Versailles | Les jardins La Quintinie aux Mortemets | 5
Grosse fatigue…
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Tous ces billets ont été écrits en juillet 2012 et je me doutais que rien ne se passerait jusqu’à la rentrée…
Voilà, nous sommes rentrés et je profite du discours sur la transition écologique pour m’interroger sur cette opération particulière qui est, certes, de faible portée (quoi que…) mais lourde de sens…
Pour mémoire, en 2013, à l’occasion du 400° anniversaire de la naissance d’André Le Nôtre, 25 des 200 jardins potagers familiaux de Versailles — situés dans un coin où personne ne passe — vont être rasés pour être remplacés par 3 allées gravillonnées bordées d’arbres et d’herbe. À terme, tous vont disparaître.
Bref, belle vision de la biodiversité, ajouter de nouvelles allées dans un domaine qui en compte des kilomètres… Et, surtout transformer en parterres ça :
Bref, de la biodiversité à la Française…!
Inutile de vous dire que ces décisions me descendent complètement surtout quand on se souvient des événements récents.
Il ne s’agit pas ici de virer au billet catastrophe mais juste de se poser quelques questions techniques au cas où l’improbable surviendrait, etc. Bien sûr, toutes les situations ont été prévues par nos gouvernants et la cohorte de serviteurs de l’état.
En vrac…
- Quels enseignements pratiques tirés des événements lointains et nucléaires qui-ne-peuvent-pas-arriver-chez-nous. À ce propos, le gouvernement japonais a annoncé hier une sortie du nucléaire étalée sur 30 ans.
- Quid de la très grosse panne électrique indienne de fin juillet 2012…? Dans ce dernier cas, juste 600 millions de personnes impactées. Une paille. Oui, mais c’est en Inde. Certes mais, cela arrive aussi ailleurs, non ?
- Quelles leçons tirées de la panne des téléphones portables en France ? Quels dysfonctionnements en terme de santé ou de sécurité ont été corrigés… Quid des procédures automatiques qui ne se sont pas déployées à nouveau pour cause de réseau en rade…?
Le risque zéro n’existe pas, ce genre d’événements est appelé à se répéter.
Revenons à la question : comment nourrir des personnes sur un territoire quand toute l’infrastructure tombe en rade ? Plus de réseau téléphonique, plus d’Internet, panne électrique, soucis climatiques de grande envergure, rupture énergétique, etc. Bon, on fait quoi ? On rame ?!
Il n’est pas inutile de projeter des éco-quartiers dans cette zone de Versailles même avec ce problème quasi insurmontable du dépôt des bus de la ville (…car éloigner ce dépôt, c’est un grand nombre de véhicules qui vont faire des kilomètres… en plus et à vide, CQFD).
Le prétexte du 400° anniversaire de la naissance d’André Le Nôtre était astucieux pour déplacer ces jardins.
Était, mon bon Monsieur, était !
Or quelques nouvelles données (re sic…!) — voir les liens attachés — viennent ébranler ce projet :
- Prix des céréales en hausse (sécheresse, réchauffement climatique),
- changement du climat — plus simple, jetez un oeil sur ces différentes courbes — source NASA et compagnies d’assurances,
- épidémies latentes — ici au Mexique,
- Pollution de plus en plus forte — ici aux USA,
- spéculation qui pousse vers des crises alimentaires…
- et des émeutes de la faim potentielles,
- crise des ressources énergétiques (fin désormais acceptée du pétrole),
- déforestation qui entraîne une réduction des pluies en Amazonie,
- crises sociales…
- léger souci sur la commercialisation des graines
- dépendance des cultures aux produits chimiques,
- crise de confiance vis-à-vis du nucléaire,
- etc.
Quel rapport avec ces jardins…?
Si nous étions dans un dispositif interactif, voire citoyen, transparent, on serait en droit de se poser la question suivante. Tiens, et pourquoi, au lieu de détruire ces jardins productifs, on n’essayerait pas de penser à les intégrer dans les projets futurs, quitte à déplacer quelques potagers pour restructurer le tout.
Éco-quartiers et potagers, c’est même une formule intelligente et gagnante dans d’autres pays d’Europe. De manière pragmatique, au lieu de continuer à n’y voir que des gêneurs qu’il faut évacuer, si l’on reconsidérait ces potagers comme une richesse à exploiter ?
Certes, quelques personnes ont juste oublié que bosser dans un domaine royal ne les dispensaient pas d’avoir un minimum de respect pour les jardiniers : des témoignages directs indiquent que la monarchie est toujours présente et que le vieux jardinier méprisé a plus de savoir que ce bureaucrate au bord d’une nervous breakdown.
Contrat précaire, coeur du problème…
L’occupation des jardins familiaux sur le domaine a toujours été un contrat précaire. C’est cette situation qui ruine toute discussion profonde. Sauf que le bon sens commande désormais de prendre en compte la situation actuelle de notre planète. Et non celle d’il y a 400 ans…
Question posée autrement : qu’est-ce que l’on donne à manger à 5 milliards d’individus. Et, demain, à 9 milliards. Certains en sont déjà à recenser quels insectes nous pourrions consommer.
Des potagers locaux comme solution…?
Aux USA, un pays pragmatique qui reste capable de tout bouleverser pour s’adapter aux nouvelles contraintes, tendance inverse… Ainsi à Brooklyn.
New York City is home to over 700 food-producing farms and gardens spread over 50 acres of reclaimed lots, rooftops, schoolyards, and public housing grounds.
Idem dans le Queens (oui, oui, on est toujours à New-York). Mais aussi à Seattle… Ou en Chine, à Zhuzhou… Je vous fais grâce des exemples en Europe.
Alors, pourquoi ces villes se posent la question de la mise en place de potagers en leur sein. Voyons, c’est ridicule…!
Pas tant que ça, ô lecteur. Ces quelques lignes du billet de Biosphère :
La population Ile-de-France est de 12 millions de personnes en 2011. En cas de rupture de la chaîne d’approvisionnement, l’Île-de-France ne dispose que de quelques jours d’autonomie alimentaire. Dans sa production, l’Île-de-France est autonome à 26% pour les pommes de terre, 10% pour les légumes frais, 1,5% pour les fruits (à l’exception des pommes 5,5%), 0,5% pour la viande, 1% pour le lait, 12% pour les œufs. En revanche, elle est autonome à 159 % pour le blé et 117 % pour le sucre.
En résumé, ce que disent les experts, en cas de gros pépin, c’est 5 jours de stock. Faire le lien avec les infos en début de billet (électricité, téléphone en rade)…
Face à la crise, deux réponses…!!
- Pragmatiques, les Américains et Chinois transforment en potagers des toitures d’usines ou de centres commerciaux.
- En France, nous transformons des potagers productifs en petits cimetières pour commémorer la naissance d’un jardinier né il y a 400 ans…
Cherchez l’erreur…
Ces photos comme témoignage de ce qui va disparaître…
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