Ethnologue du quotidien
Aucun territoire n’est banal…!
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dans mon bocal |
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vieillir
Mon état d’esprit au réveil : dès la première gorgée du matin, …el primer glop del matí en catalan1 — un bol de café en ce qui me concerne — rester curieux, contemplatif, ouvert à ce qui se présente sous mes yeux…
D’autant plus avec ces discours apocalyptiques de fin du monde…
Nul besoin de traverser les océans, soyons ouvert à l’imprévu…!
Hier, parti à pied et sac au dos comme à mon habitude, j’ai tour-à-tour discuté avec un jeune gars en train de repeindre les rampes d’une résidence ; puis avec un autre croisé naguère dans le bus et avec qui nous avons évoqué les échanges entre sourds-muets ; un troisième qui rentrait les poubelles et qui partage le même plaisir visuel de la floraison des arbres de Judée, etc.
Et dans l’intervalle, croiser un iris mauve, une euphorbe, une grande chélidoine…

J’ajoute en tant que petit vieux : bouger tant que nos corps nous permettent de nous déplacer !
Je pensais à cela ce matin en filant vers le centre-ville d’Aix-en-Provence (…quasiment tous les jours, je me fixe un but, un objectif basique comme rapporter du pain, des fruits…).
A contrario des influenceurs qui scotchent, immobilisent leur public devant un écran …je préfère nous inciter à sortir, aller voir en vrai notre territoire, espace que nous pensons connaître alors qu’il nous échappe…!
Pas besoin du regard des autres pour m’émerveiller des trilles d’un oiseau perché au-dessus de ma tête, sentir la chaleur des premiers rayons du soleil sur mes bras nus, m’immobiliser devant une touffe de bourrache…
Certes, d’aucuns transmettent un savoir faire2 : comment cuire son pain, fabriquer ses yaourts, des savoirs utiles qui risquent d’être fort prisés ces prochaines décennies…
J’essaye de redevenir ce #EthnologueDuQuotidien, cet observateur attentif de son territoire. Pas la peine de filer vers le dernier lieu instagramable à la mode (…comme cette favéla3 à Rio), mais simplement sortir sans nos œillères habituelles !
Avant de conclure ce billet, chouette rencontre mercredi, 20 secondes partagées avec une vielle dame élégante dans Aix-en-Provence …à qui je cède la place sur le trottoir d’un geste de la main et qui me taquine d’un œil rieur de ne pas avoir balayé le sol devant elle de mon chapeau imaginaire…!
Puis se marre quand je lui explique que j’évite que les plumes de mon couvre-chef soulèvent des pollens auxquels nous sommes particulièrement sensibles…!
Une personne que je serais heureux de croiser à nouveau…!
Pour le lecteur qui a eu le courage de lire ce 7400ᵉ billet, prenez le temps de flâner, de vivre ces brefs moments de complicité…
