Avant — il y a encore quelques années — je pensais n’avoir aucune légitimité quand j’exprimais un avis.
Complexe du gars qui a un parcours scolaire à trous, a oublié les deux langues qu’il parlait gamin, a de moins en moins de mémoire et peu cultivé ses réseaux.
Autre écueil : une profonde capacité à ne PAS me prendre au sérieux.
Voire à me saborder dans certaines situations tant ces dernières me semblaient comiques ou incongrues !
Et puis… à quoi bon ?!
Après le dernier chargement de moteur de ce blog, j’ai relu quelques billets (…il fallait bien les retaper a minima pour choisir entre BBCode, HTML ou markdown…). Et, surprise, je n’ai pas remarqué que tout était à jeter comme à mon habitude.
Ici mon objectivité est proche de zéro mais ces/mes billets n’en demeurent pas moins des marqueurs temporels pour ma pomme, tels les petits cailloux…
Petit poucet…
Depuis, j’ai intériorisé l’idée que j’avais peut-être quelques trucs à dire pour deux raisons :
- je suis vieux (ok, ce n’est pas suffisant…!)…
- j’ai été un microscopique témoin de cette révolution numérique…
Alors, oui : je peux certes raconter des conneries, être imprécis, partial.
Mais j’y étais !
Depuis, je me sens plus légitime à évoquer notre parcours (…le mien est indissociable à celui de ma compagne) et de nos aventures depuis 50 ans.
Ainsi, si le dernier clip d’Apple semble maladroit (tous les outils se retrouvent dans un iPad…), il n’est pas erroné !
Cette concentration au sein d’un simple iPad peu éloignée de mon quotidien et de celui de ma tribu.
Bref, l’espèce d’omerta que je m’imposais se fissure.
Je vais la ramener ! Ou pas…!

- Avignon | octobre 2023 | allégorie (d’aucuns …de leur lit ou d’une caverne…)
Dans la série, c’est pas parce que l’on a rien à dire qu’il faut la boucler, alias #MaVieEstPassionnante, ce billet…
En quittant #BelleÎleLand en septembre pour rejoindre une partie de ma tribu à Aix-en-Provence, j’ai été tenté de glisser un Brompton dans le coffre, encouragé par mon fils qui ne se déplace pratiquement qu’en vélo.
Au final, je me suis abstenu. Ai-je bien fait ?
Je ne dois pas oublier que j’aime marcher …quand mon tendon d’Achille ne se met pas en grève. Et qu’un vélo à Aix-en-Provence me semble superfétatoire dans notre situation…
Explications.
Le centre…? À deux kilomètres…
L’endroit où nous séjournons est proche des universités (…c’était notre objectif en 2019 en y arrivant) et à moins de 2 kilomètres de la Rotonde, la place emblématique d’Aix-en-Provence. Je ne vais pas évoquer ici notre fille qui a une forme olympique mais ses vieux parents…!
En forme de boutade… Cas pratique : si je veux acquérir des madeleines chez Christophe (une institution ici…!) en partant de ce logement, l’app iOS de mapy.cz m’indique plusieurs itinéraires compris entre 2,2 et 2,7 kilomètres pour un dénivelé positif de 62 mètres !
Soit 30 minutes de marche, sac au dos. C’est mon premier choix…

Mais dans une ville comme Aix-en-Provence, il y a également un chouette réseau de bus qui permet d’effacer une partie du chemin en m’amenant, si besoin, en périphérie de la vielle ville. À la Rotonde précédemment citée…

Mon trajet pédestre se réduit alors à moins de 600 mètres.
Ceci démontre en partie que l’on peut circuler sans difficultés à pied et/ou en bus dans cette ville…
Marcher jusqu’au centre ville au moindre prétexte (…expos, marché en plein air, passage à la librairie Goulard — l’équivalent de La Feltrinelli, Corso Vannucci à Perugia — ou commerces) est un excellent exercice quotidien…

…histoire de conserver une forme minimale…

Point perso : cette année…
Versus les deux années précédents…

Une révolution récente
La décision de piétonniser la vielle ville (lire cet article de 2011) tout en laissant circuler les véhicules des riverains disposant de garages, les véhicules de livraison faire leur boulot le matin et en organisant des lignes dans la vielle ville avec de petits transports électriques (diablines) a rendu la ville agréable au plaisir simple de la déambulation !

- Ici sur le Cours Mirabeau…

- Ou dans les rues étroites d’Aix-en-Provence… Il suffit de se signaler au chauffeur pour qu’il s’arrête…

- La densité automobile reste faible (…même s’il faut nuancer, cliché pris pendant les vacances de la Toussaint…!)
Rien à voir avec le centre-ville d’Aix que j’ai connu jadis, littéralement infesté de voitures. L’axe commercial nommé les allées provençales (aujourd’hui avenue Guiseppe Verdi) était alors un entrelacs d’ateliers et de petites voies qui ne manquait pas de charme…

Désormais le piéton est roi…

- Quelques voitures sont présentes mais c’est sans commune mesure avec la densité des années soixante-dix…!

En arrivant à l’été 2019, nous avons vu les derniers chantiers dont celui du bus électrique A qui relie le parking extérieur (le Krypton) à Saint-Mitre au Nord en passant par le campus universitaire (quartier des facultés) et le centre ville…

- Ces gros bus desservent tous les quartiers hors du centre ancien…
Il suffit de voir le nombre de touristes qui se balade, la foule des aixois faire leurs courses quotidiennement, celle du week-end sur les principaux marchés, les terrasses des restaurants pour le vérifier.

Seul souci, les trottinettes et vélos qui ne savent pas jouer de la sonnette…?!
Idem à Perugia…
Depuis 2005, Aix-en-Provence et Perugia ont des objectifs semblables à propos de la circulation, la piétonnisation et le stationnement.
En 2023, nous avons vécu à Perugia en Ombrie et, idem, la vielle ville haute a été piétonnisée en majeure partie (elle est ZTL).
Nous avons passé 5 mois à explorer Perugia quasi chaque voie à pied. L’endroit où nous avions garé notre jeep il y’a près de 40 ans n’est plus accessible en voiture comme il l’était alors.
En 2014, nous avions garé notre véhicule au nord (Parco Sant’Angelo) et idem en décembre 2022 !

En 2023, nous avons opté pour une place dans un parking public en périphérie (Piazzale Europa) mais jamais utilisé les bus. Et pour cause, cette ville s’est dotée très tôt d’escalators — dès 1983 — et d’un mini métro qui permet de relier la gare ferroviaire au centre ville historique.
Du confort au quotidien…
Est-ce que la piétonnisation fait de Aix-en-Provence et de Perugia des déserts urbains, commerciaux…? Non.
Au contraire, ne pas se soucier de prendre et garer sa voiture sont d’énormes avantages même si cela a été compliqué au départ avec certains commerçants nourris au mentra… « pas de parking, pas de business » qui s’avère …faux…!
Bref, facile de prendre un bus et redescendre à pied (ou inversement) à Aix-en-Provence. D’autant qu’il y a pas mal de parkings en périphérie très proche, que la vielle ville se traverse en 20/25 minutes…
À Perugia, en plus des parkings payants proches, un gigantesque parking gratuit qui accueille le Festival de Jazz est disponible avec une station dédiée du mini métro…
Et je ne reviens pas sur ses nombreux escalators…
À Perugia, nous étions au pied de la Via Sant’Ercolano, excellente mise en jambes quotidienne…!
Et dans ces deux villes, il suffit d’interroger les visiteurs étrangers, ravis de circuler sans se confronter à l’automobile, ravis de s’arrêter à tout propos, de prendre leur temps…!
- À Aix-en-Provence il y a quelques jours…

- À Perugia dès mars, les terrasses se remplissent…

Sur Mastodon, nouvelle vague d’utilisateurs depuis mardi… Content qu’ils aient fait l’effort d’ouvrir un compte et vaincu leurs préjugés et/ou idées reçues…
Ce qui me surprend, c’est le narratif de certains qui s’épanchent sur la fermeture de leur compte Twitter.
« Un peu tard de 14 juillet » aurait ajouté mon vieux copain René…
Pas besoin d’avoir fait sciences po pour sentir/anticiper ce qui allait se dérouler dès le rachat de ce RS en 2022, à savoir l’utilisation sans limites de cette fantastique cause de résonance.
Dès la prise de contrôle par biiiiip, les milliers de suppressions d’emplois — dont ceux, clés, de la modération de contenus — ne me semblaient pas très compliqués à analyser ?!
Si…?
La teneur des tweets du nouveau proprio, les retours en grâce de ses potes canailles n’étaient-elles pas une indication…?!
Oui, je compatis : ce n’est jamais simple de couper les amarres : perdre — ajoutez ici un chiffre conséquent — followers ; rompre avec ses habitudes, routines ; ne plus suivre certains comptes spécialisés…
Mais c’est la vie…
À chaque fois que nous avons déménagé, il nous a fallu découvrir l’environnement où nous débarquions, trouver de nouveaux commerces (magasins, boulangeries, marchés…), faire de nouvelles rencontres…
Ça veut dire tester, goûter, chercher, revenir (ou inversement…!).
Et à chaque fois cela s’est bien passé…
Sur Mastodon, j’ai retrouvé des personnes qui avaient, comme moi, franchi le rubicon et… hop…! On échange comme avant…

- Aix-en-Provence | novembre 2024 | pluie de pommes et de traces de doigts…!
Pour ma part, j’ai fermé mon compte Twitter le 25 août 2023, après quatorze années. J’avais pris ma décision le 14 avril 2022 puis, méthodiquement, organisé cette migration.
Et tiré — sans aucun regret — un grand trait sur le monde d’avant…