Je suis tombé sur le RT d’un tweet ce matin qui m’a fait sourire. La présentatrice d’une émission de télévision (…enfin, c’est ce que je déduis de ma lecture) déclarait que si l’on ne suivait pas son divertissement, c’est que l’on aimait pas “les gens”. Sic…!
Oui, je sais, le must aujourd’hui est de raconter n’importe quoi (des faits alternatifs, hein…) et de se conduire comme un mufle, un goujat triomphant. Ça peut même conduire à de très hautes fonctions même si on n’est pas équipé.
J’ai poussé un gros soupir en lisant les réactions sous ce tweet (…je ne partage pas celles qui sont sexistes…) et me suis demandé s’il était utile de réagir. Non.
Quand je sors de mon antre, je croise des tas de gens avec qui je discute quotidiennement, nul besoin de m’agglutiner passivement devant un écran en riant à des vannes minables…

Plus de petit écran…
Le dernier lien avec la télévision était un abonnement que nous avons paresseusement conservé jusqu’au début de l’année dernière (erreur…) et qui nous vaut régulièrement des relances aux heures des repas…
Et je raccroche.
Bon, c’est gentil de s’obstiner mais, non, ça ne sert à rien, notre façon de consommer — qui n’a jamais été très télévisuelle — s’est naturellement réorientée vers la lecture (papier ou web) et la radio.
Radio que je peux écouter en effectuant d’autres tâches, en direct ou en différé. Bien pratique d’écouter de très longs podcasts le soir, parfait pour s’endormir.
Bref, hormis ARTE dans mon cas (avec un peu de Culturebox), la télévision a disparu de mon univers, ce qui me donne plus de temps pour me balader (…et faire des photos avec Provoke Camera), échanger des balles avec ma fille au ping-pong…!

iPad et iPhone à tout faire
Si le poste de radio a sa place dans la cuisine et nous permet, à l’heure des repas, d’écouter Philippe Bertrand puis le jeu des mille euros, la mobilité passe par iOS. Et ça, ça change sérieusement la donne !
La radio avec Castro: Podcast Player en accéléré tout en enchaînant les émissions, parfait pour se passer la tête au carré ou les Papous… dans la tête…!
Le reste du temps, les fils RSS sous Reeder 3 et, bien entendu, Twitter via Tweetbot 3.
Coté lecture iBooks, Gerty et l’excellent Marvin Classic.
Ou des vrais livres ou BD en papier. Ces lecteurs de ePub me sont indispensables en mobilité car je n’emporte que le iPhone quand je me balade ou prends le train pour aller chercher ma fille.
Et je redécouvre également le plaisir d’écouter de la musique classique ou du jazz !
Bref, c’est paradoxalement le côté statique de la télévision qui nous gonfle même s’il est possible de visionner en replay.
Enfin, j’écris aussi sur ces écrans.
Or le faire à la main a également changé pas mal de choses dans mon rapport avec eux : notes photographiques, notes manuscrites, l’iPhone comme l’iPad sont mes carnets de voyage.
Bref, des usages qui n’ont plus rien de passif.
Il était temps que je finisse ma vie professionnelle, je suis de plus en plus rugueux…!
Certes, le job de graphiste est particulier et nous nous devions (…pour moi, c’est du passé — même si je peux encore bosser, ce que j’ai appris récemment — mais je pense aux copains qui essaient encore de survivre dans un univers rempli de templates gratuites,…voir de pistes d’inspiration à quelques clics sur le net) d’avoir quelques projets à montrer.
Sauf que c’est une manière rapide de se disqualifier : le prospect non pro ne voit, lui, qu’une série de projets finis (…qui lui plaisent ou pas) sans percevoir l’historique.
J’envie mon plombier…!
Quand j’ai fait appel la première fois à mon plombier, j’avais une recommandation, celle de Jean-Pierre. Au téléphone, je ne lui ai pas demandé un book, j’ai exposé mes besoins.
Du coup, ces besoins + ma recommandation ont fait le reste. Il est venu sur place faire un état des lieux, me proposer deux ou trois options pour réfléchir avec une idée de budget. Libre à moi d’accepter. Mais aussi libre à lui de ne pas poursuivre.
Il n’était pas question pour lui de bricoler une solution sur le travail du précédent intervenant (…j’avais déjà donné avec une société de services aux forfaits à tiroirs…).
Il n’était pas question non plus pour lui d’intervenir sur une installation montée le week-end par un copain et ne répondant pas aux normes…!
Le graphiste est un artisan
Dans ma vie antérieure, un client qui faisait appel à un graphiste entendait travailler avec un professionnel capable de répondre à ses contraintes et à son enveloppe budgétaire. Et tenir la deadline.
Il avait accessoirement vu notre signature sur quelques ouvrages, entendu parler de nous par des personnes dignes de confiance mais en ayant toujours en mémoire le processus de décision.
Il cherchait un graphiste avec des idées neuves pour son projet, pas à adapter une couverture tirée d’un catalogue.
Bref, il fallait se rencontrer, lui laisser le temps de formuler sa demande, le format, le type d’impression, les déclinaisons, apporter quelques titres, nous montrer ce qu’il appréciait chez ses concurrents. Un vrai brief…
Et enfin, si nous étions intéressés (…hé oui, ça fonctionne dans les deux sens, ce qui trouble parfois le prospect !), négocier le coût (souvent ridiculement bas…) de l’intervention et de l’éventuelle coût de sortie à la fin des premières maquettes.
Bref, nous établissons un devis. Qui était ou non discuté puis accepté.
Aussi demander à un graphiste, qui — de surcroît — vous a été recommandé par des professionnels que vous estimez, s’il a un book (…et le réduire à ce viatique) est, à mes yeux, une erreur…!
- Soit l’échange est bon, les premières propositions astucieuses.
- Soit rien et le prospect essaye avec un autre graphiste.
Fini l’époque où le commercial d’une équipe de graphistes laissait nonchalamment traîner le dernier numéro de LivresHebdo pour impressionner le directeur de la fabrication…!
En résumé, un graphiste n’est pas un marchand de meubles ou de voitures avec une gamme d’options. C’est dit.
Tssss !… Nous nous sommes (tant) aimés, engueulés, rabibochés… 1, 2, 3 fois…!
dans
vieillir
Bon, cette fois ci, c’est le site qui ferme. Et zut !
Lancé un 26 décembre 2001 par François et Noé, sa déconnexion est prévue autour de mars 2017. Sale coup pour la fanfare…!
Accaparé ces dernières années par mes propres soucis, je lisais de manière épisodique CUK. Mais toujours avec le même plaisir.
Oui, je me suis vertement engueulé avec François, j’ai même coupé les ponts un long moment. Et puis je suis revenu picorer ses billets, les humeurs. Et lu avec plaisir les commentaires.
Bref, j’ai apprécié ce site qui bousculait les idées reçues, le côté iconoclaste voir provocateur. CUK, ce sont des tas de rédacteurs mais aussi une histoire faite de très chouettes moments et de quelques disparitions dont celle de Anne. Oui, une histoire faite de vraies rencontres…
Je suis tombé sur un billet de MacG qui annonce cet arrêt prochain et mon oeil a été attiré par la teneur des commentaires. Je me préparais à intervenir vis-à-vis de certains propos bas du front (je vieillis, je suis moins saignant…) quand j’ai lu les réponses de François himself…
Alors, oui, on peut ne pas apprécier le style du tôlier, regretter une absence de ligne éditoriale (…erreur, la ligne de CUK était de ne plus en avoir !), ne pas apprécier le look du site, etc.
Mais prétendre qu’il soit vendu à des sponsors (!) ou à des produits est ridicule !
M’étant plusieurs fois déchiré par Mail avec François naguère, je peux assurer que le bonhomme reste droit dans ses bottes et sans concession (…même quand il a tort…!!!). Bref, je ne suis pas toujours d’accord avec lui, loin de là, mais je défie ces courageux anonymes de faire un petit mois de billets, avec le même sérieux que la bande de contributeurs bénévoles de CUK a réalisé pendant ces années.
Et pour le fun, le plaisir du partage et de la discussion…!
Pour ma part, je suis hostile aux commentaires car, dans une vie antérieure, j’ai eu l’occasion de batailler avec quelques trolls : ayant le sang chaud, vite agacé par la mauvaise foi et les raisonnements à deux balles, je n’aurais pas résisté seize ans…!
Aussi je comprends cette décision difficile. Et le choix de s’arrêter.
…Mais je suis certain que l’aventure ne peut pas finir ainsi…! Et que ceux qui ont déjà enterré notre ami risquent de déchanter…! Car l’hélevète peut être taquin…!