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Tous éco citadins

Carine Mayo

dans bosser partout | dans mon bocal | lire | potager

On devrait ajouter un point d'interrogation après le titre car l'idée est bien de pousser les urbains à changer peu-à-peu leur manière de consommer comme de penser leur quotidien.

Pour ceux qui ont une sorte de double culture, celle de la ville mais aussi celle de la campagne, le passage vers une éco-citoyenneté ne semble pas trop compliqué. On se retrouve étonnamment à (re)faire les gestes de nos grands-parents.

Ne pas virer à la poubelle les déchets ménagers comme les épluchures. Et refaire bien d'autres petits gestes d'économie comme recycler l'eau de rinçage des salades pour arroser le jardin, etc. À l'époque, même les emballages n'étaient pas automatiquement virés à la benne.

Ça peut toujours servir…!

Et hop, tel flacon en verre était rincé et remisé dans la grange. Idem pour les ficelles et cordages. Il faut dire que mes grands-parents sortaient de la guerre et qu'ils en avaient vu des vertes et des pas mûres. La nouvelle abondance consommatrice ne les excitaient pas plus que cela d'autant qu'ils avaient des revenus modestes, ridicules même. Laurence, ma grand-mère a continué à travailler au marché d'Orléans deux fois par semaine à près de 75 ans après une vie de labeur.

Je me souviens que dans mon enfance, les épluchures étaient recyclées sur le tas de compost dans le jardin ou données aux lapins des voisins. Je me souviens que l'on mangeait essentiellement des légumes de saison. Je me souviens que lors de nos balades, on récupérait les pissenlits de bord de route qui finissaient le soir en salade avec de gros œufs durs des poules des amis paysans. Je me souviens des récupérations de fin de marché où les marchands liquidaient à bas prix les invendus, des fruits un peu tapés, des légumes passablement défraichis. Laurence remplissait sa Juva 4. Et mes grands parents retraitaient cette manne en urgence l'après-midi pour en faire des soupes appétissantes, des confitures épatantes. Voire même quelques bocaux pour les mois à venir.

Bref un souci de ne rien gâcher, de ne rien perdre que je trouvais surprenant en venant de la ville. Le papier journal, le bois des cagettes du marché, tout était recyclé pour alimenter le feu de la cuisinière à charbon sur laquelle mon grand-père Jules concoctait des plats éblouissants.

En ce temps là, les potagers dans les jardins étaient un bien précieux avec leurs légumes simples, les cloches et châssis en verre et quelques fruitiers qui donnaient des variétés certes peu raffinées mais avec une saveur que j'ai toujours en mémoire. Je me souviens que gamin, on aidait à porter les lourds arrosoirs en métal…

Tous éco citadins n'évoque pas exclusivement ce retour aux pratiques d'économie mais aussi à ceux d'une vie pétrie de bon sens. Bien sûr les déchets sont à retraiter, des systèmes de compost à mettre en place comme cela se dessine dans ma ville. Prendre en compte l'isolation de sa maison, penser à des gestes simples comme mettre un pull au lieu de monter le chauffage, imaginer des jardins collectifs, réapprendre à manger aux mômes (pas leur présenter que des briques de boissons panées et des frites…!). Ou aller à l'école à pied — pédibus comme dans mon quartier, en vélo ou en bus au lieu de prendre la voiture. Si cela est possible, CQFD.

Idem au niveau des entreprises, savoir utiliser les versos des photocopies ratées, recycler les emballages, acquérir des produits recyclés (voir mon billet sur ecoburo).

Bref, vous l'avez compris, ce livre présente un tas de pistes de réflexion, de conseils, de témoignages qui participent très souvent du domaine du bon sens, notion de plus en plus en déclin malheureusement, raconte une tripotée d'actions, d'expériences sur le terrain en France, par le bais de petites associations ou, carrément, au niveau des communes.

Alors, si vous avez envie d'avoir une bonne idée des possibles pour votre propre vie, des opérations à monter sans que cela soit rapidement insurmontable, la lecture de cet ouvrage est une bonne introduction pour se lancer et devenir, à terme, un éco citadin…




Tous éco citadins
Pédibus; cantine bio, compost de quartier…
Carine Mayo
Terre vivante
9782360980017 | 18 € | 160 pages



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le 27/09/2010 à 07:50 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Substrate pour iPhone

Pour le plaisir des yeux

dans voir

Une iApp inutile et gratuite, Substrate (lien iTunes), et pourtant, assez poétique…

J'ai fait pivoter les vues de 90° pour que cela ne prenne pas trop de place. Nombre de choses sont paramétrables dont la vitesse d'exécution…

Exemples de séquences…

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Une autre plus fouillée…

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On peut jouer sur plus de courbes, moins de courbes, les valeurs de remplissage…

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Rester minimaliste…

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Bref, une iApp reposante et artistique…

Voir le site du développeur…

le 26/09/2010 à 21:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Quitter Saïgon | Mémoires de Viet Kieu

Clément Baloup

dans ancres | lire

Bouquin assez pudique avec quatre tranches de vraie vie. Rien à voir avec des aventures factices, scénarisées à la koh-lanta… Si, un seul point : ironie grinçante de l'histoire, la dernière mouture (je l'ai découvert en écrivant ce billet) se déroule au Vietnam

Tout le monde a encore en mémoire — je parle pour les plus vieux…! — le Vietnam des années soixante, le départ en catastrophe des derniers hélicoptères américains de Saïgon juste avant l'arrivée des troupes de libération. On se souvient toujours des images fortes de ces gamins à moitiés nus après un bombardement au napalm. On oublie trop souvent ce qui se déroula après le retrait dans la hâte des troupes américaines.

Voici quatre petites histoires illustrées qui jettent un coup de projecteur tant sur l'occupation Japonaise que sur la période post-guerre du Vietnam ou occupation française, expliquant du coup pourquoi on trouve une communauté aussi forte et soudée en dehors de ce pays.

C'est l'occasion de rappeler que si ce pays est devenu ces dernières années une destination touristique prisée pour sa fameuse baie d'Halong, il s'est joué des drames individuels terribles que l'opinion européenne n'a pas toujours compris.

Certes, quelques intellectuels ont milité pour venir en aide aux boat-poeple mais sans trop savoir quelle était le nombre réel de personnes qui cherchaient à fuir le nouveau régime en place à Hanoï…

Sans remettre de l'huile sur le feu, cette bande dessinée est un moyen assez efficace de revenir sur les trajectoires de Viet Kieu, les membres de la diaspora vietnamienne… Des trajectoires à des époques différentes remplissent ce premier volume.

Pour ma part, j'ai été sensibilisé bien après coup en discutant peu à peu avec un garçon que j'avais embauché comme graphiste. Comme nombre de réfugiés, ce n'était pas simple de parler de ce qu'il avait vécu avec sa famille. Dans l'épopée de ce jeune gars, je retiens principalement l'image formidable de sa mère que j'ai rencontré et qui leur a permis de s'en tirer. Car pour se sortir de cette situation, il lui a fallu avant tout beaucoup de ténacité pour fuir enfin en bateau avec ses mômes.

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Par contre, je pense qu'il est très difficile de (se) raconter quand on a vécu une telle situation. Trop de pièces du puzzle restent incompréhensibles voire imperméables à ceux qui étaient en dehors.

Comment expliquer la propagande, la faim, les tentatives de départ avortées, les amis qui ont échoué et qui en sont morts, la peur de la dénonciation, la morgue et le cynisme des passeurs, la fragilité des embarcations, les jours de dérive, la soif, la peur plus que légitime des pirates, l'interception par les navires militaires et l'entassement dans des camps. Puis, enfin, l'arrivée en France avec tout à reconstruire.

Même incapacité/refus/non désir de raconter ces épreuves que les survivants des camps à leur retour de captivité en 45. Le passage par la bande dessinée est une manière assez belle de brosser ces trajectoires individuelles ou collectives. À chacun selon sa sensibilité de remplir les espaces, les non-dits et d'imaginer l'inimaginable.

Bref, quatre petites histoires bouleversantes. À faire lire par ceux qui n'ont qu'une assez vaque idée du monde de ces années là…


Quitter Saïgon
Mémoires de Viet Kieu | Volume 1
Clément Baloup
La boîte à bulles
9782849531051 | 16 €



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Note : il se peut que le livre soit noté comme indisponible, soucis et mystères de l'informatique. Cela devrait être rétabli en début de semaine.

le 26/09/2010 à 08:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #