Chouette surprise en lançant la dernière version de Deepl sur mon iPhone de découvrir qu’un nombre substantiel de langues avaient été ajoutées jeudi.
Ce qui m’a permis de souhaiter un bon anniversaire à ma voisine Véronique sur #BelleileLande !
Dibenn-bloaz laouen da eiler ar groaz ruz!
Je fais une relative confiance à Deepl depuis que je l’utilise tant en italien qu’espagnol. J’ai apprécié qu’il y ait désormais une option espagnol d’Amérique latine qui répond mieux au souvenir des expressions dans cette langue que je parlais tout gamin.

Pour le breton, cela a donné lieu à un chouette échange via SMS avec mes amis Jeanine Bertho et Frédéric Kuziora von Stulpnagel car le breton sur Belle-Île en mer est un sujet de discussion au sein même de la société historique !
Un mélange de nos échanges (plutôt de leurs retours…!!) :
Petit rappel de « la vingtaine de familles acadiennes débarquée à Belle ile vers 1755, présentes dans un village sur six, qui s’intègrent rapidement à la population en adoptant les coutumes et habitudes et le parler breton, dixit Pierre Gallen (de Sauzon) » mentionne Jeanine.
Puis ajout de Fred…
« Annick Samzun (de la société historique de Belle Isle (et voisine de Fred)) dit qu’à Belle Isle ce n’était pas du Breton mais un idiome local dû au brassage multiculturel (marins de toutes les côtes de France et d’Europe voire d’ailleurs et autres influences locales et lointaines, et le gallois aussi).
Le breton, plutôt une langue descendant du celte, était parlé dans le Morbihan continental mais ce n’était souvent pas le même d’un village à l’autre. Le Breton n’a été fabriqué qu’au 19ᵉ/20ᵉ dans un souci d’unification car très souvent, d’un village à l’autre, ils ne se comprenaient pas.
C’était un patois uniquement oral qui n’a été écrit qu’au 19ᵉ/20ᵉ siècle également dans le même souci d’unification et d’apprentissage.
De plus, les curés et les instits de l’île pendant la jeunesse des paroissiens de Locmaria (…selon les chanteurs de la chorale, moyenne d’âge 85, et selon Régine 98 ans) luttaient et punissaient les enfants qui parlaient l’idiome Belle Islois, information confirmée également par la Kapellmeister de Locmaria (Annick Danielo, de Palais). »
Pour plus d’informations, voir la carte des dialectes sur cette page de Wikipédia pour comprendre que ce n’est pas simple et d’autant plus sur une île de 85 km²…!
Nb : je laisse les spécialistes de tous poils s’écharper sur le pourquoi et comment du breton !
Ici, c’est un échange entre habitants d’une île qui sollicite la mémoire des anciens, dont les deux Annick et toutes nos voisines qui restent particulièrement alertes grâce aux conditions de vie proche de l’océan et à ses aléas (hier pas de liaison maritime, trop forte houle)…!
J’ajouterais les bains en toutes saisons dans l’océan, va savoir si ce n’est pas cela qui renforce les corps comme les caractères…!!
Coup d’œil dans le rétro — …en mode vade retro Satana forcément ! — qui m’amène à remarquer sur la toile quelques connaissances avec lesquelles les liens n’ont jamais été clairement rompus !
Jadis, nous avons partagé nombre de moments sympas mais, peu à peu, l’irruption d’un épais brouillard relationnel dû à nos activités réciproques a provoqué — plus ou moins à notre insu — une perte de contact…
Plus de son, plus d’image : chacun a continué sa route et, finalement, le poids du quotidien a repris le dessus.
Point final.
Stupéfaction…!
En effet, après deux décennies, je tombe sur un billet qui cause des enfants de ces relations passées…! Ai-je envie de télégraphier aux parents, rédiger un courriel, faire un signe de la main…?
Non !
Tenter une épissure me semble vain…!
Mes invisibles évoluent dans des univers sérieux (…musique, photographie, écriture…), compétitifs, chronophages.
Des environnements qui requièrent une concentration de tous les instants pour conquérir de haute lutte des contrats, être reconnus par leurs pairs, rester sur la ligne de crête…
Perdre du temps avec ces dilettantes, à la retraite de surcroit…? Que nenni…!

Restons des imbéciles heureux, profitons de chaque seconde qui passe.
Et basta…!
Mais, Philippe, même ton job de consultant finira par être détrôné par des outils informatiques…!
Je me souviens de cette réponse un poil …énervée à l’un de nos clients fraîchement associé dans une structure de conseil.
Ce fut notre dernier échange : il venait de m’annoncer que son cabinet allait cesser de nous faire appel, que leur staff d’assistantes maîtrisait désormais PowerPoint et MacDraw à la perfection…
Tchao…!
Quelque temps auparavant, il m’avait glissé qu’il trouvait scandaleux (sic !) que des graphistes puissent s’offrir un véhicule neuf …oubliant que c’était avec cet outil que ces gueux (nous !!) venaient récupérer de jour comme de nuit les brouillons de ses présentations dans ce coin mal desservi en transports en commun de la région parisienne ! Puis lui livrions un carrousel de diapos à l’heure dite au Bristol après deux jours de charrette continue le week-end…!
Quelle ingratitude…!
Avons-nous été surpris…?
Heuuu, non.
Dès la fin des années quatre-vingt ans, dans le secteur du prépresse, nous avons vu disparaître des wagons d’excellents professionnels, du photocompositeur au flasheur en passant par les coursiers, les photograveurs et même des imprimeurs, monteurs films. Plus tard, les labos photo pro qui développaient nos ektas…
Nous savions que notre activité de Business Visual Graphics était menacée par les outils …que nous avions contribué à mettre en place…
Aussi nous avions anticipé en infléchissant le cap tout en étant conscients que graphistes de livres était loin d’être une sinécure…!
Bref, deux décennies plus tard, en 2013, nous avons plié nos gaules sans regrets.
L’IA ne fait pas de quartier…
Pour l’univers du conseil, cela démarre comme le suggère ce billet d’Andrea Belk Olson, Will AI decimate consulting? - Big Think…
The industry has always been a strange hybrid of insight and illusion. At its best, it’s about uncovering what organizations can’t see in themselves to identify the hidden drivers of growth. At its worst, it’s been about glossy decks, generic frameworks, surface-level diagnoses dressed up as strategy, and most commonly, cutting heads.
[Deepl] Ce secteur a toujours été un étrange mélange d’intuition et d’illusion. Dans le meilleur des cas, il s’agit de mettre en lumière ce que les organisations ne peuvent pas voir elles-mêmes afin d’identifier les moteurs cachés de la croissance. Dans le pire des cas, il s’agit de présentations brillantes, de cadres génériques, de diagnostics superficiels déguisés en stratégie et, le plus souvent, de suppressions d’emplois.
Ce que j’en sais…?
Nous avons participé comme graphistes en présentations visuelles à quelques rares missions épatantes avec des résultats concrets.
Mais également réalisé des exposés Canada-Dry pour des experts en Bullshit qui recyclaient sans scrupules des slides d’autres missions…
La vraie surprise à mes yeux …?
Ce ne sont pas des outils informatiques qui réduisent le champ du conseil mais l’IA …qui s’est entraînée sur leurs rapports et présentations…!
Étrange retour de boomerang…
