Retour au paragraphe stylé
Billet clin d'oeil
Ce qui suit n’engage que moi, CQFD.
Bon, je sais bien que je ne suis plus dans la course, pas tendance, dans le mouvement, au parfum, etc.
Et certes pas sujet aux contraintes dites de l’entreprise qui impose ses standards en terme de communication, de format pour les échanges de données.
Ainsi, j’ai trouvé dans l’usage du format .txt avec ou sans Markdown, synchronisé via iCloud ou DropBox des raisons d’écrire avec nettement plus de liberté et de tranquillité que les décennies précédentes. Ainsi j’ai démarré ce texte sous Daedalus touch et comme je le faisais ce matin en restant sous ma couette, j’avais simplement activé gros caractères pour lire ma prose de plus loin avec mes yeux fatigués et des nuits de plus en plus réduites.
Bref, une seule typo, pas de gras ni d’italique, juste des petites étoiles qui parsèment mes paragraphes. Et de larges marges (…ou une faible colonne de texte si vous préférez !).
Okay, c’est ma manière d’écrire et je ne cherche pas à l’imposer même si je la trouve plus agréable pour mon usage (…et donc j’en cause sur urbanbike en mode partage de pratique, blog que personne ne vous contraint de lire d’ailleurs).
Or, à lire certains propos de mes petits camarades, j’aurais simplement tout faux car ils sont en plein RTF revival…!
Pourquoi pas… chacun son chemin, mille rédacteurs, mille traitements de texte…!
Mais quand @david_bosman écrit :
Oui, je suis en plein trip « tout RTF » depuis une semaine. Une façon de me sortir la tête de la frénésie du « tout Markdown » et aussi de la surenchère de fonctionnalités que pratiquent de nombreux devs…
C’est du lourd…! Oh lui !
Je vous reproche (amicalement !) de contribuer inconsciemment à diaboliser a contrario le Markdown en semant carrement le doute dans l’esprit des lecteurs !
En gros, en accréditant l’idée qu’employer du RTF, eh bien c’est pas si mal (sic !) et tant pis si le fichier pèse vingt fois plus lourd, affiche un florilège de typos et de styles…! Et plus grave, si édition il y a, s’avère une catastrophe pour la personne qui met en pages à la fin la prose (avec l’habituelle explication sibylline de l’auteur qui explique qu’il avait déjà tout fait !).
Ah, on me dit que c’est pas toujours du RTF, du .doc mais aussi du HTML…!
La question n’est pas là, permettez que je pourfende deux secondes mes contradicteurs même si, comme eux, je peux citer ce proverbe, …protégez-moi de mes amis, mes ennemis, je m’en charge…!.
Alors j’y vais et sort ma hache (…en papier) !
Le grand retour des formats paragraphes
Alors, ainsi, le chic du chic est de revenir à une saisie préfigurant d’emblée la mise en pages future…? Bon, j’ai juste l’impression de faire un saut d’une trentaine d’années… en arrière.
Pourquoi pas !
Je n’ai pas le goût des commémorations ni du vintage, une très faible nostalgie face à une composphère IBM, une photocomposeuse ou un Apple Lisa. Certes, j’ai employé ces produits mais j’en connais également les désagréments, mesure les gains de productivité comme de confort que me procure mon …iPad.
Bref, j’ai donné et continue à maquetter du contenu sous indesign pour ne pas avoir trop perdu la main avec les formats styles paragraphes et caractères emboîtés.
Mais se contraindre à employer un traitement de texte qui singe Word, non.
Je sais que Word n’est pas un mauvais produit et pour cause[1] (le must fut à les yeux la version 5.1b sur Mac), j’ai bataillé sans succès pour qu’Adobe n’abandonne pas FrameMaker sur Mac (…lire le premier billet écrit sur urbanbike) mais ne nous trompons pas de combat !
Quand j’écris, je n’ai pas besoin de retrouver la mise en page du livre imprimé, juste besoin de hiérarchiser mes idées. Le seul style dont nous pourrions avoir impérativement besoin est l’italique.
Mais quand nous écrivions à la main sur des feuilles blanches, la seule mise en forme était celle de notre écriture et cela fonctionnait pas si mal[2]. Et l’italique marquée par un souligné.
Bref, tout ceci pour sourire (je n’ai pas d’autre expression) devant cette imposture intellectuelle (hinhinhin !) qui évoque avec force la nécessité de styler son contenu dès que l’on rédige. Vous savez ce que Zazie aurait exprimé…!
Non.
Hein ?!
Non !
Tsssss… De plus cela ne rend pas votre écriture plus lumineuse, plus intelligente. Vous perdez juste un temps précieux — et pas mal d’énergie — à mettre en forme au lieu de vous concentrer sur la seule chose utile : votre texte…!
Et toc…!
Bref, vous procrastinez, vous vous dispersez. Ces pseudos styles ne sont que des béquilles[3]…!
Attention : je comprends parfaitement que certains aient besoin de surligner, de placer des marques, faire un bout de dessin, chacun fait ce qui lui est indispensable pour écrire le plus confortablement.
Ce qui m’agace, c’est la force de votre credo. Ce n’est pas indispensable comme vous le proclamez haut et fort (…là, je suis moi-même en mode totale mauvaise foi…), c’est juste que cela vous convient. Pour ma part, je n’assène pas l’usage du Markdown (…ah bon, je l’ai fait !?), j’en parle juste de ma pratique.
Qu’un texte, une fois lu et relu, amendé soit ensuite mis en forme, que cette mise en forme mette l’accent sur un souci de structure, de niveau, oui.
Mais que cette opération précède ou accompagne l’expression de nos idées, cela me fait doucement rigoler…!
Certes, nous avons tous en mémoire des rédacteurs (…auteurs, écrivains ou simples pékins) qui ont besoin d’un certain cérémonial pour écrire (debout devant un écritoire, telle couleur d’encre, tel stylo, tel type de papier…). Je participe d’une certaine manière à cette mise en condition avec mon choix du traitement de texte Daedalus touch et ses marges large, le choix de la typo Goudy bookletter 1911. Mais pas plus.
Au delà, me semble-il, on ne peut sereinement expulser (faire jaillir est un poil plus sympa …!) ce que l’on a besoin d’exprimer si, en permanence, on surveille la mise en forme de ce contenu tout chaud…! Mais, encore une fois, je peux me tromper, j’assume…!
Bref, ô lecteur qui souhaite écrire, souviens-toi que c’est toi seul qui tapote sur ton clavier et que tu fais strictement ce que tu veux avec l’application que tu souhaites et ce de la manière qui t’est la plus agréable. Évite juste les usines à gaz, fais simple.
Et surtout, écris !