Pfffff… faire des photos avec un iPhone, c’est n’importe quoi…! | 3
Galerie d'images, trois services testés…
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Histoire de comprendre comment fonctionne l’univers des galeries d’images postées depuis un iPhone sur le net, les interactions entre personnes (s’il y en a), pourquoi certaines images deviennent “populaires” et d’autres non, je me suis attelé à fournir en images numériques pendant quelques semaines instagram (voir cette chronique sur urbanbike) et deux autres services similaires.
J’ai maintenu ma galerie sur pudding.to (un service coréen avec une application pour iPhone assez bien fichue, voir cette seconde chronique) et démarré un compte sur stramatic (voir cette autre chronique sur urbanbike).
Dans tous les cas, j’ai puisé dans le même stock d’images avec des fortunes diverses pour de simples problèmes de format. Explications.
pudding.to
Exotique et rafraîchissant. La surprise a été d’être assez vite suivi, la langue n’étant pas un réel obstacle quand on publie des photos. Et, bien sûr, ce qui m’a également intrigué, ce sont les images publiées dont je peine à décrypter les codes. J’aime bien ce décalage culturel. À noter que mes propres images sont toutes aussi exotiques pour mes followers que les leurs à mes yeux ! L’app fonctionne bien et mémorise impeccablement tous les mots-clés si vous en utilisez. De plus, l’idée est de marquer son visuel en choisissant un état personnel (une émotion) en premier lieu pour le typer ne me laisse pas insensible.
Rappel de l’interface, retenez que l’image est bien montrée dans son intégralité mais avec des bandes blanches de part et d’autre…
Sur instagram, nettement moins de surprises. J’ai retrouvé pas mal de monde, des personnes que je lis sur Twitter ou sur leurs blogs, vire que je connais. L’ambiance est bon enfant, les échanges nettement plus directs, instagram est la partie images de certains échanges sur Twitter. Remarquez que je n’évoque pas Facebook, fort peu de mes contacts liés à ce réseau. Non, la majorité des personnes avec qui j’interfère ici sont ceux avec qui j’échange en 140 signes…!
Ici, comme sur pudding.to, l’interface et signalétique occupe la partie haute et basse et l’image obligatoirement cadrée au format carré…
starmatic
Hormis une belle rupture avec le format carré (très pratique pour moi qui réalise une majorité de verticales…), une ergonomie assez dépouillée, cela a été l’occasion de découvrir comment cela marche lors d’un lancement car je le suis retrouvé à mon insu dans les premiers utilisateurs. J’ai essuyé quelques plâtres de l’application et du service mais j’aime bien l’ensemble en attendant la version francisée annoncée. C’est essentiellement la levée de la contrainte du format carré qui me convient (je me répète). J’ai suivi trois personnes au départ avant de me désabonner, histoire de voir si des utilisateurs de ce service tombaient encore sur mes images sans être guidés et, surtout, lesquelles étaient retenues.
Déjà, la fiche auteur ne montre que les images appréciées par la communauté, un appui sur le bouton photos permet de visualiser le flot d’images…
Un double appui sur une image permet de la visualiser (ici, sans bandes blanches et en respectant le format 4/3)… Un appui sur l’image offre l’accès aux options…
Enfin, les dernières images retenues sont accessibles ainsi qu’une liste de photographes…
Ensuite…? Une fois abonné à un de ces services, il faut le nourrir et ne pas s’arrêter à publier 10 photos.
- Ajouter du contenu photographique
- Par exemple, j’ai démarré sur starmatic au dépourvu, ayant nettoyé le contenu de mon iPhone quelques jours auparavant. Il me restait quelques vues en noir et blanc réalisées avec MPro. Comme Photos et iPhoto ne stockent pas les images au même endroit, j’ai pu récupérer celles traitées précédemment dans iPhoto. Du coup, ce n’était pas inintéressant de poster par strates, noir et blanc en premier lieu, images couleurs, images post-traitées avec les filtres du bord (…je ne suis pas fan mais autant essayer), images pré-traitées sous Booster! avec des effets psychédéliques prononcés : bref un échantillonnage pour découvrir ce qui plait ou pas… Manifestement ces dernières (les boosterisées) n’accrochent pas : tant pis, elles ont le mérite de m’amuser… Mais cela ne m’empêche pas de publier des images du iPhone comme d’autres issues de mon Canon 5D.
- Mots-clés
- De fait, dans tous ces services, ce n’est pas l’image qui compte au premier chef, contrairement à ce que je pensais naïvement mais bien les mots-clés associés. Sur instagram c’est une bonne stratégie le lier à toute image un paquet de tags. Sauf que cela plombe un poil la publication et que je ne m’y suis pas résolu. Comme tous ces service sont en extension, pas simple de débarquer et trouver des producteurs de contenu correspondant à vos attentes. Bref, la recherche par mot-clé est primordiale et sur un service à 99 % anglophone, je ne vous fais pas un dessin. Tant pis pour moi…
- Suivre ou pas…?
- C’est une bonne question car certains comptes sont des individus qui ont un quasi range destars ou des éléments clés du dispositif (fondateurs, etc.). Or ces derniers ont déjà une liste de photographes intéressants qu’il n’est pas vain de consulter même si c’est une certaine esthétique qui transparaît. Pour ma part, je traque les images sur instagram de quelques amis et connaissances, personne sur starmatic, deux relations aussi curieuses que moi sur pudding.to et également sur instagram…! Comme quoi…!
- Éloge de la solitude…?
- Bien sûr, j’ai regardé qui me suivait. Les images produites — quand il y en a… Bon, ce qui est parfait dans ce genre d’expérience, ce sont que que les rares illusions qui pouvaient poindre dégringolent les unes après les autres…! Comme sur pudding.to ou instagram, la même proportion d’utilisateurs narcissiques qui postent des autoportraits et vous font un petit discours de séduction pour que vous les suiviez. Ensuite, énormément d’images stéréotypées ou rassurantes car empruntes d’une même esthétique. Je ne parle pas même de la typologie des images, laissant à des spécialistes le soin d’expliquer cette profusion d’images d’ongles (nails) en majesté, de couples avec les doigts en V, etc. Sans oublier des tas de portraits très sexy, des photos de nourriture, véhicules, etc.
- Alors, quelles images plaisent ?
- La réponse est déjà formulée en partie au point précédent. L’effet boule de neige est important : sont souvent popularisées des images correctement fabriquées mais banales et qui ont plu une première fois. Comme elles ont été adoubées par d’autres, faciles de se conformer. C’est ce que m’a permis de constater ma production hétéroclite, faite au hasard de mes balades, rendez-vous professionnels : un gros vrac sans réelle cohérence artistique (et pour cause, en mode expérimentation). Bref, ce sont fréquemment les images plus banales — ou moins dérangeantes — qui sont retenues.
- Poursuivre…?
- Oui…! Mon fils s’est foutu de moi quand je lui ai expliqué ma démarche. Sa vision est assez tranchée. Je partage son point de vue ironique mais j’aime bien ce mode partage, dans le même esprit qu’urbanbike. Je publie mes images comme mes billets sans attendre de retour. La surprise est parfois au détour d’un courriel. Sur ces galeries en ligne, un commentaire. Si vous attendez autre chose, passez votre chemin…! Bref, faites les choses pour vous-même. Et non en sollicitant des avis admiratifs dès que vous poster une image…!!
Et pourquoi pas une galerie autonome…?
C’est une option. Il suffit de tester des dispositifs comme Zapd qui permet de publier sa propre galerie (voir cette chronique de début 2011 sur urbanbike)… Ou encore tumblr que j’utilise pour inexten.so et qui fonctionne très bien (voir cette dernière chronique sur urbanbike). Chacun dispose d’une application d’envoi des images depuis son iPhone. Si Zapd contraint l’image à un format carré (groumphhh…!), ce n’est pas le cas de tumblr, plus souple et disposant de templates splendides…
En conclusion…?
Aucune. Je trouve juste le procédé amusant de donner à voir ce que l’on produit (je ne dis pas ce que l’on photographie…). Personne ne m’oblige à regarder le flot de production d’images de chaque service et inversement. Je vois cela plus comme une production de petites bouteilles — d’images — déposées à la mer… Et également comme une carnet ouvert de nos tranches de vie. Savoir ensuite si cela a un quelconque intérêt m’importe peu. Je sais par contre que le jour où j’en aurais assez, je cesserais de publier sans me poser de question. Aucune perte de visuel à l’horizon, toutes mes sources sont dans Lightroom (voir cette chronique récente sur urbanbike)…
Bref, je reste en mode expérimentation… Tant que cela m’amuse…!
D’ailleurs merci de m’avoir lu jusqu’ici…!