Question : est-ce que l’arrivée d’Editorial sur l’iPad (voir cette rapide chronique sur urbanbike) modifie, voir boulverse, l’univers des traitements de texte Markdown ? À lire la presse informatique, que d’éloges mérités mais un doute m’habite pour singer feu Pierre Desproges !
Oui et non…!
Oui car ce traitement de texte est puissant, souple pour celui qui sait l’employer à plus de 10%, c’est à dire ajouter (et/ou partager) des snippets (actions) qui contribueront à le rendre encore plus efficace pour un usage qui reste à définir. Ben oui, nombre d’options disponibles sont orientées pour une rédaction assez technique.
Non car cela reste un outil qui n’écrira pas à votre place !
Alors ?!
Mon impression — impression qui ne demande qu’ à se coltiner à un usage quotidien — est que cette application est à l’encontre de ce que je recherche, à savoir un traitement de texte qui sait se faire oublier (no distraction).
Le premier developpeur qui a eu cette approche sur Mac fut Jesse Grosjean avec Writeroom et ce produit a modifié mon approche qui se réduisait jusqu’alors aux outils bureautiques, Word étant resté une bonne décennie ma référence.
Or, sur ce plan, Byword, iA Writer ou Daedalus touch me semblent plus propices à cette activité solitaire (sic !) que l’on nomme écriture.
Pour rédiger un billet technique, cela peut désormais se discuter : Editorial propose nombre d’outils assez épatants. Mais si l’on oublie cet aspect dédié, quid ?
De plus, je n’avais pas attendu Editorial pour employer largement TextExpander avec tous mes autres outils (…hormis les apps griffées Apple).
Alors, certes, j’apprécie bien entendu le choix des typos et l’emploi visible de mes styles (gras, italique et gras-italique que l’on peut désactiver dans les préférences), la gestion de la largeur de la colonne de texte, l’interlignage modulable comme la gestion du gris typo des balises Markdown. Ou encore l’inversion du thème (… et encore, je ne suis pas fan de cela car le clavier, lui, reste lumineux).

Des simples snippets…

Vous en avez besoin : écrivez le…

Jusqu’aux actions hyper puissantes qui permettent de gérer des notes de bas de page de manière géniale…

Avec rangement de la note en bas de document…
Mais ce n’est pas en l’espèce une révolution, il suffit de jeter un œil sur les outils pré-cités, regardez Nebulous Notes ou Day One…
Par contre, la possibilité d’appeler les équivalents TextExpander en saisissant une ou deux lettres (j’ai opté pour une après cette copie d’écran…) sous la forme de bulles au-dessus de la barre additionnelle, les snippets et les divers workflow sont les points à retenir. Mais, encore une fois, pour ceux qui en ont une réelle utilité.

Bref, tout est bien pensé pour laisser à l’utilisateur le choix de son environnement de travail.
Une fois ceci posé, Editorial a une forte tendance (involontaire j’en conviens…) à remplir mon écran. Mais la force du Markdown est qu’un texte peut passer indifféremment d’une app à une autre et que l’on peut multiplier les tournevis (ici, les machines à écrire…) au sein de nos iPads sans souci.
IOS uniquement ?
Si Federico de macstories.net tient son magnifique pari de n’utiliser que son iPad pour écrire sur son blog, ce n’est pas encore mon cas même si cela progresse doucement.
Et c’est ici ou j’ai personnellement une requête : j’aime écrire sur de multiples écrans, que ce soit sur mon iPad comme actuellement (…et sous Editorial, histoire de le tester sur du long terme), mais aussi sous iPhone et, bien entendu sous OSX. J’imagine que le développeur de cette app y songe également.
Or, de très bonnes solutions à mes yeux déjà disponibles :
- le couple Daedalus touch et Ulysses III en premier lieu (pour mon usage, j’insiste)
- Day One qui s’améliore de version en version (encore aujourd’hui)
- et, dans une moindre mesure, Byword (qui ne quitte aucun de mes écrans), iA Writer…e t quelques autres.
Vous avez dit Workflow ?
Car si Editorial emploie le mot workflow, nous ne lui prêtons pas forcement tous le même sens. Ici, employer des scripts ou snippets pour traiter ses textes, les relier accessoirement, très bien.
Pour ma part, workflow a un autre sens : il s’agit d’écrire des fragments de texte avec un balisage Markdown, de les ordonner, de les partager entre iOS (iPhone compris…) et OSX. Puis de les exporter sous la forme d’un unique fichier Markdown, PDF ou ePub.
Editorial me fait plus penser à un excellent outil à nettoyer (à cause des REGEX qui vont enthousiasmer mon ami Laurent Tournier) ou enrichir mes textes mais pas reellement comme un workflow pour auteur (…de bluettes ou du prochain Goncourt…!).
Avec Daedalus touch et Ulysses III, je travaille sur une demi-douzaine de projets en utilisant des stacks (piles) dans lesquels mes fragments sont parfaitement ordonnés. Je peux exporter le tout en ePub depuis Daedalus touch et, bientôt, ce sera la même chose avec la version 1.1 de l’excellent Ulysses III. Là aussi, on parle bien de workflow, non ?

Gestion de sommaire mais encore plein de choses à explorer dont les liens vers d’autres documents
Bref, il ne s’agit pas de dénigrer Editorial (…cela va sans dire mais c’est mieux de le préciser) mais surtout de se souvenir de quel workflow il est question ! Ou de quel workflow vous, nous, moi avons besoin…
En résumé, splendide produit que cet Editorial arrivé hier soir mais je ne rejoins pas le chœur des aficionados qui voient en lui le nouveau messie du Markdown. Question d’usage, bien sûr. Ce n’est pas le produit qui je vais recommander à tous car cela reste avant tout une app pensée par une développeur pour d’autres développeurs (et capables de dompter, pour les meilleurs, du python…). Paradoxalement, le billet dithyrambique (et remarquable) de Federico me conforte dans cette approche.
Note de fin : il n’empêche que cette app me séduit, que j’attends les futures mises à jour et vais essayer de mieux m’en servir.
Il a déjà été écrit et magistralement de plus !
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I remember one day, back in February, I was going back home from the hospital, and my mom was driving. I found a piece of news that I needed to post, and I quickly did so with Editorial. When I was done and the news-induced adrenaline rush was over, I realized that I wrote, edited, and published an article in a few minutes from my car using an iPad, and I thought that was pretty amazing.
For the past 8 months, I have been writing for MacStories primarily from my iPad with Editorial. I’ve enjoyed it more than my Mac.
Federico termine son très très long billet sur Editorial par ces mots. Très long billet car il décortique l'usage des snippets dans ce produit et, surtout, en livre un grand nombre que nous pouvons tous charger et modifier sur nos propres iPads.
J'avoue avoir été dubitatif dans l'apres-midi du 15 août, juste avant la sortie officielle de l'application. J'ai même raillé dans un tweet sa citation sur le site web de l'application avant même publication de l'article complet et de l'app tant cela me paraissait énorme.
Et énorme, ça l'est en définitive !
Après avoir hésité à dépenser encore 5 euros pour un nième traitement de texte Markdown alors que Ulysses III et Daedalus touch me satisfont entièrement, j'ai fini par charger l'app.
La puissance du bazar n'apparaît pas de suite même si on apprend très vite à maîtriser la barre additionnelle et à glisser son doigt dessus pour déplacer le curseur situé dans la saisie.
Et très vite, on est intrigué par la première touche sombre, la seconde étant celle de l'annulation. La possibilité d'avoir une série de macros utiles et assez faciles à gérer avec les éléments disponibles lors de leur édition. Avec un appel d'exécution ou non, etc.
Bref, très vite on découvre que sous ces options de base se cachent bien d'autres choses dont une incroyable usine à se créer des macros nettement (!) plus sophistiquées et dont les arcanes sont développées dans l'article cité en premier.
Alors, je ne vais certainement pas rentrer dans les détails de cette partie-ci, n'ayant pas les compétences requises (de l'avantage d'avoir lu le principe de Peter et de le mettre en application au quotidien !).
Mais qu'est-ce que ça change dans mon activité de rédacteur occasionnel ?
- La Prévisualisation en cours du gras, italique et gras italique, etc.
- l'accès à une Prévisualisation plus précisé sans les balises si je le souhaite
- la possibilité de le créer (ou de récupérer) des bouts de code pour simplifier ma saisie (genre, note en bas de page1)
- la reconnaissance de tous les équivalents de TextExpander (excusez du peu !)
- bref, ne plus se sentir contraint aux seules options de base de l'app car possibilité d'ajouter un bout de code indispensable pour réaliser un truc particulier
- sans oublier que ces actions peuvent se retrouver visibles sous le nom de votre document.
- un lien vers DropBox, etc.
Bien entendu, export vers Mail, transformation en HTML, etc.
Mais ceci est l'écume de l'application qui permet sur le plan éditorial de lier des pages. Et surtout d'éditer plus facilement des pans entiers de ce que vous écrivez.
N'ayant pas le recul des huit mois d'utilisation d'un expert comme Federico qui l'emploie pour la rédaction de ces billets sur son iPad …(il a fait le pari du tout iPad et c'est impressionnant), j'y reviendrais mais je tiens simplement à vous signaler que cela demande de mettre les doigts sur les touches et pas mal de recul pour bien saisir la petite révolution (sic !) qui continue autour de Markdown et des options éditoriales.
Il est clair également que les développeurs concurrents ne vont pas en rester là et proposer des options parfois plus simples (et je les en remercie d'avance) pour rendre ces outils plus accessibles à des non Geeks !
Avec le recul (…ce truc que l’on nomme aussi expérience…!) et à l’aube d’iOS 7, pas inutile de passer la machette dans ma forêt d’apps pour ne conserver — a priori — que les indispensables…!
Déjà la phrase qui précède est un pur mensonge ! Je vais simplement regrouper sur le premier écran de mon iPad les apps que j’emploie quotidiennement tout en déplaçant les autres sur un écran suivant (…celles que je suis incapable de supprimer, les réellement nulles ayant déjà déserté ma tablette).
En résumé, qu’est ce que je conserve sur l’écran de démarrage de mon iPad ? Hormis les apps griffées Apple regroupées dans un seul dossier…?
Bien sûr, je devrais me fier aux paroles d’experts et à leurs judicieux conseils.
Comme l’iPad n’est qu’un écran de consultation, hormis un navigateur internet, pourquoi (hinhinhin…!) me poser de telles questions ?! En passant, même avec une nième baisse de prix, je n’arrive pas à me motiver pour tester cet écran révolutionnaire supportant Office et nommé surface.
Trêve d’ironie…
Bon, mon iPad 3 a déjà deux ans, je n’envisage pas de le changer malgré les rumeurs qui se diffusent sur le net. Le prochain sera plus léger, plus puissant.
Bon, et alors ? Autant réorganiser l’usage de celui qui est sous mes doigts. Ma fille avec son iPad 2 d’il y a trois ans a une perception identique.
Ensuite la faute à Apple qui a fabriqué des tablettes solides avec un OS évolutif. Comme j’ai du l’écrire déjà mille fois (au moins !), l’iPad est devenu ma machine à écrire au quotidien. Les billets pondus dans urbanbike depuis un an ont tous été rédigés à 9o % sur iPad. Il me reste à grignoter les 5 % qui restent en trouvant l’équivalent de Name Mangler et quelques outils en sus.
Et surtout publier de plus en plus souvent depuis l’iPad. Cela fera l’objet d’un autre billet car je n’utilise pas WordPress mais ExpressionEngine.
Pour l’instant, l’iPad me propose 26 emplacements sur un écran et cela devrait être amplement suffisant d’autant que je vais employer l’un d’eux comme dossier.
Hop, je commence. Sur la ligne de base (en pied), il est possible de placer six apps et cela se remplit sans discussion :
- Daedalus touch qui reste mon outil de traitement de texte Markdown préféré en relation avec Ulysses III via iCloud
- iCabMobile comme navigateur internet (rappel, Safari est généralement appelé par les autres apps, donc inutile de l’afficher, il est lancé par ces derniers…)
- Mail
- Tweetbot que je préfère à Twitter
- Messages
- sans oublier Réglages…

Ensuite, il me reste 20 emplacements sur l’écran lui-même.
Et, là, une première ligne dédiée aux apps d’information, une seconde aux autres traitements de texte que j’aime utiliser. Puis le reste dédié à ce que j’emploie fréquemment, de 1Password à une app de météo, des outils de cartographie, ma calculatrice RPN, un réveil (le même depuis 2 ans), le petit Robert, des outils pour crobarder comme Sketch Rolls ou Noteshelf (pour écrire avec un stylet). Et c’est tout.
Le reste (…oui, il y a du monde !) logé dans des dossiers thématiques sur un autre écran.

Je sais, je pourrais encore elaguer…
Avant de publier ce billet, je teste la véracité de mes choix sur 48 heures… ce qui m’a amené à changer quelques apps déjà. Si 1Password version 4 aurait pu remplacer Safari, il ne dispose pas de la myriade de modules proposés par iCabMobile.
— Mais, au fait, pourquoi tant d’efforts ?
Déjà pour ne plus choisir ou rechercher telle app pratique au fin fond d’un dossier thématique. Ensuite avancer un peu plus vers une utilisation quotidienne de l’iPad à 95 %.
À suivre ou pas.