Un de mes vieux copains développe à temps perdu une application qui fonctionne sous iOS.
L’une de ses nombreuses caractéristiques est proposer un simple basculement entre photos aériennes anciennes et récentes pour une localisation donnée…
Par curiosité, j’ai revisité des lieux où je me rends fréquemment, mais également des territoires de mon enfance.
Les photos aériennes les plus anciennes appartiennent au fond de l’IGN et ont été prises dans les années 50/60…
À la louche, histoire de fixer une échelle de temps, disons qu’elles donnent à voir l’état des villes et des campagnes il y a soixante-dix ans. Quasiment mon âge…
Actuellement, je passe un peu de temps à Aix-en-Provence, ma fille y fait une seconde licence après un master d’Espagnol…
Aix-en-Provence
Je place en tout premier lieu (ce sera la seule) une carte IGN de 1950. Aix-en-Provence est en haut (…en passant, pour en savoir plus sur cette ville, baladez-vous sur le site de Damien Pachot)…

Maintenant que vous avez le contexte, j’ajoute cette photo aérienne des années 50 située exactement sur la même zone géographique…

L’espèce de serpent qui circule en bas de cette photo est la rivière l’Arc…
Si vous êtes attentif, vous pouvez également lire le tracé de la ligne de chemin de fer qui passe au Sud-Ouest puis descend vers le bas de la photo, enjambe, via un viaduc, l’Arc en réalisant une superbe courbe…
Tadaaaa…
Maintenant, vue aérienne récente…

Je vous laisse reprendre votre souffle et méditer…
La vielle ville d’Aix-en-Provence ne s’est pas déplacée, l’Arc non plus, une autoroute le longe…
Les champs ont disparu, la ville s’est étendue vers le sud, vers l’Ouest.
Mejannes-le-Clap
Il y a une quarantaine d’années (plus…?!), jeunes étudiants en architecture, nous nous étions retrouvés à Mejannes-le-Clap. Je me souviens que nous y étions repassés il y a dix ans et, choc…
Pour en avoir le coeur net, deux clichés…


C’est le moment de relire urbanbike | Sur les chemins noirs | Sylvain Tesson
Péronville
Tous les villages n’ont pas subi ce même type de développement…


Je restitue la position de la grange de… la fille de la soeur de ma grand-mère (!) et son allée de Dahlias…
Quid dans 20 ans…?!
J’ai regardé d’autres villes ou villages que je connais particulièrement bien : Suresnes, Versailles où nous avons fait nos études d’architecture, la communauté de communes de Belle-Île en mer, etc.
L’idée est de simplement constater — par le basculement d’une vue aérienne vers une autre — ce qui a changé en l’espace de 70 ans.
Et d’imaginer ce que que cela risque de donner dans vingt ans si ça continue de plus belle…
Ce qui me frappe, c’est l’artificialisation des sols, la perte visible des espaces agricoles, des haies qui séparaient les champs, la percée des voies de circulation et la place prise par la voiture dans le paysage…
Pour conclure, pas de discours, je préfère laisser le dernier mot à Sylvain Tesson (sur les chemins noirs)…
“Une batterie d’experts, c’est-à-dire de spécialistes de l’invérifiable, y jugeait qu’une trentaine de départements français appartenait à « l’hyper-ruralité ». Pour eux, la ruralité n’était pas une grâce mais une malédiction : le rapport déplorait l’arriération de ces territoires qui échappaient au numérique, qui n’étaient pas assez desservis par le réseau routier, pas assez urbanisés ou qui se trouvaient privés de grands commerces et d’accès aux administrations.”
Trouvé naguère dans le garage de mes parents à même le sol, en vidant leur maison, la photocopie d’un article paru en aout 1974 dans le journal local relatant le décès de mon grand-père.
J’étais — au moment de son décès — au Mexique, bénéficiant d’une permission lors de mon service militaire. L’entreprise où travaillait mon père, Soletanche m’avait payé un aller et retour en avion pour le rejoindre.
Dès lors, mon grand-père a été inhumé en l’absence de sa fille (…ma mère) et de son unique petit-fils (ma pomme).
Commune de Batilly-en-Gatinais | Hommage à un résistant
Beaune-La-Rollande | 22 aout 1974 (titre et extrait du journal local)
Pour le trentième anniversaire de la fin tragique du groupe de résistance Guy Thomas, ce 14 août 1974, il faudrait associer un héros silencieux — Achille Dubus — qui, avec la collaboration du regretté Pierre Charié animait son groupe Dubus à Pithiviers avec des messages personnels qui le faisaient baptiser Pigeon blanc.
Il avait été prévu de lui rendre hommage lors de ses obsèques qui ont eu lieu le samedi 17 août en l’église Sainte Appoline de Bâtilly-en-Gâtinais, hommage qui n’a pu lui être rendu par suite de difficultés techniques.
Ne passons donc pas sous silence, comme le désirait et le souhaitait Achille Dubus, décédé dans des souffrances atroces le 14 août dernier, ce que fut son action durant les années sombres de la guerre.
Voici donc le texte du message qui aurait dû être lu en hommage lors des obsèques d’Achille Dubus :
« Cher ami, je me permets ici, au nom de tous tes camarades et amis, de venir te dire un dernier adieu. Tu es de ceux qui s’en vont en voulant volontairement oublier leur passé historique et pourtant nous, les anciens, nous ne pouvons pas te laisser partir sans faire revivre les actes de bravoure dont tu peux t’honorer. J’ai le devoir en ce jour de rappeler ton patriotisme et ton dévouement au service de la France.
Achille Dubus, combattant volontaire de la résistance, chef de groupe portant son nom (région de Pithiviers), agent de renseignements du maquis anglais de Chambon, a participé à de nombreux coups de main avec eux.
- A obtenu un témoignage du président des États-Unis exprimant la gratitude du peuple américain pour vaillants services en assistant les soldats alliés devant l’ennemi.
- A d’autre part, en 1940, favorisé l’évasion de nombreuses personnes au camp d’internement de Pithiviers en leur fournissant de faux papiers d’identité.
- A assuré enfin, au cours de l’occupation, l’hébergement de parachutistes et de réfractaires et participé à de nombreux parachutages.
Tout ceci valait la peine d’être dit car par ta modestie bien connue, tu n’aurais jamais voulu en parler toi-même.
Pars maintenant en paix et sache que tu resteras toujours pour nous un exemple de bon citoyen et d’excellent Français. »

Oui, mon grand père n’évoquait jamais ses actions d’éclat. Seuls quelques proches — tous aussi mutiques — je pense à Léonne et à son mari Maurice ou à mes grands parents paternels, m’ont donné, au hasard d’une discussion, de (trop) rares informations.
C’étaient des gens discrets qui voulaient oublier la violence de la guerre où nombre de leurs amis — dont l’abbé Georges Thomas en 1944 — avaient disparu dans des conditions atroces…
- Mon grand père était belge et avait épousé Marcelline Patedoie — de l’île d’Oléron — avant d’opter pour la nationalité française.
- Il parlait couramment Allemand et Flamand, possédait une très chouette pratique du chant lyrique.
- Il a refusé tous les honneurs après guerre.
- Lors d’une opération à Pithiviers, il a été blessé au talon (!!) et, recherché par l’occupant, resté quelques jours planqué dans un caveau,…
- A été fait prisonnier, déporté en Allemagne. En est revenu seul après s’être évadé, retournant à pied jusqu’à chez lui.
- Il élevait bien des pigeons et s’occupait de ruchers.
- Il a eu très tôt la certitude de l’imminence de la guerre (…dès 39, de l’intérêt de comprendre la langue de l’occupant) et en avait souvent discuté avec son copain Georges. Ce dernier, mobilisé, a passé toute cette période …en captivité.
- La dernière fois que je l’ai vu une courte après-midi, c’était à Batilly-en-Gatinais où il m’avait à peine parlé. J’étais tombé sur un vieux revolver Beretta rouillé dans sa remise, objet sur lequel il ne s’était pas appesanti.
Bref, je n’oublie pas qui a combattu pour la liberté du pays dans lequel je vis.
Quand on se balade, on a besoin de cartes, relire Voyage, sac à dos et …iPhone… de 2019 (billet d’avant la pandémie…!).
Pour mémoire : dans une vie antérieure, après Moves, j’employais maps.me (lire 1 et 2).
Cette app s’est professionnalisée, propose désormais des tas d’options qui ne m’intéressent pas…
Le développeur (…merci à lui…!) propose une version allégée, Organic Maps sous iOS qui récupère toutes les localisations de Maps.me (échange au format .kmz)…
Entre temps, je poursuivais également ma vie de déambulateur/voyageur sur Routie (lire) qui semble désormais à l’arrêt (et ce malgré un échange avec son developpeur)…
Malheureusement pour ces solutions, Windy.maps est arrivé, proposant le meilleur de Maps.me et Routie…
Bref, mercredi, je suis passé au successeur de Windy.maps, Mapy.cz.
C’était l’objet du rapide billet de ce matin… Mapy.cz : Windy.maps puissance… 10 et je pensais m’arrêter là sauf que je trouve ballot d’avoir des données de localisation dans Maps.me/Organic Maps sans pouvoir les retrouver dans… Mapy.cz.
Le temps d’exporter les données d’Organic Maps (un fichier .kmz), convertir ce dernier via AllTrails au format .gpx…
Et hop…

- Dans Mapy.cz, possibilité d’importer un fichier .gpx… Je le glisse et…

- Bingo…! Plus qu’à nommer le dossier importé. Certes, tous les points ne sont plus que des coordonnées…

- Mais cela me permet de retrouver nos balades dans Prague en décembre 2017…!

- Et même ce restaurant mexicain où nous sommes allés trois fois…!
Photos…?
Idem, j’avais testé l’export vers Windy.maps naguère…

- Au Domaine du Rayol et depuis le jardin du Val Rahmeh à Menton. Et désormais bien visibles dans Mapy.cz

- Bref, du coup, j’approche des I300 localisations et suis ravi de réduire peu à peu le nombre d’applications sur mon iPhone.
Export en .gps…?
J’ai posé la question via twitter, le compte @mapy_cz m’a répondu que l’export .gps sera ajouté un de ces quatre…
À suivre…