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Pas assez de place…? Agrandissez votre pavillon…!

Extensions de maisons de ville et de banlieue

dans architecture | bosser partout | lire

L'architecte Jacques Repiquet, cofondateur du magazine Architectures à vivre, propose dans son ouvrage, Extensions de maisons de ville et de banlieue, quatre pistes pour des maisons (trois en région parisienne et une à Marseille) et toutes sont particulièrement sympathiques…

Ce livre répond à un problème connu de tous ceux qui recherchent une maison en milieu urbain pour y vivre ou qui ont analysé le tissu pavillonnaire… Aujourd'hui, les parcelles libres sont rares et souvent préemptées par les municipalités à la recherche de nouvelles zones foncières. Du coup, pour ceux qui cherchent à s'installer, il reste à trouver une maison existante sur une surface de terrain suffisamment grande et, avec un peu de chance, un COS encore élevé pour réaliser une extension.
En effet, les maisons construites au début du siècle dernier ou juste après guerre sont souvent des habitations de taille modeste réalisées — et souvent auto-construites — pour des populations ouvrières. Dans le quartier où j'habite, les terrains sont des jeux de boules avec des bâtisses assez quelconques aux standards de l'époque. Je n'évoque pas même la position de la maison sur le terrain qui est souvent d'une tristesse à mourrir.

Si vous avez eu l'occasion de visiter des maisons en banlieue parisienne, d'en chercher pour vous loger, vous avez été parfois étonné de trouver des pièces minuscules desservies par des couloirs consommateurs d'espace. Cela correspondait à l'idée que l'on se faisait alors de la bonne manière d'habiter, avec le jardin de devant, etc. On oublie trop souvent que le confort moderne est arrivé après coup et que les WC comme les salles de bains sont des acquis récents… Ces derniers ont remplacé les remises, réduisant plus encore le volume disponible.

Extensions en hauteur ou périphérique…
Fréquemment, l'acheteur n'a comme seule solution que de raser et de reconstruire, ce qui explose son budget. C'est parfois la maison en totalité ou, plus astucieusement, les étages supérieurs qui sont remontés sur des dispositions intérieures plus pratiques comme le montre le projet de Pablo Katz à Boulogne Billancourt déjà aperçu dans le livre 25 maisons de ville.

Une autre possibilité consiste à ajouter une extension le long d'une façade, une extension par prolifération comme on le pratiquait à la campagne jadis… Mais dans un cadre urbain et réglementé, il faut être bien plus malin et profiter de cette extension, qui peut se concevoir sous l'apparence d'une véranda, pour redessiner toutes la distribution de la maison, et, mieux encore, apporter de la lumière, une transparence sur le jardin, réaliser des économies d'énergie et, bien entendu, gagner de l'espace, du volume, de l'habitabilité. Bref, rendre soudainement lumineux dans tous les sens du terme la tristounette friche pavillonnaire d'hier…! À noter l'hommage implicite à Jean Prouvé pour ses maisons tropicales, héritage assimilé par de jeunes générations d'architectes.

C'est tout l'enjeu de ce livre de nous montrer ce que des architectes talentueux — citons dans l’ordre d'apparition, Laurence Baudouin, Pablo Katz, Philippe Bourillet et l'équipe Christophe Castellorizios, Anne Fabre et Pierre Amic pour Marseille — ont imaginé pour des clients ou pour eux-mêmes. Les prix de ces travaux — comme les prestataires qui les ont réalisés — sont cités.

En résumé, le propos est passionnant car il montre, via ces quatre exemples bien réels, comment on peut avec un peu — beaucoup, passionnément — d'astuce(s) repenser des volumes et les rendre totalement adaptés à notre manière de vivre — sans baguette magique mais avec quelques crobards bien maîtrisés… 144 pages en quadri grand format avec beaucoup de photos et de plans de petites coupes de détail, etc.

Alors, que vous soyez un professionnel, étudiant en architecture ou — et surtout — un futur acquéreur totalement désespéré par les produits que l'on vous présente, voici une manière d'envisager la transformation en carrosse de n'importe quelle citrouille urbaine…!

Bref, avant de prendre date avec une agence immobilière pour de nouvelles visites, feuilletez donc ce bouquin…

À noter que les problèmes techniques — chauffage, vitrage, volets d'occultation, escalier suspendu, aménagements spécifiques (salle de bains, cuisine,…) — sont traités de manière pratique et illustrés de photos comme de dessins en perspective explicites.


Extensions de maisons de ville et de banlieue
Jacques Repiquet
Eyrolles et le magazine Architectures à vivre
9782212115222 | 35 €

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Pour mémoire sur Urbanbike :
100 maisons célèbres du XXe siècle | Colin Davies
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Rénover et aménager son extension de maison | Benoît Couzi
50 maisons d'architectes | Virginia McLeod
Maisons du monde | Jean-Philippe et Dominique Lenclos
l'architecture écologique | Dominique Gauzin-Müller
25 maisons écologiques | Dominique Gauzin-Müller
25 maisons en ville | Pascale Blin

le 21/08/2007 à 08:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Le peintre de batailles par Arturo Perez-Reverte

Réflexions sur la photographie et l'effet papillon

dans lire | photo

C'est la trame de ce livre traduit en janvier 2007… L'impact d'une photo diffusée mondialement et ses répercussions sur la vie de celui qui a été photographié et sur ses proches. Le peintre de batailles, c'est un photographe de guerre.

Lors d'un siège terrible, il a immortalisé un soldat croate. Cette photo a fait le tour du monde et lui a valu un prix prestigieux. Sauf que cette photo a également été vue par les acteurs du conflit.
Je n'en dirais pas plus car c'est tout l'intérêt de ce livre de montrer la possible responsabilité du photographe sur le cours des choses, ce fameux effet papillon qui conduit le soldat photographié a demander des comptes à l'auteur de la photo…
On arrivait ainsi, derrière les armes de d'obstruction et celles de destruction — Olvido l'avait vu avec une extrême lucidité sur la photo de Beyrouth —, au troisième système : les armes de communication. La fin de l'image aseptisée et innocente, ou de cette fiction universellement acceptée. À l'époque des réseaux informatiques, des satellites et de la mondialisation, ce qui modifiait le territoire et les vies qui le traversaient, c'était la désignation. Ce qui tuait, c'était de désigner du doigt : un pont capté dans le monitor d'une bombe intelligente, l'annonce d'une montée ou d'un écroulement de la Bourse émise par tous les journaux télévisés du monde à la même heure. La photo d'un soldat qui, jusqu'à ce moment, était un visage anonyme parmi d'autres.

On aime ou non le style de Arturo Perez-Reverte mais on ne sort pas indemne de la lecture de son livre car prendre une photo n'a effectivement plus rien d’innocent dès lors que les êtres immortalisés subissent aussitôt une diffusion worldwide. Ce roman est d'autant plus profond que l'auteur a réellement travaillé comme correspondant de guerre et grand reporter en Bosnie. Cela se sent dans nombre de détails qui ne peuvent être perçus que par un témoin engagé sur le terrain des combats.
Le soldat de la photo, continua Markovic, a eu plus de chance que ses camarades. Ou moins de chance ? Démobilisé du fait de sa blessure, il a décidé d'aller en convalescence à Zagreb. C'est dans un endroit appelé Oku?ani que la chance a tourné. Le bus est tombé dans une embuscade.
Les passagers du bus étaient des civils, reprit-il après une pause. Des vieux, des femmes, des enfants. C'est pourquoi au lieu de les assassiner sur place, les Serbes les ont emmenés dans un centre d’interrogatoires de l'armée régulière, où le soldat a été soumis aux mauvais traitements de rigueur. Et puis, entre deux passages à tabac, un garde l'a reconnu. Il était l'homme de la fameuse photo. Le héros de Vukovar. Le visage même des séparatistes croates.


Le peintre de batailles
Arturo Perez-Reverte
Traduit de l'espagnol par François Maspero
Seuil
9782020888073 | 22 €

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le 17/08/2007 à 07:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Le passant du bout du monde

Francisco Coloane

dans ancres | lire

J'ai découvert Coloane l'an passé et je suis tombé sur son autobiographie en passant une tête rapide à la librairie l'usage du monde la semaine dernière…

C'est bien plus le récit d'une vie d'aventures qu'une stricte autobiographie barbante et officielle… Et cela vous happe rapidement car les mille vies de Coloane sont la source de tous ses romans. C'est âpre car la vie dans ce coin reculé du Chili n'était franchement pas facile même si la description de sa petite enfance dans cet univers sauvage est superbement décrite. Ce sont les îles Chiloé (Quemchi à visualiser avec ce lien sur maps.google) bien en dessous de Puerto Montt. Pour information, l'auteur a vécu ensuite à Punta Arenas dans le territoire des Magallanes qui ne devint Province qu'en 1929.

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L'auteur a travaillé comme secrétaire dans un tribunal du travail chilien, journaliste, castreur d'agneaux, pilote de bateaux, etc. Coloane évoque les indiens Alakaluf, Yaghan, les Huilliche et bien d'autres peuples de ces terres du sud, des exactions qui ont précipité la disparition des Fuégiens avec, au premier rang, l'activisme d'un Julio Popper, véritable tueur d'indiens.

Francisco Coloane évoque égaiement ses engagements politiques dans un Chili particulièrement répressif à l'époque et ses combats personnels qui le conduisirent en prison. Il était l'ami de Pablo Neruda, le grand poète chilien, considéré en 1946 comme l'homme le plus dangereux de ce pays pour ses écrits d'opposant…
Je découvris une ville hostile. Si je me souviens bien, c'était en 1930. La crise mondiale avait au Chili des effets plus profonds et plus longs que dans d'autres pays. Je pris pour quelques jours une chambre à l'hôtel Castilla, dans le quartier Estación Central. Les rues grouillaient de gens, de chiens, de chats, de mendiants. J'avais du mal à comprendre que c'était ça Santiago, une grande cité, la capitale. Les visages, l'accent des gens, leur façon de se parler, tout m'était étranger et m'accablait. Ce fut mon premier rendez-vous manqué avec la ville, où je m'installerais des années lus tard.

Il me manquait ce vent impitoyable qui fouette et balaie les rues de Punta Arenas et oblige le petit monde qui les peuple à se réfugier à l'intérieur, autour du poêle, en attendant l'arrivée de la neige et du gel pour aller patiner sur la lagune du Cerro de la Cruz. J'étais dévoré de nostalgie mais je devais réagir. Rien de mieux, en de telles circonstances, que d'acheter un journal et de lire les petites annonces pour voir ce que pourrait faire un homme d'un peu plus de vingt ans, sans profession, qui n'a connu que le travail à la campagne dans d'immenses domaines où paissent des dizaines de milliers de moutons. C'était ça, mon curriculum, comme on dirait aujourd’hui.


Le passant du bout du monde
Francisco Coloane
Phébus Libretto
9782859408312 | 8,90 €

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le 15/08/2007 à 07:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #