À propos de l’apprentissage des langues
Expolangues à Paris
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J’avais écrit une petite chronique sur un bouquin intitulé Découvrez le Globish, il y a près de deux ans, déjà… Ce petit guide de l’anglais allégé a pour ambition de nous permettre de nous débrouiller en toutes circonstances, la langue de Shakespeare est aujourd’hui la langue d’échange et du commerce aux quatre coins de la planète, au même titre que le grec dans les temps anciens autour de la Méditerranée…!
Ne ratez pas le salon Expolangues qui se tient à Paris du 24 au 27 janvier 2007 à la Porte de Versailles.
Pour cette occasion, j’ai reçu hier ce billet d’humeur de l’auteur du Globish, Jean-Paul Nerrière. Ami lecteur, ces propos, qui n’engagent que lui, alimenteront par contre le vif débat d’idées sur la Francophonie…
Répugnant à reconnaître la suprématie mondiale d’une certaine forme d’anglais, nos gouvernants préconisent hypocritement l’apprentissage « des langues vivantes ». Dans les faits, les besoins supposés des carrières ultérieures envoient 93 % des écoliers dans les classes d’anglais. Les autres langues sont de plus en plus négligées, sauf par ceux qui les parlent déjà dans leur famille ou dans les régions frontalières.
Il en résulte un affermissement significatif de la culture anglo-saxonne, qui submerge déjà les médias, les distractions, l’internet. L’enseignement concourt à sa manière à cet envahissement culturel puisqu’il éloigne les élèves des autres cultures. Pourquoi devrait-on systématiquement préférer Shakespeare à Dante ? Oscar Wilde à Federico Garcia Lorca ? Hitchcock à Rossellini ? Ou Elton John à Wagner ?
Comment restituer leurs places aux autres langues et, avec elles, à leurs cultures ? Il existe une alternative à l’anglais, et qui même répond mieux à l’objectif de moyen de communication international. Car c’est bien cela que les élèves recherchent quand ils se pressent dans les classes de langue anglaise. Il s’agit du globish, un anglais limité tactiquement à l’essentiel, qui suffit amplement pour communiquer avec le monde entier, et qui a l’avantage de s’apprendre rapidement puisque c’est un langage basique, un ustensile utilitaire.
Bien sûr, il faudrait que les professeurs d’anglais, souvent épris du meilleur de la culture britannique, acceptent de ne transmettre en priorité qu’un anglais rudimentaire. Mais au moins auraient-ils la satisfaction de rendre un vrai service à tous leurs élèves, avides de ce simple outil de communication. Leur faire tous franchir le gué d’une rivière modeste n’est il pas mieux que d’en laisser la majorité se noyer au milieu d’un fleuve trop large ?
Si tous ces écoliers se voyaient proposer le globish en apprentissage fondamental, il leur resterait du temps pour se former aux riches langues de nos voisins, voire en arabe, chinois ou japonais. La variété des familiarités culturelles n’est-elle pas préférable à cet impérialisme anglo-saxon entretenu à grands frais par l’État lui-même ?