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IA et métiers créatifs

Bienvenue au visuel jetable

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Suite à une mauvaise manœuvre de ma part (…oui, je suis distrait et cela ne s’arrange pas !), j’ai contacté par téléphone une ancienne connaissance mercredi.

C’est une graphiste et photographe de talent avec laquelle je correspondais naguère quand j’étais en activité.

Nous avons discuté comme si nous nous étions quitté la veille (bon, j’ai dû la saouler avec mes vannes à deux balles).

Rapidement, après avoir appris que l’éditeur pour qui nous bossions l’avait dégagée, nous avons abordé LE sujet qui interpelle tous les professionnels de l’image, à savoir l’IA.

Il se trouve qu’un autre de mes amis graphistes a fait le choix (depuis plus d’une année) de recourir quotidiennement à ces outils mais sans freiner pour autant l’érosion de ses contrats avec ses clients éditeurs.

En aparté, je dois préciser que ces deux là sont de vrais créatifs avec une très bonne formation classique et une excellente capacité à répondre aux demandes les plus subtiles, là où je bricolais des solutions utilitaires sans génie …!

Les constats sont les mêmes. :

  • imperceptiblement mais sûrement, les clients réduisent le forfait des missions pour limiter le budget de leurs ouvrages (…phénomène dont j’ai été également victime en acceptant de travailler au forfait) ;
  • les briefs sont de plus en plus imprécis et flous, ce qui permet de refuser des propositions graphiques irréprochables et travaillées (aucune remise en cause de la part du client).
  • Sans oublier cette demande extravagante qui est de demander de choisir dans un paquet de propositions, chaque proposition étant une création complète.
  • Le tout dans des délais de plus en plus serrés.
  • Et n’évoquons pas même les délais de règlement …assortis à des clauses de cession de droits de leurs créations.

Avec l’IA, un nouveau cap a été franchi vu que cela ne demande même plus de savoir mettre en pages ou dessiner, connaître sur le bout des doigts la trinité de la suite Adobe (illustrator, indesign et photoshop) !

Peu à peu, ces créatifs sont remplacés par des assistants encore plus mal payés, voire des stagiaires issus de filières graphiques à qui l’on demande des roughs comme naguère.

Sauf que les instructions de génération du visuel avec l’IA sont récupérés par le client (…qui se forme ainsi à bon compte) puis modifiés à sa guise après avoir remercié ces gens qui coûtent un …pognon de dingue.

Tenir ou se reconvertir ?

Ces deux professionnels (…. discussions séparées à quelques mois d’écart) se demandent s’ils vont survivre a terme vu que l’outil de création change de main.

En résumé, ce ne sont plus des professionnels formés aux arts graphiques et nourris d’histoire de l’art, ce ne sont plus les créatifs qui proposent des projets puis les peaufinent mais bien les clients et décideurs qui prennent le contrôle de ces outils, génèrent les images.

Ces outils ne leur demandent aucune capacité en dessin ou même en cadrage mais juste (…je grossis volontairement le trait) de trouver/récupérer les bons mots-clés pour générer les images qu’ils trouvent, de facto, séduisantes.

Sans exigence, l’IA l’emporte

C’est rapide, des essais multiples sont possibles dans un laps de temps réduit et même si la qualité finale est uniforme, ça a le mérite de coûter moins cher, d’être tendance.

À qualité graphique inégale, c’est l’IA qui gagne à tous les coups.

Tant pis pour l’uniformité, l’impression de déjà vu, c’est dans l’air du temps. Et ça dépote sans effort.

Côté créatifs, ça devient compliqué de trouver de nouveaux clients qui prennent conscience que produire un visuel demande un réel savoir-faire.

D’autant que nombre de ces derniers, étonnement, ne sont plus aussi exigeants : aucune appétence pour l’autocritique !

Tels des ados qui succombent à la dernière mode, nombre d’entreprises s’engouffrent dans l’IA avec l’illusion de pouvoir se passer, ici des illustrateurs ou photographes, tout en étant plus performantes…

Et au final se privent de talents et d’expérience.

Une révolution chasse l’autre…

Je rappelais à cette amie que ce qui se passe actuellement me mets en mémoire une période lointaine (40 ans…?) où nous réalisions des slides pour des présentations visuelles1. Avant d’être remplacés par nos propres clients qui découvraient …PowerPoint.

Ce qui nous avait frappé alors était l’uniformité des présentations qui a résulté de cette prise de contrôle des outils par ces nouveaux opérateurs. Rien ne différenciait une présentation de telle boîte de conseil de ses concurrents !

Nos clients consultants étaient ravis de prendre les commandes même s’ils passaient plus de temps à mettre en forme leurs slides que de travailler le fond de leur mission.
Et ravis d’avoir éliminé un facteur de coût, ces business graphics dont nous faisions partie.

Heureusement, certains ont compris qu’ils faisaient fausse route, cela nous a donné juste le temps de nous reconvertir.

Méme si cet engouement risque de se tasser, il y aura une palanquée de victimes : je me souviens de la disparition des photo-compositeurs puis, dans la foulée des photograveurs puis des flasheurs, de l’impact d’applications comme PageMaker, XPress, Photoshop ou illustrator. Je n’évoque pas même le format PDF, des premiers échanges via numéris puis internet, la fin des sociétés de coursiers…

L’ histoire se répète.

le 17/11/2023 à 07:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

La nature comme terrain de jeux…

Sans vergogne et, souvent, sans culture…

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La Sainte-Victoire devient, le temps du week-end, un périmètre risqué où des gens en vélo dévalent à fond de cale les sentiers empruntés par d’autres personnes, à savoir ces bipèdes nommés randonneurs obligés de s’écarter fissa pour échapper à leurs deux roues électriques…!

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Parfois c’est quasi pathétique…
Ainsi ces deux gars engagés sur un sentier non balisé en marge du Lac Zola.

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Puis revenant furax, chargés comme des mules avec leurs lourds vélos en équilibre après un demi-tour périlleux en bord de falaise.

Je me balade en silence, attentif à la faune sauvage, je n’attends plus la réciproque de la part de ceux qui circulent sur ce territoire !

Ainsi je croise de petits groupes, parfois munis de bâtons de marche, évoquant leur vie professionnelle à haute voix sans jeter un oeil sur le cadre sublime qui nous entoure.

Le parcours en pleine nature n’est qu’un prétexte à un effort sportif…! La végétation, les fleurs, les lacs de montagne servent de décor.

Rares sont les randonneurs qui s’arrêtent pour contempler les points de vue qui s’offrent à nous, se penchent sur la flore qui change au fil des jours…

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  • Comme ces orpins de Nice…

À ce propos, la totale méconnaissance de la flore locale m’interpelle…

Lors de nos premières sorties en septembre 2019, je me souviens que Béatrice avait interrogé un groupe de randonneurs à propos d’une fleur bleue très commune en septembre…

Il s’agissait de globulaires (Globulaire alypum pour être précis…).
Merci PlantNet…

Sainte-Victoire Land…

Si vous êtes comme moi un randonneur nonchalant qui interrompt fréquemment sa marche, attention ! Il nous faut nous écarter impérativement pour laisser le passage à ceux guidés par leur seul chrono !

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Il est frustrant de se retrouver ainsi confronté au culte de la performance (écoutez cette chouette chronique de Yann Marguet), à la bigorexie.

Partager les sentiers est naturel, se pousser sans cesse pour laisser des personnages casqués1 dévaster ces derniers l’est moins.

Pour finir…

À nouveau, j’ai eu plaisir à me balader tranquillement, à cheminer à travers bois sur des pistes filant au plus loin jusqu’à la Sainte-Victoire. Heureux de laisser mon esprit vagabonder à un rythme escargotesque, celui du vieillard que je deviens.

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Je prends le temps d’apprécier ce qui accroche mon regard, ce sentier qui descend depuis une crête, ces arbres qui tiennent le choc malgré une sécheresse de plus en plus évidente.

Les pluies des derniers jours ont certes apporté un peu de réconfort mais insuffisamment. Un mois de rang serait nécessaire pour que les nappes phréatiques se remplissent, pour que le sol se charge à nouveau d’humidité.

Avant de rejoindre ma tribu qui se baladait de son côté, brève rencontre juste avant l’aqueduc de Doudon avec un jeune couple d’étudiants ardéchois (ils se reconnaîtront)…
Échange direct et authentique.
Merci à eux…


  1. Ou non… J’espère qu’ils ne souffriront pas trop longtemps en cas de chute… ↩︎

le 22/10/2023 à 22:15 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Huitième décennie…?

Seule la perspective est plus floue !

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Je viens de passer le cap des 70 ans, cela n’a pas boulversé mon quotidien mais ma profondeur de champ s’est fichtrement modifiée !

Nos projets prennent la contrainte la praticabilité en compte, même si elle a toujours été présente dans nos choix.
Pragmatiques, nous réfléchissons à cette décennie à venir, ayant alerté maintes fois nos propres parents sur leurs choix (…ou non choix). Les conséquences sur leur parcours restent des exemples à ne pas suivre.

Sensibilisés par nos études d’architecture au handicap, ayant vécu des situations inconfortables sans assistance extérieure, nous envisageons ce qui peut surgir, des suites d’un accident de santé aux simples soucis naturels du vieillissement.

Comment s’en sortir sans faire appel à des professionnels de Santé ?
Au risque de me répéter, en anticipant.

Le choix du lieu de vie n’est pas accessoire

Éviter le territoire éloigné de tout, tant des infrastructures médicales que des commerces alimentaires essentiels. Le tout devant être accessible à pied et non rendant l’usage d’un véhicule obligatoire !

Pas question d’opter pour un logement à différents niveaux et et volumes en surnombre. Pas question non plus de s’encombrer de meubles inutiles.

Les Tiny House ne sont pas réservées aux jeunes. Elles peuvent s’adapter aisément aux petits vieux en devenir que nous devenons ! Sans aller jusqu’à conserver la mobilité de ces maisons, penser pratique et confortable… et dans les clous de la RT 2020. En effet, pour un bâtiment de moins de 50m², le passage par le bureau d’études d’un thermicien n’est pas nécessaire mais le projet doit être impeccable…

Bref, si ce projet nous occupe calmement, notre énergie reste essentiellement orientée vers les générations qui suivent et à qui nous laissons une planète dévastée.

C’est tout…!

le 09/10/2023 à 10:20 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #