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…Tu sais que tu deviens vieux | 13

Quand tu as enterré tes deux parents

dans dans mon bocal | vieillir

Jeudi soir vers 23:00, mon père a lâché prise. Ce matin, en compagnie de deux amies, nous l’avons mis en terre.

Je lui dois d’avoir découvert que je ne savais ni lire ni écrire à la veille de mes neuf ans, trimballé d’un pays à l’autre et souvent en marge du système scolaire. De retour définitivement en France, c’est mon père qui lança les cours de rattrapage pour me permettre de rentrer à l’École Active de Saint-Cloud sous la houlette de Mademoiselle Houllier. Bref, même si cela fut parfois difficile, je suis heureux de l’avoir retrouvé ces dernières années.

Sa vie fut loin d’être banale…

Fils de modestes épiciers de la rue de Bourgogne à Orléans, il sorti Major de promotion de l’École des ingénieurs hydrauliciens de Grenoble en 1948 juste après guerre et fut immédiatement embauché par une entreprise — Soletanche — dans laquelle il resta toute sa vie professionnelle.

Après avoir bossé sur les barrages de Serre Ponçon, Aigue-blanche, Argentat, La Mure, il a accepté en 1953 de partir à l’étranger. Algérie (Sahara autour de Hassi Messaoud), Maroc puis Chief Engineer pour les travaux du barrage de Mission Dam Bridge River avec Karl von Terzaghi en British Columbia au Canada. Puis barrage du Bosque (Michoacán) au Mexique.

Bref, c’est ensuite sans sa famille qu’il est reparti. Tout d’abord au Brésil (métro de Sao Paulo), puis au Mexique (fondations de l’aciérie de Puerto Lázaro Cárdenas, Michoacán ; Chicoasen sur le río Grijalva, etc.).

Ensuite, dans l’ordre, Hong-Kong, Macao (mise au point de fondations sous-marines), Algérie, Réunion, Madagascar, Maroc, Irak, Cotonou, Dakar, Bangkok, Dubaï, Libye, Colombie (barrage de Sisga - Cundinamarca), Italie, Brésil, Mexique (barrage de Peñitas), Espagne, Congo, Argentine (travaux d’étanchement au barrage el Chocón Neuquén), Anglola, Australie, Hollande, Mozambique, Guyane Française avant d’intervenir sur le chantier de la digue de Saint Pardoux au nord de Limoges et prendre sa retraite.

Inutile de dire que je l’ai peu vu, gamin. Et encore moins dans ma vie d’adulte. Il partait pour une semaine et rentrait trois à cinq mois plus tard pour quelques jours avant de repartir…

Hormis parler 5 langues (…dont l’espagnol, CQFD), mon père fut l’inventeur (si, si…!) d’internet… en papier…! Comme tout l’intéressait, il compilait toutes les infos qu’il trouvait sur des sujets divers et variés qu’il entassait en mode joyeux bordel dans sa bibliothèque, un espace que lui seul maîtrisait sur le bout des doigts…!

Salut Jacques…!

le 26/11/2014 à 21:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #