[…] Ce billet a été rédigé/dessiné/illustré naguère par Lukino […]
Vous êtes peut-être au courant que je reviens d’un petit voyage en Irlande…
Comme chaque fois que nous partons nous balader quelque part, nous interrogeons notre libraire préféré sur ce qu’il convient de lire in situ. C’est ainsi que nous avons fait de formidables découvertes, comme les enquêtes du commissaire Montalbano de Camilleri lorsque nous sommes allés en Sicile ou encore Gianrico Carofiglio.
Cette fois-ci, j’ai lesté ma valise (au risque de dépasser la limite autorisée) de l’excellent premier roman d’un designer graphique défroqué, paru en France en 2011.
Stuart Neville imagine la rédemption d’un ancien tueur de l’IRA, assailli par le remord et les fantômes de ses victimes. Originaire d’Armagh, au sud-ouest de Belfast, il connait bien son sujet (dommage, Belfast n’était pas dans notre programme…).
En plus d’être un thriller tout à fait haletant—construit sur un compte à rebours inexorable, ce bouquin fera office de cours de rattrapage pour tous ceux qui ont un peu perdu le fil des évènements nord-irlandais, revenus dernièrement dans l’actualité. Aucune complaisance de l’auteur envers ses personnages, qui en prennent pour leur grade quel que soit leur bord politique.
La dérive mafieuse de l’armée républicaine irlandaise est clairement dénoncée, autant que l’incompétence ou le cynisme des autorités britanniques. Neville, avec ses héros tourmentés, jamais tout à fait bons ni tout à fait mauvais, marche sur les traces de James Ellroy. Celui-ci l’a d’ailleurs adoubé comme un digne héritier.
On pouvait se douter que le cinéma ne passerait pas à côté d’une telle perle : je découvre sur le site de l’auteur que Pierce Brosnan, ex James Bond (et surtout excellent politicien véreux dans the Ghost Writer de Polanski) jouera le rôle de Gerry Fegan dans la prochaine adaptation à l’écran, intitulée Last Man Out.

La suite du roman est sortie l’an passé : Collusion, chez le même éditeur. D’après ce que je viens d’en lire, elle tient toutes ses promesses. Il y aura ensuite au moins un troisième volet aux aventures de Gerry Fegan.
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Retour en France, par la même fameuse compagnie aérienne.
Avion bloqué à Bordeaux pour problème technique (panne de gasoil ?).
4h 40 de retard au décollage.






On s’émerveille de la bonne gestion de crise de Ryanair, qui aurait dû rembourser les billets au-delà de 5 heures de retard. Elle a tout de même dû débloquer un budget pour restaurer et hydrater ses passagers en carafe, conformément à la législation européenne (qui ne stipule aucun montant) : un voucher de 5 € généreusement accordé à tous ceux qui ont la bonne idée de réclamer. Premier sandwich à 4,60 € — on ne rend pas la monnaie —, buvez donc un coup dans les toilettes à la santé de la compagnie !
Note de fin : Arrivé en France, on a vu tomber dans notre boîte mail un courriel d’excuse de Ryanair, nous indiquant que, si on le souhaitait, on pouvait déplacer ou se faire rembourser sans frais notre billet de retour — à la condition évidente de ne pas l’avoir utilisé…
Note 2 : On aurait dû se méfier… Comment faire confiance à une compagnie aérienne dont toute la communication visuelle (site internet et billets au premier chef) est aussi laide ? Le respect du client commence là, non ?
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Kilkenny Castle

Kilkenny est une grosse bourgade sise à mi-chemin entre Dublin et Cork, réputée pour son aspect médiéval et son artisanat, qui en font un haut lieu touristique — c’est mérité. Pour les Irlandais, c’est surtout une équipe de hurling, mais comme vous ne savez même pas ce que c’est…
On n’échappera pas à la visite du château, dont les différentes pièces ont été réaménagées au fil du temps, pour offrir un ensemble assez disparate au visiteur — mais néanmoins assez spectaculaire. Notamment la grande salle des portraits, couverte d’une charpente en bois peint absolument étonnante. Les photos sont prohibées, dommage.

Derrière le château, un jardin de roses tout à fait bucolique.
Terminé pour le patrimoine profane. Nous sommes dans un pays particulièrement catholique, faut-il le rappeler ? On ne s’étonne donc pas de croiser des églises, des abbayes ou des cathédrales à tous les coins de rue.

Toutes ne sont pas entretenues, bien sûr.

St Canice Cathedral

La plus intéressante est la Cathédrale St Canice, du nom du fondateur de la ville.
C’est en haut que ça se passe : deux splendides charpentes en bois au dessus de la nef et du chœur, séparée par une belle voûte en pierre.

On s’éloigne de l’imagerie catholique traditionnelle… Les supports des voûtes de la première évoquent plutôt des proues de drakkars normands…


ll n’est pas interdit quand même de regarder en bas.


La cathédrale est affublée d’une tour, que l’on peut gravir si on est mince, sportif et patient — en cas de visite scolaire devant vous, 6 personnes maximum à la fois. On a une belle vue sur la ville, notamment sur la toute proche brasserie, qui conserve religieusement la petite église où furent brassées ses premières barriques.

L’alcool tue
À propos de la bière locale… Initialement nommée Smithwicks — du nom de son créateur, et encore commercialisée sous ce nom en Irlande, cette jolie rousse a été rebaptisée Kilkenny à l’export pour bénéficier de la notoriété de la ville. Ça a très bien fonctionné, notamment au USA où elle compte de nombreux amateurs. L’un d’eux, incidemment co-auteur de Southpark, aurait fait le pari de caser son nom à chaque épisode de la série. Le petit Kenny en a fait les frais — “Oh no, they killed Kenny !”
Rock of Casheel

Retour à Cork en faisant un petit crochet par un site impressionnant, le Rocher de Cashel. À visiter par beau temps, si possible.

Fin du voyage, retour demain, si notre avion est bien au rendez-vous…