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Bien habiter la ville | livre

Sous la direction d'Ariella Masboungi

dans ancres | architecture | bosser partout | dans mon bocal | lire

Pour information, la semaine prochaine a lieu le salon de la photo à Paris (du 4 au 8 novembre) et je réserve quelques chroniques ad hoc pour cette période. J'ai fini l'excellent Après la démocratie d'Emmanuel Todd, livre que j'avais égaré dans mes piles.

À défaut, j'ai feuilleté dans tous les coins un livre paru au Moniteur, Bien habiter la ville. Ce dernier met le doigt sur ce qui fait souvent mal, le logement…! Pas la peine de pondre de grands projets d'urbanisme, se targuer d'opérations décoiffantes si c'est pour y empiler de l'habitat répétitif et sans âme.

À défaut de vendre de la surface, autant agrémenter cette dernière d'un gros supplément de qualité et faire en sorte que loger en ville ne soit pas vivre dans un trou cerné par du béton, de l'asphalte et trois plantes vertes symbolisant la nature.

Nombre d'expériences urbaines européennes sont montrées dans ce livre dont les réflexions conduites en Allemagne, le retour à ma mixité, à une vie en ville tant pour les seniors qui ont de plus en plus besoin de services à la personne que par une population nettement plus jeune qui souhaite travailler chez soi. Certes, cela a parfois été une opération opportuniste car les loyers dans le centre de Berlin, Dresde, Leipzig sont assez bas.

Pas mal d'opérations conduites par des architectes comme Alexandre Chemetoff, Bernard Bühler, Nicolas Michelin — et bien d'autres, trop nombreux pour être tous cités — sont également commentées par leurs auteurs, des opérations d'ampleurs fort différentes qui vont de la réutilisation de chais dans le quartier des Chartons à Bordeaux à la réalisation de superbes maisons longères et patio à Blanquefort.

Bref, un ouvrage richement illustré qui donne un excellent éclairage sur la problématique du Bien habiter la ville tout en respectant des notions comme celles de voisinage, d'ancrage, de sociabilisation et, loin d'être une tarte à la crème même si mise à toutes les sauces, de développement durable…!




Bien habiter la ville
Sous la direction d'Ariella Masboungi
Collection projet urbain
Éditions du Moniteur
9782281194791 | 39 € pour 176 pages en quadri.



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NB : rien à voir…! (Re)découvert à l'instant une opération sur le web nommée Golden Blog Awards Paris. En gros, il s'agit de promouvoir des blogs classés selon un certain nombre de thématiques avec désignation des heureux gagnants mi-novembre. Si vous tenez un blog depuis plus de 6 mois, cela peut certainement vous intéresser.
Je précise qu'urbanbike ne s'est pas, ne souhaite pas être inscrit.

le 26/10/2010 à 09:45 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Tous éco citadins

Carine Mayo

dans bosser partout | dans mon bocal | lire | potager

On devrait ajouter un point d'interrogation après le titre car l'idée est bien de pousser les urbains à changer peu-à-peu leur manière de consommer comme de penser leur quotidien.

Pour ceux qui ont une sorte de double culture, celle de la ville mais aussi celle de la campagne, le passage vers une éco-citoyenneté ne semble pas trop compliqué. On se retrouve étonnamment à (re)faire les gestes de nos grands-parents.

Ne pas virer à la poubelle les déchets ménagers comme les épluchures. Et refaire bien d'autres petits gestes d'économie comme recycler l'eau de rinçage des salades pour arroser le jardin, etc. À l'époque, même les emballages n'étaient pas automatiquement virés à la benne.

Ça peut toujours servir…!

Et hop, tel flacon en verre était rincé et remisé dans la grange. Idem pour les ficelles et cordages. Il faut dire que mes grands-parents sortaient de la guerre et qu'ils en avaient vu des vertes et des pas mûres. La nouvelle abondance consommatrice ne les excitaient pas plus que cela d'autant qu'ils avaient des revenus modestes, ridicules même. Laurence, ma grand-mère a continué à travailler au marché d'Orléans deux fois par semaine à près de 75 ans après une vie de labeur.

Je me souviens que dans mon enfance, les épluchures étaient recyclées sur le tas de compost dans le jardin ou données aux lapins des voisins. Je me souviens que l'on mangeait essentiellement des légumes de saison. Je me souviens que lors de nos balades, on récupérait les pissenlits de bord de route qui finissaient le soir en salade avec de gros œufs durs des poules des amis paysans. Je me souviens des récupérations de fin de marché où les marchands liquidaient à bas prix les invendus, des fruits un peu tapés, des légumes passablement défraichis. Laurence remplissait sa Juva 4. Et mes grands parents retraitaient cette manne en urgence l'après-midi pour en faire des soupes appétissantes, des confitures épatantes. Voire même quelques bocaux pour les mois à venir.

Bref un souci de ne rien gâcher, de ne rien perdre que je trouvais surprenant en venant de la ville. Le papier journal, le bois des cagettes du marché, tout était recyclé pour alimenter le feu de la cuisinière à charbon sur laquelle mon grand-père Jules concoctait des plats éblouissants.

En ce temps là, les potagers dans les jardins étaient un bien précieux avec leurs légumes simples, les cloches et châssis en verre et quelques fruitiers qui donnaient des variétés certes peu raffinées mais avec une saveur que j'ai toujours en mémoire. Je me souviens que gamin, on aidait à porter les lourds arrosoirs en métal…

Tous éco citadins n'évoque pas exclusivement ce retour aux pratiques d'économie mais aussi à ceux d'une vie pétrie de bon sens. Bien sûr les déchets sont à retraiter, des systèmes de compost à mettre en place comme cela se dessine dans ma ville. Prendre en compte l'isolation de sa maison, penser à des gestes simples comme mettre un pull au lieu de monter le chauffage, imaginer des jardins collectifs, réapprendre à manger aux mômes (pas leur présenter que des briques de boissons panées et des frites…!). Ou aller à l'école à pied — pédibus comme dans mon quartier, en vélo ou en bus au lieu de prendre la voiture. Si cela est possible, CQFD.

Idem au niveau des entreprises, savoir utiliser les versos des photocopies ratées, recycler les emballages, acquérir des produits recyclés (voir mon billet sur ecoburo).

Bref, vous l'avez compris, ce livre présente un tas de pistes de réflexion, de conseils, de témoignages qui participent très souvent du domaine du bon sens, notion de plus en plus en déclin malheureusement, raconte une tripotée d'actions, d'expériences sur le terrain en France, par le bais de petites associations ou, carrément, au niveau des communes.

Alors, si vous avez envie d'avoir une bonne idée des possibles pour votre propre vie, des opérations à monter sans que cela soit rapidement insurmontable, la lecture de cet ouvrage est une bonne introduction pour se lancer et devenir, à terme, un éco citadin…




Tous éco citadins
Pédibus; cantine bio, compost de quartier…
Carine Mayo
Terre vivante
9782360980017 | 18 € | 160 pages



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le 27/09/2010 à 07:50 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Coworking ou bosser en réseau…?

Indépendants et regroupés

dans bosser partout

C'est un peu la nouvelle tendance dans le landerneau des travailleurs à domicile, cela se nomme Coworking… L'idée n'est pas neuve et a le mérite de proposer à des indépendants qui n'arrivent à bosser seuls et/ou qui démarrent leur nouvelle activité une option de (sur)vie sympathique. Elle consiste à leur proposer de se regrouper dans un même lieu et partager à la fois la bonne (ou mauvaise…!) humeur de ses petits camarades tout en mutualisant les ressources (internet, etc.). Voir plus si affinités…!

Cette tendance au regroupement s'explique assez aisément, le besoin de se serrer les coudes est légitime dans un environnement qui n'est pas des plus faciles, reconnaissons-le. De plus, c'est une manière d'appréhender ce statut en se formant auprès d'autres professionnels déjà en exercice.

Sur le papier, ce dispositif présente plein d'avantages.
Ici dans le désordre et en résumé…

  • Vaincre l'isolement qui peut parfois gagner les nouveaux arrivants. Entre ceux déboussolés par l'absence de collègues avec qui échanger en buvant un café, comprendre comment fonctionne cet univers où l'on doit, de facto, tout faire… Et donc apprendre au contact de ses pairs…

  • Permettre des collaborations professionnelles astucieuses dans des missions nécessitant plusieurs compétences supposées, des synergies…

  • Réduire le coût du loyer dans la mesure où, si l'on ne travaille pas chez soi, opter pour un bureau extérieur à un prix…

  • Optimiser les besoins matériels et leurs coûts qui sont généralement ceux d'une bonne connexion et du téléphone, voir d'un fax, d'une imprimante et même d'une autre catégorie de télétravailleur, un secrétariat…


Cette manière de procéder est souvent celle des micro sociétés indépendantes (sarl et autres) partageant dans une grande ville une coûteuse surface de bureaux. Une des entités professionnelles signe le bail et d'autres entreprises viennent s'agglomérer comme sous-locataires. Cela ne fonctionne que si ce bail le permet explicitement soit dit en passant.

Dans une vie antérieure, j'ai vu (…et vécu personnellement) quelques scénarios de ce type. Et ce n'est pas la solution que je retiens.

Ce système fonctionne un peu comme une pépinière d'entrepreneurs, c'est bien pratique pour se lancer avec un faible investissement. Mais cela ne doit pas devenir pérenne. D'ailleurs, de mémoire, les pépinières limitent le temps dit d'incubation pour des raisons d'efficacité et de places disponibles.

Après une année, il n'est pas inutile de réfléchir à sa future transplantation et regagner un bureau chez soi…! Entre les essais d'association sur des projets qui finissent en vrille, l'humeur fluctuante de ceux qui partagent les lieux — même avec des bureaux indépendants (évitez le bel OpenSpace…), les tempéraments qui s'affrontent pour des raisons diverses et variées — du volume sonore de l'un au désordre patent de l'autre. Sans oublier le collègue boulet et envahissant (à moins que ce ne soit l'inverse) avec ses vannes "biiip", il y a mille raisons de s'étriper…!

Dans une entreprise, les choses sont simples, cadrées avec des rapports hiérarchiques clairs et toute mission s'effectue pour le compte de l'entreprise. Dans un lieu envahit de professionnels souvent en concurrence, ce n'est pas aussi simple.

Il reste un point très sensible que tout le monde semble oublier (sauf Dominique avec qui j'évoquais ce billet en cours de rédaction), c'est la confidentialité des travaux menés. Dans un univers d'indépendants, pas facile de réaliser une mission qui demande un minimum de discrétion en partageant le même aquarium…!

Ne noircissons pas le tableau, il y a certainement — et c'est heureux — des exemples qui doivent prouver que cela peut fonctionner.

À contrario, je milite pour le travail en réseau (cela se dit comme cela in french) mais à distance, pas trop envie de retrouver l'ambiance du bureau même si cela avait des côtés sympathiques…

  • Ici, l'isolement est vaincu en se parlant régulièrement au téléphone (de l'intérêt de la voix sur IP ou de Skype), plusieurs fois par jour si nécessaire, en échangeant par courriel, voire de plus en plus par de brèves infos sur twitter… Ou via un blog et ses commentaires

  • Les synergies professionnelles se font sur de réelles affinités et non sous la pression d'un quelconque partage du même bocal…! Du coup, les amis/confrères sont sélectionnés pour leur expérience, à la suite de longs échanges que l'on a eu avec eux et sur leurs réelles expertises.

  • Certes, chacun reste chez soi, ce qui permet de vivre à son rythme sans le regard/jugement des autres. Même que c'est l'un des points qui nous a poussé à bosser chez nous…! Aussi se retrouver dans le même bocal quand on a goûté à l'indépendance n'est choses aisée.

  • Pas de mutualisation de ressources a priori mais plus de conseils et bonnes adresses que l'on se partage, se distille… Chacun reste maître de ses choix matériels et de sa manière d'entretenir le tout — ou pas…!

  • Enfin, pas de souci de confidentialité… Aucune explication à fournir sur ses choix créatifs ou organisationnels. Et si l'on échange idées et process, on le fait avec des partenaires précis.


D'aucuns trouveront mes propos féroces (ils le sont, je ne le nie pas) mais près de trente ans à bosser sous divers modes (indépendant, salarié et désormais chez moi…) m'ont aguerri. Voire déniaisé…!

J'ai eu l'occasion de partager avec mon réseau ces retours d'expérience et notre conclusion ressemble souvent aux termes de cette citation de San Antonio : Il vaut mieux être un grand chez soi qu’un petit chez les autres…!

Cela n'est absolument pas une condamnation des coworkers, juste rappeler que cette situation ne dure généralement pas dans le temps, qu'il faudra filer sur sa propre embarcation et qu'il est bon de s'y préparer.

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le 20/09/2010 à 08:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #