[…] Ce billet a été rédigé naguère par Joël Seguin, éditeur chez Eyrolles. Il vit aujourd’hui près de Minneapolis (USA) […]
BordersMedia, nouvelle entité de la chaîne de librairies Borders s’associe avec Gather.com, une plateforme communautaire. Premier bouquet multimédia lançé par un libraire, il est dédié au livre, la musique et le cinéma. Des millions de personnes y sont attendues pour partager leur passion. C’est un pari sur les pratiques des internautes américains et leur capacité à suivre le rythme soutenu des inventives start-up californiennes. Les éditeurs, déjà sous pression avec les droits d’auteurs numériques, Google et le livre numérique, apprécieront cette initiative des librairies pour promouvoir le livre.
What’s the first thing you do when you’ve finished a compelling book, heard a great new CD, or experienced an amazing film? Tell a friend, of course.
Des articles, blogs, tchats, interviews et vidéos d’auteurs, extraits de livres à écouter, à voir : regardons comment Borders exploite le contenu des livres de cuisines avec son espace recettes. Ou comment il revisite le fameux concept de bookclub. Ou comment les lecteurs échangent entre eux et avec des auteurs via Gather.com... et gagnent des giftcards
Conversations about books, music, and movies happen every day at work, at home, at dinner parties, and just about everywhere. That’s what makes our business so dynamic. With Gather, we will use the power of their platform to engage in a new level of social interaction on their shared passion for information and entertainment. This is very much aligned with our mission to be a headquarters for knowledge and entertainment throughout the world.
Borders Group Chief Executive Officer George Jones
The power of social networking and social media is changing the way companies interact with their customers. Borders is a brand that appeals to highly educated and highly informed adults who are the core of the Gather.com community. This demographic group is highly motivated to learn more, share more, and take advantage of a depth of information.
Gather.com Founder and CEO Tom Gerace
Petit zoom en arrière pour comprendre pourquoi et comment Borders a investi avant les autres dans une plateforme internet très en vogue à l’image de MySpace ou uTube. Lorsqu’un retard devient peut-être un atout !
Borders est la moins connue des trois mastodontes dominant le paysage de la librairie aux Etats-Unis avec Barnes and Noble et Amazon. C’est 35.000 employés et 487 librairies auxquelles s’ajoutent ses 650 librairies spécialisées en religion sous la marque Waldenbooks (qui a racheté Brentanos) et 61 librairies dans le monde, principalement au Royaume-Uni et en Asie. Contre 801 librairies pour Barnes and Noble implanté exclusivement aux Etats-Unis pour l’instant. Son image de marque laisse à désirer : des magasins mal agençés, peu accueillants malgré l’arrivée des cafés Seattle’s Best Coffee, une carte de membre peu attirante. On est loin de la qualité et de l’innovation chères à Barnes and Noble.
Borders se devait de réagir. C’est en cours avec d’abord le choix du système de la franchise à l’international et l’ouverture récente de sa plus grande librairie au monde à Kuala Lumpur en Malaisie puis des projets dans les Emirats Arabes Unis. Avec ensuite l’ouverture de petites librairies dans les grands centres commerciaux américains : ces Borders Express ressemblent à des Relay européens. Avec internet où Borders a depuis le début choisi de ne pas investir lourdement dans son propre site web marchand contrairement à BN et a conclu un partenariat avec Amazon, puis maintenant Gather.com. Avec enfin l’obligation de relier les magasins et l’internet à l’image des vidéostores Blockbuster face à leur concurrent 100 % internet NetFlix. Cela passe par un moteur de recherche inédit : Inventory Store / Store locator. Vous découvrez sur la librairie en ligne le livre souhaité et vérifiez dans quelle librairie la plus proche de chez vous il est disponible en stock.

Note de Joël ce matin : sans commentaires, une rumeur sur une fusion possible entre Barnes and Noble et Borders.
L'appétit pour l'édition américaine
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[…] Ce billet a été rédigé naguère par Joël Seguin, éditeur chez Eyrolles. Il vit aujourd’hui près de Minneapolis (USA) […]
L’industrie du livre prend véritablement son envol au lendemain de la seconde guerre mondiale lorsque le gouvernement décide de faciliter l’accès à l’éducation pour des millions d’américains : les vétérans ayant notamment combattu au Japon et en France.The Veterans Administration (VA) was responsible for carrying out the law’s key provisions: education and training, loan guaranty for homes, farms or businesses, and unemployment pay.Before the war, college and homeownership were, for the most part, unreachable dreams for the average American. Thanks to the GI Bill, millions who would have flooded the job market instead opted for education. In the peak year of 1947, veterans accounted for 49 percent of college admissions. By the time the original GI Bill ended on July 25, 1956, 7.8 million of 16 million World War II veterans had participated in an education or training program.

Les années 60 voient des groupes informatiques comme IBM, Xerox, GE ou des géants des médias comme CBS, RCA se montrer avides de contenus et racheter des maisons d’édition. Trop tôt, trop cher, trop compliqué : cela ne prend pas.
Les années 80/90 voient l’arrivée des groupes d’édition européens rachetant au gré des fluctuations du dollar, d’un désintérêt des investisseurs américains jugeant l’édition pas assez rentable comparé à internet et du renoncement de plusieurs maisons indépendantes.
Aujourd’hui, l’édition américaine appartient à des conglomérats multinationaux contrôlés par des européens spécialistes des médias, de l’éducation et contenus professionnels. La librairie est, elle, dominée par trois groupes américains : le puissant Barnes and Noble, Amazon et Borders.
Entertainment
Random House Bertelsman (Allemagne)
Harper Collins - [News Corporation (Australie)
Hachette Book Group(France)
Pearson (Royaume-Uni)
Simon&Schuster (Groupe CBS, Etats-Unis)
Von Holtzbrinck (Allemagne)
Professional / Education
McGraw-Hill - McGraw-Hill companies (USA)
Pearson Education (Royaume-Uni)
Thomson Learning - Thomson Corporation (USA/Canada)
Harcourt (Reed Elsevier, Pays-Bas)
Houghton Mifflin - Riverdeep Group (Ireland)
Reed Elsevier (Pays-Bas)
Wolters Kluwer (Pays-Bas).
Demain matin, si l’Histoire de l’édition américaine se répète, la possibilité pour Google de chercher à racheter des groupes d’édition existe. C’est aussi un moyen de contourner le copyright et l’affaiblir. Ce qui semble contestable vu que l’activité Edition soit cette fois bien intégrée au sein des grands groupes. Cela dit, Google deviendra peut-être la première maison d’édition mondiale des livres sans copyright et le ou l’un des points d’accès vitaux aux lecteurs potentiels pour les multinationales de l’édition.
Plusieurs facteurs ralentissent cette ambition fulgurante de Google, l’entreprise aux 10.000 employés et plusieurs milliards de dollars :
- 2010/2012/2015 : le scan complet de la base mondiale de livres sera terminé, soit 32 millions de livres pour 800 millions de dollars investis. Google travaille dur pour comprendre comment apprivoiser le livre.
- les décisions de justice : les procès en cours visent à faire bouger les lignes sur le copyright, ce qui fait partie de la stratégie de Google. Le monde de l’édition retient son souffle. La loi américaine sur le sujet a déjà évolué à plusieurs reprises par le passé et le coût financier des procès est une forme d’investissement pour Google. Tout comme pour Microsoft, quel homme politique américain voudrait s’en prendre à Google ?
- le support adapté : la diffusion à succès d’un appareil permettant de lire les livres scannés est décisif pour Google et son partenariat avec son voisin de palier, Apple pour le iPhone, n’est pas anodin.
- le logiciel de traduction : il est en cours d’élaboration et ce ne sera pas la première fois que Google inventera un outil puissant. Son ambition est mondiale et pour conforter son modèle économique universel, la traduction est un passage obligé