabre mais un morceau de métal qui sert à tout, à creuser un trou, tailler un passage dans la jungle et… se curer les dents !).
Patience ! Tzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzziiiiiiiiiiiii !
Note de fin
Le reste devrait disparaître, car le reste est laid, et les quelques pages de démonstration qui suivent tirent toute leur force du fait que l’histoire est entièrement vraie, puisque je l’ai imaginée d’un bout à l’autre.
Boris Vian, Avant-propos de L’Écume des jours (10 mars 1946).