Cela fait quelques années que j’utilise Day One (en deux mots), que cette application fait partie, comme Drafts, de mes outils quotidiens. Et ce, rappel que j’ajoute immédiatement, sous iOS ou sur macOS.
Je l’évoque bien moins souvent que d’autres applications car je l’emploie dans le cadre d’un usage 100 % personnel.
De fait, Day One reste un produit indéfinissable même si je peux lui accoler les termes employés dans le sous-titre. Certes, j’en ai un usage qui va au-delà du simple carnet de voyage dans lequel on peut, par facilité, le cantonner.
C’est d’autant plus vrai que mon usage est différent de celui que vous en ferez de votre côté. Chaque utilisateur de Day One est unique et emploie à sa sauce les fonctions disponibles.
Il y a quelques années, j’ai testé Evernote qui a fini poubellisé avec son contenu. J’ai également utilisé l’épatant Daedalus touch qui a été remplacé sous iOS par Ulysses. J’aurais pu persévérer avec ce chouette système de feuillets (…que j’emploie pour écrire des nouvelles et maintenir à jour un dossier judiciaire) mais Day One s’est imposé en douceur et sans discussion. Surtout sans réel concurrent.
Sa force ?
Inutile d’indiquer une date ou ajouter un titre, le texte et/ou l’image est immédiatement inséré dans une continuité chronologique avec, en fonction des options choisies, la mémorisation du lieu, la température et autres informations météo et, de facto, la date et l’heure. Sans oublier cette possibilité bien pratique d’insérer chaque note dans le carnet ou journal souhaité.
Bon, je ne vais pas vous saouler à nouveau : une recherche dans urbanbike vous permettra de retrouver pas mal de billets explicatifs sur cette application. Néanmoins, quelques précisions…
Découpage en carnets
Avec la version pro, il est assez aisé de créer autant de carnets que souhaité. À condition de ne pas abuser, même s’il est possible de parcourir le contenu de tous les carnets créés simultanément, c’est une solution pour organiser ses notes.

Dans mon quotidien, par tempérament, je n’exploite pas toutes les options proposées par Day One (l’enregistrement audio par exemple). je suis resté aux fonctionnalités qui m’ont séduit au départ, à savoir la gestion impeccable de la chronologie des évènements à partir des notes que j’ajoute mais, bien mieux, des clichés que je prends en dehors de cette application et que j’associe quand j’ai le temps pour le faire.

Ainsi, en chargeant la version d’iOS 13.6 sur mon iPhone, certains clichés sont remontés à la surface de mon stockage numérique, souvenirs de notre retour d’Espagne l’an passé avec ses très nombreuses étapes que je n’avais pas eu le loisir de noter
Et, petit miracle à mon niveau, j’ai pu grâce à ces visuels remontés d’on ne sait où, reconstituer ce retour : entre un long arrêt à Burgos pour visiter la cathédrale en cours de restauration, un passage à Oléron puis à Dreux pour laisser notre véhicule en révision, arriver enfin en Bretagne après (!) être descendus en train à Aix-en-Provence à la recherche d’un appartement et changé au retour de véhicule pour cause de pièces non livrées, etc.
Pendant ces trois mois, j’ai posté quelques images sur Instagram (sic !) mais fréquemment en décalage avec les événements qui se succédaient.
Or, pour reconstituer nos déplacements, quasi heure par heure, la mécanique de Day One est parfaite : Day One remet tout dans l’ordre et j’ai pu ainsi reconstituer le fil de nos déplacements avec précision même si j’en avais encore le souvenir mais à quelques jours près !

Avec cet aspect « ordonné », anté-chronologique (comme ce blog !), pas d’indécision. Day One est notre juge de Paix pour nos nombreuses balades en Espagne : ainsi la mémoire de notre déplacement â Tolède avec un arrêt dans tel restaurant à Ávila parce que l’on se pelait de froid (oui, l’Espagne peut être glaciale surtout sur ce plateau central).
Pas trouvé mieux
Bien entendu, il y a des solutions gratuites ou bricolées à partir d’une application de traitement de texte. Voire « le » carnet papier que l’on remplit au crayon de bois et qui reste l’apanage des vrais aventuriers burinés, ceux qui gerbent sur le numérique infantilisant…!
Ou encore les réseaux sociaux, espace idéal pour partager vos faits et gestes avec vos amis, votre famille et des tas d’inconnus.
Mais dans ce cas là, rappel, c’est la gratuité qui pose un problème. Le jour où le service disparaît ou est racheté, c’est votre mémoire numérique qui s’efface. Sans oublier que publier où vous vous trouvez peut donner des idées à des importuns de venir vous visiter en votre absence !
En revanche, si vous cherchez une solution efficace, Day One est à étudier. Oui, un abonnement annuel sur Day One a un coût mais peut-être est-ce celui de votre confidentialité. Enfin, autant le rappeler à nouveau, vos données sont sur chacun de vos écrans et synchronisés par Day One.
C’est pour cela qu’il ne faut pas opter pour la version de smartphone la plus légère côté stockage. Certes, vos données prennent de la place mais elles sont d’abord chez vous.
Pour info, mon compte pèse près de 10 Go …multipliés par le nombre de mes écrans (4). Ajoutez la version stockée sur le serveur de Day One.

Dès que je rentre une nouvelle image, un nouveau texte, cette “fiche” est automatiquement synchronisée sur iPhone, iPad et Mac. Seules les images haute résolution restent sur le serveur de de l’éditeur. Et ce, tous les jours…
Souplesse et absence d’angoisse
Du coup, je peux partir une semaine sans connexion et conserver sous mes yeux tous mes carnets ainsi que leurs visuels à une résolution suffisante.
C’est uniquement quand je dispose à nouveau d’une connexion convenable que je peux synchroniser en une opération mes notes.
Le confort réside dans cette capacité de me balader avec toutes mes notes sans le besoin impératif de disposer d’une connexion 3 ou 4G.
Quand vous connectez un nouvel écran à Day One, il faudra quelques minutes, voire plus, pour rapatrier l’ensemble de vos données depuis le serveur de Day One. La conservation de ces données n’est pas liée à iCloud mais bien sur une solution propre à l’éditeur.
Carte des visuels
C’est l’un des aspects de cette application qui la rend indispensable. Day One permet de visualiser sur une carte géographique tous les clichés enregistrés, quelle que soit l’année mais également le carnet.

Dès lors, il est facile de zoomer dans cette carte pour ne prendre qu’une fraction précise et visualiser toutes les photos disponibles.
Cela fonctionne également carnet par carnet mais superposer aisément les images liées à un lieu en oubliant les années est d’un confort remarquable.
Mes propres usages
Hormis mes notes quotidiennes (balades, événements, entretien du logis), Day One à d’autres usages pratiques dans mon quotidien :
- des graphiques informatifs empruntés à des publications, liens pour mémoriser des infos de passage au lieu de m’échiner a les retrouver plus tard… bref, directement depuis Twitter, l’import d’un document en haute définition pour suivre, un exemple parmi d’autres, la progression du coronavirus dans mon coin…
- mémoriser mes propres tweets (opération d’autant plus facile que je rédige mes treads dans Drafts et que j’ai à ma disposition des scripts qui me permettent à la fois de publier sur Twitter et Mastodon puis d’enregistrer le tout dans Day One !
- la récuperation automatique des images postées dans Instagram, plateforme dont j’ai fait un grand usage l’an passé et réduite au minimum depuis juin 2020
- Des humeurs, idées, réflexions qui me traversent sont également concentrés ici
- je l’emploie également pour mémoriser des travaux (avec photos de chantier), bien utile pour retrouver une conduite enterrée…
- sans oublier des tags perso pour retrouver des événements précis dans mes notes
- …voire les lieux où nous sommes passés naguère…

La couleur des cercles correspond à des carnets différents…
Unique reproche, l’export markdown actuel !
Dans les premières versions, le markdown régnait, non en maître, mais était actif. On pouvait baliser sans souci.
Puis, peu à peu, j’imagine pour ne pas dérouter les nouveaux utilisateurs, ce pari assumé au départ du balisage s’est fait plus soft, moins « astérisques et code ».
De mon coté, Drafts étant mon traitement de texte de base, cela ne m’a pas géré. Comme ce dernier répond exactement à mes besoins et exporte vers Ulysses, ia Writer et …Day One. En effet, j’écris 95% de mes textes dans Drafts, que je dispose d’un script avec le protocole x-callback-url pour déverser mes écrits dans Day One, mes textes balisés en markdown sont exportés intégralement avec leurs notes de bas de page.
Néanmoins, je regrette un peu cela : j’aurais aimé que l’application continue de proposer dans ses préférences la possibilité de baliser en markdown …ou pas.
Enfin, et c’est l’unique point qui me chagrine, le balisage de Day One ne s’exporte plus en markdown mais au format texte.
Du coup, j’utilise Drafts pour récupérer correctement les liens à défaut du balisage. C’est le seul point que j’aimerais voir s’améliorer dans une version ultérieure !
En résumé
Depuis près de 10 ans, je me suis habitué à noter ou à insérer des clichés chaque jour dans Day One. Avec le recul, je me félicite de l’avoir fait aussi tôt car ma mémoire n’a jamais été parfaite.
Je peux me remémorer des évènements passés grâce aux notes griffonnées, clichés, localisation, rappel des conditions météo, date, heure et lecture de ce qui s’est déroulé avant et après, reconstruire en partie (…avec les biais cognitifs habituels) ces instants.
Bref, chaudement recommandé.
Mais vous n’êtes pas obligés de me croire, testez la version de base (gratuite me semble-il) quelques temps…
…et quelques jours restent gravés dans nos mémoires
dans
ancres |
mémoire
Après près de dix-huit mois à changer pratiquement chaque semaine d’horizon, j’apprécie d’être confiné dans notre port d’attache breton. Dès qu’il sera possible de nous balader à nouveau, accompagner notre fille pour boucler sa dernière année de master, rejoindre notre fils dans une ville européenne, je lèverais (nous léverons…!) les voiles sans problème.
Mais, en attendant, je goûte chaque jour de cette longue escale avec les routines qui l’accompagnent, la sortie d’une heure quotidienne, les prises de vue avec le post-traitement dans la vieille version de Lightroom.
Si j’ai un soupçon de vague à l’âme, il me suffit de parcourir mes notes (numériques car collectées avec des clichés dans Day One journal + mémoire). Mes souvenirs se rafraîchissent instantanément.
Ainsi deux journées mi-Avril de l’an passé.

- Rassurez-vous, peu de photos dans ce billet…
Un récit parmi d’autres
Après un long périple autoroutier depuis Aranjuez, nous sommes arrivés à Grenade dimanche 14 mars dans une ville interdite aux voitures, semaine sainte oblige. Nous avons eu la chance de rejoindre sans aucune difficulté ni contrôle de police une place de stationnement dans un parking (Garaje Trexa Plaza Compos) que j’avais réservé par le biais de notre hébergement.
Une place au sous-sol avec accès par une rampe unique et stationnement du Jeep au chausse-pieds entre deux maigres piliers en béton. C’est dans ces cas là que j’apprécie la direction assistée et les radars de recul, un peu moins la taille de notre vieux véhicule…!

- en jaune, l’hébergement ; en rouge, l’emplacement du parking…
Coté hébergement, nos avions réservé deux piaules Calle de los Damasqueros dans le Nest flats Grenada situé dans la vieille ville, quasi au pied des escaliers permettant de monter directement vers l’Alhambra, dans le quartier du Realejo.
La suite nous démontra que nous avions eu un sacré nez car nous étions du bon côté pour éviter d’être coincés par les nombreuses processions qui se déroulent l’après-midi et le soir.
Le plus compliqué fut d’utiliser le système d’identification numérique (!!) pour récupérer nos clés après scan de nos pièces d’identité, etc. Heureusement aidés par une jeune espagnole sympathique à la réception …et notre traductrice personnelle, Aurélia.
Bref, deux chambres impeccables et silencieuses, genre appart’hôtel.
Le temps de déposer nos maigres bagages, nous sommes repartis tous les quatre à l’assaut des collines qu’Aurélia et Béatrice connaissaient déjà.
Mes propres souvenirs datant de plus de trente ans, à une période où il faisait tellement chaud que l’on appréciait de dormir dans le parador de la Sierra Nevada proche !
Inutile de rappeler que Grenade, ça monte et ça descend…! Nous emprunté un nombre époustouflant de petites rues et d’escaliers pour nous balader vers la Mezquita de Grenada sur la colline de l’Albaicínau dessus du Rio Darro en nous laissant porter par nos envies et souvenirs. Avec des vues splendides sur l’Alhambra, bien entendu…

Au retour, nous avons croisé, vu, entendu plusieurs processions impressionnantes en regagnant difficilement notre hébergement via les rues et ruelles bondées. Je ne sais pas si c’est affaire d’habitude, mais il est assez facile de se repérer dans Grenade. Au pire, coincé, on fait demi-tour et on essaye le voie suivante…
Le lendemain, lundi 15 avril, visite de l’Alhambra en plusieurs étapes (nombreux billets réservés dès février) avant de revenir une seconde fois l’après-midi pour finir par la visite des somptueux jardins et palais Nasrides.

- Sachant que l’une des processions emprunte la rue en jaune, la position de notre hébergement était parfaite…
Petit-déjeuner tous ensemble dans notre chambre et départ tôt vers l’Alhambra. Montée des escaliers à 100 mètres de là puis, 20 minutes plus tard, exténués, nous pénètrons dans les jardins.
Une armée de jardiniers s’active et quel silence hormis les oiseaux et un écureuil qui traverse une allée ombragée.
Bon, c’est bien moi (!!) qui, choisissant un mauvais itinéraire, nous a conduit au bout de 15 minutes à faire demi-tour pour (re)démarrer la visite dans le bon sens entre des groupes arrivés entre-temps. Heureusement, des moments de latence avec moins de monde pour profiter des lieux.

En effet, nous prenons notre temps, n’hésitant pas à nous arrêter, nous poser et contempler le paysage et les détails de l’architecture, les astuces d’irrigation pour alimenter les jardins. Et les vues sur Grenade qui, le matin, sont somptueuses.

Nous poursuivons avec le Patio circulaire du Palais de Charles Quint dans une très belle lumière et (…relativement) peu de monde…

Après cette longue visite, fourbus, nous sommes redescendus à l’hébergement pour déjeuner après quelques courses si je me souviens bien.
Après une rapide sieste, nous sommes partis dans la ville même faire un tour et consommer quelques pâtisseries et nous rafraichir non loin de la Cathédrale de l’Incarnation.
Dans l’après-midi, nous sommes remontés à l’Alhambra pour visiter les autres jardins dont l’Alcazaba avant d’enchainer enfin (!) ces autres lieux clés pour lesquels nous étions venus, les Palais Nasrides avec la cour des lions, etc. Bon, là, autant le dire, c’était blindé mais supportable (et pas trop étouffant).
Visite encore plus chouette que dans mon souvenir d’il y a trente ans, même si, à cette période là, nous les avions visités quasiment sans touristes, étant les premiers le matin à y pénétrer en arrivant de la Sierra Nevada et distancé rapidement ceux qui nous suivaient.
C’est à la fin de cette dernière visite de 18:00 des Palais Nasrides que nous avons appris que Notre-Dame flambait.
Inutile de décrire ce que nous avons ressenti sur le moment. Soulagés d’être ensemble.

Le soir, nous sommes redescendus par la Cuesta de Gomérez pour trouver un restaurant au lieu de passer directement par les escaliers de la Cuesta Del Realejo.
Idée totalement illusoire dans les fumées et chants des processions, les rares établissements ouverts avec des files d’attente.
Nous avons décidé d’acheter de quoi dîner chez un traiteur italien, Cacho & Pepe, une petite boutique repérée par Josquin, Calle Colcha.
Pour noyer notre émotion, nous avons acheté du vin et plusieurs types de lasagnes (excellentes), le tout servi par deux personnes adorables, touchées par ce qui venait de se dérouler à Paris (…de la force d’internet, tout le monde est informé en direct de tout dans le monde via son portable).
Du coup, il a fallu se glisser à nouveau sur les trottoirs étroits de la Calle Santa Escolástica en longeant la foule contemplant la procession pour rentrer à notre hébergement.
Une fois arrivé, nous nous sommes rendus compte qu’il nous manquaient des desserts.
Josquin est retourné chez notre petit traiteur (…désolé mais la boutique est réellement minuscule…!) et est revenu avec ces derniers.
Sauf qu’il restait à les payer car il était parti dans l’urgence sans sa carte de crédit (…notez la confiance des gens qui nous avaient vu quelques minutes avant…!).
Josquin et moi sommes ressortis 45 minutes plus tard pour régler. Le temps, une fois de plus, de vivre de près la procession, ses chants, les tambours, les trompes, les lourds chars décorés et portés par des paires d’épaules, les effluves d’encens mais, surtout, de tomber dans un piège !
Guiseppe, l’adorable patron italien, était arrivé dans sa boutique et nous a pris illico en sympathie (il parle français, a vécu à Lyon). Pour célébrer ensemble ce triste événement, il nous a servi un premier verre de vin, puis un second car il fallait absolument goûter tel autre cépage. Heureusement que mon fils a nettement plus de capacités que moi à les boire et à les supporter !
Un second verre de blanc suivi d’un nouveau verre de rouge, très difficile de refuser quoique ce soit à Guiseppe (que j’embrasse, un cœur en or…!).
Après l’avoir remercié dix fois, nous sommes finalement rentrés après avoir longé une dernière fois la longue procession qui se terminait. Enfin, non, nous l’avons entendu tard dans la nuit
Note de fin : Je n’étais pas ivre (…je ne faisais pas encore la promotion de l’eau ferrugineuse…!), simplement terrassé par cet abus de vin — je bois très peu — mais surtout par la nouvelle de l’incendie. Je n’ai eu aucun souci pour m’endormir, ce qui était nécessaire car nous reprenions la route dès le lendemain matin pour Cordoue, avant que la ville soit à nouveau bouclée dès 12:00.
Néanmoins, avant de m’endormir, j’ai visionné une demi-douzaine de fois l’effondrement de la flèche de Notre-Dame, lu les témoignages des parisiens qui étaient présents (merci Twitter) …comme si je n’arrivais pas à croire la réalité de ce qui venait pourtant de se produire quelques heures plus tôt.
Voilà…