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Le Contrat | Molière et Corneille

Une bande dessinée originale de Lukino | Tome 1

dans lire | lukino

Ahhhh ! Molière, figure emblématique de la culture française ! Pas question de toucher à ce génie qui personnifie notre langue…

Et pourtant, c’est ce que fait avec humour cet ouvrage écrit et illustré par Lukino1 !

Le jeune Jean-Baptiste Poquelin et sa troupe sont évoqués à leurs débuts (déjà une dizaine d’années à ramer…!), tirant le diable par la queue.

Lukino retrace la rencontre avec les frères Corneille et, en se basant sur les travaux de Dominique Labbé2, hasarde une collaboration entre la compagnie de Molière et un auteur reconnu qui a besoin de subsides et manifeste l’envie de sortir de son répertoire sans altérer sa notoriété de grand tragédien !

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Pas de déboulonnage de l’illustre théâtre mais une option iconoclaste sur l’origine des pièces jouées par cette compagnie, hypothèse ouverte au début du siècle dernier par Pierre Louÿs…

Pour ma part, j’aime le dessin de Lukino et je me suis bien diverti à suivre les aventures, parfois lestes, des différents personnages de la troupe en devenir, leurs histoires croisées qui fait la part belle aux femmes…

Car il n’y a pas qu’un homme dans cette aventure !

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Auteur : Lukino
Editeur : Les Impressions Nouvelles Date de parution : 22/08/2025
EAN : 9782390702337
Poids : 0,6380 kg
ISBN : 2390702333
160 pages 17 x 24 cm en couleurs

En vente dans toutes les bonnes librairies… dont place des libraires, CanalBD, FNAC, cuktura, etc.

Et si vous êtes pressés de le dévorer, cet ouvrage est déjà disponible en ePub (PDF)

Quelques pages pour vous donner envie de feuilleter et inciter Lukino à terminer le second tome…!

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À suivre…!

le 22/08/2025 à 08:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

La véritable histoire des pâtes

Luca Cesari

dans ancres | lire

Bonne année (9x5)^2 aux lecteurs de ce blog…! Autant commencer par un livre sur la cuisine !

J’ai eu beaucoup de plaisir à lire l’ouvrage de Luca Cesari, ouvrage qui rejoint celui d’Alberto Grandi, Denominazione di origine inventata Le bugie del marketing sui prodotti tipici italiani et déconstruit, avec humour (…mais après de sérieuses enquêtes) nombre de mythes culinaires solidement ancrés dans notre imaginaire collectif et généralement assénés d’autorité …sans aucune vérification !

J’ai particulièrement apprécié le chapitre trois sur les pâtes à la Carbonara, plat simple que je réalise de temps à autre et qui m’ont valu quelques remarques d’experts auto proclamés (sic !) sur l’usage inapproprié de tel ou tel ingrédient dans la recette !!

Luca Cesari nous propose une argumentation soutenue pour rétorquer à les gastropuristes qui ont un avis sur tout1 (…des hommes à 99 % ;-)…

Le livre de Luca Cesari Storia della pasta in dieci piatti — Dai tortellini alla carbonara | il Saggiatore S.r.l., Milano 2021 a été traduit en français sous le titre… La véritable histoire des pâtes — Les dix recettes qui ont fait l’Italie et conquis le monde | Buchet-Chastel, Libella, Paris, 2022.

C’est drôle, ironique et particulièrement étayé !

Et ça démarre fort (la version française suit ces quelques extraits…!!)

Parlare di cucina, oggi, in Italia, non è affatto un’operazione innocua o priva di rischi.

Provo a farvi un esempio che con tutta probabilità avrete già osservato o sperimentato sulla vostra pelle almeno una volta nella vita, e che si verifica quotidianamente su qualsiasi blog o sito di cucina che tratti di ricette italiane «tradizionali».

Mi sono scordato di comprare il guanciale; malauguratamente, non ho neanche il pecorino. Apro il frigo, prendo la pancetta affumicata, le uova e il parmigiano. Mi faccio una carbonara. Prima di assaggiarla la fotografo e la posto su Facebook. Una pioggia di insulti. Se provo a difendermi, si passa alle minacce.

Chi mi aggredisce in questo modo?

Un particolare tipo umano (una legione, in verità) che nel corso del libro chiameremo «il gastropurista». Il gastropurista è il nuovo sacerdote della tradizione culinaria italiana. Il gastropurista sa (crede di sapere) sempre quali sono gli unici e insostituibili ingredienti ammessi in ogni ricetta tipica. Perché sua nonna, la nonna di sua nonna, i suoi più remoti antenati «la facevano così».

L’assunto di base è che i piatti della tradizione siano sempre stati identici a quelli che conosciamo oggi e abbiano superato indenni secoli di storia fino ad arrivare sulle nostre tavole. È una tendenza viziata da una visione fortemente ideologizzata della storia gastronomica che ha come solo scopo quello di spostare indietro le lancette della nascita delle ricette tradizionali. Il motivo è semplice: l’antichità e la stabilità nel tempo sono i due criteri principali per definire cosa può essere considerato «tradizionale» e cosa no.

En français…

Traduits de l’italien par Marc Lesage qui a adapté le texte pour le contextualiser…

Parler de cuisine, aujourd’hui en Italie, est tout sauf une entreprise innocente ou sans risques.

Pour vous en convaincre, partons d’une situation dont, très vraisemblablement, nombre de mes compatriotes ont déjà été témoins ou qu’ils ont eux-mêmes vécue au moins une fois dans leur vie. Elle se répète d’ailleurs chaque jour sur n’importe quel blog ou site de cuisine consacré aux recettes italiennes « traditionnelles ».

En ouvrant mon frigo, je tombe sur un morceau de pancetta fumée, des œufs et du parmesan. Et si je me préparais une carbonara ? Avant de la déguster, je la prends en photo et la poste sur Facebook. C’est un déluge d’insultes. Comment, j’ai osé mettre de la pancetta alors qu’il faudrait du guanciale ? Et ce parmesan, que vient-il faire ici ? C’est du pecorino qu’on doit mettre !

J’essaie de me défendre. Constatant qu’on passe aux menaces, je n’ose imaginer ce qui me serait arrivé si j’avais mis de la crème fraîche, comme vous auriez pu le faire en France…

Qui m’agresse avec tant de violence ?

Une frange particulière de l’humanité, qui fait légion, d’ailleurs, et que nous croiserons régulièrement au cours de cet ouvrage, j’ai nommé les « gastropuristes ». Les gastropuristes sont les nouveaux grands prêtres de la tradition culinaire italienne ; ils savent toujours (enfin, croient toujours savoir) quels sont les seuls ingrédients typiques de chaque recette. En dehors, point de salut. Pourquoi ? Parce que leurs grands-mères, les grands-mères de leurs grands-mères, leurs ancêtres les plus lointains « faisaient comme ça ».

Ces gens partent du principe que les plats traditionnels ont toujours été identiques à ceux que nous connaissons aujourd’hui et qu’ils ont traversé sans difficulté des siècles entiers avant d’arriver sur nos tables. Ne nous y trompons pas : il s’agit là d’une vision fortement idéologisée de l’histoire gastronomique dont le seul but est de faire remonter la naissance de ces recettes le plus loin dans le temps.

[…] L’histoire de l’Italie se peuple ainsi de paysans durs à la tâche mais ingénieux ou de mystérieux cuisiniers de cour capables de créer des recettes inoubliables en mariant les quelques ingrédients qu’ils ont sous la main.

Carbonara !

[…] Parlons à présent d’un véritable étendard de la cuisine italienne, l’un des plats de pâtes les plus connus et appréciés au monde, mais aussi l’un des plus discutés et controversés : la pasta alla carbonara. Il suffit de surfer sur Internet pour tomber sur des sites de cuisine proposant la recette « originale ». On se retrouve alors noyé sous des centaines de conseils mais, dans l’ensemble, tous se concentrent sur les trois ingrédients qui constituent le « canon » : les œufs, le guanciale et le pecorino, avec l’ajout d’un généreux nuage de poivre noir.

[…] Cuisiniers, blogueurs culinaires ou simples passionnés, tous font bloc autour d’une même recette pour défendre la tradition, comme un seul homme.

[…] Bref, retracer l’histoire de la carbonara nous oblige à slalomer entre différentes « fausses » versions, si nous voulons trouver la « version originale » de la recette, celle des bergers, et peut-être des charbonniers, allez savoir.

[…] L’hypothèse la plus probable reste celle d’un restaurateur qui, à l’arrivée des Alliés en 1944, a fait de nécessité vertu en puisant dans leurs rations qu’il a mélangées aux ingrédients locaux.

Seule certitude : la carbonara symbolise indéniablement la rencontre de deux mondes à travers la superposition de conceptions de la gastronomie divergentes mais complémentaires, au sein d’un même plat. D’un côté, les œufs et le bacon des militaires américains, sous forme de rations alimentaires. De l’autre, un symbole de l’Italie, les pâtes, agrémentées de fromage. Ensemble, ces éléments ont donné vie à un mariage unique – une recette à mi-chemin entre les goûts alimentaires respectifs de ces deux pays, tel un pont culinaire au-dessus de l’Atlantique. Ou, pour le dire autrement, un plat américain né en Italie.

Soyons décomplexés !

Voila, j’ai juste extrait le début de l’introduction qui rappelle l’objectif (!) puis quelques autres paragraphes du chapitre 3 pour vous inciter à lire cet épatant bouquin qui me fait encore plus apprécier l’inventivité de la cuisine italienne d’autant que l’auteur la désacralise comme l’avait fait également avec beaucoup d’humour Alberto Grandi (qui est cité d’ailleurs).

Comme ma fille, je lis régulièrement une revue italienne en ligne, dissapore, qui met souvent les pieds dans le plat.

À noter que ces deux ouvrages (en italien et en français) de Luca Cesari sont disponibles au format ePub.

Bonne lecture et, surtout, cessons d’avoir peur d’ajouter des ingrédients mis à l’index par les gastropuristes !

Merci Luca !


  1. Les mêmes qui nous bassinent sur des tas de sujets, du vin à la religion… ↩︎

le 05/01/2025 à 20:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Dans la nuit et le vent | Extrait du chapitre 4

Patrick Leigh Fermor

dans lire

J’avais évoqué en décembre 2007 les deux livres de Patrick Leigh Fermor, Le temps des offrandes | Entre fleuve et forêt, sur son périple démarré en décembre 1933… À pied, entre Londres et Constantinople…

Ce matin, j’écoutais le podcast d’Anne Lamotte — En direct des États-Unis — et, instantanément, ce dernier a réveillé un souvenir de lecture que je livre ici (certes trop long mais je pense que le rappel du contexte est indispensable)…

Bref, après une Katzenjammer mémorable1, le vol de son carnet de voyage et de son passeport…

[…] Citation […]

Et c’est dans l’une de ces villes disparues de la Rhénanie, je ne me rappelle pas où, que j’eus un aperçu de la rapidité de la métamorphose chez de nombreux Allemands. Dans un bar fréquenté par des ouvriers, je me liai un soir avec plusieurs apprentis en bleu de travail qui venaient de quitter leur chaîne. Ils avaient à peu près mon âge et l’un d’eux, un gaillard amusant qui aimait à faire le clown, me dit : pourquoi ne viendrais-je pas dormir sur le lit de camp de son frère ? Je gravis l’échelle menant dans son grenier pour atterrir au milieu d’un sanctuaire nazi. Les murs étaient couverts de drapeaux, de photographies, d’affiches, de slogans et d’emblèmes. Il m’expliqua la nature de ses objets cultuels avec un zèle fétichiste en gardant pour la fin la pièce centrale de sa collection : un pistolet automatique, un Luger parabellum, je crois, soigneusement graissé et enveloppé dans une toile imperméable, environné d’une pile de boîtes en carton vert remplies de balles. Il démaillota le pistolet, le mit en état de marche, chargea le magasin, l’inséra dans son arme puis l’éjecta, se sangla d’une ceinture, d’un baudrier et d’un étui et « entreprit de jouer au cow-boy ; s’emparant brusquement de son arme, il la jetait en l’air, la faisait tourner autour de son doigt par la gâchette et sautillait en fermant un œil et en imitant le bruit des coups de feu d’un claquement de langue… Quand je remarquai qu’il devait parfois se trouver à l’étroit dans un décor aussi envahissant, il éclata de rire et s’assit sur son lit :

«  Mensch! Tu aurais vu comment c’était l’année dernière ! Tu aurais bien ri ! C’étaient partout des drapeaux rouges, des étoiles, des faucilles et des marteaux, des photos de Lénine et de Staline ou des affiches “Travailleurs du monde, unissez-vous !”. À l’époque, je tombais à bras raccourcis sur quiconque chantait le Horst Wessel Lied ! Ce n’était que Drapeau rouge et Internationale, à ce moment-là ! Je n’étais pas seulement un Sozi mais un Kommi, ein echter Bolschewik ! (Il salua, bras tendu en fermant le poing.) Tu m’aurais vu ! Combats de rues ! Nous tabassions les nazis et ils nous en faisaient tout autant. Nous mourions de rire – Man hat sich totgelacht. Et tout à coup, quand Hitler est venu au pouvoir, j’ai compris que ce n’étaient que stupidités et mensonges. Je me suis rendu compte qu’Adolf était l’homme qu’il me fallait. D’un seul coup ! (Il claqua des doigts.) Et me voici ! »

Et quant à ses anciens copains ? m’enquis-je.

« Eux aussi ont changé ! Tous ces gars qu’on a vus au bar. Chacun d’eux ! Ils font tous partie des SA, à présent. »

Les gens avaient-ils été nombreux à les imiter ? Nombreux ? Ses yeux s’écarquillèrent.

«  Des millions nous ont imités ! J’ai été sidéré de la vitesse à laquelle ils ont changé de bord ! »

N’osant encore y croire, il secoua la tête pendant un instant. Puis un large sourire béat s’épanouit sur son visage cependant qu’il laissait pleuvoir les balles d’une main dans l’autre comme autant de grains de chapelet.

« Sakra Haxen noch amal ! C’est à peine s’il reste quelques Sozis ou Kommis à buter, aujourd’hui ! »

Il partit d’un joyeux éclat de rire. Et que pensaient ses parents de tout ceci ? Je les avais rencontrés en montant, un couple plutôt brave, l’air décati, occupé à écouter la radio près du poêle de la cuisine. Ma remarque provoqua un haussement d’épaules et parut le déprimer.

« Mensch ! Ils ne comprennent rien. Mon père est dépassé : pense qu’au Kaiser, à Bismarck et au vieil Hindenburg, lequel est mort, lui aussi – au moins, il a aidé le Führer à arriver là où il est ! Quant à ma mère, elle ne sait rien de la politique ; tout ce qui l’intéresse, c’est d’aller à l’église. Elle aussi est dépassée.  »

La soudaine éclaircie me permettait de me rendre compte combien je m’étais rapproché des Alpes, sur cette route qui courait vers l’est et sortait de Traunstein, ma dernière halte bavaroise. Les nuages s’étaient dissipés et le grand massif se dressait sur la plaine, aussi abrupt qu’un muret sur un champ. Les pics neigeux scintillaient, zébrés d’ombres bleues ; les cercles sombres des sapins et les sommets des Alpes de Kitzbühel et du Tyrol oriental s’imbriquaient dans le ciel au-dessus d’un lacis de vallées obscures. Un panneau indiquait le sud et suivait la vallée où se tapissait Bad Reichenhall. Là-haut sur la corniche, Berchtesgaden, alors connu pour sa seule abbaye, son château et son panorama étendu sur les basses terres bavaroises.

Mais je m’orientai vers l’est et atteignis les berges du Salzach en fin d’après-midi. Une barrière rouge, noir et blanc barrait la route. À l’intérieur du poste de douane se trouvait la dernière photo du Führer. Les ultimes croix gammées paraient les manches des uniformes ; quelques minutes plus tard, derrière une barrière rayée de rouge et de blanc, un fonctionnaire autrichien tamponnait mon passeport, le 24 janvier 1934.

À la tombée du jour, je regardais les statues et déambulais sous les colonnades baroques de Salzbourg à la recherche d’un café. J’en trouvai un dont les fenêtres ouvraient sur une fontaine ornée d’une cavalcade de chevaux et d’une profusion de stalactites.

Extrait2 du chapitre 4 — Winterreise — de Dans la nuit et le vent tiré du ePub | Patrick Leigh Fermor avec une chouette surprise : « pendant des années on crut ce troisième manuscrit abandonné, inachevé, voire inexistant. Nombreux sont ceux qui désespéraient de le lire un jour… Puis, miracle, aujourd’hui paraît enfin ce troisième récit, La Route interrompue, inédit, magistral, qui nous mène jusqu’au Mont Athos en Grèce. »

Bien évidemment, tout parallèle avec des situations quasi similaires de part et d’autre sur cette planète procède d’une étonnante coïncidence…


  1. Est-ce que le mot biture est suffisamment illustratif…? À ce niveau là, quasi un exploit…! ↩︎

  2. Lien vers l’AppleStore dédié aux livres vu que je lis ces ouvrages sur mes écrans sous macOS et iOS… ↩︎

le 11/11/2024 à 10:45 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #