Cela fait quelques années que je pratique avec ma fille une autre voie (sic…!) du ping-pong. Les tables en béton avec filet métallique disposées par la ville dans les espaces publics alentours nous permettent de nous y adonner par tous temps…!
Certes, il est parfois nécessaire de débarrasser leur surface des reliefs festifs de la soirée précédente (…comprendre emballages et récipients vides). Seules les bouteilles brisées à leur pied sont plus délicates à retirer car tranchantes. C’est d’autant plus stupide de les casser qu’une poubelle est à disposition à trois mètres de là !
Notre manière non orthodoxe, voire totalement rustique, de pratiquer le ping-pong — même si nous en respectons les principales règles — s’explique par les conditions climatiques et les lieux…!
Quand le vent agite la balle comme une carlingue d’avion en pleine tempête, sa réception est fort aléatoire. Aussi, qu’elle sorte directement ou rebondisse deux fois sur la table ne nous empêche nullement de la frapper à nouveau pour la remettre en jeu. Tant qu’il y a de l’élan !
D’où notre vocable de ping-ping-pong qui illustre l’aspect hasardeux des trajectoires des balles…
Avec le temps, nous sommes devenus, ma fille et moi, des maîtres (hihi…!) dans notre discipline, de véritables raquettes noires (ou rouges…!) de ce ping-ping-pong. D’ailleurs, ne sommes-nous pas devenus Miss Ping et Mister Pong…?!
Là, il manque un (très) gros coup de gong…!
Par + de 30° comme par -5°C sur une table verglacée, l’idée est de s’amuser, de dépenser, de continuer à échanger nos improbables balles (on vous a évité le improballes) tout en baladant l’adversaire d’un angle à un autre, en brossant la frappe… Car, que ce soit clair, on ne se fait pas de quartier…!

Notez que cela ne nous empêche pas de pratiquer également un ping-pong plus conventionnel. Et Aurelia de surprendre ses adversaires par ses retours… bûcheron…!
J’ai conservé de mon enfance le souvenir quelques visites hautement soporifiques de châteaux et lieux chargés d’histoire. En cause, un temps de visite qui me semblait excessif, des plages de silence à contempler sans explications dans des pièces peu eclairėes des meubles poussiéreux. Bref, le tout déclenchant un indicible ennui pour l’enfant que j’étais.
Sans oublier, pour l’essentiel, des guides exécrables qui récitaient sans passion ni conviction des textes approximatifs mâchonnés entre leurs dents.
Du coup, adulte, j’ai évité comme la peste de suivre un guide…! Désormais, je révise ce jugement sévère…
Explications…
Ces derniers temps, trois châteaux (Le Château Fort de Rambures, le Château de Bonaguil - Fumel et le Château de Losse), trois guides différents et trois réussites…!
À Rambures, une guide fort drôle, pétulante et délivrant nombre d’anecdotes sur les habitants passés du château, remettant au passage les pendules à l’heure sur les réelles techniques de défense d’un château fort.
À Losse, une guide toute aussi claire interrogeant les visiteurs adultes comme les enfants, les incitant à fournir des réponses et même leur demandant assistance pour l’ouverture d’un incroyable coffre à secrets. Nombre de beaux objets à Losse dont un portrait en cire du roi Henri IV.
Lors de ces deux visites, sourire, humour et expression parlée claire et fluide.

À Bonaguil, nous nous sommes tombés sur un archéologue professionnel, amoureux des langues. J’avoue que nous avons été totalement subjugués par sa prestation de deux heures, par les anecdotes à chaque fois assises sur des citations de textes (…celles sur la fameuse Margot qui soulevait moults fois le coude droit), une connaissance parfaite des techniques de construction des châteaux forts (Bonaguil est le dernier de ce type à avoir été construit juste au début de la renaissance, en se souvenant que le maître des lieux avait pourtant rencontré… Léonard de Vinci…!) et de restauration, etc.
Mais le plus intéressant porta sur l’historique des mots, il nous donna un véritable cours d’Étymologie qui nous passionna tous car festonné d’exemples liés aux lieux et pièces que nous visitions en sa compagnie.
Sans oublier des informations sur les dernières campagnes de fouilles effectuées dont les fameuses demi-lunes qui sauvèrent de la cécité le seigneur de Bonaguil, demi-lunes récemment trouvées puis analysées par un opticien. Ou la fameuse dînette pour enfants trouvée parmi les ordures du château.
Après cette visite (comme celle des deux autres châteaux), une vision plus affûtée du confort et de l’hygiène dans ces bâtisses et nombre d’idées reçues virées à la poubelle…!
Dans tous les cas, l’envie de rappeler à tous ceux qui enseignent que l’enthousiasme, le savoir précis, les anecdotes vraies, la capacité d’intéresser et de prendre à partie avec humour l’auditoire sont la meilleure manière de réussir un cours. Pardon, de rendre une visite instructive et passionnante. Et même, qui sait, de déclencher des vocations.
Cela me remet en mémoire mon vieux prof d’histoire, Monsieur G, qui, sans aucun effort, obtenait immédiatement le silence et l’attention des 45 gamins dont je faisais partie par sa fabuleuse capacité à nous raconter la petite comme la grande histoire. Il était passionnant et passionné.