Belle-île | Le Palais, 15 août
Nuances de gris
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Pour finir, la vedette de la SNSM qui sort en trombe du port…
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Je découvris une ville hostile. Si je me souviens bien, c'était en 1930. La crise mondiale avait au Chili des effets plus profonds et plus longs que dans d'autres pays. Je pris pour quelques jours une chambre à l'hôtel Castilla, dans le quartier Estación Central. Les rues grouillaient de gens, de chiens, de chats, de mendiants. J'avais du mal à comprendre que c'était ça Santiago, une grande cité, la capitale. Les visages, l'accent des gens, leur façon de se parler, tout m'était étranger et m'accablait. Ce fut mon premier rendez-vous manqué avec la ville, où je m'installerais des années lus tard.
Il me manquait ce vent impitoyable qui fouette et balaie les rues de Punta Arenas et oblige le petit monde qui les peuple à se réfugier à l'intérieur, autour du poêle, en attendant l'arrivée de la neige et du gel pour aller patiner sur la lagune du Cerro de la Cruz. J'étais dévoré de nostalgie mais je devais réagir. Rien de mieux, en de telles circonstances, que d'acheter un journal et de lire les petites annonces pour voir ce que pourrait faire un homme d'un peu plus de vingt ans, sans profession, qui n'a connu que le travail à la campagne dans d'immenses domaines où paissent des dizaines de milliers de moutons. C'était ça, mon curriculum, comme on dirait aujourd’hui.
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