Désormais sous OSX
dans
usages
Que de chemin parcouru avec PitStop ! Cet outil fait partie des “indispensables” pour tous ceux qui manipulent des fichiers .pdf régulièrement. Que ce soit pour corriger une ligne de texte, changer une couleur, une image, une épaisseur de trait ou le format du .pdf lui-même… Mieux encore, Enfocus vous propose 30 jours d’essai sans limitation d’usage…
Ne me dites pas que c’est compliqué à essayer… L’installeur vous propose d’emblée de choisir entre OS 9 et OSX et, sous OSX, de choisir entre la version 5 et 6. À l’issue de l’installation, Acrobat est lancé et hop, vous avez droit à la lecture d’un fichier… .pdf (!) qui vous dit tout sur les nouveautés : simple et efficace ! Une boîte de dialogue vous demande néanmoins d’entrer quelques infos personnelles et ensuite, accès direct à une sorte de mini formation fort bien faite… (à noter que cette dernière est réalisée sous FrameMaker, d’ailleurs, message personnel à Adobe : à quand une version FrameMaker pour OSX ?!).
Mais je m’égare. Cette petite formation permet de faire le tour rapide des outils et difficile de ne pas succomber tant c’est simple et efficace…
Mais à quoi cela sert ?
Bonne question… Prenons un exemple simple dans lequel vous allez certainement vous reconnaître. Vous venez de distiller aux petits oignons un gros .ps depuis InDesign. Distiller 6 a pris le relais et vient de générer à son tour un superbe fichier.pdf haute résolution que vous avez pris soin de mettre sur le serveur.
Et vous êtes passés à autre chose, fermé InDesign, les typos qui vont bien car bon, là c’est sous GoLIve ou autre que le devoir vous appelle.
Dix minutes plus tard, coup de téléphone affolé : malgré les trois BAT, il reste un petit truc à changer (couleur, taille, typo, à vous de vous souvenir de la dernière modification en urgence que vous avez faite) !
Alternative simple : soit ouvrir à nouveau InDesign, corriger, générer un nouveau fichier .ps, distiller, contrôler sous Acrobat… Soit n’ouvrir que Acrobat allié à son fidèle PitStop !
Bon, inutile de raconter la fin du film, lls vécurent heureux et eurent des tas d’enfants…
Comment cela se passe ?
PitStop ajoute tout simplement ses propres outils et zones de dialogue dans celles de Acrobat, démultipliant la puissance de traitement de ce dernier. Du coup, ces fonctionnalités supplémentaires vous permettent des trucs assez chouettes comme ajouter un logotype en bas à droite à 8 mm du bord sur 120 pages sans effort (sauf celui de bien comprendre comment cela se scripte), de changer la taille physique du fichier, ajouter des abeilles, etc. Et, comme le souligne l’éditeur, de corriger une centaine d’erreurs typiques…
PitStop dispose d’une fonction de recherche remplacement que vous pouvez paramétrer de manière très fine. Pour mon propre usage, c’est déjà une bonne moitié de mes besoins en corrections courantes.
Au pire, si vous vous êtes planté, la fonction annuler reste disponible pour réaliser une nouvelle tentative, c’est comme cela que j’ai appris à m’en servir ! A noter que PitStop est fourni avec des tas de scripts prêts à l’emploi (mais pas toujours traduits dans la langue de Molière). Par ailleurs, si vous devez régulièrement changer certaines choses comme une couleur pour une autre, sachez que vous pouvez comme dans les versions précédentes stocker des couleurs de référence.
Du coup, ce n’est pas très compliqué (façon de parler) de prendre un script existant et l’adapter à son usage. Cette prise en main permet du coup de se rendre compte de la diversité des fonctions disponibles. Assurez vous néanmoins de n’agir que sur des copies de fichiers .pdf : la fonction Annuler fait des miracles mais pas en toutes circonstances.
Compliqué après ce cours et 30 jours d’usage de s’en passer !
Et alors, où le trouve-on ?
Le site de Enfocus ou encore chez Quartet (à noter que Quartet présentera ce produit à InterGraphic 2004, les 14, 15 & 16 janvier (Palais des Congrès - Porte Maillot - Paris)
Mise à niveau de 5.x vers 6.0 pour $149 / 149 €
Mise à niveau de 4.5 ou 4.6 vers 6.0 pour $249 / 249 €
C’est là que l’on se dit que ce serait pas mal de l’acquérir en dollars (à l’époque le taux de conversion était largement différent)…
Épisodes : un | deux | trois | quatre…
Suite…
Lisa et ses 85 KF à amortir (sic !), ne dura pas une éternité, suffisamment néanmoins pour être transformé en Macintosh XL mais avec le fameux problème dit des …pixels — carrés sur le Mac, alors que Lisa affichait des pixels rectangulaires…
Et l’on passa à MacDraw !
Explication…
Très vite, Lisa s’avéra être un échec marketing malgré son avance technologique incomparable.
Nous convertîmes début 1985 notre Lisa en Macintosh XL…
Du coup, LisaDraw devint MacDraw mais nous perdîmes la suite Lisa 7/7, sorte d’Office à la sauce Apple.
Pour les graphiques, nous nous sommes convertis à Microsoft Chart (qui avec Microsoft Multiplan, devint …Microsoft Excel).
Pourtant, les choses se sont accélérées une seconde fois avec l’arrivée de l’imprimante laser… en 1985…!
Fin 85, début 86, les sociétés de conseil nous suivirent dans notre aventure (je me souviens de l’étonnement de nos clients) et s’équipèrent en Macintosh.
Même si quelques-unes (…pas de noms, pas de noms !) nous avaient conseillé (hihi !) de travailler avec des machines sérieuses (…du matériel Victor ou Gateway) avant de basculer, à leur tour, sur Mac.
La laserWriter, une révolution aussi importante que l’ordinateur
Voici certainement le périphérique qui transforma ce métier et tant d’autres : avec l’impression impeccable des caractères PostScript, le lissage des courbes de bézier des graphiques réalisés sous MacDraw, les sorties papier devenaient parfaites.
Et nombre de professions s’en trouvèrent bouleversées.
Des pans entiers des Arts Graphiques et de l’imprimerie ne comprirent pas qu’ils étaient condamnés s’ils ne bougeaient pas. Les photocompositeurs survécurent quelques années avant de fermer.
Mais revenons à notre propos : en moins de deux ans, nous abandonnâmes Rotrings, Gutta et cutter pour créer toutes les présentations directement à l’écran.
Mieux encore, avec des sorties quasi parfaites sur l’imprimante Laser en haute résolution, le banc photo Agfa n’était utilisé que pour réaliser le film inversible (le lith) propres aux diapos.
La Composphère n’était plus d’actualité, il était plus facile de saisir et de changer de typographie directement à l’écran.
Exit les cartes magnétiques : le Macintosh, la LaserWriter et le lecteur de disquette 1.4 révolutionnèrent les présentations visuelles.
Couleur et impression sur pellicule
Puis la couleur arriva sur l’écran avec les premiers écrans 13 pouces et les Macintosh II fx ou II ci.
Les softs s’adaptèrent assez vite. Il me semble que c’est MacDraw II qui supporta le premier la couleur.
La troisième accélération fut l’œuvre d’autres périphériques, ceux qui permirent d’impressionner directement les émulsions photos.
Laser Graphics commercialisa son fameux Personnel LFR ou LFR Plus dans les années quatre-vingt-dix, un imageur qui permettait de shooter sur Ektachrome directement les images en couleurs préparées sous MacDraw et enregistrées au format PICT.
Un long tube terminé par un appareil photographique et une focale 35 mm permettait de photographier toutes les vues en les affichant sur un écran haute définition noir et blanc mais avec un dispositif de trois filtres RVB monté sur une platine circulaire couplé à une opération de superposition (une vue était égale à la superposition de trois vues filtrées, une rouge, une bleue et une verte).
Ces imageurs succédaient aux Montages FR1 et FR 2 de Presentation Technologies. Ces produits permettaient de sortir des diapos avec une définition de 4000 lignes, voire de 8000 lignes pour les tous derniers modèles commercialisés alors.
Certes, le temps de shooting était long, 5 minutes en moyenne par vue, mais ce n’était rien en regard des méthodes précédentes ! Quasiment plus d’intervention humaine, plus d’odeurs de chimie dans le studio…
Les précédents process connurent à leur tour le sort de la Composphère : plus besoin de banc photo arts graphiques, plus de chimie, de zip ou de table lumineuse, plus besoin de retouches : juste la mise en couleurs à l’écran.
Bref, en quelques années et en trois grandes étapes, la chaîne de production avait perdu nombre de ses maillons (ou de ses freins) en production.
Elle s’était concentrée en quelques outils et opérations élémentaires.
Et à la portée d’un seul opérateur.
Mais process encore trop long au gré de certains.
Et le vidéoprojecteur fût !
Malgré une rationalisation des outils, la réalisation de diapos restait une étape trop longue en terme de délais de fabrication et ce malgré la superbe qualité des ektachromes projetées plein pot lors de grands meetings d’entreprise.
Nous utilisions des projecteurs Simda, des 250 ou 400 watts refroidis par des ventilateurs spécifiques, avec des lampes à vapeur métallique (ou xenon), des engins qui atteignent 5000 lumens !
Mais dans le monde du conseil désormais lourdement informatisé, l’idée de pouvoir modifier sa présentation jusqu’à la dernière minute, restait dans l’air…
Jusqu’au moment où les premiers vidéo projecteurs portables furent disponibles à des prix raisonnables.
Et là, je ne parle pas des premiers Barco que nous utilisions pour des séminaires ! Imaginez des monstres loués à prix d’or et affichant une image de 640 par 480 pixels, du matériel qui nécessitaient la présence d’un technicien 3 heures avant la présentation pour régler le parallélisme… !
Désormais nous utilisions des vidéo projecteurs lumineux, légers, se connectant en un quart de seconde à un portable. La résolution tutoyait les 1024 par 768 pixels, 3200 lumens pour une machine de moins de 6 kg… En 2025, de l’image 4K avec 37 500 lumens…
Ils sont loin les projecteurs de diapositives Simda, leur site ne répond plus.
Beaucoup de prétendants
Il restait nombre de points à améliorer au niveau de l’application même qui permettait de réaliser ces présentations.
Si MacDraw (II puis Pro), tout premier produit vectoriel, successeur de LisaDraw (et bien avant Illustrator) était désormais bien installé, cela n’empêchait pas les prétendants de se bousculer.
MORE, poussé en France par Bruno Rives, sortit des cartons mais n’arriva pas à s’imposer malgré un fabuleux mode plan découlant de Think-Thank et des tas de fonctionnalités devenues banales aujourd’hui comme les effets de transition entre slides.
Passèrent des produits assez sophistiqués comme StandOut de Letraset, Persuasion d’Aldus (…avant d’être racheté par Adobe) qui tournait déjà en version 2.1 sous Mac et PC ou encore Cricket Presents avec Cricket Graph, produit qui s’écroula avec la sortie de sa version III. Sans oublier quelques ovnis comme ChartMaker ou d’autres.
Et, bien évidemment, PowerPoint de Forethought. Ce produit né sous Macintosh montrait la voie de ce que devait être un outil simple de présentation visuelle : rustique, simple d’emploi (…à l’époque !) et gérant bien la couleur.
Pourtant, très vite, cette application s’éclipsa, rachetée par Microsoft en 1987.
En fait, il semble que ce n’est pas ce produit qui intéressait Microsoft mais Filemaker. Malheureusement (…ou heureusement selon le point de vue que l’on adaopte), une clause permit aux développeurs de se dégager et Microsoft se retrouva avec cette acquisition qui, du coup, fût intégrée à Office puis portée sur Windows.
Les sociétés de conseil restèrent un temps sur MacDraw car cette application était simple à utiliser, répondait bien à leurs besoins de base et surtout facile à apprendre.
Il faut se se rappeler que MacDraw est une sorte de Jeep, d’outil à tout faire (s…ouvenez-vous du premier livre d’Andréas Pfeiffer, réalisé à 100 % sous MacDraw), rustique et solide.
Et quand on choisit un produit dans l’univers du conseil, avec des bureaux dans le monde entier, on fait un choix pour pas mal d’années. D’autant que des tas de présentations furent produites et que l’on réutilise fréquemment des graphiques essentiels d’une présentation à une autre.
Par ailleurs, les graphiques copiés/collés d’Excel se manipulaient bien sous MacDraw.
Sans oublier qu’un seul fichier MacDraw supportait largement une présentation complète constituée de nombreuses slides…
Bref, tout semblait aller pour le mieux.
Quelques erreurs en série…
Apple fit d’une certaine manière son propre malheur en créant en juillet 1987 Claris, éditeur indépendant mais filiale à 100 % d’Apple.
La première erreur fut de sortir à tout prix deux produits à partir de MacDraw Pro, à savoir ClarisDraw et ClarisImpact.
L’idée des marketeurs de l’époque était d’augmenter le nombre d’utilisateurs. ClarisDraw étaient prévu pour les architectes, pour des usages techniques. ClarisImpact était dédié aux présentations visuelles.
Hérésie d’autant que l’on avait besoin de l’ensemble des fonctionnalités des deux produits qui avaient été stupidement segmentées…
Déjà nos clients ne surent pas quelle version choisir ! Et restèrent pour la majorité sur MacDraw Pro (…en tous cas pour ceux avec qui nous bossions à l’époque).
Une seconde erreur fut de ne pas avoir proposé immédiatement une version PC de MacDraw Pro.
Or Microsoft tira le premier avec PowerPoint 3, dès 92 sous Windows 3.1 et Mac.
La version 4 lui succéda en 94. Avec quelques points forts comme l’intégration des graphiques depuis Excel et du mode plan de Word.
Claris se rattrapa avec la sortie de Claris Impact II en 95 mais c’était déjà trop tard.
Pourtant Claris Impact II possédait un grapheur intégré, un outil de réalisation de tableaux, une fonction de vues miniatures pour trier et modifier l’ordre des slides…
Mais, si les décisions se prennent lentement, elles engagent pour longtemps (bis repetita).
Apple avait portant un parc étonnant de MacDraw et MacDraw Pro installés aux 4 coins de la planète. Mais la migration vers PowerPoint se fit très vite.
Avec cet argument quasi imparable : la compatibilité PC rassurante avec l’informatique habituelle des clients.
La messe était dite d’autant que Claris commençait à ne plus exister face à la pression de Microsoft et des autres éditeurs.
À la fin 2002, il ne restait plus que PowerPoint comme outil de PREAO, Persuasion ayant été retiré du catalogue d’Adobe.
Keynote, un fabuleux produit pour qui ?
Bien que ne réalisant plus de présentations visuelles depuis quelques années, nos concurrents ayant également déserté les cabinets de conseil, j’ai téléchargé Keynote dans la semaine qui a suivi son annonce par Steve Jobs.
Et j’ai eu le plaisir de réaliser une présentation “Corporate” pour l’un de nos clients.
Toute la présentation ayant été enregistrée en QuickTime, ce fut un bonheur de mélanger photos, effets, illustrations réalisées sous Illustrator et de découvrir qu’il était facile de créer nos propres thèmes.
Je vous engage à (re)lire le papier de François Cunéo sur cuk pour en savoir plus.
Et pourtant, qui va utiliser ce fabuleux produit ?
Les consultants que je connais ne jurent désormais plus que par PowerPoint !
Dommage car leurs présentations stéréotypées retrouveraient une certaine fraîcheur et, surtout, un peu de cette qualité graphique des années quatre-vingt !
Épisodes : un | deux | trois | quatre…
Épisodes : un | deux | trois | quatre…
Suite…
Bref, tout fonctionnait correctement dans le meilleur des mondes de la présentation visuelle traditionnelle, entre gutta et Composphère, encre de chine et copyproof…
Nous utilisions ces mêmes procédés pour réaliser des diapos 35 mm !
Et ce jusqu’à l’arrivée du Lisa… Mais reprenons calmement…
Si le tirage d’une présentation sous la forme de transparents de rétro projection ou en plusieurs exemplaires photocopiés était déjà une opération complexe, que dire des diapositives !
Que l’on comprenne bien ce qui était alors la réalisation d’une “slide” (d’une page de rapport ou de présentation)…
Tout était dessiné à la main (illustrations à main levée, les graphiques financiers, les flèches), les valeurs montées en place à la Composphère ou frappées sur un morceau d’adhésif (sticker) puis découpées une à une (si, si !!) au cutter et placées en habillage autour du graphique via un simple contrôle visuel sur une table lumineuse…
Idem pour le bloc texte, le titre étant généralement saisi sur une autre page, puis monté son document graphique, véritable mille-feuille… !
Faire une diapo était une authentique bricolage
Or, il manquait une composante : la couleur.
Pour ceux qui n’ont pas suivi, les photocopieuses, véritables monstres nécessitant pratiquement un technicien à leur service à la veille d’une grosse présentation, ne produisaient que des copies noir et blanc.
Pourtant le process pour faire une diapo est objectivement le même : montage papier de chaque planche mais, avec une variante importante, les surfaces des graphiques sont pochées en noir ou remplies de zip à trame plus ou moins dense, en réserve pour la couleur à venir.
Une fois le document validé par le consultant en charge de sa présentation, la slide papier était photographiée au banc arts graphiques Agfa pour être transféré sur un film “lith” (…Pour lithographie).
Bref, tout ce qui était blanc sur l’original deviient noir.
Et tout ce qui est noir… devient transparent. Une inversion complète…
Le lith était développé dans des bains comme un tirage photographique (activateur, fixateur) puis séché immédiatement au sèche-cheveux !
Toutes les pétouilles (…comprendre points transparents en trop dans la zone noire) bouchés au feutre indélébile noir.
Inversement les parties transparentes avec quelques poussières noires étaient grattées délicatement à la lame de rasoir (Gillette…!), si besoin était.

••• edit | avril 2024 | encore une précision car depuis vingt ans, les lames de rasoir sont désormais des packs de 5 lames maintenues ensembles… Ici, j’évoque bien des lames de rasoir individuelles comme pour les derniers rasoirs à main…!! Je suis allé récupérer ce visuel…
Une fois ce lith réalisé et testé (bien opaque s’entend, opacité qui se dégradait selon l’oxydation du révélateur dans l’heure que suivait…), il fallait le mettre en couleurs avec des trames Mecanorma transparentes.
Des films, aplats de couleurs unies, des gélatines adhésives si vous préférerez…
Ce travail s’effectuait sur une table lumineuse et toujours au cutter… Un travail rigoureux où il était indispensable de ne pas oublier d’une planche à l’autre que telle couleur était attribuée à telle référence, telle autre à telle entreprise, etc.
Bref, on baignait littéralement dans l’odeur du révélateur, nous passions constamment de la chambre noire en lumière inactinique (lumière rouge) au studio éclairé a giorno…
Sans oublier le stress dû à la « deadline » incompressible, c’est-à-dire le jour et l’heure de la présentation proprement dite.
Du lith unique au labo photo…
Pendant pas mal d’années, ce process permettait de ne fabriquer qu’un unique exemplaire de chaque diapo.
En effet, le document papier d’origine était photographié et reproduit sur un film lith mais au format 40 par 40 mm !
Je ne vous raconte pas le travail à la loupe ! Une fois la slide traitée, il suffisait de la placer sous caches dotés de verres anti-newton et le tour était joué. Néanmoins, c’était risqué.
Très vite, les clients ont souhaité avoir une copie de leur présentation quand ce n’était pas les consultants pour projeter sur deux écrans….
Avec Béatrice, nous avons mis en place une solution qui consistait à reproduire le document papier source sur film lith… mais au format A4.
Cela reste l’une de nos premières contributions…
Ensuite nous traitions ce grand lith A4 en couleurs — format nettement plus confortablement que le timbre poste 40 x 40 mm — puis l’utilisions comme original à photographier en plusieurs exemplaires avec un appareil photo 35 mm et des films Ektachrome 64.
Nous avions un Nikon F2 motorisé accroché à une platine, elle-même fixée sur une colonne à crémaillère pour réaliser la mise au point. et un objectif macro Nikkor de 55 mm avec, intercalé devant l’objectif, des gélatines Kodak orangées…
Le lith grand format était posé sur une table lumineuse (lumière équilibrée type 5500° K), des caches en carton noir assurant le masquage périphérique du lith (…la table lumineuse étant plus grande que le lith A4, il fallait éviter les fuites de lumière).
Et il ne restait plus qu’à photographier — dans une relative obscurité — en « n » exemplaires chaque lith source avant de passer au suivant. Etc.
Dans l’ordre de la présentation pour faciliter ensuite le montage des diapos dans les carrousels… Et toujours d’équerre, les titres à la même hauteur d’une slide à l’autre…
Béatrice se chargeait de toute la mise en couleurs (…travail d’orfèvre demandant une maxi concentration) et moi de la réalisation des liths au banc de reproduction Arts Graphiques puis de la prise de vue de ces liths mis en couleurs.
Ensuite, c’était l’envoi par coursier.
Dans 90 % des cas nous assurions le dépôt directement dans la boite de réception des films du labo en rentrant chez nous vers 2 ou 3 heures du matin — un milier de bobines de films ektachrome ont fini leur course dans la boîte de chez Picto, villa des Entrepreneurs….
Puis l’attente aux petites heures (vers 06:30 du matin) du développement des films (…le bouton de la sonnette que l’on laissait enfoncé des dizaines de minute chez Picto, avant de voir les gars du labo débouler du sous-sol), la vérification et montage sous caches verre des diapos dans l’ordre de la présentation suivi d’une traversée de Paris à fond de train pour livrer le carrousel (ou dans des panodias) à l’hôtel Bristol (ou ailleurs).
Pas le droit à l’erreur, la présentation avait lieu une heure plus tard !
Tout ce qui précède fut notre quotidien durant des années.
Je dormais deux heures ces nuits là (nous habitions Versailles). Je me réveillais vers 05:00 avant de filer par l’autoroute A13, le périphérique, les quais de Seine après la porte de Saint-Cloud, franchir le Pont Mirabeau, remonter l’avenue Émile Zola et arriver aux entrepreneurs et tourner pour trouver une place de parking avant d’aller sonner chez Picto….
Ensuite je montais les diapos sous caches et remontait la présentation dans le carrousel dans l’ordre… Puis repartait livrer en voiture en priant pour qu’il n’ait pas d’embouteillages… ou donnait la précieuse présentation à notre fidèle équipe de coursiers en moto…
Et Lisa arriva…
Là, vous pouvez passer ces quelques paragraphes car ils narrent notre propre rencontre avec Lisa…
En 1984, dans la salle d’attente de mon dentiste (mon copain Paul-Jean Chouteau, trop tôt disparu…), je patientais en tournant fébrilement les pages du Nouvel Observateur et je tombe sur un cahier publicitaire évoquant le dernier né d’Apple, Lisa…
Dès le lendemain, j’étais rue du Renard à Paris chez International Computer pour suivre une démonstration…
La présentatrice ()Judith Kertész me semble-il) fut appelée au téléphone et je lui emprunta aussitôt le …mulot (alias la souris) du Lisa…
Je me souviens de l’instant où je dessina mon premier rectangle sous LisaDraw (alias Lisa 7/7).
Pfffff : inutile de vous dire que je fus subjugué car je voyais de mes propres yeux l’énorme gain de temps dans la réalisation de nos graphiques, des planches… Sans oublier la typo que l’on pouvait saisir autour des objets graphiques, gras ou italique sans se flinguer les ongles avec les changements des boules de composphère…
Avec Béatrice, mon associée, nous passâmes commande de notre Lisa quelques jours plus tard après avoir convaincu notre banquier (une agence du Crédit Agricole auquel nous sommes restés fidèles…!) de nous accorder un prêt pour l’acquisition de cette machine.
Le plus incroyable, stupéfiant fut son soutien pour nous permettre d’obtenir ce prêt… Mais il était sensible à la technologie et à Apple…!
De plus, notre petite société venait à peine d’être fondée le premier avril 1984 et, total hasard, huit ans après la pomme…!
Nous n’avions — de facto — aucun bilan comptable à lui remettre, aucun business plan.
En revanche, comme responsable d’Agence, il avait analysé notre activité de graphistes indépendants depuis une demi-douzaine d’années, connaissait le nom de nos clients.
Et, c’est dingue, il nous a fait confiance.
Imprimante matricielle et premières impressions !
Ne connaissant rien à l’informatique, je fis seul l’installation du Lisa dans notre studio, mort d’angoisse ! Les nombreux cartons jonchaient le sol et je déballais chaque composant pour le raccorder au Lisa…
Merci encore à Christophe Droulers (aujourd’hui chez MyScript) qui me rassura au téléphone : je me vois encore tenant la première disquette d’installation de l’OS et passant un coup de fil à Christophe pour être certain que je ne l’introduisais pas dans le mauvais sens…!
Mais il fit mieux… il passa nous voir rue du Mont-Thabor…
Notre premier outil de PREAO fut LisaDraw…
Il nous permettait de faire sur l’écran toutes les opérations que nous faisions auparavant avec de multiples outils (lire l’épisode 1).
C’était magique !
Dessiner un graphique (ou l’importer depuis LisaGraph), l’habiller, changer les trames, modifier le texte, le déplacer, le réduire, c’était fabuleux…
Certes l’impression était horriblement longue et bruyante sur l’imprimante matricielle (une Apple ImageWriter) que nous avions acquise en même temps mais le résultat, bien qu’imparfait, bluffait nos clients…
Bref, il nous manquait un périphérique…
Épisodes : un | deux | trois | quatre…