[…] Ce billet a été rédigé/dessiné/illustré naguère par Lukino […]
En sortant de l’Old Post Office, tournez à gauche. Quelques mètres plus loin, de l’autre côté de l’avenue, vous tomberez sur une grande place circulaire.
The Lone Sailor, le bronze romantique de Stanly Bleifeld, réalisé en 1987. A taille humaine, sans socle, il attend d’embarquer avec son barda. Devant lui, à ses pieds, une mappemonde géante des océans gravée sur du granit, qu’on peut admirer dans son intégralité grâce au satellite.
Au sud de la mappemonde, deux murets sont tapissés de bas-reliefs étonnants, réalisés par différents artistes. Très inspirés par l’esthétique des comics, certains sont d’un dynamisme saisissant. En voici une petite sélection personnelle.
That’s all folks…
(Si vous insistez, j’ai encore en magasin quelques images de la statuaire éclectique washingtonnienne…)
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A la différence des autres grandes villes américaine (mais elle n’est pas si grande, 600 000 habitants seulement), Washington est horizontale. Pas de gratte-ciels, rien ne dépasse la hauteur du Capitole (à part le Washington Monument). Elle donne une impression d’espace et de sérénité, sans doute propice à la réflexion politique… Conçue par un architecte français, Pierre Charles L’Enfant, engagé auprès de Georges Washington durant la guerre d’Indépendance, sa structure orthogonale est traversée par des diagonales régulières, et de nombreux espaces verts participent à l’agrément de la cité.
La conséquence de cette horizontalité est qu’on a pas besoin de monter bien haut pour dominer la ville. Les 80 m de l’Old Post Office suffisent à obtenir de beaux points de vue sur les environs.
Bâti à la fin du 19 ème siècle dans le style Romanesque Revival, il a été démodé avant même d’être achevé. L’époque était au style Beaux-Arts, popularisé par la World’s Columbian Exposition de Chicago. Mais c’est le premier édifice de Washington construit sur la structure métallique des gratte-ciels.
Il n’a fonctionné comme bureau de poste qu’une trentaine d’année, et n’a dû son salut qu’au manque de crédit pour sa destruction pendant la grande dépression. Et son intérêt architectural a été finalement reconnu en 1973, où il a intégré le patrimoine historique américain.
Mais entrez, je vous en prie.
Du sommet de la tour, on aperçoit le Capitole au bout de Pensylvania Avenue. A gauche, l’immeuble brutalist du FBI.
Les bâtiments de l’agence de protection environnementale américaine, devant le Washington Monument.
En attendant d’être transformé en hôtel, il abrite de nombreuses boutiques de souvenirs et petits restaurants sympas (l’Indien est pas mal du tout), où les employés du coin viennent prendre leur pause-déjeuner. Ils se mêlent aux touristes, américains ou étrangers, attirés par la visite du clocher et du vieux bureau de poste conservé dans le formol au rez-de-chaussée.
Parmi eux, des jeunes amish (ou bien des mennonites, qui portent la même coiffe… Des anabaptistes quoi qu’il en soit—merci Wikipédia), cédant aux sirènes du fast food moderne.
Fin de la pause-déjeuner, et coup d’œil sur le mémorial (encore !) de la Navy, tout proche. Mais c’est pour demain dans UB…
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Le mémorial dédié à Franklin Delanoe Roosevelt est un vaste espace de 30 hectares, divisé en quatre parties — une pour chacun de ses mandats. Le concept est plus large qu’un simple monument à la gloire de l’ancien président, puisqu’il évoque à la fois l’action de celui-ci mais aussi la difficile période qu’il a eu à gérer, la Grande dépression.
C’est un lieu composite, constitué de cascades, bassins, sculptures de pierres et de bronze. Plusieurs artistes ont contribué à l’œuvre finale, conçue par un architecte paysagiste, Lawrence Halprin.
Roosevelt y est présent deux fois : la première statue, lorsqu’on arrive du Mall, le représente sur sa chaise roulante : elle a été ajoutée en 2001, 4 ans après l’inauguration du mémorial. C’est la National Organization on Disability qui l’a commandée, car elle a jugé que le handicap du président était dissimulé sur l’autre statue.
John est un vétéran du Vietnam, venu participer à la commémoration évoquée avant-hier. Comme beaucoup d’américains, il entretient un rapport familier et amical avec l’ancien Président. Nous échangeons quelques propos chaleureux sur l’amitié et la solidarité entre nos deux pays, et nous quittons bons amis.
Voici la première sculpture de Roosevelt, dont la cape dissimule le fauteuil. Fallait-il masquer son handicap, qui aurait pu être interprété comme un signe de faiblesse, ou le mettre en avant, au risque d’en faire un héros du fait de son infirmité ? La polémique a duré des années…
Remarquez le doigt brillant, signe que les visiteurs le touchent en passant. Ça me rappelle la statue du saint local de Naples, Giuseppe Moscati, dont je vous avais parlé ici.
Le petit chien de FDR a eu droit lui aussi à son bronze, et manifestement, ce sont les oreilles qui ont le plus de succès.
On peut accéder au mémorial par le Tidal Basin.
Les sculptures de Georges Segal sur la grande dépression. On a vu plus jovial, mais bon, il traite le sujet.
Les bas-reliefs sont assez étonnants. Le site a été pensé pour toutes les formes de handicaps, et des lignes en braille ont été apposées sur les parois des “salles” à destination des aveugles (des grands aveugles, elles sont parfois à 2 m 50 du sol…).
On en reste là pour les memorials du Mall (impasse sur Jefferson), et on rentre dans la ville demain.