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Couvertures de livre et grandes affiches

Format PDF indispensable…!

dans outils

Petite note méthodologique que l’on pourrait résumer par un : Comment réaliser sans difficultés une affiche de grande taille en partant d’une couverture de livre !

En amont, définir les marges de travail
Si vous utilisiez régulièrement InDesign, pensez à utiliser des valeurs homogènes pour vos fonds perdus et votre ligne-bloc… Pour ma part, j’utilise un fond perdu tournant de 4 millimètres autour de mes plats de couvertures ainsi qu’une valeur de 15 ou 16 millimètres pour la ligne-bloc…

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Le fond perdu est la zone que le façonnier peut éventuellement mordre pour massicoter l’ouvrage fini. Aussi, au lieu de placer pile-poil ses images le long de la rogne du livre fini, le graphiste doit toujours laisser ses éléments dépasser de 4 ou 5 millimètres, d’où le nom de fond perdu.
Pourquoi…? Même avec des massicots à commandes digitales, il suffit que la pression exercée par la presse du massicot sur la pile de livres à trancher au format fini ne soit pas suffisante, que la lame ne soit pas suffisamment aiguisée pour que la coupe parte un peu en vrille. Bref, que l’on commence l’opération à la côte exacte et que l’on finisse avec 0,1 à 2 millimètres de différence en bas de pile, celle-ci ayant chassé… Traditionnellement les fabricants préfèrent que ce soit une valeur de 5 millimètres qui soit prise en compte par les graphistes mais les outils se sont quand même pas mal améliorés et le risque décrit précédemment s’amenuise.

La ligne-bloc est une zone utilisée pour y placer des repères de façonnage, des informations pratiques comme le format du livre, l’épaisseur de dos, des indications de fabrication, des mémos. Attention néanmoins à ne pas oublier que les bandes de brunner seront placées automatiquement par InDesign au moment de la réalisation du .pdf ou du .ps et qu’il faut mieux éviter de placer des indications vitales dans les parties qui risquent d’être recouvertes…!

Au delà, c’est la table de travail, une zone hors document qui permet de laisser en attente des bouts de texte, des illustrations, des images… Ces derniers ne seront pas pris en compte lors de la réalisation du .pdf mais conservés dans le fichier InDesign…

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Ces valeurs doivent être entrées via la zone de dialogue de Format de document

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Attention, ces deux valeurs ne se cumulent pas : la valeur de ligne bloc doit impérativement être égale à celle de fond perdu plus une valeur donnée si vous souhaitez en disposer. Donc l’espace autour de mon document est de 16 millimètres, la zone de ligne bloc utile est donc de 16 - 4, soit 12 millimètres… CQFD.

Une fois le document validé, le fichier du plat de couverture (C4 + dos bibliothèque + C1) généré et transmis aux fabricants comme à l’imprimeur est un .pdf haute définition avec un profil ICC. Ce .pdf embarquant les typos comme les images à la bonne résolution, etc.

Certes, mais où veut-il en venir…?

J’y arrive…
Une fois les couverture lancées en fabrication, en impression si vous le préférez, les éditeurs ont impérativement besoin d’utiliser ces éléments pour les opérations de promotion comme de marketing. Aussi bien pour un catalogue en ligne que des catalogues thématiques, des actions à base de emailing… Mais aussi des affiches.

Pour les premiers usages, on utilise généralement le visuel de couverture à un format égal ou inférieur au livre fini et la pixellisation de la couverture en une image (JPG, TIF ou EPS) suffit. D’autant que l’on peut scripter Photoshop et réaliser des versions ad hoc avec filet tournant, des vignettes d’une hauteur donnée en pixels, etc.

Par contre, là où cela se gâte sérieusement, c’est quand on a besoin d’une affiche de taille supérieur au format fini du livre. En gros et pour simplifier — oublions temporairement que l’on est en CMJN ou en RVB — un visuel transposé en JPG ou en EPS via Photoshop ne contient plus les informations vectorielles des polices de caractère, tout a été écrasé et interprété en un ensemble de pixels… Si les images n’ont pas bougé, c’est toute la typographie qui a été transformée irrémédiablement.

Prenons l’exemple d’un ouvrage au format 135 par 215 millimètres. Dès lors que l’on doit dépasser cette valeur, on ne fait qu’agrandir la mosaïque de pixels…! Si cela passe encore jusqu’à un rapport de 1,5 fois, au delà, c’est franchement immonde…! En fait, c’est la typo déformée qui nous dérange, pas les images qui ont été interpolées…

Oui, mais le marketing a impérativement besoin d’une affiche du livre au format de 80 par 120 centimètres… Que faire…?

La solution est très simple, il faut repartir du .pdf d’impression.
Il suffit d’ouvrir ce dernier avec Acrobat Professionnal et de découper le visuel de couverture.

Oui, mais…!
Tous ceux qui se sont essayés à cette opération le confirmeront, la prévisualisation de la zone de rognage dans Acrobat en utilisant l’outil de recadrage est tout… sauf précis…! D’autant que nos écrans ne sont souvent pas assez grands pour contenir l’intégralité du plat de couverture.
Bref, même en taillant à la sauvage, le résultat est rarement satisfaisant.

Et c’est ici, mesdames et messieurs, que mes valeurs de départ de fond perdu comme de ligne-bloc sont indispensables pour tailler au pixel près…!

Une couverture pour illustrer le principe pas-à-pas…
J’ouvre le .pdf de fabrication de cette dernière dans Acrobat et, à l’aide de l’outil recadrage, je réalise un cadrage à la louche autour de la C1 (la couverture au format fini)…

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Là, vous visualisez l’outil sélectionné et le fin cadre de découpe…
Par expérience, je devine que je ne suis pas calé correctement sur les abeilles de coupe…

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En cliquant dans la zone de cadrage, Acrobat m’affiche une zone de dialogue assez riche…

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Portons notre attention sur la partie en haut à gauche…

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Le bouton radio activé est Recadrage et les valeurs haut, bas, gauche et droite correspondent à ce que j’ai sélectionné à la louche avec l’outil de recadrage… Je n’étais pas loin mais ce n’est pas ça…

Alors, comment retrouver les bonnes valeurs…?
En cliquant simplement sur le bouton radio Rognage

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Et, hop, mes valeurs de travail (… mes 16 millimètres de ligne-bloc tournant comme décrits en tête de billet) apparaissent…! Mieux encore, Acrobat m’indique la taille exacte de mon plat de couverture… Glissons vers la droite de la zone de dialogue. Le rectangle (vert ici) marque les dimensions du plat rogné…

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Que reste-il à faire…?
Remplacer les trois valeurs erronées par les bonnes valeurs et ajuster la marge de gauche.

Mais il faut d’abord activer à nouveau le bouton radio Recadrage (Merci Sylvain, il y en a au moins un qui suit…!). Puis corriger les trois valeurs…
C’est pourquoi j’insiste pour que ces valeurs soient homogènes, il est plus simple de retenir une valeur unique que trois différentes.

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La valeur de marge gauche est maintenant facile à déduire, surtout si le graphiste a pris le soin d’indiquer dans la ligne-bloc le format du livre fini ainsi que l’épaisseur de dos… Cet ouvrage est un 135 par 215 millimètres avec un dos de 10 et Acrobat nous le confirme en regard dès que l’on rentre la bonne valeur — sélectionnée en jaune — dans la case idoine… Là, soit on fait un peu de calcul mental, soit on requiert les services d’une calculette pour trouver la dimension de cette marge gauche…

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Il ne reste plus qu’à cliquer sur le bouton ok, le recadrage sera impeccable.

J’attire l’attention des fabricants sur cette procédure pour vérifier que les plats de couverture livrés (…ceux réalisés sous InDesign) sont aux bonnes dimensions. Il leur suffit d’effectuer un double clic sur l’outil de rognage pour ouvrir la zone de dialogue Recadrer les pages. Ensuite, cliquer sur le bouton radio Rognage et les dimensions du plat de couverture apparaissent en regard sous le visuel

Enregistrez enfin le fichier avec un nom différent pour ne pas écraser le .pdf source. Vous pouvez désormais l’expédier et l’imprimeur numérique de votre client pourra réaliser sans souci un agrandissement du livre à la taille souhaitée, la typographie restant… vectorisée. Bien évidemment, cela ne fonctionnera pas si la typo a été préalablement transformée en image par le graphiste pour des questions de rendu aux effets subtils.

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Lors de l’agrandissement, les pixels des images (si votre couverture en contient) seront interpolés, mais l’oeil s’en accommode très bien… Contrairement à la typo qui doit se présenter sans défaut d’aspect…

Pour en savoir plus sur le .pdf, l’ouvrage de Thierry Buanic.
Pour mémoire, un vieux billet de 2005 de votre serviteur sur Distiller et deux autres de 2004, .pdf mode d’emploi 1 et 2


Dernier point pour en finir : faut-il n’utiliser que des fichiers .pdf en lieu et place des .eps à haute résolution qu’utilisent les graphistes des catalogues…? Non…!
Ces derniers ont souvent besoin d’ajouter des filets de manière automatique aux visuels des couvertures (surtout pour celles qui sont sur fond blanc) et c’est aussi oublier que le .pdf sera dès lors plus lourd à utiliser au lieu d’une image réduite à 3 cm de large par exemple. C’est aussi faire fi du temps d’interprétation qui sera nécessaire au RIP pour digérer ces informations (trop…) riches.

le 07/03/2007 à 06:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #