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TG;ÀÉ : Pixels gris versus page blanche

Existe-t-il une forme d'angoisse face à un écran vide ?!

dans dans mon bocal | écrire | outils | vieillir

Attention, billet taquin qui finit en vrille !
Ce qui suit est un premier jet d’un TG;ÀÉ1 — à tiroirs — qui sera repris un de ces quatre (…si j’en ai le courage). Un texte généralement qualifié de in progress auquel je préfère le mot décantation. Voire première pression !

Point de départ : Pour nombre de personnes, se retrouver face à un écran uniforme, vide, les paralyse. J’ai mis du temps à oser l’analogie avec la page blanche.

Inversement, écrire dans un outil bureautique avec force palettes flottantes ne les inhibe pas. La surface laissée libre pour la saisie est réduite, entourée par ces modules graphiques. Mais cela ne les indispose pas plus que cela, ils sont dans leur univers de travail.

Curieux, non…?

Comme si l’interface constellée d’icônes de leur application de travail avait une vertu rassurante !

Bref, je (me) suis convaincu que cela reposait sur des mécanismes identiques au sentiment d’angoisse de la page vide…!

Ça va sans dire mais c’est mieux en le disant : Il ne s’agit pas de fustiger les applications bourrées d’icônes ou de panneaux2. Que ce soit pour manipuler une image, mettre en pages un long flux textuel, traiter des suites de chiffres, l’appel à des myriades de fonctions spécialisées associées à des icônes identifiables d’un coup d’oeil, est indispensable pour formater aisément et rapidement ces données sous forme de chiffres, pixels ou chaînes de caractères.
Mais est-ce utile en amont ? Au moment de penser/produire du contenu ?!

Revenons à ce dernier, au contenu3 : un texte à rédiger pour un rapport, une nouvelle, une proposition client, un article, une dissertation, un billet de blog.

Ai-je besoin d’encombrer mon écran…?

Non et oui !

L’histoire de la littérature fourmille d’anecdotes sur l’environnement de travail des écrivains d’avant le numérique, grands ou petits. Que leurs ouvrages aient été saisis au stylo plume ou à la machine à écrire mécanique, leurs auteurs ont souvent eu besoin de se placer dans un cadre précis pour trouver l’inspiration. Avec les écrans de nos ordinateurs ou tablettes, le besoin est identique.

Ainsi, se déplacer avec un iPad dans un café ou changer de pièce dans son propre logis nécessite une logistique réduite. Simplement que la batterie soit suffisamment chargée. Nul besoin de câbles avec le Wifi, nul souris ou clavier…

Du coup, l’environnement de travail est, de facto, réduit à ce que l’on a devant soi. C’est ici où je reviens à ma question en forme de clin d’œil ! l’interface constellé d’icônes d’une application bureautique n’est elle pas rassurante ?

Pour faire court, un cadre de travail avec toutes ces icônes prêtes à fonctionner à la moindre sollicitation, cette armée de fonctionnalités à notre service, a certainement une action apaisante, sécurisante. Elle offre à nos yeux un terrain, un environnement connu…!

En résumé, même si cela encombre largement la surface de l’écran, les avoir sous le nez semble rassurant !

À cela il faut ajouter un élément concomitant. Si l’on est en panne d’inspiration, d’idées, on peut s’occuper de suite, consulter les icônes, mettre en forme (…et donc s’extirper de la qualité de son contenu…!) les premiers paragraphes, user et abuser d’emblée du WYSIWYG (What you see is what you get) pour se faire une première idée de sa (maigre) production… bref, se rassurer. Et repartir, l’étoffer.

Et puis si cela ne marche pas, il sera toujours facile d’incriminer l’application, un coup du sort, un enregistrement défectueux, un bug…!!

Texte nu et balises

Bon, ceux qui me lisent depuis des années voient déjà où je veux en venir !

À l’opposé de cette assistance immédiatement disponible d’un clic, se retrouver face à une interface nue est certes décontenançant. Surtout si l’écran de travail est un 21 pouces avec juste quelques paragraphes en plein milieu…

Nous n’avons par ce souci sous iOS et, particulièrement, sur un iPad. En mode paysage, l’écran se retrouve coupé en deux :

  • en haut, la surface à remplir avec son texte, le début du rouleau de papyrus numérique…!
  • en bas le clavier tactile souhaité4
  • entre les deux, une barre additionnelle, une ligne de commandes (annulation, etc.) de part et d’autre de trois cases prédictives pour aider le rédacteur tant dans l’orthographe qu’en vitesse de saisie. Ces deux barres5 peuvent être masquées individuellement, elles ne sont pas obligatoires.

Du coup, nous sommes en face d’une page blanche numérique. C’est au rédacteur de commencer à saisir ses idées. Rien n’est fait pour le distraire…

Et à ce jeu là, nul besoin de balises, nul besoin d’affecter des styles au fur et à mesure. Ces outils de traitement de pur texte permettent accessoirement de régler quelques éléments de confort comme le choix de la typographie et sa taille6, l’ambiance de travail avec un fond nuit ou coloré.

Nous nous retrouvons comme sur un coin de table à raturer, à écrire au crayon de bois ou au stylo sur des feuilles de papier. Zéro distraction, pas la possibilité de commencer à contempler l’interface ou un détail d’une icône, de procrastiner…!

La balise, compromis rassurant !?

Entre cette saisie brute de fonderie et l’outil bureautique qui affiche le document fini, Markdown est un compromis agréable, qu’il soit servi ou non par une coloration syntaxique.

Revenons à Word qui reste un standard inégalé dans le monde de l’entreprise. L’auteur de ces lignes a profondément apprécié et utilisé Word, essentiellement pour son mode plan et pour ses formats style caractère.

Structurer son texte en niveaux de plan et marquer des portions précises de paragraphe avec de l’italique sont les clés d’un texte bien ordonné.

Or, que nous propose le balisage Markdown avec ses * ou # ?!

Bien de retrouver une gestion des niveaux ou de marquer un ensemble de mots dans un paragraphe…!

Bref, Markdown n’est pas l’adversaire de Word ou un dispositif diamétralement opposé mais son alter ego minimal7.
Opposer Word à Markdown me semble un non sens.

Retour aux racines…

Ben alors, si c’est pareil, pourquoi ne pas utiliser de suite Word ?!

Déjà, s’affranchir de l’emploi d’un outil unique est une chouette révolution. Saisir sous Ulysses ou Editorial, poursuivre dans Byword ou dans Syml sans se dire qu’il faudra convertir son texte au mieux à un moment donné. Une copie du texte ou un export au format texte et voici ce dernier dans un autre écrin sans perte aucune.

Ensuite, c’est s’offrir un cadre de travail adapté à la concentration en optant pour l’un de ces traitements de texte légers8. Or, côté concentration, je crois que l’on a pas trouvé mieux que la page blanche …ou l’écran gris…

C’est donc se concentrer sur son contenu et non sur sa décoration (sic…!), revenir aux fondamentaux.

Je mets un ensemble de mots en italique, j’insiste sur ce mot précis en le mettant en gras. Une astérisque, deux astérisques de part et d’autre l’indiquent.

Structurer son texte, c’est également intercaler dans son flux de texte des titres, des intertitres. Et leur attribuer des niveaux. Titre 2 ou titre 3, ## ou ###, idem.

Mais avec une différence notable, la typo du texte à la même valeur, nous ne sommes plus distraits par la joliesse de la police de caractère associée à chaque type de paragraphe, par les choix des attributs liés aux formats paragraphes. Seul le contenu ainsi que la structure de ce que nous saisissons a de l’importance.

Pour mémoire, quand vous écrivez de manière manuscrite, votre calligraphie ne varie pas et vous arrivez également à vous en sortir…!

En utilisant de tels outils d’écriture, nous ne nous arrêtons pas à la forme9 mais nous nous attachons enfin au fond10.

Écrire dans un fichier au format texte, hormis la légèreté du fichier (…même avec un tombereau d’astérisques…!), ce sont des exports plus rapides vers des espaces de sauvegardes (en local ou dans le nuage), des échanges sans s’arracher les cheveux vers d’autres plates-formes. Mais aussi la distribution du contenu dans la forme souhaitée et avec la mise en forme voulue.

Bref, à partir de ce fichier source au format .txt, exporter une version dans un format particulier (HTML, RTF, PDF, DOCX, ePUB…) en fonction des besoins de vos destinataires s’effectue en aval.

Vers une page blanche numérique…

Attends, cela fait cinq minutes que tu nous prêches, à nouveau, les bienfaits du balisage Markdown…! Tu abuses…

Concluons donc…!!

Si des outils légers de traitement de texte sans distraction nous permettent d’exporter dans divers formats utiles, il n’est pas totalement idiot de se poser une question : avons-nous réellement besoin de passer sous les fourches caudines de nos imposantes et puissantes usines bureautiques…?!

Pour assembler et structurer des idées, une feuille de papier ou le dos d’une enveloppe suffit parfois… pourquoi en serait-il différemment sur un écran…?

Enfin, si vous avez besoin d’un outil puissant pour structurer des idées, ce n’est ni Word ni un outil Markdown qu’il vous faut mais un outil heuristique11…!

Je l’ai écrit il y a quelques temps, je suis un mauvais père, je n’ai pas appris à ma fille à utiliser Word12. Du coup, au lieu de batailler avec une mise en pages improbable et des formats styles, elle se concentre sur son texte, sur ses idées, son analyse…

Sur son iPad, elle a adopté Ulysses (pour ses dissertations, ses cours) et Day One (pour son journal de bord). L’usage des balises Markdown ne la perturbe pas et, à l’issu de son travail, je reçois par Messages ou Mail ses fichiers .txt pour que je les imprime.

Bref, elle gagne du temps, de la concentration. Et moi, celui de disputer avec elle des parties acharnées de ping-pong…

À suivre…

Ici, une illustration dans iA Writer sous OSX.

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  • Ce texte démarré sur Ulysses sur l’iPad est arrivé sur iA Writer sous OSX. Ici la saisie texte avec un poil de balises Markdown.

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  • iA Writer permet de relire le texte mis en forme (…à choisir selon trois représentations) en segmentant l’écran…

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  • Ou plein écran…

Mais, pour finir, comme ce fichier est partagé dans DropBox, je peux l’ouvrir dans Editorial via mon iPad (ci-dessous).

Bref, seul le texte source compte et non l’éditeur de texte…

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  • Mode Plan…?! En Markdown, ça fonctionne aussi.

Au lieu d’enseigner à des mômes à utiliser comme de parfait(e)s secrétaires des outils bureautiques, si nous leur apprenions à réfléchir au contenu et non sur la forme…?

Note de fin : dois-je rappeler que ce texte est juste copié et collé dans mon blog — outil WEB qui comprend les balises Markdown — et le met en forme selon la CSS en vigueur ici…?! Puis, malgré deux/trois relectures, je pense avoir laissé des fautes dans le texte…! Tssss…!


  1. Au lieu et place du sempiternel “Too long; didn’t read” anglo-saxon (…terme apparu en 2003), j’ai fini par opter pour un franco-français “TG;ÀÉ” Totalement gonflant ; à éviter de mon invention…! ↩︎

  2. J’ai utilisé professionnellement, des années durant, des outils comme FrameMaker, PageMaker, XPress puis InDesign. Pas question de me moquer. Relire ce billet Tu es vieux et Markdown te passe au-dessus des oreilles ?! avec une approche un peu décalée… ↩︎

  3. Certes, dans nombre de cas, pour la rédaction d’un devis notamment, récupérer des briques, modules, clauses déjà écrites et mises en forme est indispensable. J’insiste bien sur cette phase en amont, la structure du document, sa rédaction. ↩︎

  4. clavier français mais aussi, sous iOS, le cyrillique si vous saisissez du Russe, etc. Claviers qui peuvent, lors d’une même saisie, se remplacer utilement pour orthographier des mots dans d’autres langues avec, bonheur, l’accès aux dictionnaires idoines… Mais je diverge… ↩︎

  5. La barre additionnelle peut être masquée sous Drafts 4 ⚑, Editorial ⚑, Ulysses ⚑. Idem pour la ligne des trois cases prédictives avec une modulation possible : la prédiction comme les raccourcis peuvent être masqués selon les envies du rédacteur. Qui dit mieux ?! ↩︎

  6. Certes, certains outils ne permettent pas de jouer sur la typo, je pense à iA Writer ⚑↩︎

  7. Sans vouloir enfoncer le clou immédiatement, rappelons que les outils Markdown exportent en .docx. Oui, au format propre à Word↩︎

  8. Pas si neutres que cela, chaque outil a sa personnalité. ↩︎

  9. On nous objectera que tout cela peut être fait dans Word en employant une feuille de style dépouillée. C’est juste, je l’ai fait naguère. Mais en restant dans un environnement surchargé aux multiples menus. C’est pour cela que je préfère mille fois écrire ce billet dans Ulysses pour iPad en Markdown avant de retrouver ce premier jet dans Editorial (et même masquer les niveaux… lire Pratique | Afficher le mode Plan d’un fichier dans Editorial). Ou le reprendre dans iA Writer ⚑ sur Mac. ↩︎

  10. Le premier produit sur Mac a avoir proposé cette alternative du texte plein écran, sans distraction, fut WriteRoom (relire ce billet de 2006 Prometteur WriteRoom, 10 ans déjà…). ↩︎

  11. Lire Mind Mapping, iThoughtsX et iThoughtsHD : iThoughtsX ⚑ (OSX) et iThoughts ⚑ (iOS)exportent aussi bien en .docx qu’en .txt avec du Markdown dedans, CQFD. ↩︎

  12. Lire Zut, j’ai appris Markdown à ma fille… D’autant plus grave (!) que j’ai commis une demi-douzaine d’ouvrages sur ce traitement de texte (chez PSI, Cédic Nathan, Armand-Colin) ↩︎

le 24/01/2016 à 07:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #