The average person's current school reading experience is 12 to 14 years of making people dislike reading or making reading boring.
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[…] Ce billet a été rédigé naguère par Joël Seguin, éditeur chez Eyrolles. Il vit aujourd’hui près de Minneapolis (USA) […]
Lire à voix haute. Devant sa classe. Sous l’oeil de son professeur. Lire à voix haute alors que le plaisir n’est pas là. Le livre se fait alors souffrance, le livre est jugement. Les mots butent les uns contre les autres. L’histoire n’a pas de corps, rien ne fait sens, il n’y aura en mémoire aucune trace de ces pages défilées sous apnée. Lire est un problème, le livre un faux ami. Aux USA, 40 % des enfants entrent en sixième avec de sérieuses difficultés pour lire.
Parmi les solutions : Children reading to dogs.

L’enfant lit son texte à voix haute. Sa voix est forte, confiante. Le public est converti : le chien, allongé à ses côtés, tourne les pages avec son museau, les scrute les unes après les autres, patientant de longues minutes sans broncher. L’expérience est légère, le texte apprivoisé, l’histoire appréciée… Eh oui, les chiens se mettent à aller à l’école et fréquentent les bibliothèques.
Les chiens et les chats ont un rôle apaisant sur leur entourage, rôle prouvé récemment par les neurosciences… et par mon chat, Kiwi, ou un chien que je connais bien, Paolo. L’initiative récente d’aider les enfants à maîtriser la lecture grâce à un chien à leurs côtés se développe rapidement car les résultats sont exemplaires. Des associations américaines reconnues ont mis en place des procédures simples où les propriétaires de chiens voulant aider bénévolement sont accueillis, encadrés et guidés. Tous les chiens sont de possibles candidats. Ceux sélectionnés se prennent au jeu et en redemandent : le jour dédié à cette sortie spéciale, leurs maîtres observent leur joie avec amusement.
Autre initiative américaine pour aider les enfants à lire : Room to read. John Wood, un ex jeune dirigeant d’un géant de Seattle sillonnant l’Asie dans le cadre de ses activités, est troublé par un passage au Népal où l’enthousiasme des enfants pour l’éducation contraste avec l’absence dramatique de livres à se mettre sous la dent. Une rencontre et il promet de revenir. Promesse tenue. En contre partie, il obtient qu’un endroit soit construit et dédié à la lecture dans la communauté. A room to read est né.
Think big, nous sommes aux Etats-Unis : l’aventure se poursuit et s’étend au monde. Il réunit des soutiens financiers grâce à son carnet d’adresses et met en place un système de collecte de livres à envoyer. En quelques années d’un travail harassant et solitaire loin de l’aisance financière d’une multinationale, Room to read devient un succès. Cette aventure commence, elle est relatée dans un livre qui pourrait en inspirer d’autres.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
Since 2000, Room to read has impacted the lives of over 1, 134, 000 children by :
- Constructing 221 schools,
- Establishing over 3, 370 libraries,
- Publishing 99 new local language children’s titles representing over 930, 000 books,
- Funding 2,344 long-terms girls’ scholarships,
- Establishing 108 computer and language labs.
There are over 100 million children not currently enrolled in primary schools in the world.
La lecture est une porte ouverte vers l’ailleurs, l’imagination, les rencontres. Laissons le mot de la fin à Daniel Pennac. Il y a quelques années, il dressait une liste des droits du lecteur dans son livre Comme un roman :
1. « Le droit de ne pas lire. »
2. « Le droit de sauter des pages. »
3. « Le droit de ne pas finir un livre. »
4. « Le droit de relire. »
5. « Le droit de lire n’importe quoi. »
6. « Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible). »
7. « Le droit de lire n’importe où. »
8. « Le droit de grappiller. »
9. « Le droit de lire à haute voix. »
10. « Le droit de nous taire. »
Comme un roman est aussi l’une des meilleures librairies parisiennes au 27, rue de Saintonge dans le 3e.
Une interface auteur-éditeur en un seul clic
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[…] Ce billet a été rédigé naguère par Joël Seguin, éditeur chez Eyrolles. Il vit aujourd’hui près de Minneapolis (USA) […]
L’idée est simplissime : permettre enfin de travailler en réseau tout en étant dans des bureaux différents ou des lieux géographiquement éloignés. Permettre le partage partiel ou total de certains documents de travail, principalement les textes ou feuilles de calcul. C’est possible en un clic depuis peu et ce billet à quatre mains en est la démonstration. Il a été écrit en trois jours par Jean-Christophe et moi, sur un seul document, à deux claviers distants et des fuseaux horaires différents. Plus besoin de Word, plus besoin d’Excel… ni même de disque dur. Seule une connexion internet importe : j’ai achevé ce billet installé dans une bibliothèque de Minneapolis. Toute opération s’effectue via le navigateur, l’ensemble étant préservé sur un serveur quelque part dans la nébuleuse des datas centers de l’ovni californien… Google.

Ce nouveau mode de production d’un texte, service gratuit de Google, Docs & Spreadsheets, intéressera tout le monde. Il passionnera les auteurs et éditeurs de livres. Dérivé de Writely acquis l’an passé, cette mouture est impressionnante de simplicité et d’efficacité. Il s’inscrit dans la continuité des applications comme Timbuktu, Apple Rmote où les rédacteurs doivent être connectés simultanément, les documents étant centralisés sur la machine de l’un des contributeurs, et où il est impératif que les “visiteurs” contributeurs soient en mode contrôle pour intervenir…
Avec le dispositif offert par Google, tout devient transparent et facile d’usage. Les accès sont liés à l’adresse e-mail de chaque contributeur et de son mot de passe. Après avoir accéder à un espace ressemblant à une boîte e-mail de Google, GMail, vous avez devant vous vos documents personnels et ceux en partage. Vous pouvez dans ce dernier cas être passif (lire seulement) ou actif (contribuer en accédant en totalité au texte). Vous recherchez un document précis datant d’il y a deux mois ? Comme sur GMail, vous pouvez stocker ces documents et les retrouver par date ou par type avec le moteur de recherche dédié à votre interface. Ou mieux, en les taggant avec des mots clés. Pas de stress côté sauvegarde, elle est assurée en continu et automatiquement.
Pas de souci côté export, vous pouvez à tout instant enregistrer votre fichier en un clic dans le format qui vous convient ! En RTF, au format Word ou OpenOffice mais aussi en HTML ou en PDF… Car, de fait, toute la mécanique est du pur HTML. Les habitués du HTML y retrouveront leurs petits avec les options créant des citations, des listes et des liens. Un éditeur HTML est à disposition (Edit HTML) mais l’utilisation des options de base avec rappel des enrichissements est déjà impressionnant.
Un premier temps, nous avons hésité à utiliser le correcteur orthographique intégré, pensant que dès lors que l’interface était en anglais, cela ne fonctionnerait pas… Surprise, le texte en français a été immédiatement reconnu, les erreurs surlignées en jaune. Certes, ce n’est pas ProLexis mais c’est d’ores et déjà efficace. Attention aux mots comportant des apostrophes, le remède est parfois pire que le mal ! Il est certain que les développeurs vont affiner ce produit et
lui ajouter peu à peu quelques fonctionnalités comme la possibilité de placer l’heure et la date en regard d’un paragraphe
De facto, cela existe via l’onglet Insert avec l’item Comment…! Vous pouvez également envoyer le document en cours de rédaction à tout moment via e-mail, l’imprimer et même ajouter un fil RSS pour informer en mode automatique les contributeurs des changement apportés et vice-versa. Dans notre cas, cette dernière option n’a pas fonctionné. Ce RSS est accessible à tous pour des documents publiés publiquement ou réservé aux seuls contributeurs.
Enfin, pour les bloggers, il y a un plus. Cet outil est lié à… Blogger. Ainsi, vous pouvez écrire de manière collaborative un billet à plusieurs claviers et l’éditer d’un clic sur un Blog chez Google (ou ailleurs si votre blog supporte les API idoines — LiveJournal, BlogWare, WordPress, etc.).
En un mot, cet interface Docs & Spreadsheets propose les fonctionnalités essentielles vendues sous Word, TextEdit, Excel… Cela suffit amplement à la grande majorité d’entre nous. Mieux, il ne laissera pas indifférent les éditeurs et auteurs de livres. Car cette dématérialisation des applications est la source de nouveaux usages. Il permet d’enrichir pendant plusieurs jours un même document de travail avec pauses, questions, compléments, corrections visibles à l’écran, points à vérifier, liens internet… un coup de stabilo virtuel vert pour l’un, un orange pour l’autre. Le mode Revision permet de visionner les dernières corrections effectuées. C’est un véritable tableau de bord avec l’état d’avancement des documents consultable à l’écran. L’éditeur de livres trouve là un moyen de parfaire la pratique de son métier. Un texte est un document vivant qui, grâce à des interactions multiples se transforme, se bonifie. Cette alchimie peut prendre des semaines, des mois. Pour un éditeur qui passe de livres en livres au risque de perdre son âme sous ce rouleau compresseur, cet outil s’avère être un formidable moyen d’allongement, d’étirement du temps de maturation du texte, sans perdre de vue le tempo de la maison d’édition. Sans perdre de vue le propre tempo de l’auteur focalisé sur son texte.
Bémols.
Premier bémol : ce travail collaboratif est idéalement adapté pour la première phase de production d’un texte : le synopsis, le sommaire et un chapitre témoin. Car c’est bien à l’auteur de garder la main sur le contenu. Des échanges ponctuels peuvent avoir lieu au cours de la rédaction même du manuscrit mais l’apport de l’éditeur se situe surtout avant et après. Utiliser cet outil tout au long du processus, c’est risquer le naufrage : aucun rythme, perte de style, confusion, tensions, démotivation… Travailler ensemble en live sur un même document nécessite un apprentissage.
Second bémol : la fenêtre de saisie, celle de l’écran, demeure trop large en ne s’adaptant pas au format d’écriture et de lecture naturel de l’oeil, celui du livre.
Troisième bémol : quid de la sécurité ? Quid de la confidentialité au-delà du mot de passe donnant accès à cet outil ? Entre un Email et un document accessible sur un serveur par ce service, il n’y a finalement pas de différence. Le bon sens est de nettoyer régulièrement, supprimer ou sauvegarder sur votre ordinateur par exemple les documents à conserver et garder à l’esprit ce point sensible.
Quatrième bémol : il n’offre pas l’usage d’un mode outliner comme Opal (ou, plus basiquement, le mode plan de Word) pas plus que la possibilité de styler directement ses textes dans des applications comme Indesign ou FrameMaker.
Cinquième bémol : surveiller la vitesse de votre connexion internet et le résultat de votre frappe qui parfois peut souffrir d’un petit décalage…
Sixième bémol : attention, Safari n’est pas encore reconnu, utilisez de préférence FireFox ou Camino. Mais hormis cela, quel confort. Perçu comme complémentaire, cette interface offre alors une puissance d’échange inégalée et valorise les opportunités pour un éditeur de voir, rencontrer et apprendre à mieux connaître un auteur “dans la vraie vie”.
Dernier bémol : nous utilisons une adresse GMail (messagerie de Google) depuis son démarrage confidentiel par invitation il y a quelques années et nous apprécions la pertinence du développement continu de leurs nouvelles interfaces. Étrange situation cependant où le meilleur de Google innove avec génie en s’intéressant ici à la manière dont est produit un texte puis en fournissant gratuitement l’application complète via un business model basé sur des recettes publicitaires.
The man who doesn't read good books has no advantage over the man who can't read them. Mark Twain
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[…] Ce billet a été rédigé naguère par Joël Seguin, éditeur chez Eyrolles. Il vit aujourd’hui près de Minneapolis (USA) […]
La petite fille, accompagnée par sa grand-mère, s’approcha de la caisse, se hissa sur la pointe des pieds, déposa devant moi une petite carte en plastique au graphisme soigné et me demanda : “Hi, could you tell me how much is still on it?” J’avais pour la première fois devant mes yeux l’une des meilleures ventes en librairie. Ni un livre, ni un frappuccino mais une giftcard.

La giftcard joue avec l’envie de livre, lui donne de la valeur et prend les habits du cadeau. De celle destinée au teacher à celle d’Halloween, il y en a pour tous les goûts, toutes les occasions, tous les budgets. Elle a du succès bien au-delà du livre, au restaurant, cinéma… et elle est là pour durer. Ne soyez pas étonné si un jour la question tombe, limpide : “Comment souhaitez-vous offrir ce livre? En papier, Pdf ou MP3”.
Cher auteur, voici les trois supports désormais destinés à accueillir vos futures pages noircies : le papier, Pdf ou MP3. Attendez-vous à… chérir votre livre papier qui prendra toujours plus de valeur, objet sensuel, unique et hors du temps. À être lu sur un portable électronique multimédia, ultra-moderne. À lire votre texte dans un studio d’enregistrement pour le plaisir de l’auditeur. À faire des interviews podcastées à la radio ou à vous exprimer dans une vidéo. À être plus présent sur internet si vous en voyez l’intérêt ou si vous en avez envie. À vous faire une raison quand aux retombées financières rarement directes pour la majorité d’entre vous. À consacrer toujours plus de temps à votre livre. Mais n’oubliez pas : l’aventure personnelle est là. Écrire exige une énergie exceptionnelle, rare et devenir un auteur demeure une expérience inoubliable, inestimable. Certains ne peuvent plus s’en passer.
Le livre dans une version papier, électronique ou audio, c’est une bonne nouvelle pour l’éditeur. Ce dernier, bien que comblé éditorialement, était commercialement à bout de souffle. Suivre un lectorat fuyant épuise. Il reste votre guide, votre plus sûr allié et celui vous connaissant le mieux. Les portes du numérique s’ouvrent au livre, et l’appétit de l’éditeur, au-delà des risques et périls de cette période transitoire, est bien là.
Juste une question de timing sous la pression des mastodontes numériques californiennes. Le coût financier de notre trio ? Relatif car, à part les livres audio, l’éditeur n’a pas un centime à débourser pour créer des fichiers numériques, le livre est un Pdf avant de partir chez l’imprimeur.
Le partage de fichiers d’ordinateur à ordinateur ? Des procédés existent, se perfectionnent et tiennent compte du cahier des charges de l’éditeur pour protéger efficacement le contenu et préserver les droits de notre auteur.
Un deuxième effet iPod dans l’édition via un support en quasi monopole ? L’Histoire rejoue rarement la même partition même si Google vise la gratuité comme avenir du livre avec ses millions de pages attendant un support adapté. Tout n’est pas rose : quid du cadre législatif des droits d’auteurs numériques, quid du prix du livre papier, Pdf ou MP3 ?
Une chose est sûre : l’éditeur de livre a assisté, bouche bée, au naufrage chronométré de l’éditeur de musique. Le précédent existe. La maison d’édition du XXIe siècle doit trouver ses marques plus rapidement que prévu. Multinationale ou minimaliste, la maison d’édition est un animal particulier dans le monde du business d’aujourd’hui. Si le centre nerveux est situé dans les bureaux, la relation entre l’éditeur et l’auteur se tisse au téléphone ou par e-mail, au restaurant, dans une soirée, dans un aéroport, un salon du livre, une voiture, sur internet, en discutant avec votre voisin… La maison d’édition est un point de rencontre à l’heure où les lieux pour se retrouver manquent. C’est une une usine produisant tous les mois sans discontinuer. C’est un best-seller qui cache la forêt. C’est une éponge s’imprégnant des besoins et changements de la société. C’est un mélange et une richesse d’opinions et d’idées inégalées. C’est un secret bien gardé, caché au fond du catalogue sans cesse remis à jour. C’est un lieu où les égos cotoient le rationnel et l’irrationnel. C’est une boîte noire pour la plupart des auteurs qui ne l’approcheront pas de suffisamment près.
Papier, Pdf ou MP3 : le meilleur de la maison d’édition est dans l’intelligence collective quand le meilleur de la firme technologique est dans l’interface avec l’individu. Est-ce que la côte Est et la côte Ouest apprendront à travailler ensemble ?
L’Est, où siègent les plus grandes maisons d’édition “américaines” contrôlées par des éditeurs européens puisque sur les six multinationales du livre, seule une est encore américaine (à noter que les libraires “amazonoble” sont américains). Une désaffection des investisseurs américains dû à un taux de rentabilité du secteur jugé insuffisant. Et un contrôle étranger discret, sans que l’opinion américaine s’en émeuve.
L’Ouest, où Google, Apple et autres mordus du numérique en pleine effervescence partent à la conquête du public mondial sous le contrôle de capitaux américains.
Le lecteur a tout à y gagner si les rapports de force s’équilibrent. L’auteur et son texte aussi.