Autour du format .pdf, deux livres en langue française
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Deux livres sortent à peu près en même temps sur le format .pdf…
À ma gauche, PDF pour le Prépresse de Thierry Buanic, à ma droite, PDF à 200 % de Sid Steward.
Autant le premier s’avère être plus un mode d’emploi avec force copies d’écran à l’usage des imprimeurs et graphistes après avoir raconté le roman du PostScript ; autant le second est une compilation de recettes pratiques (et souvent très — trop ? — techniques pour tout utilisateur de ce type de fichiers)…
Bref, deux angles de lecture sur un sujet sensible…
Le roman du Postscript et du .pdf
Je me suis régalé à lire PDF pour le Prépresse de Thierry Buanic ! Eh oui, cela se lit comme un roman…!!! On n’est pas obligé d’avoir son Macintosh allumé pour le parcourir.
Thierry arrive à rendre son propos toujours intéressant, même quand il découpe les pixels en quatre et, surtout, brosse toute l’histoire récente du format PostScript.
D’ailleurs, pour ceux qui seraient un peu refroidis par les premières pages un peu trop techniques d’emblée, je les engage à sauter immédiatement à la page 38 pour rentrer de suite dans le vif du sujet : la naissance du PostScript, de Camelot à PDF…
C’est bien écrit, très documenté, plein de petits rappels amusants mais toujours précis.
Thierry Buanic rend hommage aux deux fondateurs d’Adobe, Chuck Geschke et John Warnock (et l’épouse de ce dernier, Marva, graphiste, pour lequel Warnock développa la première version d’Illustrator), à Pierre Bézier que beaucoup ont tendance à oublier. Et également à Steve Jobs qui a détourné le but initial de la société d’Adobe qui était de de lancer une chaîne de boutiques de services d’impression (eh oui, n’oublions pas qu’ils avaient à l’époque comme modèle leur ancien employeur, Xerox…).
Bref, un livre que les responsables actuels d’Adobe devraient lire avant de fixer les prix de leur nouvelle suite CS2 : Pourquoi le pays de Pierre Bézier devrait payer plus cher ses licences alors qu’une grande partie du succès d’Adobe repose sur le savoir de Bézier pour Renault (le constructeur automobile) ?! Il ne me semble pas que Renault multiplie par deux le prix de ses véhicules aux USA, non ?!
Le chapitre 2 est dédié à la fabrication du PDF. Ce chapitre, tout graphiste comme tout imprimeur devrait l’avoir lu, notamment la partie sur Distiller (à partir de la page 52).
Tout est expliqué en détail, pour la version 6 comme pour la 7, tant sur les options des polices de caractères que les recommandations à propos des images.
Le livre fait également la part belle aux plug-ins professionnels qui tournent autour de Acrobat, notamment PitStop ou ceux de Quite (mais rien sur Revealing ! Thierry, inutile de réagir, c’est un clin d’œil suite à notre échange de posts à ce propos sur MacDigit…)
Deux reproches : le premier, mineur, Focoltone est oublié alors que c’est un standard meilleur que Pantone. Le second, le titre, PDF pour le Prépresse, est effectivement valable mais trop réducteur. Un sous-titre comme le Roman du PostScript aurait été plus juste…!
Bref, je recommande fortement à tout utilisateur un peu intéressé par le PDF de se mettre dans le bain de l’histoire pour mieux comprendre les évolutions de ce langage (…et ses erreurs fourbes, page 44 et 45…!!).
Et si vous sortez encore des .pdf “pourris”, c’est à désespérer, changez de boulot ou confier la distillation à quelqu’un d’autre !
D’autant que le livre est “farci” de copies d’écrans très lisibles et souvent expliquées point à point.
À noter une dernière partie, paroles d’experts, où l’on retrouve quelques personnages connus comme Dominique Legrand ou Gérard Niemetzky…
Alors, oui, cinq étoiles pour ce livre et faites attention aux interrogations surprises dans MacDigit les prochains mois…!!
Le PDF pour le prépresse
Acrobat 6 et 7
Thierry Buanic
Éditions Eyrolles
EAN : 9782212115314
39 €
PDF à 200 %
Autre livre, autre registre.
Là, pas de roman mais des pages de code pour ceux qui souhaitent manipuler le PostScript… Autant le dire, c’est un livre de cuisine très bien fait, bourré de “hacks” pour ceux qui aiment bidouiller sur Windows, Linux et un peu OSX, même si un certain nombre d’informations recouvrent les besoins des graphistes.
Si vous souhaitez savoir comment imprimer en SVG, transformer les signets PDF en raccourcis Windows, convertir les fax reçus en PDF sous Linux, personnaliser Acrobat grâce à JavaScript, partager une imprimante PDF en réseau avec Samba, générer un PDF depuis un fichier XSL-FO, , etc. Alors cet ouvrage est indispensable.
À noter que cet ouvrage est réalisé sous FrameMaker 7, le seul produit qui ne tourne plus sous Macintosh OSX… mais qui poursuit sa vie sous Windows.
Belle mise en pages donc, impression en deux couleurs et Index de qualité…
PDF à 200 %
100 trucs, secrets et techniques
Sid Steward (traduction de Pejvan Beigui, Pierre Brandeis et Juliet Chadeyron)
Éditions O’Reilly
EAN : 9782841773145
35 €

Hier, nous avons assisté à la présentation de la suite Adobe CS2 : on y reviendra calmement dans les jours à venir car les produits sont encore en béta. En gros, nous devrions avoir assez vite une belle suite Premium et une suite classique mais faites d’ors et déjà des économies.
Et, hier également, Quark annonçait jusqu’au 30 juin 2005 une baisse de prix significative sur l’achat ou la mise à jour de Quark XPress 6.5. Respectivement, les prix sont désormais de 1499 € et 359 €.
Bon, alors quoi de neuf dans CS ?
En vrac et en vitesse…
Version Cue a été à nouveau développée ce qui n’est pas un mal.
Mais surtout, le navigateur de fichiers de Photoshop est devenu un produit à part entière et totalement autonome, capable de lire les fichiers .pdf (…comme celui d’Acrobat Professional 7), .psd, .ai (et d’autres)…
Cela se nomme Adobe bridge et c’est pas “pont” du tout…
Du coup, vous pouvez “visualiser” dans chaque dossier les fichiers Adobesques et même tourner les pages pour en prendre connaissance sans les ouvrir (on suit ?)
Bref, une sorte de Finder graphique.
Bon cela permet de voir ce qu’il y a dans les fichiers comme les polices utilisées, les sets couleurs, des meilleurs et j’en passe. Toujours sans les ouvrir, j’insiste.
Associé à cela, une option de photothèque en ligne avec chargement des images maquettes sans marquage et possibilité ensuite de les commander en un clic (et une carte bleue). Choix très nord-américain et prix fort élevés… Pour ma part, je suis réservé sur cette option très formatée si elle ne s’ouvre pas à des tas de petits sites plus… européens.
Bon, InDesign…
Utilisateurs de FrameMaker, inutile de jeter votre application fétiche, elle a encore de beaux jours devant elle. Pas de références croisées, pas de markers mais un emprunt des cadres ancrés de FrameMaker. Des notes de bas de page mais pas la possibilité offerte à une note de courir sur deux pages. Rien de changé pour l’indexation.
Bon, passons aux fonctions sympas :
• possibilité de charger des fichiers .psd et de choisir la composition créative que vous souhaitez sans avoir besoin d’ouvrir Photoshop, relancer, etc. Oui, Photoshop permet d’enregistrer, en dehors des calques, des compositions (un ensemble de calques actifs avec des effets). Bon, vous ne voyez pas ? Les graphistes comprendront.
• enregistrement d’extraits au format XML, sorte de bibliothèque hyper intelligente (on y reviendra)
• et surtout de forcer la mise en forme de styles en cascade dans un bloc texte. Vous prenez un bout de texte avec trois retours paragraphes : vous souhaitez que le premier paragraphe ait l’attribut de style titre, le second, sous-titre, le dernier normal. Habituellement, vous deviez sélectionner chaque paragraphe et attribuer le style qui va bien. Là, en un clic, InDesign attribue les bons styles en identifiant les paragraphes comme un grand. Bon, plus fort, cela fonctionne également aux attributs du bloc texte (couleur, ombre…).
Bon, je vous restitue ce qui m’a marqué (je n’ai pas pris de notes…)
Illustrator
Le retour de Streamline comme fonctionnalité d’Illustrator, d’une vitesse prodigieuse (possibilité de vectoriser une image). Mieux encore, outil de peinture intelligent des contenus de tracés : un tracé n’est pas fermé et la couleur déborde de partout ? Adobe a prévu des rustines virtuelles et intelligentes : si le trou est inférieur à 20 pixels (exemple) alors considérer qu’il est bouché…
Golive
Un éditeur de CSS totalement revu, ce qui permettra à certains de suivre enfin les fatwas de certains disciples de la W3C sur l’usage exclusif de DIV…! A noter que le produit est très orienté vers les technologies mobiles (comme votre téléphone).
Photoshop
15 ans et toujours aussi indémodable. La nouvelle version permet de créer très facilement des groupes d’objets qui sont concentrés dans un dossier de travail. Enfin une option pratique : la possibilité de conserver les infos sources d’une image. Je m’explique : vous réduisez une image, elle est généralement écrasée et ne peut revenir à sa taille originale. Aujourd’hui oui mais si vous le spécifiez.
Je passe sur le lien dynamique avec des images Illustrator (à la manière d’images importées dans InDesign : si la source change, ses imports sont modifiés), je passe aussi sur l’outil “point de fuite” et d’autres. Ce que j’ai trouvé très pratique est la possibilité désormais de gérer les menus et donc de redisposer ou de masquer des fonctions. A noter une nouvelle version de Camera RAW mais les informations qui nous ont été livrées me semblent incomplètes. Et ImageReady ? Je n’en sais rien, il faut que j’installe la béta de CS dès que j’ai un moment pour voir ce qu’il est devenu.
Je ne reviens pas sur Acrobat 7. Par contre, une astuce superbe pour finir ce bref tour de horizon…
Vous savez à quel point il est pénible de préparer un set d’impression dans InDesign en sachant qu’il faudra le refaire à l’identique dans Illustrator. Avec la suite CS2, vous le préparez dans une application et il est accessible dans les autres produits qui peuvent en avoir besoin. Simple et efficace. Idem pour les sets de couleurs qui peuvent être facilement transférés…
Bon, c’est juste de l’info brut(ale)… On aura l’occasion de revenir sur les produits avant leur commercialisation.
Pour en savoir plus…
Une solution simple pour vérifier vos .pdf
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Vous recevez un .pdf mais des cadres apparaissent autour des titres, des filets à côté des ombres…
D’autant que vous n’avez pas encore la dernière version d’Acrobat ou un simple doute sur la qualité du fichier. Au lieu d’imprimer, le plus efficace est de perdre 3 minutes à transformer avec Adobe Photoshop ce fichier en une image. Glissez-le sur l’icône de Photoshop, ne touchez pas aux valeurs hauteur et largeur mais vérifiez que la résolution effective sera bien de 300 dpi (et que votre document s’affiche d’emblée en CMJN)…
Ensuite comparez l’image de prévisualisation sous Acrobat et sa transformation sous Photoshop. Plus de filets, pas de couleurs qui virent, aucun défaut d’aspect sous les ombres ? Le fichier est correct. En fait, vous avez, ni plus, ni moins fait faire à Photoshop le même travail que le RIP de votre imprimeur…
Certains puristes nous expliqueront que… Bon, en tout cas, c’est une astuce bien pratique et déstressante.