Bonjour, je parle bien à Monsieur Barabari…?
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groummphh
Et pourtant, le nombre de fois où je me retrouve dans une situation similaire, interpellé courtoisement au téléphone. Bonjour je parle bien à Monsieur Barabari…? alors même que j'ai décliné posément mon nom en décrochant. Le seul avantage de la présentation de mon nom est que le télévendeur pense parfois qu'il s'est planté dans la mesure ou ce n'est pas ce nom qui est inscrit sur la fiche affichée sur son écran. Et raccroche. Mais généralement, cet interlocuteur insiste et se présente. C'est souvent étrange. Sans vouloir vexer quiconque, j'ai du mal à amalgamer la voix (…quelque fois charmante) avec le titre annoncé, le propos de l'appel et, surtout, la difficulté à dérouler clairement l'objet de ce coup de fil inattendu… Non, je n'ai pas des revenus abondants qui méritent de l'optimisation fiscale…! Non, je suis satisfait de ma banque, de mon opérateur téléphonique, de ma couverture d'assurance maladie, que sais-je encore…!
J'ai tenté nombre de solutions.
La connivence, genre j'ai aussi fait ce boulot.
La gentillesse, type je ne vous envoie pas bouler, il fait beau chez vous…?
La résignation, mode faut que vous gagnez votre vie mais bon cela ne m'intéresse pas, essayez quand même de me convaincre…, etc.
Mais comme cela devient de plus en plus fréquent, après avoir essayé le… Ah, désolé, nous l'enterrons demain — de très mauvais goût et totalement inefficace, j'ai opté pour une formule ferme, concise suivie d'un coupure immédiate de la conversation avant même que mon interlocuteur ait le temps de sortir les avirons lors de son explication embrouillée
Un simple "bonne journée…!" avec du vrai sourire dans la voix.
Deux ou trois fois, mon lointain correspondant m'a rappelé, n'ayant pas compris (…ou que trop…!) qu'il m'importunait mais cela c'est très vite calmé. Je me suis fait juste engueuler une fois, brièvement car j'ai raccroché à nouveau en prononçant ma phrase rituelle avec un plus grand sourire dans ma voix.
Néanmoins, avant de mettre un terme définitif à l'échange, j'analyse le contexte. Français laborieux, argumentaire ânonné, réverbération, déphasage, bruits de fond, qualité médiocre de la ligne et, bien entendu, angle abordé pour me contacter. Dans près de 99 % des cas, mon "bonne soirée" en mode amical clôt le sujet.
Mais il m'est arrivé également pour une fraîcheur de voix particulière, une tessiture sympathique, une présentation réussie, de passer un peu de temps avec mon interlocuteur. Étonnamment, ce dernier l'a bien perçu comme une respiration, une pause dans sa soirée parsemée de refus. Nous avons échangé quelques phrases d'humain à humain, entrecoupés de petits sourires téléphoniques puis nous nous sommes quittés sans rancoeur.

Note(s) de lecteur(s)…
Jean M. ajoute ceci…
J'ai opté depuis longtemps pour le mode "connivent supérieur", efficace semble-t-il vu le peu d'appels vécus au quotidien.
"Connivent supérieur" consiste à laisser entendre au téléphoniste que l'on fait appel régulièrement à ce type de service (et donc qu'on en connait parfaitement les règles...)
2 cas :
J'ai le temps (et envie de le perdre) : Chaque phrase de l'interlocuteur est reformulée avec une suggestion de modification : vous voyez, à votre place, j'aurais plutôt dis ça... au bout de 4 ou 5 reformulations de ce type, on me raccroche au nez.
J'ai pas le temps (ou pas à le perdre) : Là, dès le départ, ça donne : "Dans votre plan de dialogue téléphonique, vous devez avoir un nombre d'objections au-delà duquel, vous DEVEZ laisser tomber, on va gagner du temps tous les deux, vous les avez eues..."
Jean-Fréderic D. propose une autre solution…
amorcer la conversation et poser le combiné :
selon le mode opératoire, le correpondant va aller quasiment au bout de son argumentation avant de s'apercevoir qu'il n'y a personne au bout du fil...
Reste plus qu'à racrocher après le biiip biiip biiip sonore
Arf !