Vive Les petits robots qui sont tous beaux !
Opérations de courrier, achat de tickets ou de denrées, même combat !
dans
dans mon bocal |
groummphh
Ma vie est passionnante. Ce matin, avant le déneigement de mon mazout à émission de particules cancérigènes — déglaçage serait plus adapté car la grêle d’hier soir a formée une très belle gangue glacée… mais je égare —, je suis allé à pieds (si, si…) au bureau de poste de mon quartier, bureau rénové dernièrement aux nouvelles normes.
Bref, îlot central avec des tas de produits prêts à l’emploi, un préposé sympathique derrière un guichet, une photocopieuse (en panne) et une machine à affranchir pour nous permettre — à nous les clients — de faire le boulot des opérations dévolues au courrier.
Comme la machine était déjà en main (sic !), j’ai demandé au préposé s’il voulait bien peser et timbrer mes 6 missives de poids identique. Comme avant, quoi…
— Non.
— Biscotte ?
— …Biscotte il y a une machine pour cela.
— Viii ! Mais vous êtes inoccupé et la machine déjà sollicitée par un client de ce modeste établissement, aussi, ne serait il pas possible de…
— Non !
— Heu, non, non ?!
— Non ! J’applique les consignes de ma direction : vous avez une machine ad hoc là à votre disposition, utilisez-là !
Je précise que cet échange s’est fait de manière bonhomme, mon préposé étant sympathique mais règlement, règlement.
Heureusement le client derrière la machina avait terminé (comprendre, attendait l’impression du ticket de son opération qu’il a fini par oublier) et je me suis retrouvé enfin aux prises de l’écran à choix multiples. Ouais…!
Ce n’est pas que je sois opposé à la modernisation de nos bureaux de poste mais prendre du temps à dompter la machine à délivrer des vignettes pour mes envois alors qu’il y a un gars (…sympathique…!) pré-sen-te-ment à attendre derrière un guichet une tâche digne de lui, cela me fait gentiment glousser.
Ayant déjà eu affaire à ce type d’outil (et que même que j’ai suivi une formation d’élite dispensée par une autre sympathique préposée naguère), cela ne m’a pas traumatisé. Hormis le fait que l’interface est toujours aussi moche (sans l’ombre d’un doute, cousine des distributeurs de tickets de la proche station RER : même look et même icônes arrondies…) et le process aussi… lent.
Heureusement, je suis rusé…! Je pèse une seule de mes lettres et commande 6 vignettes identiques que je finis par payer par carte.
Une fortune ! 3,78 euros.
Je récupère un ticket qui était celui du client précédent (!), mes vignettes — shlong-shlong-shlong-shlong-shlong-shlong… — et enfin mon ticket à moi !
Là, deux clients arrivent, l’un qui occupe enfin le préposé quelques secondes en le questionnant et une cliente qui me remplace devant la machine.
Alors que je m’apprêtais à partir, cette dernière me demande aide et assistance — je n’ai pas lu gamin, les aventures du chevalier de Pardaillan[1], comte de Margency pour me défiler dès qu’une femme m’interpelle…! Et me voilà à la former aux usages de cette machine et lui expliquer comment réaliser son opération, allant jusqu’à coller la vignette sur son pli.
Du coup, aller à la Poste a aujourd’hui nettement plus d’attraits.
- On ne fait plus la queue devant un guichet mais devant une machine colorée (…qui n’est pas plus rapide que les humanoïdes précédemment en fonction),
- On bénéficie des recherches en ergonomie les plus avancées de notre hexagone et d’un design qui fait pâlir d’envie Jonathan Ives — himself en personne,
- On peut même faire des rencontres qui risquent de mettre Meetic en faillite (hinhin !),
- On peut même former d’autres clients (…solidarité inter-générationelle !) et se retrouver à passer plus de temps que prévu,
- le tout sous le regard bienveillant d’un préposé qui n’est là que pour encaisser les emplettes que vous pourriez (peut être) réaliser dans l’îlot marchand trônant en plein milieu de la Poste.
Bon, tout va bien : la machine du courrier n’était pas en panne comme sa copine la photocopieuse, j’arrive à ne pas criser en attendant que le process se déroule et je n’ai pas oublié le code de ma carte bleue, preuve que je tiens encore Alzheimer à distance !
Ah si, dernier détail qui tue.
Après avoir mis les vignettes sur mes lettres (et jeté les papiers restant — chouette, encore des déchets — à la poubelle à proximité…), pas question de glisser depuis l’intérieur — et au chaud — ces missives dans la boîte à lettres…!
Je suis sorti sous la neige en plein vent mettre mes courriers dans les boîtes ad hoc. Normal.
Pour le moment, je ne suis pas encore trop âgé, pas trop amorti, encore valide. Mais c’est quoi l’idée à la poste ? Supprimer du personnel en formant les clients à l’utilisation de ces machines à affranchir…? Et après ?!
Pour ma part, comme pour les caisses de grande surface, je préférerais avoir affaire à un humain même de mauvaise humeur…! Et continuer à contribuer à verser un salaire à cet humain pour la relation que nous allons entretenir quelques secondes ou minutes.
Mais il est vrai que je suis «old School» avec mes idées dépassées comme dignité du travail, emploi, statut. Et pas productivité à tout crin.
Pour finir, je vous engage à lire ce billet de Fred Vargas que m’a indiqué @doopix…
— Oui, nous y sommes…
-
http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Pardaillan ↩