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Faut il pondre des titres courts pour se plier aux injonctions googolesques…?!

Billet ironique…

dans dans mon bocal | groummphh

L’heure est grave, parole d’expert

Google ne référence correctement que les titres des billets proches de la demande naturelle des internautes. Et courts…

C’est certainement vrai et dégoulinant de conformisme (ces deux points ne sont pas incompatibles).

Mais les experts savent… C’est même à ça qu’on sait qu’ils sont experts, ils ont un avis sur tout…

En gros, il deviendrait nécessaire de rédiger ses billets en fonction des lois de ce moteur. Et éviter tout vocabulaire n’étant pas employé par les internautes dans leurs demandes adressées à l’oracle du Web.

Point final.

Soyons plus précis.

Comme nombre de requêtes sont faites en biiiiiiip… enfin, sont farcies de fautes, je propose que l’on soit encore plus cohérent et que nous rentrions volontairement des fautes de saisie1 dans les titres et les billets pour coller au plus près de celles que l’on prête aux internautes.

Notre regretté Jean Veronis avait anticipé cette demande avec son fabuleux Pourrissé vos texte

Ainsi, avec un indice fort, le paragraphe précédent devient…

Come nombre de requêtes sont faites en biiiiiiip… encfin, sont farcies de fotes, je propose que l’ont soit encore plus cohere et que nous rentrions volontairement des fotes de saisie dans les titres et les biets pour coler au plus près de celes que l’ont prête aux internotes.

Et puis, histoire de remonter un peu plus dans les statistiques, il devient indispensable, stratégique même, que nombre de termes compliqués, peu usités, vieillis, anciens soient bannis.

En résumé, n’instruisons plus le lecteur, mettons nous à son niveau (…supposé), histoire d’attirer dans nos rets2, pardon, dans nos filets plus de lecteurs.

Bref, cela revient franchement à prendre les lecteurs pour des cons. J’imagine que cette manière de nous3 considérer devrait nous faire plaisir…

Hop, je pars en vrille…

Ainsi, au lieu de titrer dans urbanbike :

il serait donc préférable de titrer :

  • Traitement de texte : TextCenter un bon choix sur iPhone (56, zut, 3 caractères de trop, désolé)
  • Traitement de texte : TextCenter excellent sur iPhone (53 caractères)

Ensuite, pour les produits concurrents, titrer :

  • Traitement de texte : Editorial excellent sur iPhone (52)
  • Traitement de texte : Nebulous Notes dépote sur iPhone (54)
  • Traitement de texte : Daedalus touch bon sur iPhone (51)

Et ne pas oublier de pourrir ces titres pour être plus près des requêtes “naturelles” sur Google…!

  • Traietment de texte : Editorial excelent sur iPhone (51…!)
  • Traitement de text : Nebulous Notes dépote sur iPhone (53)
  • Traietment de texte : Daedalus touch bon sur iPhone (51)

Ahhh, quel bonheur que les techniques de référencement. Palpitant…!

Bon, je galèje, je grossis (…à peine) le trait mais, avec de tels préceptes, Modiano n’aurait peut-être jamais eu le Nobel…?

Ben oui, un mec qui écrit…

Bien des années plus tard, alors que les rues du quartier n’offraient plus que des vitrines de boutiques de luxe et qu’une maroquinerie occupait l’emplacement du Condé, j’ai rencontré Mme Chadly sur l’autre rive de la Seine, dans la montée de la rue Blanche. Elle ne m’a pas tout de suite reconnu. Nous avons marché un long moment côte à côte en parlant du Condé. Son mari, un Algérien, avait acheté le fonds après la guerre. Elle se souvenait des prénoms de nous tous. Elle se demandait souvent ce que nous étions devenus, mais elle ne se faisait guère d’illusions. Elle avait su, dès le début, que cela tournerait très mal pour nous. Des chiens perdus, m’a-t-elle dit. Et au moment de nous quitter devant la pharmacie de la place Blanche, elle m’a confié, en me regardant droit dans les yeux : « Moi, celle que je préférais, c’était Louki. »

Dans le café de la jeunesse perdue, Patrick Modiano

Trop long, coco…!

Avec Provoke au Potager du Roi…

Comme il n’y a pas un poil de pub sur urbanbike, je vais continuer avec mon style (inique…!). Rien a battre.


Ajout et Note de fin… Cette limite en nombre de signes est d’autant plus aberrante que certaines langues agglutinantes ont des termes fort longs, ce qui pose d’autres problèmes comme l’évoque Eloi Rouyer dans ce tweet avec ce mot allemand de 63 caractères, Rindfleischetikettierungsüberwachungsaufgabenübertragungsgesetz (loi sur le transfert des obligations de surveillance de l’étiquetage de la viande bovine — abrégé en RflEttÜAÜG ou RkReÜAÜG) et qui est limite pour empiéter sur la colonne de droite de ce blog…!


  1. Pas la peine de me rappeler que je fais ça naturellement tout seul tous les jours. Je prétends qu’elles sont d’inattention mais c’est, en fait, stratégique… je suis malin…! ↩︎

  2. Filet : ouvrage de corde ou de fil à grosses mailles servant à capturer des oiseaux, du gibier, des poissons. Lire aussi. Sinon, la définition de rets si vous êtes arrivé ici…! ↩︎

  3. Nous car je suis, 99 % de mon temps, un lecteur… ↩︎

  4. Merci à Reeder sur iPad (lecteur RSS) de ne pas couper les titres des dépêches que je suis. Ainsi GT Advance closing plants in Arizona and Massachusetts, calls Apple deals ‘oppressive and burdensome’ = Titre de 101 caractères… Zut, on peut donc dépasser 50 caractères…!? Noooon…? ↩︎

le 11/10/2014 à 21:45 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #