Urbanbike

Index |
ou détaillée | Fil RSS | ATOM

En attendant l’iPad | 2

Lutter contre l'ennui, première utilité

dans dans mon bocal | groummphh

Hier, je me suis un peu lâché à propos de l'iPad et je remercie tous ceux qui m'ont expédié un petit courriel et ceux qui ont poursuivi la conversation sur FaceBook (eh oui, de temps à autre, je cite un billet d'urbanbike sur ce support).

Comme j'avais évoqué l'idée d'un usage de l'iPad à l'hôpital, j'ai posé la question directement à des infirmières et des internes du service de réanimation où je me rends quotidiennement depuis une semaine. Et là, comme quoi, cette idée rejoint les préoccupations des soignants. Il faut comprendre qu'être attaché à son lit, câblé de tous côtés mais conscient n'est pas une situation amusante. Et que l'ennui comme les pensées sombres sont majoritaires. Ce n'est pas le passage de l'infirmier pour réajuster la machine à respirer ou le changement de perfusion qui remplit la grande solitude de l'hospitalisé. Hormis la visite des proches, c'est le désert des tartares.

20100318-IMG_0999_ub.jpg

Déjà, j'ai appris qu'il était possible de venir avec une radio pour remplir le silence de la chambre. Enfin, silence bien relatif, tant les alertes retentissent dès qu'il y a le moindre incident décelée par une sonde. Mais quand on est intubé et lucide, sans connaissance aucune du morse (!!), communiquer en hochant la tête ou clignant des yeux est épuisant dès lors que le visiteur de passage n'est pas apte à lire les signes malhabilement tracés sur le drap par la seule main valide.

Du coup, ces services s'interrogent sur l'utilité d'une télévision ou d'un dispositif individuel de radio mais aussi sur l'idée de déployer du wifi. Et c'est là où un simple iPad accroché par un bras articulé au montant du lit peut servir — sous conditions — à communiquer via un simple traitement de texte.

Je pense bien entendu à WriteRoom qui permet de jouer sur la taille des caractères et sur le contraste du fond de page. Ou encore à Tiki'Notes pour son système de complétions.

Certes, le premier est le plus adapté car ne nécessitant aucun apprentissage et affichant un clavier complet mais la philiosophie du second permet de réduire le nombre de caractères à saisir. Bien entendu, ce dispositif servirait essentiellement à poser aux questions à ses proches. Pour les plus aguerris d'entre-nous et, à condition de se souvenir de ses codes, on pourrait imaginer des échanges courriel ou des surf sur internet.

Avec la possibilité de grossir le contenu, le poids léger, l'absence de clavier et de souris, le fait de juste tapoter (à condition de bien viser), l'iPad comme échappatoire. Il faudrait bien entendu que le personnel de santé sache intervenir au minimum pour adapter cette tablette au cas par cas. C'est le seul point qui ne m'inquiète pas.

Bref, je reste convaincu que des iApp ad-hoc seront un jour disponibles sur un iPad avec une interface minimaliste pour répondre à des taches simples mais au combien importantes quand on se morfond dans un lit d'hosto toute la sainte journée.

À suivre.

le 19/03/2010 à 09:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

En attendant l’iPad

Inutile ? Vive les trucs inutiles…

dans dans mon bocal | groummphh

Souvent, sur certains excellents sites francophones, le meilleur se trouve dans les commentaires.…! Un endroit où, protégé par un anonymat de bon aloi, tout le monde peut y aller de sa remarque perfide. Et la cible en ce moment est Apple qui ne comprendrait plus ses utilisateurs historiques. L'autre cible est ce machin bizarre qui n'a pas de caméra vidéo embarquée, un truc tout plat nommé iPad.

Ils sont nombreux à se lamenter de ne pas avoir eu de nouvelles annonces matérielles de la part d'Apple. À croire que les processeurs actuels embarqués ne permettraient pas même de travailler correctement, que les produits vendus ne seraient pas/plus à la hauteur des exigences minimales réclamées par ces vrais travailleurs numériques, qu'Apple perdrait son temps à lancer ce concept minable de tablette que tous ces experts auto-proclamés déchiquettent à belles dents…!

Bref, Apple est accusé de tous les maux. Brouille avec le gentil Google — qui ne fait pas le mal, accords contre nature possibles avec Microsoft — le mal absolu, CQFD. Pire, Apple gagnerait de l'argent, trop d'argent en nous vendant ces machines.

J'avoue que je suis troublé par la naïveté sans bornes qui suinte de ces commentaires. Apple est une société commerciale au même titre que Google ou Microsoft. Une seule différence, Apple ne verse pas de dividendes et utilise l'argent ainsi capitalisé pour procéder à des acquisitions ou, mieux, à financer sa recherche et développement.

Mais ce n'est pas cela qui me surprend, ce sont avant tout les avis éclairés de personnes qui ne voient le monde que par le filtre de leur petite lorgnette personnelle… Alors, oui, ils ont tous raison ponctuellement dès lors qu'ils n'évoquent que leur situation. Machines pas assez puissantes, pourquoi pas ; soucis techniques patents sur le dernier iMac, oui ; attente d'une nouvelle version d'OSX, oui ; attente d'une nouvelle génération de portables ou de stations de travail, oui également.

De fait, ces remarques de bon sens n'ont cours que dans le monde douillet de l'informatique que nous pratiquons depuis plus de 25 ans avec un doublement régulier de puissance tous les "n" mois et baisse régulière des prix.

Et, bien entendu, l'arrivée de l'iPad qui retarde la livraison de nouvelles machines pros attendues comme le messie agace quand elle n'est pas source de commentaires surprenants comme peut être qu'Apple va cesser de s'égarer dans des gammes comme l'iPad pour se concentrer sur des Vrais ordinateurs.

J'ai lu ceci ce matin et c'est pourquoi je réagis à chaud. C'est quoi un vrai ordinateur…?!

J'utilise des machines pommées depuis 1984 et j'ai toujours eu de vrais ordinateurs pour travailler et gagner ma vie. Mon dernier G5 — même s'il met un temps époustrouillant à démarrer — reste un vrai ordinateur avec une stabilité exceptionnelle. Et même si je suis passé à un Mac Book Pro, je sais que je peux compter chez lui en cas de souci et que je risque juste de passer un peu plus de temps devant son écran dès lors que je lui demande des opérations complexes sur des images.

Mais pour le reste, quelque que soit la machine, l'élément le plus lent, c'est moi.
Quand je saisis ce texte, peu importe la vitesse du processeur, ce sont mes deux doigts qui se déplacent sur le clavier (eh oui, j'avoue ma dactylo d'escargot) qui sont le maillon faible…!

Bref, la puissance, j'en ai besoin souvent mais pas tout le temps. J'ai nettoyé mon vieux titanium alu pour ma fille et lancé quelques applications dont une antique suite CS pour voir. Pendant plus de trois années, j'ai gagné ma vie de graphiste avec cette machine et c'est toujours possible quoi qu'en disent ces experts.

Mais je m'égare.
Ce sont les attaques contre le iPad qui m'agacent prodigieusement. Ce produit n'est pas encore disponible et déjà ce serait un truc inutile.

Bon, je recommande à ces enfant gâtés et déçus de sortir un peu de leur univers. Je passe pas mal de temps en ce moment dans dans des services hospitaliers, des endroits rigolos comme des UHCD, des services cardio ou, encore plus fun, des services de réa. Bon, quand on est intubé et connecté à des machines en mode survie, la question n'est plus de savoir si l'on va utiliser — ou non — un vrai ordinateur mais juste si l'œdème du larynx causé par les tuyaux va se résorber comme l'œdème pulmonaire, si on va simplement s'en sortir, respirer, relancer ses fonctions vitales au lieu que ce soit le respirateur — sous Windows — qui bosse.

Hier, ma génitrice, redevenue consciente, a essayé de communiquer avec nous. Comme son cerveau fonctionne à vitesse grand "v", elle souhaitait comprendre comment et depuis combien de temps elle était ainsi câblée de tous côtés. Et nous a dessiné lettre à lettre sur son drap ses questions pour que nous puissions lui répondre. Tiens, j'aurais bien aimé ce truc inutile qui afficherait en grande taille un clavier succinct et l'enchainement de lettres formant alors sa question.

Hier, j'aurais aimé passer un faux ordinateur à mon père frappé par la maladie d'Alzeihmer mais aux fonctions cognitives en hausse grâce à un régime et des médicaments efficaces. Tapoter sur des mots clés et lire au calme des réponses issues de Wikipédia serait d'un meilleur secours à sa mémoire que les émissions de télé-réalité ou la "nième" diffusion d'un épisode d'une série de l'inspecteur Derrick.

Bref, mon sentiment est que beaucoup trop d'utilisateurs réagissent exclusivement par rapport à leur monde, leurs usages, comme s'ils n'étaient capables que d'une pensée ethnocentrique dès que l'on évoque l'informatique avec un grand "I".

Aussi, je leur souhaite de comprendre enfin qu'Apple ne fera plus des machines destinées exclusivement à leur usage. Mieux encore, qu'avec ce iPad, Apple nous propose une sacrée rupture, des produits à vocation nettement plus domestiques. Et à l'usage de tous. Bref, peut être une nouvelle génération de vrais ordinateurs pour tous…!

Ma question en retour est celle-ci, est-ce le pour tous qui dérange ?!

Allez, je m'interromps ici, pas mal de boulot en retard ce matin à réaliser sur mon Mac poussif qui date, horreur, de quatre mois — autant dire dépassé…!

20100316-IMG_0989_ub.jpg

NB : je me relis ce soir… Là, c'est du "brut de fonderie"…

le 18/03/2010 à 08:50 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Les raisons du doute | polar

Gianrico Carofiglio

dans ancres | lire

Je suis client de l'excellent Andrea Camilleri et du commissaire Montalbano. J'en ai lu pas mal avec la même gourmandise en me disant qu'il était difficile d'égaler le talent de Camilleri. Erreur, Gianrico Carofiglio met ici en scène un avocat — Guido Guerrieri — un peu paumé mais très humain. Et la magie opère vite. Je me suis retrouvé au milieu de la nuit à prendre la décision de dormir tout de même un minimum, porté par l'écriture et l'intrigue.

Son héros se balade à vélo dans Bari et assiste des délinquants sans pour autant être dupe de leurs agissements. Sauf que l'on est pas dans une ville ordinaire.

Bari, est en face de Bar, de l'autre côté de l'Adriatique, une ville pas trop loin de l'Albanie. Je me souviens, gamin, être passé ainsi en ferry de l'ex. Yougoslavie en Italie pour accompagner mes parents lors de vacances d'été.


Agrandir le plan

Or, dans l'histoire décrite, cette traversée est aussi celle de tous les trafics. Le client que doit défendre Guerrieri s'est fait pincer avec de la drogue dans sa voiture. Sauf qu'il revenait de vacances avec sa femme et sa fille.

Opération camouflée qui a flanchée ou réel passage de stupéfiants à son insu…? On est pas dans la violence décrite dans Gomorra mais dans un jeu étrange où certains membres de la justice ont — comme c'est étrange — des liens étroits avec les organisations qu'elles sont censées combattre. Si tout ceci vous semble totalement incroyable, je vous engage à lire les derniers billets du blog de Jean-Marie Le Ray, cela laisse pourtant peu de doutes. Et un point de vue qui en vaut d'autres.
La suite est à découvrir dans ce polar que je trouve très attachant.
Ambiance.
Il faisait un froid de loup à Foggia ce matin-là, et il fut donc très agréable de pénétrer dans le restaurant bien chauffé et plein de bonnes odeurs. Colaianni était déjà là, assis à une table en compagnie de deux individus à l'air peu recommandable : les policiers de son escorte.
Nous nous étreignîmes, échangeâmes les politesses habituelles de lycéens d'un certain âge. Sans un mot, les deux membres de l'escorte se levèrent et prirent place à une autre table, près de l'entrée.
« Depuis combien de temps vis-tu à Rome ?
- Depuis trop longtemps. J'en ai plein les bottes. En particulier, j'en ai plein les bottes du boulot de l'anti-Mafia. Nous passons notre temps à arrêter trafiquants et dealers, à dépenser des centaines de milliers d'euros en écoutes téléphoniques, à interroger des repentis, ou des pseudo-repentis, et rien ne change. Je devrais me trouver un travail honnête. »
Voilà, pensai-je, c'est exactement ce que je me suis dit il y a quelques jours en sortant de la prison. Nous étions les meilleurs représentants d'une génération en plein succès professionnel.
Je gardai ces réflexions pour moi, et il poursuivit. Il avait brusquement abandonné le ton de la plaisanterie pour celui d'une amertume que je n'aurais jamais soupçonnée chez lui.
Contrairement à moi, il avait toujours nourri des passions et surtout des certitudes.

Bon, je vous laisse, j'ai encore une centaine de pages à lire…

Les raisons du doute
Gianrico Carofiglio
Traduction de l'italien par Nathalie Bauer
Seuil Policiers
9782021000092 | 19,50 €



20100316-IMG_0994_ub.jpg


Note : j'ai terminé le 18 mars aux petites heures ce polar. C'est encore mieux que je le pensais pour des tas de raisons dont une concentration très chouette sur les émois intérieurs de l'avocat Guido Guerrieri (et beaucoup de pudeur, l'auteur ne cède pas à des facilités qui auraient dopé les ventes !), une excellente démonstration du boulot d'avocat, de la manière dont la justice se "joue" en Italie — avec ici un côté rassurant, pas encore "tous pourris".

Bref, je persiste et je signe : à lire…

le 17/03/2010 à 08:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #