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Fils de ploucs | tome II

Jean Rohou

dans ancres | dans mon bocal | lire | mémoire

J’étais persuadé d’avoir écrit une chronique sur le premier volume de Fils de ploucs mais pas retrouvée dans urbanbike. Peut-être sur un autre site fermé depuis…!

Bref, voici le second pavé de Jean Rohou qui est dédié a la langue (bretonne) et à l’école. Pendant que ma fille lit le Cheval d’orgueil de Pierre-Jakez Hélias, j’ai démarré la lecture de ces 800 pages de cet auteur, né en 1934 et qui a appris le français tardivement.

Le premier tome s’est quand même écoulé à 45 000 exemplaires et je ne peux croire que ce sont les seuls touristes accablés par des journées de pluie sur mon île qui l’ont acheté pour combattre l’ennui…!

Bref, c’est passionnant et ne se résume pas… même s’il est facile de constater qu’aujourd’hui le breton ne se parle quasiment plus (soyons précis, “plus dans la rue” comme je l’entendais encore il y 25 ans). Il y a peu, c’était le 44e Festival Interceltique de Lorient à Lorient mais qui parle breton dans les jeunes générations…?

Ma gamine nous a dit qu’elle souhaitait l’apprendre et se met à nous expliquer les noms de village. La relève est bien là…

Alors, juste ces deux liens et cette photo pour vous donner envie de vous interroger sur la Bretagne d’aujourd’hui.

Tome 1

Tome 2

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le 14/08/2014 à 14:14 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Promenons-nous dans les bois

Bill Bryson

dans ancres | lire

J’apprécie énormément Bill Bryson depuis que j’ai lu nos voisins du dessous avant de dévorer ensuite toute sa production.

Si vous aimez la marche, la montagne, les courses en forêt, le camping sauvage (héhé…!!), ne ratez pas cette odyssée épatante - A Walk in the Woods écrit en 1997 - sur l’appalachian trail aux USA, une voie qui serpente sur près de 3500 kilomètres (mais personne ne connaît exactement sa longueur exacte…!).

Plus d’info ici : Appalachian Trail Conservancy ou Appalachian Trail - Wikipedia

Entre le choix du matériel (!), la lecture de tous les faits divers qui se sont déroulés sur ce sentier (!!), la découverte de la manière très mécanisée que certains se font des retours à la nature (!!!), la surprise pour ces derniers de voir de vrais randonneurs avec sac à dos sur ces pistes (!!!!), les compagnons d’infortune, les paysages mais aussi les dégâts écologiques sidérants, ce texte mérite une lecture sur votre lieu de vacances.

En résumé : Bill Bryson et un vieil ami décident de faire — en plusieurs étapes — ce sentier mythique. Suivre leurs aventures m’a juste faire pleurer de rire…!!

Comme Redmond O’Hanlon, Bill Bryson a le chic pour se retrouver dans des situations ubuesques et les raconter…!

C’est parfois un poil trop descriptif (…mais indispensable pour comprendre la mentalité américaine et son rapport vis à vis de la nature…) mais quel plaisir de suivre ces deux lascars dans leur entreprise…!

Promenons-nous dans les bois
Bill Bryson
Traduit par Karine Chaunac en 2012
Petite bibliothèque Payot
9782228909167 - 9,15 €

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le 01/08/2014 à 07:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Ingrédients pour une vie de passions formidables

Luis Sepúlveda

dans ancres | lire | vieillir

Escrituras en tiempo de crisis est le titre en espagnol de ces nouvelles parues en 2012 et traduites par Bertille Hausberg. Je comprends mieux ce que fut la vie de Luis Sepúlveda, un auteur que je ne connaissais pas, entre prison et exil.

« Un jour, quand ma fille était devenue adulte, je lui ai raconté qu’au milieu de la fusillade certains embrassaient une image pieuse mais moi j’embrassais une photo en noir et blanc où elle souriait dans mes bras et je me jurais alors que, si j’en sortais vivant, nous récupérerions tout le temps que je lui avais volé.
L’irrémédiable est la pire des certitudes.
Je sais que mes enfants ont souffert de mon absence à la sortie de l’école, quand il pleuvait et que les parents de leurs camarades les attendaient, le parapluie ouvert, la voiture bien chaude, un gâteau à la main. »

À 70 ans passés, il continue à dénoncer avec vigueur et ironie, ajuster ses coups, écrire de très belles chroniques qui pourraient aisément se lire comme autant d’articles de blog.

Mais le marché a gagné et cela ne va pas s’arranger. Ce point est à conserver en mémoire, un pour cent de cette planète contrôle l’existence des quatre-vingt-dix-neuf pour cent restants.

On devrait même évoquer les 0,01 pour cent pour être plus précis…! Les 0,99 % qui suivent ne sont que des courroies de transmission grassement payées, des exécutants achetés pour leurs capacités. Ces derniers participent au pouvoir, mais ne l’ont pas.

Bref, Sepúlveda n’y va pas de main morte, il rappelle avec précision et humour les situations (…sur l’Espagne notamment — page 63) mais qui le lit, qui l’entend…? Je devrais rapprocher ces chroniques engagées et toujours actuelles de la fin de l’émission Là-bas si j’y suis sur inter.

Même si les faits rappelés sont têtus, les indignations réelles et profondes, l’érosion de la part de marché fait son oeuvre… Qui écoute encore les vieux qui soliloquent (sic), vive le divertissement…! Même quand ils parlent d’amour (jolies pages) ou de vrai miracle de Noël…!

Au passage pour ceux qui n’ont pas encore décroché, page 60 démarrent trois pages sur “de l’importance de la bouche et des trolls”… Et page 77 un épatant “Mode d’emploi pour un 1er Mai gâché” en neuf pages drolatiques où l’auteur raconte son retour dans les Asturies depuis la Turquie. Si vous aimez les correspondances aériennes foirées, un monument…!

Du coup, envie de lire Dernières nouvelles du Sud, Le vieux qui lisait des romans d’amour ou L’ombre de ce que nous avons été. Une autre écriture que Francisco Coloane mais l’évocation du Chili souvent et, bien entendu, du Sud…

Ingrédients pour une vie de passions formidables
Luis Sepúlveda
Métailié
9782864249504 | 16 €

Ou sur iBooks…

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Pour finir, cette dernière citation…

« Je ne sais pas si je suis, si j’ai été un bon père. Mais je suis sûr de ma tendresse pour mes enfants, j’ai toujours essayé d’être un ami sur lequel ils peuvent compter, un compagnon dans tout ce qui peut arriver. Et avec ça je suis en paix. »

@urbanbike

le 01/07/2014 à 07:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #