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5 petites réflexions sur le télétravail vu par les enfants

Merci à ma fille pour m'avoir suggéré ce billet

dans bosser partout | groummphh

Samedi en allant jouer une partie de ping-pong dans l'après-midi (une assez mauvaise initiative vu la chaleur étouffante), Aurélia me dit avec un regard en coin "de toutes façons, tu es toujours en vacances…!" Puis elle se reprend… "tu es toujours disponible…!".

Du coup, nous avons imaginé les raisons qui pouvaient pousser les gens à croire que le télétravail n'est pas une activité sérieuse…!

Tu es toujours disponible
Cela je le comprends… Pour pas mal de monde, disponibilité veut dire glander, ne rien avoir à faire, être en vacances…
Effectivement, je reste disponible pour mes gamins et ma petite famille autant que je le peux. Côté clients, je bosse en mode SAMU, quitte à privilégier une urgence qui vient me défatiguer d'un gros boulot en cours. Cette capacité à répondre vite étonne parfois mes interlocuteurs qui pensent que je n'attendais que leur coup de fil pour bosser. Non, je modifie simplement mes priorités en fonctions des besoins et, au risque de me répéter, changer de job, de rythme, de mission est aussi une manière de ne pas saturer. Indirectement, le fait de prendre du recul sur la mission mise de côté est bénéfique, j'améliore des petites choses en y retournant.

Tu es toujours au téléphone
Cela aussi surprend ma tribu. Je passe beaucoup de temps au téléphone mais cela ne m'empêche pas de bosser. Je fais la même chose que des employés qui sont dans une même pièce, des échanges avec mes amis télétravailleurs à l'autre bout de la France. Échange d'idées, de maquettes en cours, ce qui permet d'avoir des retours immédiats sur les typos utilisées, les couleurs, la disposition. Et puis il y a les coups de fil professionnels, éditeur, fabricant, photographe. Ou comptable…!

Tu dis toujours que tu es en train de travailler
Corollaire de cette disponibilité, je bosse tous les jours même le week-end, certains soirs. Il est vrai que j'essaye de mettre un cadre, d'avoir des horaires de boulot mais tous les artisans vous le diront, il est difficile de ne travailler que 35, 38, 40 heures par semaine. Bref, faire deux fois 40 heures me semble inéluctable d'autant qu'il y a également de la veille technologique, de l'auto-formation, des sauvegardes et des mises-à-jour à réaliser.
Par contre, ce que ma fille souligne également, ce sont mes breaks. Le nez dans le jardin derrière le 180 macro, un saut sur le vélo pour aller chercher du pain, etc. Ou jouer avec elle à Uno.

Tu n'es pas habillé comme les autres papas
Nuance, je m'habille tous les matins…! Mais il est vrai que je ne porte pas le traditionnel costume des autres papas qui partent travailler au bureau. Bosser chez soi permet d'être relax dans ses vêtements. Là, en ce moment avec les 30°C devant mon écran, en orientant correctement le gros ventilateur pour rafraîchir machine et disques durs, je n'éprouve pas le besoin de mettre une cravate…! Assurément, la combinaison Jean + T-shirt est en totale rupture avec mes semblables, ce qui pose un problème de crédibilité aux yeux de mes propres enfants.

Tu parles pas de ton travail
Comme je bosse chez moi et que je suis disponible, je n'ai pas à justifier des absences ou des retours tardifs puisque je suis là…! Inversement, c'est uniquement si je dois me rendre chez un client et donc ne pas être présent à la maison qui me conduis à expliquer — en amont…! — le pourquoi du comment. Sinon j'évite de raconter ma vie professionnelle hormis à mon épouse.

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Note(s) de lecteur(s)…

Benjamin M. ajoute…
mon associé a une fille de 14 ans, il ya quelques années, à la rentré des classes, on lui avait demandé le travail de son père, elle avait répondu : il reste à la maison toute la journée, je ne sais pas ce qu'il fait !

le 28/06/2010 à 12:50 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Rides | BD | Alzheimer expliqué en images

Paco Roca

dans dans mon bocal | lire | vieillir

J'ai lu hier soir cette bande dessinée de Roca qui démarre par une citation choisie attribuée à Bouddha…
Les nuages ne disparaissent pas, ils se transforment en pluie.

C'est bien le ton de ce livre consacré à la vieillesse en institution et aux pertes de mémoire (d'où l'emploi d'un détail de la couverture pour illustrer ce billet…).
En postface, Paco Roca ajoute ceci…
Il parait que l'on est devenu vieux lorsqu'on se regarde dans un miroir et que l'on croit voir son père. Mon reflet commence à ressembler à mon père et mon père ressemble depuis quelques temps déjà à l'image que je garde de mon grand-père.

Bref, inutile d'insister, cette excellente histoire où beaucoup de choses sont suggérées par le dessin, c'est du vécu, un mix d'histoires familiales et de rencontres, d'anecdotes empruntées à son ami Diego. En lisant ces pages, je me se suis retrouvé dans l'EPHAD ou à l'hôpital gériatrique. Avec juste un bémol par rapport au cas de mon propre père qui n'est pas aussi atteint même si c'est ce qui lui était prédit.

Je pense que l'on peut aider à retarder le cheminement de cette maladie en évitant justement de les mettre face à une télévision qui ne diffuse que des documentaires animaliers…! Que le jeu, la lecture, la curiosité qu'il faut entretenir permet d'éviter de dévisser trop vite.

Bref, si vous avez de comprendre en quoi cela consiste, quels sont les symptômes d'Alzheimer, pas une mauvaise idée de parcourir ce livre.


Rides
Paco Roca
Delcourt | Mirages
9782756004174 | 14,95 €



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Visitez le site de Paco Roca
¡Si usted habla español, es mejor!

le 26/06/2010 à 10:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Maman, est-ce que ta chambre te plaît ?

William Réjault

dans dans mon bocal | groummphh | lire | vieillir

Pour poursuivre avec le billet précédent, je tiens à revenir sur le bouquin de William Réjault, infirmier. Son job, c'est de s'occuper de toutes ces personnes âgées.

Les différences de standing d'établissements, il a pu les découvrir de l'intérieur. Rien à voir avec l'EHPAD de mon père. C'est un témoignage implacable de ce qui peut se passer dans certaines maisons même très "Ahh, ah…!". Comment, il y a des méchants qui maltraitent nos vieux…? Oui sauf que tout le monde peut être coupable…
Des gérants ou directeurs de ces établissements qui ne voient dans les vieux qu'un business relativement lucratif dès lors que l'on optimise le temps consacré à la toilette, à l'entretien. William Réjault raconte quelques anecdotes glaciales à rapprocher de brèves lues ci et là.
Des équipes de soignants qui font involontairement de la maltraitance car pas ou peu formés. Voire des infirmiers pervers.
À une moindre degré, des petits vieux qui n'ont parfois pas la force de raconter ce qu'ils vivent. Mais, le plus souvent, qui ne sont pas entendus et c'est cela le plus grave. Tellement facile de penser que le vieux déraille, radote alors qu'il ne fait qu'exprimer une souffrance bien réelle.
Sans oublier les familles, vous, moi, qui n'ont que peu de temps à consacrer à l'ancêtre perdu à des kilomètres. Entre ceux qui ne viennent pas et ceux qui s'imaginent être plus compétents que les équipes sur place, la palette est large. Sans oublier ceux qui n'attendent qu'une chose, s'offrir une rolex avec le pognon à venir.

Les petits vieux abandonnées et en maltraitance ne sont pas des cas isolés. William Réjault liste toutes les cas de maltraitance possibles et nous — les enfants de ces personnes âgées — ne sommes pas épargnés.

À vous, à nous de les accompagner, de les assister, leur consacrer du temps autant que possible. Je suis loin d'être irréprochable mais je sais qu'une visite surprise, c'est un vrai plaisir. Et un coup de téléphone aussi.

Pensez qu'un jour, nous seront à leur place à attendre que nos propres mouflets viennent nous rendre visite. Bref, plus nous agissons aujourd'hui pour nos parents, plus nous pourrons huiler le système pour l'instant où cela sera… notre tour…!

En résumé, un excellent bouquin qui dérange. Eh oui, cessons de ne voir les vieux qu'au travers des pubs pour seniors bronzés en voyage, mangeant bio, faisant du sport, habillés comme des mannequins, liftés, reliftés…!!

William nous décrit l'envers, le job des équipes et raconte aussi les moments de plaisir, les rencontres, les trajectoires de certains qui sont des témoins de l'histoire, pourquoi il a chialé quand certains ont passé l'arme à gauche

Souvent, la seule et véritable famille de ces pensionnaires sont ces équipes de soignants. Eh oui, les enfants ou conjoints ont démissionné depuis longtemps.

Bref, si vous ne devez lire qu'un seul bouquin sur ce qui se passe en maison de retraite, n'hésitez-pas. Le sous-titre aurait pu servir de titre : Survivre en maison de retraite.





Maman, est-ce que ta chambre te plaît ?
Survivre en maison de retraite
William Réjault
Avec la collaboration de Christelle Betrand
Privé
9782350760957 | 18 €



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Modif du 18/7/2017 j'avais écrit alors -dans une Note : Je vais ajouter une rubrique dans urbanbike sur cette thèmatique universelle, rubrique que vous pourrez atteindre directement par l'url vieillir-chez-soi.com. Url avec des tirets d'un nom de domaine déposé en 2006…

VOIR la catégorie Vieillir (je suis désormais légèrement concerné)

le 25/06/2010 à 10:35 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #