Ou, plus exactement, comment rendre le balisage CriticMarkup bien plus agréable !
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Je ne vais pas vous raconter d’histoires : je ne suis pas un fan de CriticMarkup que je trouve assez lourd à employer, lui préférant mille fois la simplicité de MarkdownXL, fruit de la réflexion des développeurs de Ulysses …mais malheureusement réservé à cette application.
Ce n’est pas la première ni la dernière fois qu’un standard s’impose sur des bases discutables et ça ne sert à rien de faire de la résistance dès lors qu’il se diffuse.
Je l’ai rencontré la première fois via MultiMarkdown Composer 4 sous macOS et j’ai trouvé ça assez biiiiiip à mettre en œuvre.
Retrouver CriticMarkup dans la dernière mouture de Drafts 5 m’a donné l’envie de bricoler quelques actions à placer dans ma barre additionnelle et, à tout le moins, rendre le balisage de ces options de correction moins fastidieux.
C’était l’idée et je me promettais mollement de le faire un de ces quatre.
Sauf qu’il y a eu plus rapide que moi et, surtout, nettement plus pro !
Bref, en une unique action, Tim Nahumck (@nahumck) a résolu élégamment le balisage de CriticMarkup dans Drafts 5: Capture ‣‣ Act. Enfin des outils pour se lancer sans peine dans la phase de correction d’un texte !
En résumé, avec ce script, nous voici tous égaux pour user et abuser de ces balises sans craindre de nous planter et, important de le noter, avec la coloration syntaxique idoine.

- Car le plus chi… pénible dans CriticMarkup sont les balises dédiées (…ceci expliquant mon peu d’enthousiasme alors que celles de MarkdownXL dans Ulysses sont d’une simplicité biblique, certes avec moins de sophistication mais, à l’usage, naturelles comme celles de Markdown…)
Mais il marquait une seconde étape : une fois le texte relu, amendé, comment générer un fichier comprenant toutes les corrections ?
J’ai posé la question à Tim via Twitter qui, après une petite démo — “Something like this?… “ —, il a répondu avec une seconde action, Accept Critic Markup | Drafts Action Directory.

- Pas la peine de vous faire un dessin, ça marche…!
Paf ! Plus aucun prétexte pour se dispenser d’utiliser CriticMarkup !
Pire, c’est devenu un jeu d’enfant de baliser et de se servir de ce dispositif.
Le texte d’origine, celui qui est amendé est conservé dans Drafts, le script se contentant de prendre en compte les instruction du balisage puis de créer un nouveau fichier débarrassé de ces balises spécifiques en suivant scrupuleusement vos corrections.
Alors, oui, on pourrait aller encore plus loin, avoir un dispositif de prévisualisation qui simulerait le résultat avant de nous permettre de valider (…ou de réfuter en arrière) chaque modification.
Mais, sérieusement, déjà avec ces deux actions complémentaires nous avons les briques élémentaires pour s’essayer à l’usage de CriticMarkup.
À force de sophistiquer (sic…!) les choses (sic !), on en arrive à oublier l’essentiel : ici, le but est de nous permettre de peser nos mots, nos expressions, corriger, amender puis une fois validé, d’avancer. Bon, une preview ne serait pas de trop mais, en attendant (ou pas !), ça fonctionne d’enfer !
Très chouette manière de faire la promotion d’un balisage pas très sexy et de contribuer ainsi à son rayonnement.
À tester si vous êtes un fou de Drafts !!
Un grand merci à Tim et au groupe de développeurs enthousiastes qui sévit autour de Drafts et contribue, via des discussions enflammées et hyper techniques, à faire évoluer cet outil…!
Pour mémoire, il y a un très, très beau script disponible pour l’alter ego de Drafts sous iOS, c’est-à-dire Editorial, Critic Review . Avec possibilité de valider individuellement chaque option. Ce n’est pas le seul.
Avec la disparition des bureaux de proximité des services publics, l’obligation de disposer d’une connexion internet pour dialoguer avec ces derniers, je crains que nous allions au devant de nombreux problèmes tant pour les actifs largement habitués à l’usage des écrans et des claviers, que pour les personnes âgées, vulnérables, mais aussi celles et ceux en situation de handicap (perte d’autonomie, accident, etc.).
Sans chercher loin, il suffit de questionner nos aînés, mais aussi tous ceux qui n’ont pas eu à utiliser des machines à écrire au cours de leur vie. Et écouter leurs réponses…
Naguère, il suffisait de se rendre auprès du conseiller ad hoc avec les documents qui posaient problème ; voire d’échanger au téléphone vu que nous avions alors un numéro direct pour le contacter (!), pour obtenir un début de réponse.
Ces temps semblent finis alors que, paradoxalement, de nouvelles vulnérabilités apparaissent…
En effet, quand vous ne pouvez plus vous déplacer, quand votre champ visuel se réduit à néant suite à un glaucome, quand la prise de rendez-vous passe obligatoirement par un standard automatique (genre… tapez 1, tapez 2…! Veuillez prononcer un mot clé… Pardon, je n’ai pas compris…), quand la moindre démarche requiert une connexion internet via un site dédié avec identifiant et mot de passe, quand le peu de matériel informatique dont vous disposez devient obsolète, quand votre entourage proche se réduit, voire devient inexistant, vous faites comment ?
Ou, plus exactement, comment ferez-vous demain ‽
La génération papier s’éteint peu à peu…
Pour ma part, j’ai découvert l’informatique en 1984 après avoir tapoté sur des machines à écrire mécaniques puis électriques. Mais nombre de personnes de ma génération y sont venues bien plus tard.
Pour les précédentes, rares étaient les personnes vraiment à l’aise avec ces outils sauf si elles avaient eu des postes dans des entreprises qui les avaient conduites à l’usage régulier d’un clavier.
Pour illustrer ce gap, je n’ai qu’à plonger dans ma propre histoire, dans celle de ma famille, évoquer ma mère née en 1926 ou mon père, né une année plus tôt.
C’étaient des représentants de la génération papier. Ou, plus exactement, de la génération formée à la plume Sergent-Major et encriers en verre sur les bancs de l’école républicaine. Des personnes habituées à écrire du courrier à la main.
La technologie est arrivée tardivement… Un exemple : mon père a conservé ses increvables règles à calcul, celles de ses études d’hydraulique à la Houille Blanche de Grenoble. Néanmoins, je me souviens parfaitement qu’il avait fini par s’offrir une petite calculatrice HP à notation polonaise inversée dans les années 80.
Ce fut la seule intrusion d’une technologie novatrice qui m’ait marquée hormis le combo habituel télévision, HiFi et téléphone. Je me souviens, gamin, du téléphone à cadran rotatif en Bakélite.
En vieillissant, mes parents, avec arthrite dans les mains et lunettes sur le nez, furent moins à l’aise avec les claviers de leurs téléphones portables.
Ma mère employait un modèle pour seniors de la marque Doro avec un gros clavier simplifié ; mon père un Nokia 2310 de 2006 au clavier ramassé, ce qui lui posait quelques problèmes en composant ses numéros.
Arrivée de l’ordinateur via internet…
L’informatique est arrivée tardivement chez eux via une box et la VoIP pour limiter les factures téléphoniques. Malheureusement, ce fut un ordinateur portable Toshiba qui leur fut livré et mon père de s’offrir un gros cours sur Windows bourré de feuillets mobiles.
Inutile d’ajouter que l’usage de cette machine fut bref, tant du fait de la lenteur de la machine que de leur propre difficulté à apprivoiser cet univers étrange, découvrir les Mails, naviguer sur le net avec Explorer. Et être largués face à l’interface même de l’OS, ses mille icônes à associer à des applications précises, les innombrables boites de dialogue…
En déménageant et vidant la maison de mes parents, j’ai retrouvé un mode d’emploi calligraphié de quelques pages réalisé par de la famille proche, pages résumant toutes les opérations avec force petits dessins pour illustrer les touches à actionner… N’ayant jamais reçu un seul courriel de mes parents, je pense que tout ceci resta au stade de projet.
Je me souviens avoir assisté quelques heures mon père pour lui essayer de lui expliquer Explorer, le démarrer depuis un alias sur le bureau. Je lui avait indiqué comment accéder à urbanbike (!!) mais, au vu des difficultés qu’il avait à lancer une recherche, saisir dans la barre d’URL, éteindre cet ordinateur portable avec le bouton démarrer, je pense qu’il n’est jamais venu me lire.
Enfin, point souvent oublié, la manipulation de la souris restait complexe pour ces personnes âgées qui n’arrivaient pas toujours à relier déplacement de cette dernière sur le bureau et position sur l’écran.
Lors de ce passage ce week-end là, je me souviens que ma mère avait passée une tête pour me demander comment contrôler cette souris, essayer devant moi mais n’arrivant absolument pas à guider le pointeur sur l’écran, gênée par cette relation spatiale étrange ainsi que par ses rhumatismes déformants. Elle n’y arriva pas, ni ce jour, ni par la suite. D’ailleurs, quelques temps plus tard, elle me glissa dans un bref échange que seul mon père conservait quelques velléités à essayer de l’utiliser, sans plus de succès d’ailleurs.
L’emplacement de leur installation — coincée sur un bout de palier inconfortable le long de l’escalier — n’était pas le plus propice aux joies du surf avec un simple tabouret et une planche faisant office de bureau, encombrée de paperasses diverses, de câbles multiples voire des codes d’accès à leur box réécrits au crayon de bois…! Seule l’imprimante permettait à mon père de photocopier parfois quelques documents.
La place pourtant ne manquait pas pour installer un poste numérique à un emplacement plus confortable mais le choix de cet emplacement étriqué signait de facto un refus implicite à s’investir dans cette technologie qui les dépassait.
C’est là où je regrette amèrement que l’iPad soit arrivé bien trop tard. Leurs amis de la même génération, tous ceux qui ont démarré avec un écran tactile, n’ont pas eu ces difficultés.
Quelques leçons tirées de cette expérience…
Sous la forme de quelques truismes…
Conserver une relation de confiance avec ses proches (vos parents et/ou vos enfants) et accepter d’être dépassé…!
Parler en n’évitant pas toutes les questions qui fâchent…!
Installer des outils numériques compatibles avec vos capacités.
Ne pas se laisser refourguer du matériel sous le fallacieux prétexte que c’est : offert, pas cher, une bonne affaire.
Continuer à se former
…à l’utilisation de Touch ID *et d’une application comme *1Password pour ne plus laisser les mots de passe en clair, c’est-à-dire à portée de regard. Etc.
Corollaire : éviter de dépendre de tiers dont vous ne mesurez pas les réelles intentions !
Car il arrivera un jour où il faudra déléguer, faute de capacités à s’en charger soi-même.
Anticipez !
Ce sera mon dernier conseil : anticipez…!
N’attendez-pas le dernier moment pour laisser les commandes à vos proches, voire d’être réduit à l’état de légume !
Bref, réglez calmement les querelles imbéciles qui empoisonnent les relations.
La vie passe et, à la fin, on trépasse ! Autant que ce soit sans rancœur ni rancune.
Comme la tendance semble être un retour à la lenteur, je me dis que l’on pourrait ajouter à cette mode le plaisir de retrouver l’usage de sa main et, également, le temps de réfléchir, de formuler ses idées sans précipitation ! De les écrire littéralement !
Certes, j’ai toujours été lent.
J’entends par cela, prendre mon temps pour les choses essentielles de mon existence. Prendre le temps de regarder le monde qui m’entoure, de photographier, d’apprécier un repas partagé avec ceux que j’aime…
Cela fait deux ans que j’emploie Stylus puis Nebo.
Deux ans que je retravaille avec un certain succès ma calligraphie, reprends goût à écrire à la main sur la surface de mes écrans mobiles.
Et, depuis quelques jours, comme je l’ai raconté sur twitter, j’ai réinstallé le clavier Stylus sur mon iPhone 7 plus, iPhone qui tourne sous iOS 12.1.
La surprise est que cela fonctionne mieux que dans mon souvenir.
Alors, oui, comme je l’ai mentionné plus tôt, mon écriture s’est refaite une santé et rares sont les fois où Nebo mais également Stylus ont du mal à identifier mes glyphes.

Et comme j’utilise principalement Drafts (non, je ne reviens pas sur cet outil, indispensable dans mon quotidien) en mode paysage grâce à une option spécifique à cette application alors que toutes mes autres applications sont forcées en mode portrait, j’en arrive à écrire sur mon iPhone comme je le ferais au crayon de bois sur un carnet de papier.

Oui, je m’étais déjà essayé à cela naguère mais, depuis iOS 12, cela me semble différent.
Réadopté
Au risque de me répéter, je suis comblé car je peux noter aisément les idées qui passent ou écrire ce billet sur mon iPhone, coincé entre le volant et le siège de mon véhicule. M
Plus besoin de me concentrer sur les touches du clavier, j’écris tranquillement au doigt (à l’index…!) ou à l’aide de ce vieux stylet Wacom à pointe caoutchouc retrouvé chez ma fille.
Quand je me trompe, je peux biffer le mot erroné.
Comme si je le gommais, simple et efficace. Du coup, mon iPhone joue de plus en plus le rôle du carnet de notes au détriment du iPad et de Nebo, vu que lui ne me quitte jamais, calé dans une poche ou posé sur ma table de chevet avec Castro pour étendre quelques Podcasts.
Mais c’est un …carnet avec un sacré plus : j’écris sur Drafts et, donc, j’emploie sans restriction les différentes actions de ma barre additionnelle et, l’air de rien, hormis baliser en Markdown, je peux capitaliser, exporter vers d’autres applications, voire tweeter.

Et, bien entendu, alterner entre les modes de saisie.

Il est clair que le format de cet iPhone grand écran et donc de la vaste surface d’écriture rend cette activité agréable.
Aussi je me plais à imaginer un retour prochain de Stylus, non plus sous la bannière de MyScript mais sous celle d’Apple, sous la forme d’un clavier supplémentaire dans une prochaine version de iOS. La technologie développée par MyScript a fait ses preuves et proposer à tous cette fonction au sein même d’iOS une belle ouverture.
À la condition d’accepter de tracer nos lignes d’écriture avec de simples styles à pointe caoutchouc et non de rutilants Pencils !
Bref, un retour de Stylus au sein même d’iOS m’enchanterait pour tout dire !