Le dessous des couvertures
Un papier intéressant de Télérama…
[…] Ce billet a été rédigé naguère par Joël Seguin, éditeur chez Eyrolles. Il vit aujourd’hui près de Minneapolis (USA) […]
Cette semaine, un papier dans le numéro 2888 de Télérama, accessible également sur le Web. Je l'ai lu avec d'autant plus d'attention que c'est un domaine dans lequel j'évolue. Certes mes clients ne sont pas ceux évoqués, je travaille plutôt pour des ouvrages moins médiatisés. Mais dans l'ensemble, cet article dresse un panorama assez juste de cette activité et donne à réfléchir même si quelques points me semblent discutables…
Ainsi, certaines comparaisons avec les USA m'amusent.
On oublie trop facilement que l'on peut effectivement avoir des couvertures comme des boîtes de chocolat quand on procède d'emblée à des tirages nettement plus… importants !
Ce ne sont pas les graphistes qui manquent d'imagination, c'est que le livre en France ressemble de plus en plus à une succession de courts tirages plutôt qu'un seul qui autoriserait ce type de packaging. Si certains livres comme les Harry Potter peuvent supporter ce surcoût de fabrication, gardons-nous de généraliser.
Autre point, le tarif de réalisation m'a halluciné car mes propres budgets comme ceux de mes confrères sont à peine au dessus de la moitié du chiffre annoncé ! À moins que ce soit en ajoutant le coût de l'image achetée en ligne… Et, effectivement, le coût d'une image pour une couverture est très (trop) élevé… Même pour des reproductions de tableaux qui appartiennent au patrimoine…
Sachant que tout le monde travaille au forfait, une couverture consomme finalement beaucoup de temps, plus de temps que prévu, même avec les outils numériques performants.
Cinq minutes pour faire une couverture, pourquoi pas… Sauf que le graphiste livre généralement le plat complet de la couverture, c'est-à-dire la C1 mais aussi la C4 avec code barre et textes divers. N'oublions pas le dos bibliothèque qu'il faut ajuster à la dernière minute, cette information n'étant communiquée par les services de fabrication qu'après validation du papier par l'imprimeur…
Reste à savoir faire un bon .pdf mais là, je vous renvoie au très bon livre de Thierry Bruanic que vous n'avez peut être pas découvert puisque MacDigit était tombé.
Pour rester serin, il faut éviter d'additionner tous les temps de toutes les étapes ! Celui de la création (la création ne se fait pas que devant son écran…), des discussions sur les premiers roughs, des demandes de précision sur le brief, des corrections, des hésitations et remises en question alors que tout a été validé, de la fabrication des .pdf, des envois par e.mail ou de dépose sur un FTP, etc. Cela se passe quand nous, graphistes, avons du mal à fixer un cadre.
Bref, un très bon article…