Belle-île | Pointe du Skeul
Vers la pointe de Skeul
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dans mon bocal |
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Même l’amateur que je suis se reconnaît dans ce conseil avisé de Volker…!
Oui, il faut avoir le courage — surtout en vacances — de s’extirper de sa couette chaude, s’habiller en silence (eh oui, car la maisonnée est occupée par de jeunes vacanciers qui ont joué tardivement aux cartes magic…!), sortir discrètement puis marcher (ou pédaler…) les quelques kilomètres qui vous séparent de la côte, de la ville, des champs…
Contrairement à Volker, j’oublie régulièrement de trimballer un pied photo… Et surtout j’arrive généralement trente minutes trop tard…! Car pour être comme Volker sur le coup de 7 heures sur zone, il faut se lever vers… 6 heures 30…!
Mille fois d’accord également pour travailler exclusivement au format RAW, histoire de sauver parfois une image à peu près correcte mais bien mal exposée…!
Mais ce qu’oublie de rappeler Volker, c’est en outre l’occasion de sortir, se dépenser physiquement sans cavaler, prendre le temps de regarder autour de soi et se libérer de ses soucis…
Faire de la photo est un sympathique prétexte à bouger…! Partez léger, une seule optique sur votre boîtier (vous en utiliserez une autre demain, cela vous obligera à mieux appréhender celle du jour…), une bonne paire de chaussures surtout si vous empruntez des sentiers escarpés… Et de quoi vous protéger de la pluie… Restez détendu bien qu’attentif, il n’y a aucun enjeu.
Vous êtes en numérique, n’hésitez pas à doubler des sujets…
Par contre, soyez impitoyable avec vous-même, au retour poubellisez tous les fichiers qui n’offrent pas trop d’intérêt sous peine de vous retrouver très vite avec un disque dur saturé…!!
Enfin, le petit déjeuner pris en famille deux à trois heures plus tard aura, je vous l’assure, un autre goût…
Note : si vous avez un coup de fatigue, redécouvrez le véritable plaisir d’une petite sieste de trente minutes après déjeuner…!!
Ce ne sont pas les quelques averses qui m’ont incité à le lire mais une relative plage de temps libre… Et, comme d’habitude, je suis allé me ruiner à la librairie l’usage du monde qui tire son nom du livre fameux de Nicolas Bouvier…!
J’ai enfin commencé à lire Effondrement que j’avais découvert via un long papier de La Recherche…
Aussi, entre balades, averses (!) et missions en attente, je suis plongé dans ce gros volume de plus de 640 pages. Il faut avouer que le sujet est actuel.
Il s’agit de l’écocide, une notion que Jared Diamond juge plus dévastatrice qu’une épidémie ou une guerre nucléaire. Et son livre est l’exemple de précédents effondrements passés ou en devenir… Des Vikings aux habitants de l’île de Pâques ou les Mayas pour le passé…
Mais c’est quoi l’écocide…? Au lieu de tuer une culture ou une civilisation comme pour un ethnocide, là c’est l’environnement quotidien qui est systématiquement pillé et sur-consommé. Au point de créer les conditions parfaites d’un suicide environnemental… Tout rapport avec des signes avant-coureurs de notre propre actualité n’est absolument pas fortuit…!
D’ailleurs, le chapitre sur l’île de Pâques est une démonstration particulièrement inquiétante de ce qui peut nous arriver… Car il y avait bien des arbres sur cette île à l’origine comme en témoigne une analyse assez poussée sur trente mille fragments de charbon de bois — via des carottages effectués dans des fours et des tas d’ordures — par Catherine Orliac, une archéologue française. Mais une exécrable gestion des ressources associée à des coutumes religieuses consommatrices de bois et un manque de clairvoyance des élites a conduit à une déforestation totale de l’île… Du coup, plus de bois pour fabriquer des bateaux de pêche ou des cordes, l’impossiblilté de se chauffer, plus de protection au vent des cultures agricoles, de création naturelle de compost, etc. Cela a entraîné quelques conséquences dramatiques en fin de course dont la quasi disparition de la faune et un passage au cannibalisme pour simplement survivre…
Sachant que cette île est isolée (3700 kilomètres à l’est du Chili…), difficile d’aller chercher du secours ailleurs (je recommence, toute ressemblance avec notre planète n’est absolument pas fortuite…)…
Néanmoins, Diamond tempère en conclusion cette explication en insistant sur neuf autres points favorisant la déforestation dont la situation et la géographie même de cette île.
Enfin, Jared Diamond insiste bien sur un point…
Je le cite :
Par ailleurs, je ne connais aucun cas dans lequel l’effondrement d’une société ne serait attribuable qu’aux seuls dommages écologiques, d’autres facteurs entrent toujours en jeu. Lorsque j’ai formé le projet de cette enquête, je n’avais pas mesuré l’ampleur de sa complexité, naïvement convaincu que je n’aurais à traiter que de dommages environnementaux. Je suis finalement parvenu à définir une grille d’analyse constituée de cinq facteurs potentiellement à l’œuvre que je prends désormais en compte quand j’entends comprendre tout effondrement environnemental éventuel.
Quatre facteurs — dommages environnementaux, changement climatique, voisins hostiles et partenaires commerciaux — peuvent se révéler significatifs ou pas pour une société donnée. Le cinquième facteur — les réponses apportées par une société à ses problèmes environnementaux — est toujours significatif.
Bref, ce livre est passionnant, accessible à tout lecteur un peu curieux, particulièrement documenté (très étayé), ironique et parfois drôle. L’auteur n’est jamais pontifiant, n’hésite pas à rappeler qu’il existe d’autres grilles de lecture possibles mais argumente toujours avec méthode. Et s’avère particulièrement convainquant…
Effondrement
Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie
Jared Diamond
Gallimard
9782070776726 | 29,50 €
Je continue à le lire…
••• edit | décembre 2024 | Je me répète : peu importe si l'hypothèse à propos de l'île de Pâques soit discutée, c'est l'orientation du livre qui est passionnant…