…Tu sais que tu deviens vieux | 2
…Quand tu mets fréquemment une ceinture du docteur G.
dans
dans mon bocal |
vieillir
Dans une vie antérieure, je transportais dans Paris des ramettes de documents avec une camionnette. Juste le temps de me mettre en double file (…c’était encore possible à l’époque), d’ouvrir les portes du fourgon et, selon la quantité, charger sur une épaule ou un diable les colis à livrer aux clients.
Une ramette de papier de 500 feuilles d’opale de rives, ça pèse son poids surtout quand on en livre quelques cartons en empruntant des escaliers de service.
Entre cette absence d’attention à mon corps (à 25 ans, tu te sens stupidement invincible) et les tampons au rugby, je me doutais que je ne ferais pas un beau vieillard. À six décennies, je confirme !
Hier, en galopant pour rater mon RER (un grand classique…), je laisse la place à deux livreurs de sacs de farine au coin de la boulangerie. Le plus grand m’adresse un large sourire avec sa charge sur l’épaule tout en me disant sans malice “passez, je suis encore jeune” (…dans le sens de vigoureux). J’ai accepté tout en me faufilant rapidement tant j’avais mal pour lui.
Mais c’est à ce type de réflexion que j’ai bien capté que j’étais vieux, la preuve ! Et puis cet apres-midi, j’ai ajusté ma ceinture made by Docteur G. sans sourciller tant mes lombaires douloureuses m’y incitaient.
Le regroupement des vieux bouquins de voyage dans la demeure de mes parents, les descentes d’étage avec des piles de livres sans intérêt ont eu raison de mon dos.
Humidité, froid en sus, mon compte est bon…!