Billet démarré il y a un bon mois et retrouvé tout à l’heure puis complété à l’instant…
En relevant récemment mon courriel, j’ai pris conscience que certains sites qui m’expédiaient jadis une lettre d’information n’avaient pas donné signe de vie. Il est vrai que je me suis parfois désabonné pour ne pas être submergé…
Fort de ce constat, je suis remonté dans mes archives et retrouvé quelques liens. J’ai cliqué pour découvrir qu’en six/huit mois (…oui, oui, de vieux mails !) certains sites étaient à l’arrêt et/ou avaient chargé de look. De superbes vitrines expérimentales mais avec un contenu à l’arrêt …sous réserve qu’il soit possible d’y accéder.
¡Ci dispiace, ma comunichiamo esclusivamente nella lingua di Trump!
Autre point intriguant, cette propension — nouvelle à mes yeux — de publier exclusivement dans la langue de Trump.
N’étant plus trilingue depuis mon retour en France à l’âge de huit ans, je recours désormais à DeepL pour lire certains sites…
Je sais que tenir un blog est un sacerdoce, que cela nécessite une énergie permanente. Que les blogs sont morts, remplacés par des sites qui illustrent et synthétisent de l’info pompée ailleurs à coup d’IA et d’absence de scrupules…
Aucune ironie dans ce constat d’autant que le contenu de ces publications étaient de qualité. Mais peut-être que leurs auteurs attendaient plus de retours, de reconnaissance…? Ou que leur vie a basculée avec l’arrivée d’un mouflet…
Or tenir un blog tient du marathon, version sans spectateurs sur le parcours ! Il est nécessaire d’avoir de l’humour pour conserver sa foulée quotidienne.

Alors ?
Rien…! Autant l’écrire d’emblée avant de conclure, il n’y a pas de projet pour offrir à urbanbike un nouvel habillage dans l’air du temps.
En 2013, sous la houlette de mes deux copains Richard et Dominique, nous avons pris collectivement le temps de construire l’interface actuelle dessinée par ma pomme…
Certes, j’ai depuis modifié quelques éléments à la marge dont la typo en mars de cette année avec le soutien de Richard (et l’accord de Dominique) après avoir effectué un second changement de moteur…
Je passe parfois un coup de balai, change une ampoule ou deux mais préfère garder un peu de temps à écrire une bricole, visiter une thématique (la photo vient de s’inviter à nouveau…!), corriger une page …dont celle de trou de mémoire ce matin !
C’est cet article qui m’a interpellé : Usbek & Rica - Archives littéraires 2.0 : comment préserver les traces numériques des écrivains ?.
Il a réveillé en moi la question du… mais, au fait, comment je procède de mon côté…?
Je suis dans la cible…! Lors de ma vie antérieure d’auteur d’ouvrages techniques démarrée en 1984, j’ai perdu tous mes tapuscrits…
Certes, vu le type de littérature (sic…!), cette perte a peu d’importance : les applications que je traitais jadis se sont tellement améliorées que mes bouquins sont obsolètes…
Depuis la sauvegarde est devenu un acte essentiel comme Lukino et moi l’avions rappelé ici : urbanbike | Optimiser sa vie au quotidien… | 8 | Sauvegardes, le dernier acte de la journée.
En 2001, j’évoquais les divers supports de stockage employés — urbanbike | Stockage 2001, une chronique ancienne mais toujours d’actualité — dont les bandes magnétiques DAT (sur lesquelles mes tapuscripts, etc.).
En 2006, c’était réglé et j’écrivais urbanbike | Stockage 2006, un point de vue factuel. Effectivement, j’ai encore accès (sur plusieurs disques à plateaux) à ces anciens dossiers de travail mais …plus aux applications pour les éditer…
Et aujourd’hui…?
Pour ma vie actuelle (sic…!), j’ai nettement moins d’inquiétudes vu que je me limite aux textes et aux photos…!
Avec le balisage markdown qui ne nécessite pas l’usage d’un outil propriétaire du format d’enregistrement, mes textes disposent d’un choix limité d’applications capables de les lire sachant qu’ils sont sur une sauvegarde hybride (Clouds et disques SSD repartis dans plusieurs lieux)…
Markdown ?
J’avais rédigé cette méthode/aide-mémoire/gag naguère : urbanbike | Apprenez Markdown en 8 jours | version revisitée puis ajouté cet autre billet explicatif, urbanbike | Perdu avec Markdown…? À quoi cela sert…? Quelques explications….
Sans oublier la synchronisation entre mes écrans (iPad Mini, iPhone et MacBook) qui me permet de démarrer un texte sur le smartphone puis de le prolonger sur les autres…
Quant aux traitements de texte, j’emploie Drafts qui m’offre sa fonction versioning. J’ai évoqué cette option ici ; urbanbike | Draftsapp | Revenir à une version précédente du texte en cours de saisie…
Bref, il me reste à rédiger ce qui me conduira à obtenir le graal, genre… un prix littéraire (un… Goncourt(e)…!?), ce qui devrait incessamment démarrer sous peu quand — placer ici une liste de tâches prioritaires avec, chacune, sa boite à cocher — je serais arrivé au bout (…de ma vie…?!).
Je déconne…!
Et les Photos…?
Idem, sur des disques à plateaux dans deux lieux éloignés et dans des formats peu non exotiques… Sans oublier le cloud applesque…

Pour finir et totalement hors sujet, je n’ai jamais eu de propositions par courriel sur des sujets évoqués à voix haute devant mes écrans…
La raison me semble évidente : Siri n’a jamais été activé et je ne suis sorti de nombre de plateformes.
Ce qui suit trouve son origine dans la lecture de la quatrième de couverture d’un livre de Joel Meyerowitz, Question de couleur, et ce, directement sur le site de l’éditeur.
En lisant cette C4, — pour l’instant, je n’ai pas lu le livre — une première pensée en a amenée une autre, d’autres souvenirs, réflexions se sont bousculées…
Nous sommes en 1962 et le jeune Joel Meyerowitz ne sait pas encore que cette simple question du vendeur de pellicules photo va le plonger dans d’intenses réflexions esthétiques, voire métaphysiques. La couleur fait à l’époque l’objet d’un préjugé tenace : désignée comme vulgaire, elle est alors réservée aux amateurs et à la publicité, a contrario du noir et blanc considéré comme « noble ».
Nourri par ses discussions passionnées avec ses amis photographes Tony Ray-Jones et Garry Winogrand, Meyerowitz cherche son vocabulaire et commence alors à photographier en parallèle avec deux boîtiers, l’un pour le noir et blanc, l’autre pour la couleur. Très vite, celle-ci lui semble exprimer avec plus de tension dramatique, de poésie et de sensibilité la subtilité d’une atmosphère, d’un moment de la journée, d’une carnation – quand le noir et blanc réduit tout à une forme graphique.
En s’appuyant sur les images jumelles nées de cette surprenante pratique, Meyerowitz raconte avec brio ses années d’apprentissage, celles de l’un des grands pionniers de la photographie couleur.
Le second paragraphe m’a interpellé…
Et hop, j’embraye…
J’ai toujours apprécié le noir et blanc.
Est-ce du aux photos qui m’étaient montrées lors des réunions de famille quand j’étais un gamin dans les années soixante…? Je ne saurais répondre.
En revanche, lors de mes études à l’école d’architecture (UP3 Versailles), je me suis essayé au tirage argentique sous lumière inactinique dans l’un des labos disponibles.
N’étant ni Joel Meyerowitz, ni Frank Horvat, ni Edouard Boubat, la photo reste — pour moi — une chouette manière de capturer des instants fugitifs et les partager avec ceux qui n’étaient pas présents.
Un simple carnet de clichés…
Un exemple…?
Je sais que mes amis n’auront majoritairement pas l’occasion de se rendre à Perugia. J’ai profité de cette parenthèse d’un semestre dans ma vie pour capturer des instantanés de cette ville. Vous trouverez dans cet album dédié des photos en noir et blanc ou en couleurs…
Au départ, de la photo peu glamour…
Jadis, l’utilisation de boîtiers photo argentiques était axé vers la réalisation de diaporamas pour nos clients.
Les objets de nos prises de vue ?
Des graphiques financiers dessinés dans MacDraw, imprimés sur les premières laserWriter noir et blanc avec des réserves noires ou tramées.
Les tirages papier étaient ensuite inversés en négatif au banc photo ; les liths obtenus mis en couleurs avec des films letraset par Béatrice ; puis photographiés par mes soins en 35 mm sur une table lumineuse au 55 macro puis développés au petit matin chez Picto avant d’être livrées au client final sous la forme de diapositives dans un carousel.
Et toujours quelques heures avant leur utilisation lors de shows d’actionnaires ou réunions confidentielles pour des fusions acquisitions.
Deux boitiers ou deux dos…
Pour des raisons de sécurité, nous avions deux boitiers Nikon dans notre studio, deux tables lumineuses, des stocks d’Ektas au frigo pour ces nuits de production quasi sans sommeil…
Quand nous n’avions pas à réaliser des diaporamas, ces deux boitiers 35 mm me servaient à prendre des clichés en couleur (Kodak Ektachrome E100) comme en noir et blanc (Agfa APX 400). Mais, contrairement à Meyerowitz, je m’astreignais à ne faire soit que du noir et blanc ou soit de la couleur…
Avec l’acquisition d’un boîtier Hasselblad C500 d’occasion, j’ai eu la possibilité de changer de film sans changer de caméra…!
Disposant de deux dos 120, l’un chargé en Ekta (ou en Fuji Velvia), l’autre en noir et blanc Ilford (ou Tri-X Kodak), je pouvais opter pour l’une ou l’autre émulsion en réfléchissant à chaque image capturée en 6x6.
Il fallait attendre chaque rouleau, le donner à développer, attendre de récupérer le film et sa planche contact pour analyser quelle vue valait le coup d’un tirage… ce qui n’arrivait jamais car avec des finances fragiles, payer le loyer et nous nourrir restait prioritaire !
À ce jour, nous possédons aujourd’hui un bon stock d’images argentiques qui attendent d’être numérisées et, qui sait, d’être tirées en grand format.
Vu la tournure des événements et l’absence d’un scanner de qualité, autant dire que c’est très mal barré !
La révolution numérique…
Puis le numérique est arrivé dans notre vie. Et j’ai revendu le Hasselblad et les Nikon.
Période charnière : la sortie du Kodak DCS Pro SLR/n et ses 4500 par 3000 pixels qui m’ont conduit à tout reconsidérer…
Reste un superbe presse-papiers, à savoir notre épatant Contax RTS III argentique et son Carl Zeiss Distagon 18 mm f/4 (l’entreprise a fermé ses portes en 2005 après un accident marketing)…
Ensuite, avec les divers boîtiers Canon et optiques vissées dessus, j’ai majoritairement photographié en couleurs.
Sous Photoshop, il m’était aisé de saturer et/ou passer en noir et blanc.
Je me souviens que pour les graphistes « passer en noir et blanc » était considéré (…et l’est toujours pour certains !) comme un aveu d’échec, une incapacité à réaliser une belle image couleurs bien équilibrée avec un beau ciel.
J’ai toujours en tête ces réflexions de copains excellents photographes, bien équipés, talentueux.
Problème, même si cela m’agace, j’aime le noir et blanc, le très dur, graphique et l’irruption d’une app comme Provoke sur iPhone a été — pour moi — une révélation.
2008, arrivée de l’iPhone…
Aujourd’hui avec l’iPhone et les versions trois optiques, la question de la couleur ou du noir et blanc est devenu un choix optionnel….
Si j’aime employer de temps à autre Provoke, je sais également que je peux l’utiliser après coup pour traiter une image prise en couleurs et la restituer en noir et blanc.
Mais d’autres apps proposent cette transformation en noir et blanc dont ProCamera ou l’app Appareil Photo d’Apple.
Et sans flinguer l’image originale… Un retour à l’image couleurs est toujours possible (en théorie).
Puis BLACK est arrivé et a même un successeur, AgBr que j’ai évoqué.
Maintenant, c’est encore plus simple…
Ces apps dédiées génèrent — à partir d’un cliché en couleurs —une version 100 % noir et blanc avec le rendu et le grain des émulsions argentiques… Une version autonome, un duplicata noir et blanc…
Bref, faire de la photo en noir et blanc revient désormais à prendre une photo couleurs et la post-traiter tranquillement, le labo étant votre écran…
Et ça me convient…!
Comme cela aurait, qui sait, convenu à Joel Meyerowitz…
Pour compléter…
Généralement, la mesure réalisée par l’iPhone est de qualité…

Mais rien ne nous empêche de saturer un peu plus les couleurs…

Avec une app comme AgBr, on a le choix des émulsions…
Alors… : KTX (Kodak 400 TX)…?

Ou IH5 (Ilford HP5)…?!

C’est une question de sensibilité, la vôtre…!