Soulever une charge à 70 ans : erreur !
Pas une de bonne, JC !
dans
dans mon bocal |
vieillir
La prochaine fois que je vois un livreur en difficulté avec son chariot bourré de cartons coincé contre un trottoir, prière de me rappeler de ne surtout pas intervenir.
Fini le temps où je pouvais aider…
Comme je l’ai relaté sur mastodon, cela fait quelques années que je suis devenu un… bibelot.
Problème : je n’arrive pas encore à intégrer cette donnée alors que cela fait un bon nombre de fois que je me suis ruiné le dos..!
Le passage en mode bibelot est insidieux… C’est progressif et sournois…!
Si, sur le moment, j’ai pu poursuivre ma route en ayant eu la présence d’esprit de repasser à l’appartement pour me parer de ma ceinture abdominale1, la première nuit2 m’a rappelée que ce n’était pas anodin.
D’autant que je ne voulais pas remettre notre sortie à Todi le lendemain. Bref le retour fut plus douloureux et j’ai terminé le week-end seul à Perugia.
Cette anecdote me démontre que l’on reste (…que je reste !) incapables d’accepter notre réel état physique.
Et à la suite de l’épisode pathétique de la réforme des retraites avec un gouvernement sourd aux demandes de tout un peuple de travailleurs, cela prend un relief particulier.
Okay, je n’ai pas 64 ans mais cinq de plus, bientôt six.
Mais contrairement à ces membres de gouvernement, j’ai enchaîné des jobs précaires, des missions d’interim pour financer mes études.
Je savais que je ne ferais pas un beau vieillard et je peux le confirmer. Passer quelques années à effectuer des livraisons pour une imprimerie3 dans Paris n’a pas amélioré mon ossature déjà ébranlée par les tampons au rugby.
Mon exosquelette est une ceinture abdominale4 qui m’accompagne lors de mes déplacements. Pour le moment, elle maintient ma colonne vertébrale et je reste sagement assis sur un tabouret où debout le plus droit possible pour soulager mon corps.

Pour finir, j’ai de la peine pour ces personnes qui ne comprennent pas (!) que l’on puisse être cassé par des années d’un travail pénible.
Irrité par les rires face au désarroi des éboueurs : j’ai fait ce job (très peu de temps) lors de mon service militaire et je n’ai pas oublié.
Bref, le monde ne devrait pas être séparé en deux avec 5 % de privilégiés qui n’ont pas eu à se fatiguer et 95 % de gueux qui ont juste le droit de subir des règles bancales.