Technostalgie argentique…?
Que dalle…!
Chronique née d’un pouët ! Ce matin, je rédigeais une entrée1 sur le 26 avril 2023 quand nous étions à Perugia. Et, en regardant les clichés stockés dans le Cloud, je repère pas mal d’images réalisées avec la bêta d’une app2 que je testais à l’époque.
Je développe ici mon point de vue…
J’ai testé nombre d’apps photographiques qui se proposaient de retrouver la colorimétrie caractéristique de certaines émulsions couleur. J’insiste : couleur3…!
Ces apps nous vendent l’illusion de revenir à une sorte d’idéal de l’argentique. Ah…?
Ok, je suis mal placé pour en parler…
Hormis quelques tirages Cibachrome4, cette époque idéale reste celle où il me fallait choisir entre Kodak Ektachrome5 et Fuji Velvia dans le cadre de notre activité…!!
Hop, je m’égare…
Or, je n’ai pas de nostalgie, en photo comme dans d’autres domaines… Chaque avancée technologique m’a apporté du confort et une certaine autonomie6.
C’est la posture « on a toujours fait comme ça » qui me gonfle, le poids de la tradition.
Un exemple.
Je déteste cette mode qui consiste à plaquer sur de grandes baies vitrées des baguettes pour reproduire une impression de fenêtres à petits carreaux !
Les petites surfaces vitrées n’étaient pas un choix esthétique de l’époque mais traduisaient une limite, une incapacité technique !
On ne savait pas couler de grandes surfaces vitrées, point barre.
En Italie, les rénovations d’édifices anciens ne sont pas assujetties à l’exigence hexagonale de refaire à l’identique.
Nous avons visité nombre de superbes lieux avec des vitres pleine ouverture montées sur des profils ultra discrets7 en aluminium …qui n’auraient été rejetés ici par les gardiens du temple.
Si les entrepreneurs, les architectes, les artisans avaient eu accès aux surfaces vitrées telles que nous employons aujourd’hui, ils les auraient volontiers adoptées et fait du feu de ces croisillons de petit bois que d’aucuns chérissent religieusement aujourd’hui !
Je pensais déjà avoir écrit une chronique sur ce sujet mais les seuls carreaux8 évoqués sur urbanbike sont ceux-ci :-)
Pour en revenir à la photo, je n’aime pas ces rendus pseudo argentiques sur des apps numériques… Ces filtres sont amusants mais je les évite… C’est un peu comme ces filtres qui transforment n’importe quelle image en tableau à la manière de Prisma9 (en 2016)
En revanche, j’ai particulièrement apprécié la démarche de Frank Horvat qui testait dans son studio de Boulogne-Billancourt les imprimantes à sublimation, s’est essayé à photoshop et au photomontage, s’est lancé dans la photo numérique avec des appareils de prise de vue sans prétention10… Bref, expérimentait sans cesse au lieu de regarder dans le rétroviseur…!
Il écrivait ceci11 (…qui résume parfaitement mon propos)…
The last to get on the train were photographers, for strange reasons, such as regretting the darkness and the smell of the lab. Not in my case!
For me, digitalization was liberation from repetitive and boring tasks, like measuring light and distance, bracketing, shading, spotting, filing, etc etc.
C’est tout…

— Tu as remis du grain…? Non c’est la pluie de ce matin…!
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Il existe de rares belles apps pour le noir et blanc dont Black, cf. urbanbike | Boke, bôkè, bokeh ? Simple combo Focos + Black sous iOS… mais pas certain que l’app soit encore disponible… ↩︎
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Chez Francis Gamichon dans le 17ème… ↩︎
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Pour ma part, Ekta 100 avec un traitement E6 chez Picto naguère (…labos situés rue Delambre ou, plus pratique pour notre activité, Villa des entrepreneurs qui ouvrait dés 06:30 le matin et où je venais récupérer les bobines laissées à développer dans leur boîte de dépôt trois ou quatre heures plus tôt). C’est par leur biais que j’ai rencontré Frank…! ↩︎
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J’exagère : quelques exemples en France comme à urbanbike | Dinan | 1 ↩︎
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urbanbike | Vos photos à la manière de… avec Prisma…!, app qui m’a bien amusée… ↩︎
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Les derniers à monter dans le train étaient les photographes, pour des raisons étranges, comme le fait de regretter l’obscurité et l’odeur du laboratoire. Ce n’est pas mon cas ! Pour moi, la numérisation a été une libération des tâches répétitives et ennuyeuses, comme la mesure de la lumière et de la distance, le bracketing, l’ombrage, le repérage, l’archivage, etc. ↩︎