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L’image selon DxO

Un scalpel numérique pour tirer sans effort le maximum de vos images

dans photo

Ma première rencontre avec DxO remonte à la version 2, en 2004 de mémoire… Après une soirée avec François Cunéo qui en avait profité pour chanter les louanges de ce produit, j’avais téléchargé une démo durant mes vacances. Et immédiatement, surpris et même choqué de la précision du rendu, de ces images tellement fouillées, nettoyées, curetées qu’elles me semblaient quasiment irréelles…

Dés la rentrée, j’ai replongé dans les affres professionnelles et j’ai décroché, accaparé par d’autres soucis…

Aussi, après avoir terminé ce billet sur Capture One, j’ai eu envie de tester à nouveau ce produit mythique d’autant qu’un commentaire de esales y faisait référence fort à propos. Avec pas mal de clichés réalisés en Bretagne ces dernières semaines par temps couvert, ciels plombés, brumes matinales, embruns, eaux glauques, j’avais en magasin quelques images adéquates pour un test. J’ai donc téléchargé une version de démonstration pour mon boîtier et une optique (Canon 350 D + EF 17-40/f4), couple que j’avais principalement utilisé… Et usé et abusé des conseils de Volker, notre grand “gourougourou” du RAW…!!

Prolégomènes : il n’y a pas un type de photo mais autant d’expressions photographiques que de photographes. Parfois la photographie transcende la réalité et elle sera décrite comme “créative”… Parfois la photographie consistera à transcrire fidèlement la réalité (photo d’architecture par exemple). Dans les deux cas, il s’agit toujours de photo mais la manière de travailler, de traiter la phase finale n’obéit pas aux mêmes règles même si les outils sont généralement les mêmes.

Avec la photo numérique est arrivé le format RAW (…considéré, à tort, comme l’apanage des professionnels…). Ce format est certes volumineux sur un disque dur ou sur une carte mais il permet de retravailler chaque vue une fois recopiée sur son ordinateur et, souvent de rattraper/corriger/améliorer cette dernière. Il est même indispensable aux plus nuls des photographes (c’est mon cas…!) en leur évitant d’être disqualifiés à la moindre erreur ! C’est pourquoi je ne peux que vous engager à essayer, vous aussi, à travailler en RAW. Je ne vais pas revenir en détail sur les spécificités du RAW… C’est un fichier qui contient tous les éléments brut de décoffrage de votre prise de vue, du brut de capteur. Et, par là, vous permet de (re)jouer sur nombre de réglages a posteriori… Magique, non ?

Les outils pour développer les images à partir des formats RAW sont assez nombreux dans le monde Mac… Chacun s’efforce d’être le meilleur, le plus pratique, le plus rapide, le plus ergonomique. Certains (Aperture, LightRoom) ajoutent à leur panoplie une fonction de catalogage que l’on peut ou non apprécier. Pour ma part, j’utilise avec bonheur iView. Et c’est à partir de ce catalogueur que j’ouvre mes images sous Photoshop/Camera RAW, Capture One et désormais DxO pour les traiter…

DxO, KésakO ?
DxO utilise simultanément deux types d’informations : un module spécifique au boîtier et un autre dédié à l’optique qui a permis la capture de l’image… C’est l’association de ce couple qui va traduire de manière quasi idéale nos images in fine
Les avantages de DxO portent avant tout sur la correction des défauts optiques en plus du développement et de la correction des RAW. En effet, chaque optique possède, quelques soient ses qualités propres, un certain nombre de défauts qui vont du vignetage à l’aberration chromatique, en passant des effets de franges colorées et bien entendu des distorsions (note : J’ai d’autant mieux compris ces éléments en rédigeant ce billet que, hasard, j’ai reçu par courriel la fin du chapitre 5 du livre à paraître de Volker qui décrit tout cela de manière accessible au commun des mortels…).
Bref, ce n’est pas pour rien que la technologie de DxO repose sur une analyse spécifique des caractéristiques de chaque optique, fabricant par fabricant et de leur usage avec les particularités propres à chaque boîtier. Cette analyse est assez complexe et explique de facto que l’ajout de nouvelles optiques — comme de boîtiers — s’opère au compte-gouttes chaque mois.

De fait, si vous vous intéressez à DxO, vérifiez d’abord que votre boîtier et votre objectif de prédilection se trouvent bien dans ces offres. La politique de vente a changé en octobre 2005 et votre licence couvre tous les boîtiers et toutes les optiques contenues dans un pack. Avec l’ajout régulier de nouvelles optiques, le produit est très séduisant car votre pack s’étoffe également…

Pour en revenir avec mon petit stock d’images RAW morbihanaises, je n’ai pu traiter sous DxO que celles produites avec le couple 350D et 14-70. Néanmoins, et autant l’écrire de suite, j’ai eu la bonne surprise de découvrir que DxO pouvait agir en partie également sur des vues produites avec un Canon 5D et une optique non définie, sur mon Canon 350 D et mon 60 mm macro non référencé… Et même sur des JPG issus de boîtiers numériques non référencés (mais des JPG bruts, non retraités par un soft comme Photoshop…) sur la partie DxO Lighting… Ceux qui ont déjà utilisé PictureProject de chez Nikon et de quelques autres produits apprécieront sauf qu’ici, toutes les images sont concernées… Même si cela semble anecdotique, il est intéressant de le savoir car cela m’a permis également de remonter des images anciennes en quelques secondes… Mais là n’est pas le propos, je diverge.

Phase One…
Pour commencer, j’ai traité une série d’images via Capture One Pro de chez PhaseOne… Du développement créatif comme le dit Volker, histoire d’obtenir des rendus un peu soutenus, équilibrés et renforcées au petit poil selon ma sensibilité…
C’est mon point de vue (et je le partage…!) : une photographie n’est pas qu’un simple miroir de la réalité…! Déjà par le choix de l’objectif, du format du capteur, du cadrage, de sujet, de l’heure de la journée et du temps qu’il fait, l’opérateur fait des choix… Ces choix ne s’arrêtent pas une fois la prise de vue réalisée… En effet, lors du développement du RAW, les partis pris, la sensibilité, la culture, l’humeur, l’expérience, les erreurs (barrez les mentions qui ne vous conviennent pas…) vont se mêler pour réaliser une image qui conviendra à l’oeil du photographe…
Bref, j’ai construit quelques images en fonction de ce que ma mémoire et mes envies me dictaient…

Phase Two : DxO le nettoyeur…
Après avoir installé DxO, j’ai repris ces mêmes fichiers RAW et j’ai laissé DxO agir de manière automatique… Bon, hormis une interface un peu système 9 et un temps de traitement assez long (…plus de deux minutes par image de 8 Mega pixels sur un bi-pro avec le réglage standard…), le résultat est spectaculaire.
Je ne vais pas dire “beau” mais “spectaculaire”… Des détails que l’on ne voit pas, qui ne sautaient pas aux yeux sont soudainement identifiables… Du coup, ce sont des vues séduisantes, piquées, fourmillant de détails… Il faut laisser à l’œil le temps de se faire à ce nouveau rendu. À la limite, ce sont des images qui sont plus destinées à l’impression après coup et à regarder non à 100 % mais à 50 %, à la résolution plus proche d’un imprimé…

Training pour le développement ?
Du coup, j’ai traité des tas d’images pour voir ce que cela donnait en automatique, seul le choix du profil ICC final et de la distance de mise au point entrée par mes soins. Difficile de piéger DxO, même dans les conditions les plus épouvantables de prises de vue, le soft sort le maximum de l’image et renforce chaque image en main de maître…

Ensuite, j’ai repris les sources de certaines images traitées en automatique, changé certains réglages dans Dxo, apprécié le rendu dans la prévisualisation. Avec un peu de temps, il est intéressant d’affiner ce rendu quasi industriel (cela n’est pas une insulte dans mon esprit) pour obtenir enfin un document à mi-chemin, aidé, soutenu en cela par la puissance du scanner DxO…
Sur les conseils téléphoniques de Volker à qui j’avais expédié quelques-unes de mes images, j’ai désactivé certaines opérations automatiques de DxO, notamment dans le module Noise, la correction du bruit de luminance comme celle du bruit coloré. Quand on ne sait pas, on demande et c’est ce que je fais !
Bref, petit à petit, malgré une attente un peu longuette en terme de réactivité de l’application malgré un G5 bipro, j’ai amélioré un poil plus mes images pour obtenir un résultat qui soit plus proche de ce que je souhaitais… Du coup, les réglages plus fins à la souris deviennent intéressants pour un bon tiers des images.

J’ai d’ailleurs imaginé l’alliance d’un Capture One Pro (qui propose une ergonomie plus fluide et agréable ainsi qu’une logique de traitement plus dans l’esprit de DxO… et surtout un temps de traitement supportable) et de DxO, histoire de conserver à la fois l’aspect contrôle du résultat et puissance de calcul…!

Alors, DxO ou développement à la souris ?!
Si je suis à la lettre les excellentes recommandations de François Cunéo, c’est Dxo. Vous remarquerez que je ne parle pas trop de la mécanique interne de Dxo, le billet de François est complet, en français et bien écrit, bourré de copie d’écrans… C’est certainement le meilleur mode d’emploi de cette application et je ne vois pas l’intérêt de plagier son test comme ses conclusions…!

Pourtant, je ne suis pas entièrement d’accord avec celles-ci. Certes, (je cite François), il faut savoir que DXO fait un nombre de corrections énorme (DayLighting, correction des aberrations chromatiques, corrections du vignetage, du manque de piqué et du bruit), alors que CaptureOne ne fait lui pratiquement que développer les images, en suivant vos réglages, tout en les débruitant lui aussi, il est vrai.
La grande force de DxO, c’est cette écrasante supériorité en qualité de traitement des défauts optiques dès lors que l’on a l’optique et le boîtier idoine.

Comme j’utilise mes vieilles optiques Contax montées avec des bagues M42 (C’est la faute à Volker…!) sur mon Canon 350D, que j’ai utilisé des tas de boîtiers exotiques et désormais hors circuit (le Kodak DCS/n par exemple), je persiste à croire qu’il est indispensable de savoir cuisiner ses RAW tout seul comme d’utiliser les services d’un super chef comme DxO… Ainsi, après avoir traité toute une journée des RAW avec DxO, j’ai eu un réel plaisir le soir à réutiliser Capture One et à traiter de manière réactive des vues issues de boîtiers indéterminés comme d’optiques improbables sans limitation.

Par contre, — d’où mon intertitre un peu provoquant utilisant le terme “training” — l’utilisation de DxO a modifié sensiblement ma manière de développer. Je me suis surpris à être plus brutal dans mes réglages, à la manière de Monsieur Plus de Bahlsen (…désolé pour cette citation publicitaire et biscuitière mais c’est réellement le sentiment que j’en ai !). Mais dès le lendemain matin j’ai eu également plaisir à me coltiner — à nouveau — au DxO et traiter plus subtilement des images que j’avais précédemment lancées en automatique. En effet, comme DxO fabrique une image idéale “mathématiquement” grâce à ses algorithmes de traitement des aberrations, il est intéressant pour un photographe de s’approcher de cette représentation en retraitant ensuite ses sources via Camera Raw, Capture One Pro, DPP ou autre, trouver les combinaisons qui s’approchent le plus de ce qu’il est possible, algorithmiquement parlant tout en ajoutant sa patte et sa créativité s’il le souhaite…

La grande force de DxO hormis ce rendu qui va déboucher des nuances dans tous les coins est le fait d’agir aussi bien sur des JPG que sur des RAW, d’exporter en JPG, TIG et même DNG… Ce point est intéressant car nombre de professionnels pensent que le DNG a un réel avenir, étant passible de devenir une sorte de format PDF de la photo… Sauf qu’il est m’est apparu impossible de traiter du RAW Canon passés en DNG… Aie, le DNG ne serait-il pas supporté en import ? Il ne l’est pas effectivement…
Par contre le DNG en export a un intérêt que je n’avais pas perçu d’emblée, celui de pouvoir demander à DxO de ne faire que les corrections sur les défauts optiques de l’image puis exporter en DNG pour finir de traiter son image ailleurs, dans Camera RAW par exemple.

Aussi, je ne peux que conseiller l’utilisation de DxO à tous ceux qui souhaitent tirer le maximum de leurs fichiers RAW tout en les engageant à conserver également leur application fétiche… Il n’y a pas d’incompatibilité, bien au contraire, et l’usage de deux modes opératoires ne peut qu’être bénéfique à vos images comme à vous-même !

Quid d’un Doisneau, d’un Boubat…
Même s’ils ne sont plus présents pour répondre, c’est une question qui reste patente… Qu’est ce que ces grands photographes auraient fait s’ils avaient eu entre les mains un micro, des appareils numériques et DxO ? Ils se foutaient en grande partie de ces défauts techniques, privilégiant capturer une émotion, un cadrage.
J’ai un début de réponse via l’architecture. Si les fabricants de verre avaient été capables de fournir des verres plats de grande surface dès la Renaissance, est-ce que les fenêtres à petits carreaux, fenêtres dites classiques, existeraient ? Il n’y avait pas de volonté particulière des bâtisseurs de l’époque à utiliser des petits carreaux pour les ouvertures, la limitation n’était due qu’à une technologie limitée du verre.
Oui, mais ce ne serait pas aussi beau rétorqueront certains… Allez en Italie voir certaines villas palladiennes, des restaurations récentes et vous constaterez par vous même que des grandes baies vitrées dans une architecture classique, c’est tout simplement superbe…

Alors ? Alors, la décision vous échoit pour chaque travail photographique, question de goût et, surtout, en fonction de ce que vous souhaitez exprimer  image de la “pure” réalité ou une vue selon votre créativité…

Bon à savoir
L’achat d’une licence DxO vous offre la possibilité d’installer cette dernière sur deux machines pour votre usage, Mac ou PC mais aussi Mac et PC…
Trois licences différentes existent et vous pourrez glisser aisément de la plus basse vers les autres, monter en puissance…
Tout est sur leur site… Dxo.com
Vous pouvez télécharger une version du produit et l’essayer pendant une période suffisante pour vous faire une opinion sur vos propres images…

Regrets ?
Que mon Canon EFS 60 Macro ne soit pas encore dans la liste !
Que le temps d’affichage du moindre changement en prévisualisation soit aussi long.
Que le temps de traitement d’une image prenne autant de temps… Néanmoins, avec un bipro, 89 fichiers RAW de 8 mégapixels traités en deux heures. Tâches à lancer quand vous allez déjeuner ou la nuit…!
Que le DNG ne soit pas importable en amont, surtout quand il s’agit (je le confesse…!) de RAWs Canon enregistrés en DNG… Certes, il est possible de générer un JPG correct depuis CameraRAW puis de le retraiter ensuite dans DxO mais il me semble qu’aucun soft “non Adobe” ne supporte le DNG, ce qui est dommage…

Premier essai, une image prise du Vindilis en direction de Belle-île…
Image brute :
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La même retraitée via Capture One (avec rotation et recadrage directement depuis cette application)…
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Puis l’image restituée par DxO…
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Ensuite, quatre exemples:
Traitement Dxo suivi, à chaque fois, de la visualisation d’un détail de l’image à 100 % généralement…
Nb : si certains sont surpris de ne pas voir des images ensoleillées, c’est qu’ils ne connaissent pas trop la bretagne…!

Port de Palais et bateau de pêche à l’amarre
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Port de Palais vu de la Citadelle (pas le même jour…!)
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Phare des Poulains (Nord de l’île, extrémité de la côte sauvage…)
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Paquets de mer aux Poulains avec temps de circonstance…
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Bon, n’oubliez pas que je ne suis ni un photographe, ni un technicien de l’image. Mais à mon stade de manipulateur de pixels de troisième classe, je suis agréablement surpris par le rendu de ces images qui me font revenir par la pensée instantanément sur mon île d’adoption…!

le 02/05/2006 à 08:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #