Arthur et les bobos
Pour une campagne silencieuse et parfumée…
Ce qui suit est puisé dans mon imagination suite à l’écoute d’une brève sur inter ce matin.
En résumé : Arthur, coq français et champion de nombreux concours, n’a plus le droit de lancer son cocorico du matin suite aux plaintes de voisins.
Et du coup, ce coq de concours est isolé par son éleveur qui en est fort triste.
C’est d’autant plus ridicule que ce coq est un chouette animal affectueux, ce que trop souvent les citadins fraîchement débarqués à la campagne oublient. Eh oui, un lapin, un coq, une poule (…clin d’oeil à Renaud) peut se comporter de façon plaisante… Je pense bien entendu à Pierrot et à ses vaches aux caractères tranchés (!), à la partie de rigolade le soir pour les faire revenir à l’étable. Bref, amis fraîchement reconvertis à la verdure, et si vous pensiez à oublier quelques minutes vos comportements d’hommes des villes ?!
Car là, attendez, je rêve !
Gamin, j’ai eu l’habitude dans l’orléanais d’entendre les animaux de la ferme s’exprimer à toute heure et ponctuer mes réveils comme mes journées. Cet environnement sonore était naturel, j’allais ajouter humain (sic !) et ne m’a jamais dérangé.
Désormais, ce sont les humains qui s’octroient la possibilité de s’exprimer, de s’ébattre avec la TV à fond en mode je-partage-le-navet-que-je-visionne-avec-tous-mes-voisins, les soirées alcoolisées du WE et ses merveilleux rires gras vers deux heures du matin ponctués par de l’excellente musique répétitive[1]. Ou la délicieuse odeur du barbecue qui pénètre par les fenêtres ouvertes pour cause de beau temps et vient titiller vos narines. Je n’évoque pas les boom cars et leurs concerts impromptus aux feux rouges.
Bref, pourquoi dénie-on alors aux animaux la possibilité de s’exprimer alors que les citadins des villes le font en se souciant comme d’une guigne de leur voisinage ?!
Je propose d’envoyer à l’irracisible voisin quelques stocks de boules Quies et une pince à linge.
Mais en même temps, je me rends compte que ce dernier est un petit joueur. Allons plus loin. Quelques idées que tout lecteur complétera sans souci.
Par exemple, je demande que l’on en finisse avec le ressac en bord de mer qui gêne ma sieste, le bruit des cascades en montagne qui couvre la radio emporté par le randonneur épisodique… Ou que les gamins en bas âge soient empêchés de crier quand ils font leurs dents, etc.
Bon, déjà une première victoire, on est arrivé à empêcher les bruyantes abeilles de venir butiner nos fleurs cette année[2]…