Ma vie est passionnante…
Je suis malheureusement doté d’une horloge interne qui m’amène à me réveiller tôt. C’est ballot…
Je ne sais si ce sont les oiseaux qui me réveillent mais j’ouvre les yeux et ma nuit est terminée ! Je cherche à tâtons ma paire d’yeux (!!) sur le petit escabeau en bois qui me sert de table de chevet, cale deux oreillers supplémentaires derrière ma tête et empoigne mon iPhone.
J’ai beau lire les infos anxiogènes de la nuit sur Twitter (…en mode sombre), au bout d’un moment, comme il m’est difficile de sommeiller, je décolle sans bruit et referme précautionneusement la porte de notre piaule.
Puis, dans notre pièce à vivre ouverte (cuisine, salon, salle à manger pour résumer), j’aime être seul pour préparer le petit déjeuner.
Déjà remonter d’un degré les radiateurs programmés à 16° la nuit, ouvrir doucement les volets de bois …sans les claquer.
Puis me concentrer sur cette opération indispensable qui consiste à vider …le lave-vaisselle…!

Regrouper les fourchettes, rapatrier sur la table les petites cuillères et deux couteaux, ranger le reste aux endroits habituels.
Repousser cet étage haut du lave-vaisselle pour atteindre celui des bols, coupelles, verres que je distribue sur les étagères en bois dans mon dos.
Puis finir par l’étage le plus bas où sont regroupées les grosses pièces (casseroles, faitouts…), les ranger à leur place habituelle en les empilant pour économiser l’espace.
Alors seulement, j’appareille la table du petit-déjeuner en puisant dans le réfrigérateur trois pots de confitures et le beurre salé. Puis j’approvisionne la cafetière électrique en filtre papier, café et eau fraîche.
Reste à ajouter nos médocs (deux vieux hypertendus qui le savent…!), sopalins.
J’attends alors que ma tribu se réveille et me rejoigne. Pendant ce temps, je tapote quelques lignes sur mon iPhone …dont ce billet.
C’est seulement quand ils arrivent en ordre dispersé que j’allume la cafetière pour qu’elle nous distille un robuste café.
Et bien, oui.
J’apprécie ce moment.
Comme je suis un angoissé hypocondriaque, je m’interroge…?!
Cette petite toux depuis hier, est-ce qu’elle traduit une nouvelle étape ?!
Bon, je vous fais grâce de mes états d’âme…!
Après le petit-déjeuner, pendant que ma compagne replace méthodiquement ce qui a servi dans le lave-vaisselle, je nettoie le poêle, vide les cendres et prépare le cœur du dispositif pour l’allumer tranquillement ce soir, en disposant petit bois en teepee et emballages en papier.
Et seulement après tout cela, je file m’habiller après une douche rapide.
Je vous avais prévenu : ma vie est passionnante !
Vivre sur une île, c’est s’habituer de facto au confinement.

Ceux qui viennent aux beaux jours ont tendance à l’oublier. Être retardé par une tempête leur est parfois donné comme une expérience ultime à vivre, le retour dans un ferry bousculé par des paquets de mer un terrible souvenir…
Mais quand c’est le quotidien, on vit avec, on s’organise pour supporter une rupture prolongée des liaisons maritimes ou des conditions climatiques …moins confortables, les deux généralement liées !
D’ailleurs, quand on quitte le continent, hormis un plein juste avant de traverser, on essaye de rentrer avec tout ce qu’il est facile de trouver en ville…! On part avec des listes de trucs parfois prosaïques, car, ici, pas d’Apple Store à proximité…!
L’an passé, pour arriver à temps en Espagne, nous sommes passés juste entre deux tempêtes bien velues ! Pas question d’oublier quoi que ce soit, pas de demi tour possible…
Idem cet hiver pour se retrouver confiné chez soi sous une pluie battante des jours durant.

Pendant ce temps là, la nature redémarre avec force.

Les oiseaux nous réveillent de bon matin, les insectes survolent à nouveau les prairies constellés de fleurs des champs, les fourmis se baladent (…vous l’avez vue dans le cliché précédent…?!), les petits lézards s’approchent sans crainte du promeneur qui repose ses jambes au soleil…
Quelques vues en partage de ce matin…
Les ficoïdes invasives sont en fleurs sur les parties les plus abritées, les ajoncs allument le feu…!!

Mais il suffit de regarder le long du chemin…

Voire, sur le chemin peu piétiné…

Avec l’interdiction de sortir plus d’une heure de chez soi et effectuer un parcours à 1000 mètres de chez soi limite bien entendu les possibilités de balades…

Je ne vais pas faire dans le lyrisme émerveillé et béat mais être présent à cette période est l’un des rares réconforts, sachant que, demain, tout peut s’arrêter.


Grâce au coronavirus (sic…!), nous pouvons certes approcher quotidiennement le rivage mais uniquement en empruntant des chemins vicinaux qui côtoient ce dernier.

NB : oui, j’ai ressorti le 100 Macro de mes tiroirs…
À suivre pour vous remonter le moral…
C’est peut-être le moment de reprendre la plume (…ou le Stylet), la période que nous traversons collectivement, mondialement est propice à l’introspection.
Dans mon cas, cela ne change pas grand chose à mon quotidien.
Néanmoins, selon l’humeur et la lumière de la journée, selon ce que j’ai envie d’écrire, je change littéralement …de place.
J’ai la chance de disposer de tas d’emplacements plus ou moins confortables — meme si restreints en surface — dans notre logement : entre …mon lit (…j’ai démarré ce billet dedans un soir, le iPad posé sur mes genoux avec Nebo et un pencil…!); un bureau dans la même pièce ; un pong dans le séjour (où je finalise ce billet).
Je peux me poser dans l’un des autres pong du séjour ou dans celui situé à quelques centimètres de la Box sur le palier. Voire dans un vieux fauteuil de cuir usagé, unique rescapé de notre lointain bureau de la rue du Mont-Thabor.
J’écris pour…
- partager des nouvelles avec notre fils resté à Paris ;
- échanger avec les copains souvent très éloignés (…merci internet);
- correspondre avec les plus âgés — ci et là — qui apprécient de recevoir un signe de vie, une photo.
- rédiger une chronique pour urbanbike…
- mais aussi pour coucher par écrit mes états d’âme qui peuvent, comme ici, se muer en billet…
Par contre, impossible pour le moment de me concentrer sur mes projets. Je pense que cela ne va pas durer, que je vais arriver à en dérouler un en particulier en mode “puzzle”.
Enfin, j’écris exclusivement sur des …écrans.
Pas de petit carnet d’une taille improbable, à la couverture retenue par un élastique (…même si j’en aperçois du coin de l’oeil), pas de stylo avec une couleur d’encre particulière…
Parfois au crayon de bois sur un bloc de feuilles détachables des plus communs …ou au recto d’une enveloppe, quelques notes…
Sur iPad, Nebo reste la manière — j’insiste : pour moi — la plus chouette de rédiger car je calligraphie à la main, au crayon numérique. Et ce, même si mon vieil iPad se décharge à vitesse grand V.
Mais, clairement, la machine à écrire la plus sollicitée reste mon …iPhone vu qu’il m’accompagne partout.
Cela ne sera pas une surprise pour vous lecteur de rappeler que j’écris essentiellement mes premiers jets sur Drafts.
D’ailleurs voila un projet que j’ai mis de coté, une série de billets sur cet outil pour une prise en mains progressive. Je teste en ce moment la version macOS sur le MacBook Air de ma fille et c’est épatant d’employer des scripts, des actions qui tournent sous iOS…! Sans oublier la synchronisation de mes notes.

Pour finir, je termine mes billets pour urbanbike dans iA Writer sous macOS. Et ce avant de les déverser dans ce blog.
Bref, en rédigeant ce texte et avant d’aller me dégourdir les jambes, cela me donne de l’énergie pour reprendre quelques bribes griffonnées, cesser de ne voir le monde qu’au travers du coronavirus.
À ce propos, je vous engage à lire ceci que j’ai retweeté d’ailleurs… “Nuestra misión ante el coronavirus es sobrevivir y no contagiar” | Sociedad | EL PAÍS
Millones de personas en cuarentena recurren a chats, memes, gifs, mensajes de Twitter y Facebook, pero el miembro de la simulación Mars 500 sugiere que lo más útil es escribir cartas o mails largos y recontactar a amigos y familia. En su caso, no tenían acceso a teléfonos ni Internet y se comunicaban solo a través de misivas que enviaban al psicólogo de la ESA y que él entregaba a su familia y amigos. “Escribir mensajes largos y cartas ayuda a reflexionar, a hacer introspección y permite un extra contacto humano pero más profundo que el que podemos tener hoy a través de Whatsapp”.
C’est bien pour cela que je retrouve ma meilleure capacité de concentration en utilisant un crayon, certes numérique, et en calligraphiant à la main, certes sur une feuille de papier infinie… j’ai un réel plaisir à dessiner mes mots, à écrire…
Avec en plus, l’épatante conversion de mon écriture manuscrite en caractères d’imprimerie à la fin…
Mais le principe est le même… En tous cas, au lieu d’écrire des petits messages sur les réseaux sociaux, déroulez vos réflexions, biffez, raturez, mais prenez le temps d’approfondir.
Puis expédiez vos longues missives (via le net ou par la poste) à vos amis et proches au lieu de poursuivre ces parties de ping-pong numériques dans WhatsApp ou Twitter. Qui ne laissent pas le temps de déployer certaines idées aussitôt trollées (…pour rire, certes) mais bien tuées sur le coup.
À suivre !