Même en réduisant la luminosité de l’écran, même en passant l’ambiance des mes traitements de texte en mode nuit, il me semble qu’il est temps de décrocher un peu, beaucoup, passionnément !
Laisser planer son regard au loin, marcher, ping-ponguer… bref, décrocher des écrans…
Je redécouvre le iPad comme le iPhone sous une formule boîte à podcasts ou écoute de la radio. J’ai des tas d’épisodes des papous à écouter, des conférences passionnantes au Collège de France à suivre…
Sans oublier quelques chouettes albums de jazz qui m’accompagnent dans mes balades urbaines, celles que je fais à pieds pour me rendre à la boulangerie quérir une baguette toute chaude ou à la poste pour un nième recommandé…
En attendant, sous iOS…
Je lis dans les revues sur le net que la version d’iOS 9.3 contiendrait un dispositif pour réduire la fatigue occulaire. Fort bien mais pourquoi ne pas proposer un système qui se glisserait dans les vieilles machines également, dans un iPad 2 ?
En attendant, il existe quelques options à tester sous la rubrique accessibilité dans les réglages. Dont deux qui peuvent soulager vos yeux.

- Réduire le point blanc (Accessibilité/Augmenter le contraste)… Certes votre tablette vous proposera des images moins flatteuses mais au quotidien, c’est pas mal

- Testez l’option Nuances de gris (Accessibilité)

- Je l’emploie parfois avec le Dark Theme de Editorial (dans le panneau signalé par Aa) mais déjà, vérifiez si vos outils de saisie ne disposent pas d’un thème nuit…

- Réduisez également la luminosité de votre écran…
Mais, surtout, décrochez !
Bon, je m’entends rigoler intérieurement… au lieu de prodiguer des conseils, déjà le faire…!
Un point oublié hier, c’est l’indépendance à tout format de fichier propriétaire si une alternative est possible. Ce point avait été traité par Roberto Di Cosmo dans son livre et j’en ai été victime professionnellement, me retrouvant dans l’impossibilité d’ouvrir d’anciens fichiers pour mes propres clients d’alors.
L’unique alternative était d’acquérir la nouvelle version de l’application utilisant le format de fichier idoine, trop souvent au prix fort. J’ai rappelé ces points dans un billet urbanbike | Perdu avec Markdown…? À quoi cela sert…? Quelques explications….
Par ailleurs, que se passe-t-il quand c’est l’éditeur même de l’application qui disparaît.
Ou quand ce dernier décide de ne pas poursuivre le développement de son application sur l’OS de votre machine. Les deux cas de figure existent.
Fichiers texte…
Ce qui compte dans mes divers flux d’écriture, ce sont ces fichiers au format texte. Se souvenir qu’un fichier se terminant par .txt, .md, .markdown, .fountain, .ft ou .taskpaper est un simple fichier texte.
Nous pourrions leur attribuer un suffixe identique, à savoir .txt. Pourtant, je ne le fais pas car certains workflows sous Editorial vérifient ce suffixe avant de fonctionner. C’est le cas pour urbanbike | Pratique | Afficher le mode Plan d’un fichier dans Editorial.
Certes, le script est modifiable mais il permet aussi de traiter des fichiers .taskpaper, CQFD.
Et puis c’est aussi un moyen de se souvenir de l’organisation du contenu.
Mais je m’égare.
Un fichier Markdown écrit sur Editorial se lit dans Drafts 4, Ulysses pour iPad, etc. Et se relit dans MS Word ou Pages bien évidemment, en faisant fi du léger balisage.
Avec des fichiers .txt que l’on peut échanger avec d’autres OS, nous avons la certitude de relire nos fichiers encore quelques années, même s’ils n’ont de valeur qu’à nos yeux.
Sauf catastrophe écologique majeure mais, en ce cas, je pense que plus personne ne lira quoi que ce soit…!
Le ministère de l’éducation vient de signer avec Microsoft — lire vos médias favoris. Pas de commentaire, j’ai écrit des ouvrages avec MS Word, il y a quelques décennies.
Et j’aime bien son mode Plan.
- Je me souviens des heures à former par petits groupes des personnes à MS Word, à décortiquer au vidéo-projecteur les principales fonctions, expliquer la différence entre format style caractère et format style paragraphe, créer des listes à puces, masquer le contenu des niveaux, etc.
- Je me souviens des difficultés de certains à assimiler, ceux qui finissaient par employer des tabulations ou des espaces pour aligner des paragraphes au lieu d’attribuer à ces derniers les styles que nous venions de mettre au point…! Dans ces cas précis, je n’ai jamais douté de leurs capacités mais bien des miennes à leur faire assimiler/avaler en un temps relativement court une myriade d’informations.
- Certes, tous n’étaient pas déboussolés, la répétition et l’humour jouait pendant ces journées où je me faisais l’effet d’être un poisson dans un bocal.
- Ce n’était pas leur univers de mettre en pages un texte — le saisir, oui — alors que c’était mon quotidien de maquettiste.
Apprendre Word…
Trente ans plus tard, cela me semble anachronique. Je m’explique…
Mettre en pages son texte avec des formats styles au lieu de se concentrer sur le contenu, rendre …zoli (sic !) sa copie en jonglant avec les formats tout en la rédigeant… au lieu de viser l’essentiel : le fond, le contenu.
À la fin des années 80, je bossais pour de grosses boîtes de conseil : aux consultants (…très peu de femmes) la matière grise, les notes, les orientations qu’il fallait remettre en forme (et en bon français)…
Au staff (…majorité de femmes dans ces activités de Business Visuals) de remettre tout cela en forme, rendre sexy et professionnel le flux de texte et de graphiques — moult fois corrigé ensuite, plus facile à retravailler — pour présenter au client final.
Je réalisais des graphiques financiers, des slides, des présentations visuelles mais l’on me demandait également de pondre des templates corporate sous Word et…
J’arrête là.
Bref.
Ai-je appris à ma fille à utiliser Word (…ou FrameMaker, Pages, LibreOffice, etc.), à appliquer des styles ?
Non.
Je lui ai montré comment se servir d’un balisage léger dans ses fichiers au format texte. Non seulement, elle l’a adopté immédiatement mais elle se concentre, du coup, exclusivement sur le fond lors de la rédaction de ses exposés. Elle bosse sur un iPad, se sert de traitements de texte aux coûts ridicules. Et joue de l’astérisque dans son petit village numérique cerné de toutes parts par des intérêts bien compris.
Comme tous les écoliers, elle a fait découvert Windows au collège. Juste amusée par ce qu’elle découvrait à l’école et l’usage de son vieux Mac à la maison.
…Ou baliser en Markdown
Markdown n’est pas un gros mot pour elle, juste un balisage. L’important dans ses exposés, c’est la structure de ces derniers (avec force # et l’emploi à bon escient de l’italique et du gras.
Quand à la mise en forme, la touche finale de joliesse avec typos, justification et couleur, elle sait que ça se traite in fine avec une CSS pour en faire un fichier au format demandé (tiens, du .docx ou une page HTML ou RTF) à partir de son fichier source. De plus, c’est à 90% une sortie papier — sans indication du format de l’outil — qui est demandé…
Bref…
Or, j’ai la désagréable impression que l’on prend aujourd’hui des décisions comme si on équipait un pool de secrétaires.
En 1984, cela pouvait s’expliquer, WordPerfect était un outil génialissime mais par trop complexe, dans le droit fil des photocomposeuses, ce qui explique, entre autres, pourquoi Word et le WYSIWYG ont fini par l’emporter.
Or des outils affûtés pour penser, organiser, réfléchir, puis exporter dans le format demandé existent. Et ne coutent pas un bras…
À quand ma déchéance de paternité pour ne pas avoir appris les bons outils bureautiques à ma gamine ?!
Billet écrit sur un traitement de texte Markdown, CQFD.

- À gauche | le texte brut dans MultiMarkdown Composer (beta 3).
- À droite | le rendu du texte dans la CSS de mon choix via Marked2.
- Je ne vous parle pas des exports possibles, le .docx est disponible…